INTERVIEW
Beye et le besoin d’un match référence au Vél 14/01/2005
En plus de débuter une série positive, le match de Nice doit permettre aux Olympiens de se décomplexer au Vélodrome. C’est l’avis d’Habib Beye qui revient sur les difficultés marseillaises à domicile, et donne les clés pour y mettre un terme.
Gagner à Lille mais échouer de nouveau au Vélodrome contre Nice serait une grosse contre-performance…
Habib Beye : «On aborde ce match avec l’envie d’entamer enfin une série positive. C’est ce qu’il nous manque pour la confiance. On a tous les atouts. Le fait de recevoir est une bonne chose. Ca va nous permettre de nous décomplexer au Vélodrome. Il nous faut réussir une bonne entame de rencontre, et si possible tuer le match. Ce que nous n’avons pas su faire contre Angers où pour moi notre élimination relève plus de notre incapacité à marquer un deuxième et troisième but en première mi-temps, que de nos dix minutes de flottement après la pause».
Nice est la meilleure attaque du championnat. La défense marseillaise risque d’avoir du travail dimanche…
H.B. : «Le bloc défensif a été intéressant contre Lille. A domicile, il faut jouer plus haut encore. Le but du jeu dimanche sera de les contrôler offensivement, surtout s’ils jouent avec Agali qui est un point d’encrage important pour eux, associé à Vahirua qui tourne autour de lui et qui va assez vite».
L’objectif est de bonifier les trois points pris mardi par une victoire dimanche…
H.B. : «On ne peut plus se permettre de faire le yo-yo, surtout quand on voit le parcours de Lyon. Chaque semaine, on pense que cette équipe va perdre, et elle continue de gagner. C’était encore le cas cette semaine à Sochaux… Si on veut au moins les avoir dans notre champ de vision, il faut faire enchaîner les séries. Sans minimiser la valeur des équipes de Nice ou de Metz ( que l’OM affrontera la semaine prochaine, ndlr), on a une série de rencontres qui peut nous permettre de nous placer dans le trio de tête. Lyon semble un ton au-dessus, mais monter jusqu’à la 2e place c’est jouable»
Il vous manque ce match-référence à domicile…
H.B. : «Oui. Monaco a été notre match le plus complet au Vélodrome cette année, mais on ne l’a pas gagné ( 1-1, ndlr). Lille est une référence pour l’extérieur, mais on sait qu’on ne peut pas faire le même match à domicile. Nous étions attendus là-bas, nous les avons laissé jouer, nous avons procédé en contre. C’est impossible de se permettre ça au Vélodrome, où on doit mettre la manière».
Y a-t-il un syndrome Vélodrome ?
H.B. : «Non. Il n’y a pas de malaise de ce genre. Aujourd’hui le problème au Vélodrome c’est que quand on fait tourner la balle vingt minutes avant d’avoir une action, ça commence à gronder. Et à partir de là, l’équipe plonge petit à petit. On a l’impression que les supporters ne sont plus avec nous mais contre nous. Il y a une chape de plomb qui tombe sur nous. Dès qu’ils ont commencé à applaudir les phases de jeu d’Angers, on avait l’impression que c’était le Milan AC».
Donc, comment faire ?
H.B. : «En étant plus ambitieux. Nous avons beau avoir le ballon, nous ne terminons pas les matches avec 20 actions à notre crédit. Nous devons avoir un jeu plus direct. Un jeu plus attrayant pour les supporters également, car à l’inverse on sait qu’à partir du moment où on se les met dans la poche, ça devient très difficile pour l’adversaire. Rappelons-nous de l’année dernière en coupe d’Europe. Quand on jouait à domicile, on partait la fleur au fusil. Il y avait cette folie qui nous fait défaut aujourd’hui».
Dans ces conditions, n’y a-t-il pas la tentation chez toi de prendre plus de risques offensifs ?
H.B. : «C’est vrai qu’on doit aussi apporter notre pierre à l’édifice mais on est quand même là avant tout pour bien défendre. Si vous en prenez trois à chaque fois, vous aurez du mal à gagner des matches. Il y a parfois cette tentation. Car on sait aussi que quand on joue haut, on met la pression sur l’adversaire. Cela peut signifier qu’on prend l’ascendant sur lui».
Nice a marqué beaucoup de buts, mais en a aussi encaissé 28. T’attends-tu à une partie ouverte ?
H.B. : «C’est difficile à dire. Encore une fois, nos adversaires ne sont plus les mêmes quand ils jouent contre nous. Si Angers jouait tous ces matches comme contre l’OM, il ne serait pas 17e de Ligue 2…»
Le match aller face à Nice n’avait-il pas été le premier accroc de la saison ?
H.B. : «Non, ça n’a pas été un accroc… En fait, le premier problème ici a été de commenter ce match nul comme une défaite. Il n’y avait pas tout eu dans le jeu, c’est vrai. Les Niçois avaient même joué à dix. Mais nous étions toujours dans nos objectifs avec nos 7 points en trois journées. La semaine qui a suivi a été comme une semaine de défaite. On s’est ensuite mis trop de pression, en se disant que c’était une catastrophe que de faire match nul à Nice et résultat on a perdu contre Metz…»
Un dernier mot sur Koji Nakata, qui partage vos
séances d’entraînement depuis mercredi. Tes impressions ?
H.B. : «Il est bien, c’est un bon footballeur. Il s’est bien intégré dans le groupe, comme s’il était là depuis longtemps. Je ne sais pas si j’aurais été aussi décontracté que lui dans la même situation, au Japon. En plus, il parle un peu français, quelques mots. Hier, il a dit «fatigué» ( rires)»
Laurent Oreggia