INTERVIEW
Thierry De La Brosse " concentré sur le boulot" 16/03/2005
Thierry de La Brosse répondait mercredi à la demande de la presse marseillaise de visiter le nouveau siège de l’OM. A l’occasion de cette rencontre informelle, le directeur général du club a accepté de donner sa toute première interview. La voici.
La mission de Louis Acariès a-t-elle pris fin avec votre nomination ?
Thierry de La Brosse : «Louis a réalisé une mission d’analyse de ce qui se passe à l’OM. Il a fait ce boulot, et l’a même plutôt bien fait, je trouve. Puis il a pris du recul en transmettant ses recommandations à savoir la constitution d’une direction bicéphale sportive/administrative avec Pape Diouf et moi-même. Dans la pratique, je rends compte à Pape et lui me rend compte. Une fois par an, comme dans toute entreprise, il y a une assemblée générale et il y a un actionnaire qui se prononce pour dire si on a bien travaillé ou non. Nous sommes deux associés à 50/50 avec la même mission».
Une direction à deux têtes est plus adaptée selon vous ?
Thierry de La Brosse : «Oui, c’est une évidence… Lorsqu’on essaye d’analyser les résultats d’une équipe, on regarde le score à la fin du match. Le score de l’année dernière n’est pas bon parce qu’il y a une pression énorme. On ne peut pas tout faire. Pourquoi est ce qu’il y a un directeur financier et un directeur administratif dans les grosses entreprises ? Parce que les gars ne peuvent pas faire tous les jobs en même temps. C’est la même chose dans notre organisation. Un président ne peut pas être à la fois en charge du sportif et de la gestion. La main gauche du président va dire à la main droite «ne t’inquiète pas achète parce que la main droite va vendre demain». Puis, la main droite n’arrive pas à vendre et du coup, c’est comme ça qu’on arrive à des déficits».
Quel est votre fonctionnement avec Pape Diouf ?
Thierry de La Brosse : «Pape est un marchand de rêves. C’est le chef d’orchestre du spectacle. Mais pour que celui-ci soit de qualité, il faut derrière que les acteurs soient bien payés, que le décor soit en place, que la salle soit prête et ça c’est notre boulot»
Dans ce schéma, quel rôle Philippe Troussier occupe-t-il ?
Thierry de La Brosse : «Pour prendre une autre métaphore, Philippe Troussier est le capitaine d’un bateau dont Pape et moi sommes les armateurs. Si Philippe désire un nouveau bateau pour la saison prochaine, il nous dira de quelle taille il le souhaite, de quel couleur, etc… Après nous lui dirons ce que nous pouvons faire ou pas en fonction de nos moyens»
A la condition que Philippe Troussier soit bien sur le banc la saison prochaine…
Thierry de La Brosse : «Ses résultats sont bons. C’est un formidable capitaine de bateau. Il a l’air enthousiaste. Il est très concentré sur l’objectif, tant mieux car tout le monde doit l’être. La ligne est claire : la qualification pour la Ligue des Champions, être des marchands de bonheur, de joie, d’enthousiasme».
Louis Acariès va-t-il continuer de jouer un rôle dans la vie du club ?
Thierry de La Brosse : «Déjà, il faut rappeler que Louis est un ami personnel de Robert Louis-Dreyfus. Ils continueront toujours de se parler. Louis est ici chez lui. Il peut venir quand il veut. Certains ont pu s’interroger pour savoir s’il était vraiment l’homme de la situation. J’estime que ses recommandations étaient plutôt bonnes. Et même excellente pour celle qui me concerne ( il rit). Après, il n’a pas besoin de jouer un rôle actif ou pas. Il a autre chose dans la vie. Il a de grandes compétences dans l’organisation de grands combats de boxe, comme celui de lundi dernier. Moi, ce qu’il m’a dit c’est «je prends du recul, et tu peux m’appeler quand tu veux si tu as besoin de conseils»».
Selon vous, Robert Louis-Dreyfus sera-t-il toujours là l’an prochain ?
Thierry de La Brosse : «Oui, bien sûr. Sinon je ne serai pas là d’ailleurs».
Comment la nouvelle organisation du club se met-elle en place, en interne ?
Thierry de La Brosse : «Depuis que je suis là, j’ai pu constater que les personnes qui étaient juste en dessous de celles qui sont parties récemment étaient extrêmement performantes, professionnelles et qu’elles connaissaient bien leur travail. J’ai envie de leur faire confiance. Je ne vais pas leur parachuter une équipe toute faite. Je leur ai dit montrez moi que vous êtes bons».
Les perquisitions chez Pape Diouf vous inquiètent-elles ?
Thierry de La Brosse : «Ça m’inquiète pour son moral. En tout cas, le conseil de surveillance a re-confirmé lundi dernier toute la confiance qu’on avait en lui. Il a été parfaitement transparent avec nous. De plus, c’est une affaire qui regarde le PSG, je vous le rappelle».
Le fait que vous ayez de multiples activités est-il incompatible avec l’implication que nécessite votre poste ?
Thierry de La Brosse : «… des activités que j’arrête au fur et à mesure afin de me consacrer encore plus à l’OM. Et quand on me dit que je ne passe que deux jours par semaine à l’OM, c’est faux. Ce serait plutôt cinq jours à Marseille et deux à Paris… Seulement, je ne suis pas toujours « visible ». Je ne vais pas en ville déjeuner, je reste travailler ici à la Commanderie. J’ai des journées de 14 heures mais c’est formidable. Comme tout le monde le sait maintenant, je ne cherche pas à apparaître dans la lumière. Je crois que l’une des qualités de notre nouvelle organisation c’est de se concentrer sur le boulot».