Cette fois, il ne sera même pas sur le banc de touche. Ce soir,Peguy Luyindula va payer de manière spectaculaire son début de saison manqué. Vraisemblablement en accord avec… José Anigo, dont il reconnaît être l’un des « hommes », Albert Emon a demandé à l’ancien Lyonnais de rentrer chez lui avant le match face à Nantes. C’est de là que l’international français, également écarté par Raymond Domenech lors du dernier rassemblement de l’équipe deFrance, a répondu à nos questions sur la crise qui secoue l’OM. Par la suite, il évoqua longuement ses difficultés individuelles. Il se trouve « ridicule ». Mais il n’accepte pas, pour autant, certains comportements.
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« COMMENT S’EST PASSÉ votre
journée d’hier ?
– ( Il réfléchit.) C’était spécial,
bizarre…
– Quels sentiments vous ont
traversé l’esprit ?
– Tu te sens un peu perdu, tu te
demandes ce qui se passe…
- Avez-vous été tenu au courant
par le club ?
– Non. Ce sont des coups de fil de
potes qui m’annonçaient ce qui se
passait. Voilà.
– La première nouvelle était
l’arrivée probable de Philippe
Troussier. Qu’en pensez-vous ?
– Je ne le connais pas. Je n’ai donc
pas de réaction à avoir. Je verrai
bien.
– Dans la foulée, Christophe
Bouchet a démissionné. Que
vous êtes-vous dit ?
– Toujours lamême chose : que tout
ça était un peu étrange. On se
demande ce qui se passe. Lorsque
j’ai signé à Marseille, je ne pensais
quand même pas que cela pourrait
aller jusque-là.
– Qu’est-ce que cela implique
sur un plan personnel ?
– Ça me gêne. Je suis venu à Marseille
pour continuer ma progression,
en sachant quel était l’état du
club, comment cela se passait ici. Si
j’ai pris la décision de changer
d’environnement, c’est que je voulais
vraiment venir. Après, beaucoup
monde me voulait et j’étais heureux
de venir. Là, j’ai l’impression que ma
tâche n’est pas facilitée.
– Et vous n’êtes pas heureux…
– Évidemment. Je ne marque pas, je
ne suis pas heureux ; l’équipe va
mal, je ne suis pas heureux ; le club
va mal, je ne suis pas heureux. Comment
je peux être heureux quand
tout va mal ? En plus, là, je ne suis
pas dans le groupe. Je voulais progresser,
aider l’OM à faire une bonne
saison, rester en équipe de France…
Et maintenant, quand je me vois
jouer, j’ai l’impression de voir un
lointain cousin ou un clone raté.
« Il y a des choses
acceptables, d’autres
ne le sont pas »
– Avez-vous l’ impression
d’être tombé dans un piège ?
– Non. C’est difficile pour tout le
monde. Ce que je regrette, ce sont
tous ces bruits qui sortent sur moi. Ça
n’augmente pas mon bien-être.
– Vivez-vous le pire moment
depuis le début de votre
carrière ?
– ( Il réfléchit très longuement.) Je
serais tenté de dire oui.
– Vous n’êtes même pas dans
le groupe pour affronter
Nantes. Trouvez-vous cela
injuste ?
– Tous les joueurs ressentent une
injustice quand ça arrive, donc bon...
Mais à partir du moment où les
adjoints de José ( Albert Emon et
Jean-Philippe Durand) reprenaient
l’équipe, je savais que mes chances
diminuaient. On m’a aussi rapporté
que pendant les matches, j’étais
l’une de leurs cibles préférées. Ils me
critiquaient vraiment durement. À
partir de là…
– Pouvez-vous accepter ces
remarques ?
– Ça fait mal, ça fait vraimentmal…
Sur un banc de touche, il se dit toujours
certaines choses. Il y a des
choses acceptables, d’autres ne le
sont pas.
– Lesquelles ?
– Ça ne sert à rien d’en parler.
– Vous êtes également tancé
par les supporters…
– Mais ça, c’est le cas de tout le
monde.
– Avez-vous des solutions ?
– J’y pense tous les jours. Je suis
peut-être le seul à le croire ( il sourit)
mais j’y arriverai. Comme je suis sûr
que l’équipe s’en sortira. Ce n’est pas
parce que je suis chez moi que je ne
pense pas au match. Je suis de tout
coeur avec mes coéquipiers.