Le Virage Sud n’a pas cédé
14 novembre 2004 - Aurélien CANOT
Appelé à manifester son mécontentement pour la venue de Strasbourg, au même titre que le Virage Depé ou la Tribune Ganay, le Virage Sud a respecté la grève annoncée. Ambiance glauque et glaciale assurée au sein d’un stade Vélodrome à peine apaisé par la victoire de l’OM face aux Alsaciens.
En pénétrant samedi soir sur la pelouse du Vélodrome, les joueurs de l’OM avaient de quoi être déstabilisés par l’atmosphère. Si le célèbre « Jump » de Van Halen résonnait bien dans le ciel de Marseille à l’entrée des vingt deux acteurs, les tribunes, elles, sonnaient vraiment le creux. Au Virage Sud, entièrement vide au coup d’envoi, faisait face un Virage Depé pas beaucoup plus garni. Il faut dire qu’à la même heure, les principaux leaders des associations majeures de supporters se trouvaient perchés, porte-voix en main, sur les grilles de l’entrée du stade. Avec un seul objectif : parvenir à convaincre les habitués de l’enceinte marseillaise à ne pas assister au match ou à le faire avec un léger retard sans encourager leur équipe.
Lorsque les membres les plus fidèles des Ultras et des Winners, pour ne citer qu’eux, finissent par gagner leur place dans un léger brouhaha qui perturbe à peine la rencontre, les Strasbourgeois, encouragés eux par une centaine de supporters, ont déjà manqué de peu l’ouverture du score à deux reprises. L’OM joue mal, l’OM est dominé, l’OM ne se procure aucune occasion franche. Mais personne n’est là pour pousser les Marseillais à l’abordage. Dans le Virage Sud, copieusement rempli après seulement une dizaine de minutes, tout le monde fait grève. Grève d’encouragements, de banderoles et de chants. Comme partout dans le stade. Mais plus qu’ailleurs encore.
En fin de compte, seuls de nombreux et virulents « Bouchet démission », donneront un peu d’âme à ce kop si chaud habituellement mais écœuré des derniers résultats de son club et de la gestion de ses dirigeants. Dans ce contexte très étrange et insolite, les joueurs de l’OM, bousculés à la pause par leur coach, ont presque eu du mérite finalement à poursuivre leurs efforts. Pourtant, ni le but de Bamogo dès la reprise, ni celui de Koke, quinze minutes plus tard, n’ont eu plus forte répercussion que de simples et timides encouragements. Les Marseillais présents sur la pelouse n’attendaient pas autre chose de toute façon. Conscients d’être redevables de leur public de meilleures prestations, les hommes d’Anigo ont fait le métier et sauvé l’essentiel : la victoire. Il faudra en revanche attendre encore un peu avant d’envisager la grande réconciliation avec leur public.