Cheyrou : «Tout va très vite dans le football» 03/02/2005
Bruno Cheyrou était annoncé sur le départ cet hiver. Il pourrait devenir un homme fort de la deuxième partie de saison s’il confirme son bon match réalisé à Toulouse. Interview d’un joueur qui a pour habitude de ne rien considérer pour acquis.
Juste avant le terme du mercato, tu as pris la décision ferme de rester à l’OM. Est-ce que ta bonne prestation à Toulouse deux jours auparavant a influencé ce choix ?
Bruno Cheyrou : «Certainement. En plus, c’est un petit coup du sort, dans la mesure où à la base je ne devais pas jouer ( avant les forfaits de Déhu et Hemdani, l’OM devait évoluer en 3-5-2 et il n’était pas prévu dans le onze de départ, ndlr). Finalement, j’ai disputé cette rencontre, et je n’ai pas été trop mauvais…»
Tu sembles avoir retrouvé toutes tes sensations ?
B.C. : «Disons que je n’ai pas montré forcément le meilleur de moi-même depuis le début de la saison… J’espère que les quatre ou cinq mois qui restent me le permettront afin que je puisse aider l’OM à atteindre ses objectifs.»
On a le sentiment que l’équipe s’est révoltée après le camouflet infligé par Angers en coupe de France…
B.C. : «Il y a une prise de conscience individuelle mise au service du collectif. Jusqu’ici, le problème de l’équipe était que toutes les individualités n’étaient pas à leur niveau».
Ton match à Toulouse démontre que tu es sur la bonne voie…
B.C. : «J’aurai l’air bien con si je dis aujourd’hui que je me sens super bien et que samedi je fais un mauvais match ( rires)… Le football est un éternel recommencement. Tout va très vite. Quand on fait de bonnes performances, on doit continuer de se remettre en question. Parfois, il faut même faire plus d’efforts encore».
Le retour à un 4-4-2 est déjà un plus pour toi…
B.C. : «Dans ce schéma, il y a la place pour deux milieux offensifs, donc logiquement j’ai davantage de chances de jouer. De plus, j’apprécie d’avoir un latéral derrière moi avec qui dédoubler. Je pense que c’est la même chose pour Salomon qui aime avoir quelqu’un devant lui. Il y a une complicité qui se créé. Mais ça ne pourra se juger que sur la durée.
Maintenant si l’équipe est championne en 3-5-2, je dirai bravo, tout en essayant de m’insérer dans ce dispositif».
Comment expliques-tu les deux visages présentés par l’OM à domicile et à l’extérieur ?
B.C. : «Les scénarios de match étaient différents. Les équipes qui viennent au Vélodrome n’ont qu’un seul plan de jeu : tenir coûte que coûte en sachant que si les événements ne s’enchaînent pas bien pour nous, ils pourront en profiter. Par contre, quand nous marquons rapidement comme contre Nice, il n’y a plus de problème…»
L’OM s’est fait piéger par Sochaux et Auxerre. Est-ce que cela risque de constituer un frein à votre volonté d’aller de l’avant si vous vous retrouvez en échec à la mi-temps samedi ?
B.C. : «Non. On ne peut pas se permettre au Vélodrome de faire tourner derrière si on est à égalité. Le public serait encore plus mécontent devant ce spectacle que si nous nous lancions à l’attaque et que nous nous fassions piéger».
Quels enseignements tirez-vous de ces défaites concédées à domicile ?
B.C. : «Nous n’avons pas suffisamment poussé ces équipes à la faute. Pour y remédier, c’est un travail de tous les jours. Le coach nous fait travailler à l’entraînement des circuits préférentiels afin que notre jeu soit plus rapide et fluide. Nous devons aussi presser plus haut encore sur le terrain».
On connaît ta qualité de frappe. A quand un but, à la façon de celui inscrit par Laurent Batlles au Stadium ?
B.C. : «Laurent a été très chanceux ( rires). Plus sérieusement, vous pouvez me croire, si l’occasion se présente, je ne me gênerai pas».
Troussier : «Je le jugerai sur un cycle de matches»
Philippe Troussier dit apprécier Bruno Cheyrou, qu’il décrit comme «un garçon attachant, un joueur talentueux sur le terrain car il fait marquer et sait aussi marquer lui-même. Je lui parle beaucoup…». L’entraîneur olympien a passé une forme de pacte avec le milieu de terrain : «Je ne le jugerai pas sur une seule rencontre, mais sur un cycle de matches».