Carrasso : " Un vrai bonheur ! "
Décisif contre Berne, Cédric Carrasso confirme qu’il a les épaules pour garder les buts olympiens. A 23 ans, il est tout simplement ravi de la perspective qui s’offre à lui : enchaîner coupe intertoto et championnat.
Cédric, comme au match aller, tu as encore accompli des miracles samedi soir…
Des miracles, non. J’ai fait mon boulot. Dans mon esprit j’espère continuer ainsi jusqu’au terme de ma mission. L’envie est là. Et je ne vois pas pourquoi il en serait autrement dans les semaines à venir.
Avec cette qualification, le calendrier du début de saison devient extrêmement chargé…
Peut-être, mais pour moi c’est un vrai bonheur ! Ca me fait plein de rencontres à disputer, avec des beaux stades comme mercredi prochain à Rome. D’ailleurs quand on regarde les équipes qualifiées dans ce dernier carré, c’est plutôt un groupe de Ligue des Champions que de Coupe Intertoto. C’est vraiment très agréable.
En 2000, tu n’avais que 18 ans et pourtant tu étais déjà du déplacement à Rome…
Oui, j’étais même sur le banc. Car Cyprien avait déclaré forfait au dernier moment et donc l’entraîneur m’avait rajouté sur la feuille de match pour faire le nombre. Je découvrais le groupe pro, et du même coup la Ligue des Champions. Tout va très vite pour moi. Je n’ai que 23 ans mais j’ai déjà vécu beaucoup d’événements. Ils m’ont beaucoup appris.
Quelle analyse fais-tu de la rencontre face à Berne ?
Nous avons eu une mise en route difficile. Nous nous sentions fatigués. Et puis, tout le monde a bien fini. On a appuyé sur le champignon en fin de partie, mais on se sentait bien. Le gros travail foncier de cet été est en train de payer.
«Il faudra compter avec nous»
On a senti une grande détermination en deuxième mi-temps. Etait-ce parce qu’il s’agissait de la première au Vélodrome et qu’il était très important d’y débuter par une victoire ?
Gagner le premier match à domicile est important car cela donne une dynamique pour la suite. Si nous avions connu une contre-performance samedi, nous aurions peut-être abordé la venue de Bordeaux différemment. A la mi-temps, j’ai senti de la frustration dans le vestiaire. Il y avait donc une réelle envie de bien faire après la pause.
Moralement, c’est le type de victoire qui fait du bien à un groupe en construction…
Tout à fait. Nous étions menés et nous sommes parvenus à gagner le match. Et à l’aller, nous nous sommes faits rejoindre mais nous avons su l’emporter. C’est un signe… Il faudra compter avec nous.
A l’OM, tu dois davantage être décisif sur les rares ballons que tu as à négocier. Comment vis-tu cette pression supplémentaire ?
L’an dernier, Guingamp était un peu le Marseille de la Ligue 2. Je veux dire par là que l’En Avant comptait le plus bel effectif du championnat et donc l’équipe était attendue au tournant à chaque match. Peut-être que je touche un peu moins de ballons encore avec l’OM. C’est d’autant plus vrai au Vélodrome, où comme samedi soir je n’ai eu que quelques arrêts à effectuer. A moi d’être particulièrement concentré.
On t’a souvent vu jouer haut samedi soir. Est-ce que tu avais des fourmis dans les jambes ?
Non, cela correspond au jeu de l’équipe. C’est le système du coach qui veut ça. On joue haut, on harcèle le porteur du ballon. Il me revient alors de couvrir ma défense. Ca me convient tout à fait.
Ne se fait-on pas une montagne de la Lazio ?
Quand on parle de la Lazio, on fait référence à sa réputation. C’est la même chose en France où St Etienne, même en Ligue 2, restait une équipe à part. Pour en revenir à la Lazio, les Marseillais ont encore en mémoire notre défaite 5-1 là-bas. Honnêtement, je préfère qu’on aborde cet adversaire avec une certaine méfiance plutôt qu’on le prenne à la légère.
N’y a-t-il pas un risque de laisser trop de forces au stadio Olimpico avant la réception de Bordeaux ?
Tout sera affaire de récupération. Mais une chose est certaine, dès le match de mercredi terminé il faudra tourner la page, mentalement. Nous devrons nous dire qu’avec le championnat, on repart à zéro.
Fernandez : «Cédric avait accompli une saison pleine à Guingamp»
A la reprise de l’entraînement, fin juin, le choix du gardien titulaire jusqu’au 15 octobre et le retour de Fabien Barthez n’était pas arrêté. Jérémy Gavanon, qui avait terminé la saison 2004-05, et Cédric Carrasso étaient en concurrence. «Cédric présentait l’avantage d’avoir accompli une saison pleine à Guingamp», explique Jean Fernandez. «De son côté, Jérémy a pris une initiative intelligente et professionnelle en choisissant d’être prêté à Clermont ( L2). Il va y trouver des repères importants pour la suite»