SAISON 2004/05
Comprendre la victoire 29/11/2004
Le jeu marseillais a étonné contre Nantes samedi, surtout si l’on se réfère à la piètre copie rendue une semaine auparavant en Corse. La chance, l´adversaire, les récents évènements, autant de facteurs qui peuvent entrer en ligne de compte. Tentative d’explications auprès de deux acteurs importants de la victoire, Abdou Méïté et Steve Marlet.
Comment expliquer la comparaison entre l’OM corrigé à Ajaccio la semaine dernière et l’escouade sereine et dominatrice entrevue devant Nantes ? Quels paramètres ont permis aux joueurs marseillais d’être productifs alors que la semaine écoulée a apporté son lot d’évènements propres à déstabiliser les hommes du terrain ?
Les réponses peuvent se trouver dans les questions tout en gardant en tête que le faible niveau de jeu nantais a grandement facilité les choses. Ainsi, les coups de pieds arrêtés olympiens, un mal récurrent, ont enfin trouvé preneur à l’image des coups de tête de Déhu et bien sûr du but d’Abdou Méïté, son premier en L1. «J’ai eu un bon feeling avec le tireur, Benoît ( Pedretti), révèle l’intéressé, mais surtout Nantes jouait la zone derrière et ça nous a beaucoup aidé, on était plus libre du marquage». Une première explication, mais pas seulement. L’OM a produit du jeu et s’est montré serein à quelques exceptions près. «On était une équipe fragilisée hier ( samedi), on a fait du jeu, plus direct mais les deux premiers buts nous ont vraiment libérés, concède ainsi Steve Marlet, quand on prend pas de but, on est bien mais on a pu voir que dès que Nantes a marqué, cela a semé le doute. On voit là que l’on est une équipe encore friable». Du réalisme et un brin de chance, deux facteurs qui, il est vrai, ont souvent manqué aux Olympiens ces dernières semaines.
Mais les vraies raisons, plus profondes sont ailleurs. L’électrochoc annoncé suite aux départs successifs de José Anigo et de Christophe Bouchet a fait son chemin. «On a franchi un palier au niveau mental, avoue Méïté, et on a su faire abstraction des évènements extra-sportifs en restant concentré sur le terrain. Ce n’était pas encore le top mais si on continue comme ça, on peut viser les premières places». Et le défenseur ivoirien de louer l’acte de José Anigo : «Il y a eu une prise de conscience collective, José est parti à cause de nous et il fallait faire quelque chose. On est tous fautif sur le terrain, la réaction aurait pu arriver avant mais les choses ont fait que ça s’est passé samedi». L’écho est le même auprès de Steve Marlet. Le groupe a fait bloc. «Ce qui compte c’est la vie du groupe et, pour l’instant, ça se passe très bien, malgré tout, explique-t-il, on est toujours dans la course et nombre de joueurs ou d’effectifs auraient déjà explosé à notre place».
Si l’on y ajoute un stade plus clément «ce qui a pu aider à faire la différence» ajoute Marlet, voici sûrement les clés de la convaincante prestation de l’OM samedi dernier.
Avec un nouvel entraîneur et «un stage assez long comme pour une nouvelle saison» toujours selon Marlet, cet OM veut faire table rase du passé et a le regard tourné vers Caen et la fin de saison. «On est 3ème ex æquo et pas très loin du second, on va se mettre au boulot» se réjouit d’avance Abdou Méïté.