Fernandez : " Il faut rester vigilant"
Même si, en ayant gagné 3-2 à l´extérieur, les statistiques sont en faveur de l´OM, l´entraîneur marseillais n´estime pas que la qualification soit acquise.
Dès l´entame de match, vous vous êtes fait peur avec cette occasion suisse. Ensuite, Berne est revenu à 2-2…
S´ils avaient marqué à la première minute, on aurait eu 89 minutes pour revenir sans compter le temps additionnel. Cela aurait été sans doute un autre match mais on a vécu cinq premières minutes difficiles avec cette occasion de but pour Berne. Mais globalement on a fait un match positif, notamment durant la première heure où on a bien maîtrisé le jeu au niveau collectif, on a été bon dans la récupération du ballon, on s´est créé de nombreuses occasions et on a le mérite d´avoir marqué deux buts. On a fait une bonne première mi-temps, on était bien physiquement.
En seconde période, il ne fallait tomber dans le piège en jouant trop facilement avec moins de concentration. On a su l´éviter durant 15 minutes mais après on a plongé physiquement. C´est logique car on est en préparation. Dans la dernière demi-heure, on a subi, on leur a laissé des espaces, ils ont été plus créatifs. Ils ont beaucoup de réussite sur le premier avec ce retourné de Yakin qui finit dans les pieds d´un joueur de Berne. Après l´égalisation, on a été en difficulté pendant 5-6 minutes au niveau du jeu, du physique et de la concentration. Ensuite, l´équipe s´est ressaisie, il y a eu des opportunités de but, ce coup de pied arrêté et ce but de Taiwo qui nous offre la victoire.
A 2-2, vous avez eu peur sur le banc ?
Oui, quand on gagne 2-0 à l´extérieur et que l´on se fait remonté en l´espace de quelques minutes, on craint que l´équipe puisse avoir de grosses difficultés. On a reculé, on était moins bien physiquement mais, ce qui nous a permis de sortir la tête de l´eau, c´est qu´à chaque fois que l´on récupérait le ballon, on avait la volonté de jouer. On a enchaîné les passes, on allait dans la moitié de terrains adverses… Si on n´avait pas eu ces enchaînements dans la période difficile, je pense que l´on aurait peut-être craqué.
Le résultat est bien sûr positif mais avez-vous noté des points négatifs durant le match ?
La facilité avec laquelle on a encaissé les deux buts m´a déplu. C´est le point négatif du match. En ayant gagné le match, je suis content d´avoir pris deux buts car cela a mis en avant des erreurs individuelles que l´on devra corriger. On a pu toucher du doigt des problèmes individuels et collectifs. C´est ce qui va nous permettre d´avancer sur le plan tactique et éviter de les reproduire.
Les recrues ont marqué, c´est bien pour le moral…
Oui, c´est bien pour Wilson ( Oruma) et pour Mamadou ( Niang). Ils ont été généreux dans l´effort et ils sont récompensés par deux buts. Pour eux, pour la confiance, c´est important.
Ce que vous avez vu de votre équipe correspond à ce que vous attendiez ?
Je pense qu´on a pris le dessus, notamment sur le plan collectif, sur une équipe qu´il ne fallait pas sous-estimer, qui n´est pas très médiatisée mais qui a de la qualité. Ils vont d´ailleurs le montrer dans le championnat suisse durant la saison. Je pensais que l´on aurait une première période plus compliquée. La qualité physique et technique de l´équipe a fait reculé Berne, on leur a posé beaucoup de problèmes. Je m´attendais à rencontrer plus de difficultés et cela n´a pas été le cas. Ce que l´on a fait durant une heure, c´est bien. On s´attendait à baisser physiquement et cela a été le cas en fin de match.
L´alerte de la première minute a finalement été un mal pour un bien ?
On était en préparation avec seulement deux matchs amicaux dans les jambes. On n´avait pas encore la concentration du haut niveau. Même si c´est la coupe Intertoto, ce n´est plus la même compétition qu´il y a cinq ans en arrière. On a affronté un club suisse qui vient de débuter son championnat, qui se prépare début le 10 juin. Il y a ensuite des clubs espagnols, italiens, anglais, allemands… Aujourd´hui la coupe Intertoto ressemble vraiment à une coupe d´Europe. Entre les matchs amicaux et une coupe européenne, le niveau de concentration n´est pas le même. La première minute a été un avertissement qui nous permis de mieux nous concentrer afin de mieux gérer le match.
On peut dire que l´OM est quasiment qualifié ?
