AVANT-MATCH
Et maintenant, faire aussi bien au Vél´ 12/01/2005
Pour Philippe Troussier, « il est encore trop tôt pour dire que tout va bien ». La performance réalisée à Lille doit s’inscrire dans la durée. Cela passe par une meilleure gestion des « rapports de force » quand ils sont favorables à son équipe, ce qui est notamment le cas à domicile. Avant la venue de Nice, la question est d’actualité.
Dès sa première conférence de presse d’avant-match, Philippe Troussier avait surpris son auditoire en pronostiquant, très sûr de lui, le temps de possession de balle qu’aurait son équipe quelques jours plus tard. La statistique s’était vérifiée, et les journalistes se sont depuis habitués à cette notion de « rapport de force », très importante aux yeux de l’entraîneur phocéen.
Très vite aussi, l’ancien sélectionneur avait précisé que prévoir cette donnée ne permettait pas de prédire à coup sûr l’issue des rencontres. Ni plus, ni moins que le célèbre adage footballistique « dominer n’est pas gagner » à la sauce mathématique.
A l’heure où il est naturel de s’interroger sur le décalage entre le faste des déplacements ( deux victoires et un nul) et la tristesse des réceptions ( une défaite et une élimination), le « rapport de force » refait surface.
«A domicile, l’adversaire nous oblige à avoir le monopole du ballon. Cela a été le cas contre Auxerre et Angers, et ce sera encore ainsi face à Nice, dimanche. Dans ce rapport, nous devons être actifs. Et pour le moment, ce n’est pas dans cette position que nous sommes le plus à l’aise. Car à force de devoir manœuvrer pour trouver la faille, on perd en spontanéité, on fait beaucoup d’efforts en vain, et on se désorganise en tentant d’apporter le surnombre», résume Troussier.
A l’inverse, à l’extérieur ( a fortiori contre des équipes mieux classées) l’OM a été déchargé de l’animation du jeu et a obtenu de meilleurs résultats.
Si les Olympiens veulent jouer un rôle dans cette deuxième partie de saison, il s’agit maintenant de trouver l’équilibre et les solutions quand ils ont la mainmise sur le jeu. L’entraîneur met le doigt sur le problème : «Je ne peux pas dire à mes joueurs « ne jouez pas, ne luttez pas à la récupération, n’allez pas au duel, laissez le ballon à l’équipe adverse ». C’est impossible d’être volontairement en réaction quand on sait que le rapport de force sera à notre avantage».
Mais alors que faire dimanche dans ce derby a priori déséquilibré entre Marseillais ( 4e) et Niçois ( 11e) ? Philippe Troussier à son idée en tête. Il accepte d’en dessiner les contours : «Il y a une organisation spatiale, une autre répartition des rôles à trouver dans la configuration de l’équipe. Ensuite, l’essentiel sera de voir quelle utilisation nous ferons du ballon. Avons-nous intérêt à avoir une relation du type le défenseur passe au milieu qui envoie vers l’attaquant ? Ou bien devons-nous avoir un jeu plus direct, sans verser non plus dans le hourra-football ? Il y a un transit à trouver pour ne pas perdre le ballon dans certaines zones».
Sans oublier qu’une utilisation plus efficace des coups de pied arrêtés est aussi un recours de poids pour débloquer les situations.
A Gerland et au Stadium Nord, l’OM a démontré qu’il avait sa place dans le haut du tableau. Tout l’enjeu des prochaines rencontres sera de trouver la régularité. De façon à ce que les points glanés à l’extérieur n’arrivent pas en bonus mais fassent bien partie du rythme de croisière olympien.
Troussier est lucide sur le chemin qu’il reste à parcourir : «Il est trop tôt pour dire que nous ne sommes plus convalescents, pour affirmer que tout va bien. Pour chasser les vieux démons et engranger la confiance nécessaire, il nous faut inscrire dans la durée les performances réalisées à Lyon et à Lille.»