Barthez avait " parfaitement le droit à un sursis", selon son avocat.
L´avocat de Fabien Barthez, Philippe Pech de Laclause, a affirmé mardi à l´AFP que le gardien de l´OM ( Ligue 1) avait " parfaitement le droit" à un sursis dans le cadre de sa suspension de six mois ferme, dont trois avec sursis, après les incidents du match de football Wydad-OM le 12 février.
Après la condamnation de Fabien Barthez pour avoir insulté et craché sur l´arbitre Abdallah El Achiri, son défenseur confie également qu´il " va exercer un certain nombre de recours".
" On n´exclut pas d´aller devant le juge administratif. On va aller partout parce qu´on atteint un raz-de-marée de désinformation, d´erreurs en tous genres sur le plan juridique", ajoute Me Pech de Laclause, qui étudie également la possibilité de saisir le Comité national olympique et sportif français ( CNOSF).
" Fabien Barthez avait parfaitement le droit d´avoir un sursis, estime Me Pech de Laclause. Il est choquant de lire et d´entendre que les règlements de la Fédération française ( FFF) prévoient, dans le cadre d´un crachat à l´encontre d´un arbitre de football, une peine de six mois +incompressible+."
" Désinformation"
" Par voie de conséquence, ajoute-t-il, la commission centrale de discipline qui a sanctionné Fabien Barthez l´aurait favorisé et, le favorisant, aurait favorisé l´équipe de France quant à ses futurs matches..."
" Les règlements fédéraux permettent que toute sanction, quelle qu´elle soit, soit assortie de sursis, affirme encore l´avocat. Dans un pays comme le nôtre, un principe de peine incompressible est contraire aux droits de l´Homme et aux principes fondamentaux de notre droit. C´est d´ailleurs pour cela qu´en juillet 2004, a été introduit dans les règlements de la FFF une annexe 2 prévoyant que le sursis puisse assortir toutes les peines, quelles que soient les actes."
" Cette sanction de six mois de suspension, dont trois mois de sursis, est ( donc) parfaitement conforme aux règlements fédéraux en dépit du discours largement répandu qui n´est ni plus ni moins que de la désinformation", déclare Me Pech de Laclause.
L´avocat estime également qu´on ne peut juger le crachat de Barthez hors de son contexte: " Les joueurs marseillais se sont fait agresser par leurs adversaires devant Fabien Barthez, leur capitaine, qui était sur le banc de touche. Celui-ci a progressivement été excédé par l´absence totale de réaction de l´arbitre, et par l´absence de direction du match de la part de celui-ci", a-t-il expliqué.
" Parfaitement jugé"
" Il l´a vertement fait savoir à l´arbitre qui n´a pas réagi en arbitre mais l´a insulté. C´est en réaction à ces insultes que Fabien Barthez a craché sur l´arbitre", a souligné Me Pech de Laclause.
" Cet acte n´est certes pas excusable, il est répréhensible, mais en l´occurrence Fabien Barthez doit bénéficier de circonstances atténuantes. C´est ce qu´ont compris les 17 membres de la commission qui l´ont jugé et parfaitement jugé", conclut l´avocat.
Après l´annonce de la sanction de la commission de discipline, vendredi matin, la FFF avait décidé, dans l´après-midi, de faire appel, estimant qu´il existait un " décalage" entre les sanctions minimales prévues par ses règlements et la peine infligée au gardien des Bleus.
Cet appel sera examiné par la commission supérieure d´appel de la FFF, vraisemblablement entre le 9 et le 13 mai.
En cas de saisine du CNOSF par l´avocat de Fabien Barthez, il reviendrait au CNOSF de décider de suspendre ou non la décision de première instance.