Batlles : «Gagner pour rester parmi les premiers» 16/02/2005
L’homme fort de l’OM ces dernières semaines affrontera à nouveau l’un de ses anciens clubs ce week-end contre Bastia. Il explique les ambitions olympiennes avant ce déplacement et le retour en forme du club corse.
Après quinze jours de trêve, l’élan positif de ces dernières semaines peut-il être perturbé ?
Laurent Batlles : «Je ne pense pas que cette coupure nous ait perturbé, on avait quand même besoin de souffler. De toute manière, l’objectif en points sur les cinq prochains matches passe par un résultat contre Bastia».
Comment allez-vous aborder ce déplacement en Corse ?
L.B. : «On sait qu’il y a un gros choc entre Lyon et Monaco au cours de cette journée, il va donc falloir ramener quelque chose pour pouvoir rester parmi les premiers. Dans tous les clubs où on se déplace, ce n’est jamais facile. Je l’ai connu dans le sens inverse quand j’étais à Bastia et contre les grosses équipes, l’énergie est décuplée. Il y a également une certaine rivalité avec Marseille, une ville où beaucoup de Corses vivent. Et pour couronner le tout, on s’était pris une sacrée claque là-bas, l’année dernière. Cela doit être une leçon d’humilité pour nous».
Pour toi, c’est un peu un retour au pays…
L.B. : «Pas à proprement parlé, mais c’est vrai que je reviens dans un club qui m’a beaucoup donné, sportivement et humainement. C´a a été quelques mois extraordinaires dans un groupe très sympa».
Un an après ton départ de Bastia, qu’est ce qui a changé dans ce club ?
L.B. : «Beaucoup de joueurs sont partis, le président a changé, l’entraîneur également. Du groupe avec qui j’étais, beaucoup sont partis un peu à droite, à gauche et il n’en reste que cinq ou six. L’année dernière en fin de saison, ils ont connu des problèmes de toutes sortes, financiers d´abord ce qui les a empêchés de recruter, et ensuite avec l’affaire Piéri. Ils ont bien débuté le championnat cette saison puis ont connu un trou énorme et reviennent peu à peu avec leurs nouvelles recrues».
Justement, des joueurs comme Karembeu ou Ziani peuvent-ils changer la donne pour Bastia ?
L.B. : «Ca a forcément changé pas mal de choses. Cela leur a apporté de la sérénité et beaucoup d’expérience. Ils ont quand même tenu tête à Lyon à 10 contre 11 et sont allés arracher le nul à Bordeaux. Vu que les résultats sont venus dès l’arrivée de ces joueurs, ils vont essayer de poursuivre leur lancée contre nous».
Que peux-tu dire du jeu de cette équipe bastiaise ?
L.B. : «C’est un jeu assez physique avec une équipe très bien en place. Ils vont jouer groupés avec peut être Cherrad seul en pointe, un numéro dix derrière et Hadji sur le côté. Il va falloir être bien dans nos têtes et au niveau des duels pour réussir quelque chose là-bas».
En quoi un déplacement à Furiani est-il si particulier ?
L.B. : «Le foot corse est un contexte qui n’est pas facile à manœuvrer sur un terrain souvent difficile. Il n’y a pas beaucoup de supporters mais il y a une valeur corse à faire respecter. C’est assez difficile à décrire, autant ces supporters sont parfois durs, autant ils peuvent aussi pousser leur équipe et ça devient alors une force pour Bastia. L’équipe se bat tous les week-ends pour sauver le club, se maintenir pour conserver les droits TV. C’est une vision beaucoup plus familiale du football».
Un match nul serait-il une déception au vu des derniers résultats olympiens ?
L.B. : «Non, ce ne serait pas forcément une contre performance, ce serait même bien. On n’y va pas pour prendre un point mais pour gagner. On va déjà aller là-bas, et on verra comment ça se passe».