« Les valeurs de Troussier font notre force aujourd’hui »
21 février 2005 - Aurélien CANOT
Comme beaucoup, Laurent Batlles a eu du mal à se faire aux méthodes de Philippe Troussier. Mais le milieu offensif est bien obligé de reconnaître que si l’OM peut encore croire au titre, il le doit aux valeurs inculquées par l´ancien sélectionneur du Japon.
Laurent Batlles, Marseille a fait mieux qu’une belle opération en l’emportant à Bastia ?
C’est vrai. Nous n’avons certainement pas fait notre plus beau match de la saison, mais nous avons été très réalistes et sommes très contents de notre victoire. Nous sommes restés bien en bloc et n’avons pas essayé de faire ce que nous faisons à domicile, c´est à dire pousser pour marquer. Nous avons marqué un but peut-être un petit peu chanceux sur l’une de nos deux seules occasions de la seconde mi-temps, mais il très important pour nous.
Ce but résume la réussite actuelle de l’OM ?
Nous avons de la réussite car tout le monde se bat énormément. A Bastia, nous avons fait le match qu’il fallait au niveau de notre envie de bien défendre collectivement. Nous nous étions dit que cela serait un exploit de gagner là-bas car beaucoup de grosses équipes y ont perdu des points. Cela n’a pas été facile offensivement, car nous avons fait beaucoup de travail ingrat, mais cela ne nous dérange pas car nous avons tous envie d’atteindre les objectifs. Il fallait passer par là, nous sommes passés par là.
Depuis l’arrivée de Philippe Troussier, vous restez sur cinq victoires en six matchs joués en déplacement. C’est un parcours très impressionnant ?
Oui, même si nous avons peut-être un petit peu moins bien joué à domicile, à un moment où nous manquions de rodage. Le fait de jouer maintenant en 4-4-2 nous permet d’être plus offensifs. Nous jouons aujourd’hui avec deux milieux offensifs et deux attaquants alors que, avant, nous jouions avec plus ou moins un trio. A partir du moment où nous gagnions, c’était plus facile pour évoluer en contre. Mais c’était beaucoup plus difficile de faire le jeu.
« Les quinze premiers jours, il n’y avait ni amusement ni liberté »
Sentez-vous l’équipe sur la bonne voie ?
Nous arrivons à trouver des automatismes et c’est très intéressant pour nous. Quand le coach est arrivé, il voulait mettre des bases en place. Aujourd’hui, il reste douze matchs et lui, au niveau de la formation qu’il nous a inculquée par rapport à ce qu’il voulait voir sur le terrain, il a fait son travail.
C’est maintenant à vous de prendre le relais de Philippe Troussier ?
C’est maintenant à nous de prendre nos responsabilités. Nous savons ce que nous avons à faire, nous n’avons plus besoin de faire des heures de tactique. Une demi-heure à trois quarts d’heure par semaine suffit. Nous sommes conscients que nous ne pourrons pas gagner tous les matchs, mais nous avons un tableau de marche très intéressant actuellement. Nous sommes en réussite totale.
Votre entraîneur ne semble plus agir aujourd’hui avec vous comme l’homme très autoritaire qu’il était auparavant ?
Nous avions nous aussi en tête cette image de dictateur quand il est arrivé. Les quinze premiers jours, c’est vrai que nous avons vraiment eu du mal. C’était très dur, il y avait beaucoup de rigueur à l’entraînement, nous ne faisions pas de jeu, mais que de la tactique ou des passes. Sans vraiment d’amusement ni de liberté.
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas à vous entendre ?
Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup plus de liberté, mais nous voyons que les bases qu’il nous a inculquées nous apportent énormément. Il a fait passer un discours à sa façon. Nous avons mis du temps à le comprendre, mais ces valeurs font désormais notre force.
Comment vous situez-vous par rapport à la course finale pour le titre ?
Il nous reste six matchs à domicile. Si nous voulons atteindre les objectifs, il faut déjà gagner ces six matchs et essayer de ramasser des points à l’extérieur. Nous n’avons pas un calendrier facile, avec Lyon, Paris au Vélodrome et Auxerre là-bas. Nous verrons comment cela va évoluer. Pour Monaco et Lyon, il y a la Ligue des Champions et on se dit qu’ils perdront peut-être des points, car cela n’est pas facile de jouer tous les trois jours.
Vous rêvez donc secrètement de tirer profit du calendrier démentiel de la plupart de vos rivaux ?
Tout le monde l’espère, car cela n’est jamais facile de se remettre dans le bain du championnat quand il y a eu une coupure. Auxerre, qui joue tous les trois jours, a perdu dimanche, même chose pour Sochaux à Saint-Etienne… Quoi qu’on en dise, les matchs européens fatiguent. Même avec un gros turnover comme le fait Lille. Ce n’est jamais facile d’enchaîner des matchs.
Vous, à l’OM, vous souffrez forcément moins de cette cadence infernale ?
Oui, nous, pendant ce temps-là, nous avons le temps de récupérer, de bien se préparer et d’analyser les points forts et faibles de l’équipe adverse. Nous sommes là, nous remontons un petit peu, deux points par deux points. Nous verrons bien. En tout cas, nous avons vraiment envie de continuer sur notre lancée.