Cheyrou contre Cheyrou 09/12/2004
La Hollande a ses De Boer, l’Angleterre ses Neville ou l’Italie ses Inzaghi, la France a ses Cheyrou et ce samedi, les deux frères natifs de Suresnes vont s’affronter pour la première fois. Après avoir fait leurs gammes ensemble à Lille, Bruno, l’aîné de trois ans, et Benoît le cadet veulent oublier le temps d’une rencontre.
Fin de saison 2001-02, le LOSC sort d’une saison pleine et Bruno répond aux sirènes de Liverpool tandis que Benoît va continuer à travailler ses gammes dans le nord. Les deux frères Cheyrou ont participé à la montée du club lillois et ont même goûté à la Ligue des Champions. Ils ne pensaient peut être plus se croiser sur les pelouses de L1 mais trois ans plus tard les voilà adversaires au Vélodrome, une première. Bruno, revenu d’Angleterre pour se relancer à l’OM et Benoît qui a franchi un cap en passant à Auxerre. «C’est un match particulier, c’est certain, concède Benoît dans les colonnes de l’Yonne Républicaine. C’est déjà un grand bonheur pour n’importe quel joueur d’aller au Stade Vélodrome. C’est la première fois que nous allons jouer l’un contre l’autre. Même s’il n’y a plus d’amitié qui vaille dès qu’on rentre sur un terrain, ça sera tout de même différent». Bruno ne fait pas non plus dans la tendresse et jure que «si on a tous les deux la chance de débuter le match, on devrait se retrouver dans la même zone du terrain et ça sera chaud. Mais si je dois le tacler pour l’empêcher de marquer, je n’hésiterai pas».
Et ce sera chacun de son côté durant 90 minutes, «il n’y aura pas de répit, je serai 100% marseillais, il sera 100% auxerrois et ce sera lui ou moi et il faudra que ce soit moi, il faudra que ce soit Marseille» promet Bruno. Et son cadet de renchérir, «nous sommes des professionnels, nous défendrons chacun nos couleurs. Toute cette histoire de retrouvailles avec mon frère n’est qu’une anecdote. Le plus important est que l’AJA se déplace là-bas pour ramener des points».
Un professionnalisme qui n’empêche pas les deux frères de se titiller. «Je l’allume un petit peu, je lui dis qu’avec tous les matches qu’ils ont joués, il faudrait qu’ils se calment un petit peu sinon ils vont exploser contre Marseille» plaisante ainsi Bruno. Mais c’est toute la famille Cheyrou qui peut être fière confie Benoît : «Au moins, nos parents seront contents quel que soit le vainqueur ! Je pense que c’est une grande fierté pour eux de voir leurs enfants sous le maillot de deux grandes équipes de Ligue 1».
Jouant dans deux formations au coude à coude en championnat, les Cheyrou plaident de toutes façons pour leurs paroisses. Bruno voit l’AJA comme «une bonne équipe reconstruite autour d’un bon collectif» tout en concédant qu’il «y a tout de même la place pour l’OM de s’imposer au Vélodrome». Mais Benoît ne se laisse pas impressionner et voit le changement d’entraîneur à l’OM comme une bonne raison d’y croire «C’est difficile de savoir si c’est une bonne période ou non pour les rencontrer. Troussier a fait pas mal de changements, l’équipe se cherche encore. Peut être que dans cinq ou six matches, elle sera encore plus difficile à jouer». On attend le premier duel sur la pelouse pour connaître la réponse.
Emmanuel Jean