MARSEILLE ( Reuters) - Face à la grogne des supporters, les dirigeants de l´Olympique de Marseille jouent la carte de l´apaisement lors de points presse animé par le manager général Pape Diouf, mais où ni l´entraîneur José Anigo, ni les joueurs - à l´exception de Laurent Battles - ne souhaitent venir s´exprimer.
" La liberté d´expression est une liberté individuelle. En aucun cas, il n´a été interdit aux joueurs de parler à la presse", a affirmé mardi Pape Diouf à l´issue de l´entraînement de l´OM.
La double gifle infligée par le PSG, puis le succès peu convaincant obtenu samedi face à Strasbourg, ont visiblement laissé des traces dans les esprits des joueurs marseillais.
La victoire laborieuse sur le 18e du classement n´a pas davantage calmé la rancoeur des supporters, qui bouderont le prochain déplacement de l´équipe à Ajaccio.
" Chaque entité doit rester à sa place. Les supporters ont le droit de manifester leur mécontentement. Ce qui n´est pas acceptable, ce sont les débordements et les insultes. Aucun homme, quel qu´il soit, ne peut l´accepter", a déclaré Diouf en référence aux propos très durs tenus par les supporters à l´encontre du président du club Christophe Bouchet.
Dans son esprit, la brouille avec les supporters n´est toutefois que temporaire.
" Si l´équipe joue moins tendue et anime le championnat dans sa partie haute, le problème avec les supporters mourra de sa belle mort", a-t-il pronostiqué.
En attendant ces jours meilleurs, Pape Diouf s´efforce de dédramatiser l´ambiance de crise larvée qui sévit au club, notamment en confortant José Anigo à son poste d´entraîneur.
" STRATEGIE GLOBALE"
" Il n´y a jamais eu de concertation au niveau de l´équipe dirigeante pour savoir si José devait rester ou pas. Il n´y a aucune raison de le mettre à l´index ou de lui faire porter un chapeau trop large et immérité", a-t-il dit.
" Je ne pérennise pas José en disant qu´il sera entraîneur de l´OM toute sa vie. Je dis simplement qu´il ne rentre pas dans mes intentions, ni dans les siennes, de mettre un terme à notre collaboration."
A l´en croire, la position du technicien marseillais ne serait pas davantage fragilisée si l´OM venait à chuter samedi en Corse.
" On ne peut pas se permettre une politique de petits pas. Le résultat d´Ajaccio ne changera rien au niveau du staff. C´est une certitude", a encore déclaré Pape Diouf.
L´ancien journaliste et ex-agent de joueurs en a profité pour marquer les limites du champ de ses fonctions.
" Je n´ai jamais été un pantin. Le fait que José parte ou pas relève uniquement de ma compétence. Si je devais aller chercher ailleurs une décision sur l´entraîneur, je n´aurais plus de raison de rester à l´OM et je partirais", a-t-il précisé.
Comme José Anigo, il a confié son regret du départ de Didier Drogba pour Chelsea, rappelant que son transfert relevait d´une " stratégie globale", et a assumé la non-venue d´un " monstre" pour le remplacer.
" On était prêt à doubler le salaire de Drogba pour qu´il reste, mais il aurait encore fallu le multiplier par quatre pour payer le salaire d´un Ibrahimovic ( Juventus), d´un Tomasson ( Milan AC) ou d´un Koller ( Dortmund). Cela aurait été irresponsable".
Le manager général n´a cependant pas exclu l´arrivée de renforts au prochain mercato pour " renforcer et améliorer" l´équipe. Il s´est toutefois bien gardé, cette fois, de se laisser aller à des effets d´annonce.
ps : merci d´éviter la provoc spahx.