Il faut rester vigilant, la qualification e joue sur deux matchs. Ce que nous avons fait là-bas, ils peuvent nous le faire ici, surtout quand on voit leur résultat à l´extérieur : ils ont quand même marqué 4 buts à Lokeren et 3 à Neuchâtel. Il faudra être vigilant et concentré pour ne pas tomber dans le piège. C´est ce que j´ai dit aux joueurs à la mi-temps alors que l´on menait 2-0. On est exactement dans le même cas, on est dans une bonne situation pour se qualifier lors du match retour mais il reste 90 minutes donc tout est possible. On a notre sort entre nos mains, avec beaucoup de vigilance, de motivation, de concentration et une préparation supplémentaire d´une semaine sur le plan physique, on devrait être capable de passer ce tour.
Pour le match retour, ton équipe risque d´être modifiée ?
Je pense que par rapport à l´évolution qu´il va y avoir durant cette semaine et par rapport à la préparation du début de championnat, il y aura des changements dans l´organisation. Cela permettra d´être mieux physiquement et d´avoir la meilleure équipe possible pour la première journée de L1.
Les dernières recrues ( Mendoza, Andre Luis) seront opérationnelles ?
La question se posera pour Lamouchi. Ce sera difficile pour Mendoza. Le stage représente le dernier gros bloc avant la reprise puisque au retour de Port-Crouesty, on va enchaîner sur le match retour contre Berne puis en cas de qualification, on joue le mercredi et enfin, Bordeaux, toujours fixé au vendredi. On va pouvoir tester, durant ce stage, des garçons comme Lamouchi ou Mendoza.
Avec cette victoire à l´extérieur, il est difficile d´envisager un meilleur départ…
Quand j´ai vu la qualité de l´adversaire, je me disait qu´un match nul serait un bon résultat, en sachant que le match retour est au Vélodrome. Là, on a le mérite de gagner la rencontre, on est dans une bonne position mais il faudra être vigilant.
Il va être important ce premier match au Vélodrome ?
Oui, il est important pour nos supporters, pour les joueurs. Il faut confirmer ce qui été fait à Berne au Vélodrome.
Qu´avez-vous ressenti sur le banc ?
Cela m´a fait très plaisir d´être sur le banc de touche pour le premier match de l´OM, en plus on a gagné… Quand on connaît l´importance de la victoire, cela fait plaisir. Cela nous permet aussi d´avoir un bon capital confiance. Il est, aussi, toujours plus facile de travailler après une victoire. L´état d´esprit et l´ambiance sont bons. On va progresser cette semaine.
Lors du match, on a vu des joueurs très impliqués, même si leur situation n´est pas définitive…
Oui, ils sont bien rentrés dans le match, notamment Bamogo qui est à l´origine du coup franc qui nous a donné le 3e but. C´est important de créer un état d´esprit dans le groupe. Il n´y a pas 11 titulaires, il y a 20 titulaires potentiels et tout le monde a sa chance. C´est le langage que je tiens aux joueurs. Avec un bon état d´esprit, c´est plus facile pour les matchs.
Après ce match, vous avez changé d´avis sur certains joueurs ? Vous avez peut-être envie que certains membres de l´équipe, en instance de départ, restent finalement avec vous ?
C´est un petit peu tôt… Mais il n´y a pas que le paramètre technique, il y a aussi le paramètre financier. Les dirigeants marseillais ont très bien travaillé en fonction des moyens qu´ils avaient. Même si le recrutement n´est pas très médiatique, il est très judicieux par rapport aux membres de l´équipe. Mais il y aura des joueurs qui seront obligés de partir.
Qu´a dit Robert Louis-Dreyfus après le match ?
Il était content. Cela nous a fait très plaisir qu´il soit là. C´est important qu´il soit proche de l´équipe. Après le match, messieurs Dreyfus et Acariès étaient très contents de la prestation de l´équipe et ils nous l´ont dit.
Avec deux matchs en 48 heures, la dernière semaine de juillet s´annonce compliquée…
C´est aberrant de faire jouer une équipe deux jours après un match de coupe d´Europe. Sur le plan physiologique, par rapport à la chaleur, je trouve que c´est une aberration. En plus, nous sommes encore en période de préparation, jouer Bordeaux 48 heures après avoir joué contre un club italien de renom, cela me paraît ingérable. Je vais suivre attentivement ce qu´il va se passer. J´en parlais, samedi soir, avec Pape Diouf et José Anigo et je leur disais qu´en trente de haut niveau, je n´avais jamais joué deux matchs en 48 heures.