PANORAMIC
DOSSIER SPÉCIAL JAPON / KOJI NAKATA :
Un Nippon sur la Canebière
11 mars 2005 - à Marseille - Olivier DE LOS BUEIS
Koji Nakata a fait ses débuts dans le championnat de France dimanche à Saint-Etienne. La recrue japonaise attendait ce moment avec impatience. Philippe Troussier aussi. Et l’OM espère qu’il sera aussi bon sportivement que financièrement.
Les journalistes japonais sont nombreux à rôder depuis un mois sur les hauteurs de la Commanderie. L’arrivée de Koji Nakata va permettre à Marseille de se faire une place au soleil… levant. Cameramen, reporters de presse écrite, tous viennent couvrir les performances de « Koji », comme le surnomment déjà ses coéquipiers. Venu des Kashima Antlers, cet international va attirer les regards et l’objectif des photographes. Après Hiroyama à Montpellier, un autre Japonais va en effet tenter de s’imposer en Ligue 1, avec peut-être plus de succès que son prédécesseur. A Marseille, la traditionnelle patience des Nippons est donc un atout. Un contrat signé à l’heure mais daté un jour trop tard a entraîné un retard d’homologation à la Ligue. Une fois son contrat validé, le Japonais découvre les lenteurs administratives françaises : non communautaire, il a dû attendre l’avant-veille de son premier match pour obtenir son permis de travail.
Surpris par tout ce chambard, les journalistes japonais commençaient à craindre de ne plus voir leur chouchou jouer pour l’OM cette saison. « Ne vous inquiétez pas, c’est normal ici, » leur a-t-on répondu. Philippe Troussier, qui a découvert le joueur du temps où il était sélectionneur du Japon, s’amusait encore des problèmes de papiers du joueur. Mais avant d’aller à Saint-Etienne, le manager français commençait à trouver le temps long : « Je comprends très bien qu’il faille protéger les droits des travailleurs français. Mais le Brésilien de Lens, Jussiê, arrivé en janvier, a déjà fait trois matchs. » Privé d’Olembé à Saint-Etienne, il tenait à introniser son Japonais chez les Verts. Finalement qualifié, Nakata y a joué, sous la neige, son deuxième match à Geoffroy-Guichard après le France-Japon de la Coupe des Confédérations 2001. Sa performance a été loin des espérances placées en lui. Son positionnement peut en partie expliquer, avec la neige et l’appréhension, ces débuts manqués.
« Ce n’est pas exactement un joueur de couloir gauche, explique Pape Diouf. C’est un joueur défensif capable de jouer dans l’axe ou en milieu récupérateur, et accessoirement il peut se situer sur ce côté gauche, quand parfois on n’en a besoin. Mais ce n’est pas son poste. Ce n’est pas un latéral gauche comme on peut l’entendre. » Joueur polyvalent, sympathique, Nakata a séduit ses partenaires et le staff. Reste maintenant à justifier sur le terrain ses qualités et obtenir les faveurs du public, bien loin des hooligans japonais ( « Les hooligans au Japon, ce sont des petites jeunes filles en mini jupes et chaussettes blanches qui attaquent avec des nounours en peluche », selon Troussier). Si c’est le cas, alors l’OM pourra se frotter les mains et développer un marketing offensif en direction de ses supporters et du Japon. Retransmission télé, vente de maillot, l’OM a pensé à tout et a commencé à faire poser le joueur avec les tenues OM pour un futur catalogue. Reste maintenant au joueur de montrer qu’il est au niveau des espérances placées en lui. Marseille et le Japon n’attendent que ça.