Ligue 1: Marseille, un prétendant qui ne dit pas son nom
ven 29 jui, 08h16
agrandir la photo
MARSEILLE ( Reuters) - Echaudé l´an dernier par l´irrégularité de ses résultats et par l´absence d´un titre qui se refuse à lui depuis plus de dix ans, Marseille n´affiche officiellement aucune ambition particulière en ce début de saison, mais reste un prétendant qui n´affiche pas son nom.
( publicité)
" On s´est fait mordre une fois, on ne se fera pas mordre une deuxième fois", sourit José Anigo, promu à la direction sportive
du club.
L´an dernier à la même époque, l´OM visait une place dans les trois premiers du championnat de France et un trophée dans l´une des deux coupes nationales.
A l´arrivée, le club n´a réussi à accrocher qu´une place en Coupe Intertoto, qui l´oblige aujourd´hui à accélérer sa préparation.
" Avant de parler de titres, il faut offrir du spectacle pour que les gens se régalent un peu. Cela fait un moment qu´ils ne sont pas gâtés", estime encore Anigo.
" Le premier but à atteindre, c´est celui-là."
L´enfant terrible du football français peut toutefois difficilement se contenter de jouer les seconds rôles d´un championnat où le club phocéen partira, comme chaque saison, avec l´étiquette d´un prétendant au titre.
REDORER LE BLASON MARSEILLAIS
" Le championnat va être plus relevé que l´an dernier. Toutes les équipes qui se disent candidates au titre ont envie de rivaliser avec Lyon. Marseille en fait partie", affirme sans détour le défenseur Frédéric Déhu.
" A l´OM, le plus important c´est de faire des résultats. C´est sur ce critère qu´un entraîneur est jugé. La dernière saison s´est mal terminée. Il faut donc aussi redorer le blason marseillais", ajoute le nouveau coach Jean Fernandez.
Arraché à Metz, il a construit un groupe sans véritable star, préférant s´appuyer sur l´effectif de l´an dernier seulement amputé des milieux défensifs Benoît Pedretti et Eduardo Costa.
Il a misé sur l´expérience d´un Sabri Lamouchi, la technicité d´un Wilson Oruma ou la puissance d´un Mamadou Niang pour renforcer le potentiel de son équipe.
Le défenseur brésilien André Luis Garcia, l´attaquant péruvien Andrès Mendoza et le milieu français Franck Ribéry sont venus compléter le recrutement marseillais.
" Si j´avais une enveloppe à la Abramovitch, le problème de recrutement ne se poserait pas. Il a fallu faire avec les moyens du bord.
" Cela nous a contraint à plus de gymnastique et à davantage de réflexion. Cela a aussi réduit notre marge de manoeuvre. Pour autant, nous aurons une équipe compétitive", promet le président Pape Diouf.
HAINE DE LA DEFAITE
A défaut de chambouler son effectif, l´OM a donc fait sa révolution de palais en faisant le ménage en coulisses.
Le club n´a pas envie de revivre les affres de l´exercice précédent où il avait débuté, sous la baguette d´Anigo, le championnat dans l´anonymat, joué ensuite les premiers rôles en début d´année 2005 sous celle de Philippe Troussier, avant de sombrer en fin de saison.
Le club s´est aussi offert une crise hors du terrain avec l´éviction d´un président, Christophe Bouchet, et un actionnaire majoritaire, Robert Louis-Dreyfus, toujours muré dans son silence impénétrable.
L´OM a dégraissé une masse salariale exorbitante avec des joueurs, comme l´ex-international français Philippe Christanval, payés pour servir de partenaires aux entraînements.
Il a enfin mis un terme aux fonction de Troussier et à sa " méthode musclée".
" La différence, c´est qu´il y a déjà un entraîneur. Il y a aussi des personnes qui ont pris le pouvoir à la direction pour essayer de retrouver une stabilité qui nous permette de travailler sereinement", reprend Déhu.
" Les joueurs qui ont une certaine expérience du club, un certain acquis, doivent aussi mettre au parfum les nouveaux. Il faut discuter avec eux de l´environnement marseillais et de son obligation de résultats", ajoute-t-il.
Voulant faire de " la vitesse et de la technicité" la nouvelle marque de l´OM version 2005-2006, Jean Fernandez s´attache pour sa part à inculquer à ses joueurs la " haine de la défaite".
" Perdre 26 points à domicile est dramatique, surtout à Marseille. Niang, Oruma, Ribéry, je les connais bien, ils détestent perdre", conclut le technicien marseillais.