Troussier : «Pas le droit de ne plus y croire» 17/04/2005
A l’issue du match, l’entraîneur olympien revient sur la défaite des siens face à Ajaccio. Pour lui, l’Europe est encore possible mathématiquement mais les carences offensives de son équipe l’inquiète.
Qu’est ce qui a manqué à l’OM ce soir ?
C’est un match raté en terme de résultats, on savait pourtant qu’en cas de victoire nous aurions pu prendre une dimension européenne. On est dans une position où notre envie doit être aspirée par ce désir d’Europe. Nous sommes cruellement déçus, nous avons montré nos limites, sur le plan offensif notamment. Trop de choses nous ont manqué pour pouvoir prétendre aux trois points ce soir contre une équipe qui joue la relégation et qui a montré plus de choses que nous pendant ces 90 minutes.
D’autant que l’Europe commence à s’éloigner…
Ca se complique, il faut être lucide. C’est une contre performance qui fait mal. Bien sûr, quand on regarde le classement, nous sommes toujours troisièmes. Mathématiquement, l’équipe est toujours dans le coup. Il est encore trop tôt pour être objectif et trouver les raisons de garder espoir mais au vu du classement nous n’avons pas le droit de ne plus y croire. Il faudra analyser cette défaite et trouver dans cet échec les raisons d’aller de l’avant. En tout cas, je ne lâcherai pas.
Quel va être votre discours auprès des joueurs ?
Chacun est touché dans sa fierté, dans sa chair. C’est surtout techniquement que nous avons montré nos limites. Même avant le match, on sentait les joueurs tendus. Je crois que nous n’avons pas cette capacité à assumer mentalement la charge émotionnelle qui fait dire «on a pas le droit de se tromper». Il faudra donc trouver les raisons pour lesquelles la machine s’est grippée. Il faudra en discuter avec les personnes concernées par le jeu. Car notre problème vient de la production du jeu, cette incapacité à se mettre à l’abri.
Qu’est ce qui a changé depuis le début de l’année où tout réussissait à l’OM ?
Notre force à l’époque était que nous marquions souvent les premiers, ces entames de match. Ce soir, après le but du 2-1, il y a eu ce petit laps de temps où les joueurs se sont dits «on peut revenir».
C’était cet état d’esprit qui nous habitait à cette époque. Mais quand on gagnait, c’était peut être l’arbre qui cachait la forêt…Ce match, on le perd car on n’est pas assez costaud pour marquer des buts. Pour gagner, il faut donner plus, faire plus d’efforts. Le problème est souvent dans les têtes dans les matchs comme ça. 