Affaire Adidas: Tapie réclame 990 millions d´euros à l´Etat
Les liquidateurs du groupe Bernard Tapie ont réclamé mercredi devant la cour d´appel de Paris 990 millions d´euros à l´Etat pour le préjudice subi selon eux à la suite de la vente par le Crédit Lyonnais du groupe Adidas à Robert-Louis Dreyfus, une thèse battue en brèche par les représentant de l´Etat.
La cour d´appel rendra sa décision le 30 septembre.
L´ancien homme d´affaires et ex-ministre Bernard Tapie n´était pas présent pour des raisons de santé à cette audience civile où il n´aurait pas été appelé à prendre la parole.
L´affaire oppose depuis 1996 le Consortium de réalisation ( CDR), l´organisme public chargé d´assumer la gestion passée du Crédit Lyonnais, aux actionnaires minoritaires de Bernard Tapie Finances ( BTF), c´est-à-dire essentiellement Bernard Tapie lui-même.
L´ancien homme d´affaires devenu ministre en 1992 estime avoir été illégalement privé d´une plus-value importante réalisée lors de la cession du groupe Adidas à Robert-Louis Dreyfus en 1993-1994.
De longs débats de procédure ont fait place mercredi après-midi à l´examen du fond du dossier et à la plaidoirie convaincante de Me Maurice Lantourne, avocat des liquidateurs du groupe et donc défenseur des intérêts de Bernard Tapie lui-même.
Lorsqu´il est nommé ministre de la Ville en 1992, ce dernier confie à sa banque partenaire, le Crédit Lyonnais, le soin de revendre Adidas pour un montant égal ou supérieur à 317 millions d´euros.
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Me Lantourne s´est attaché à démontrer que dès cette date, le Crédit Lyonnais va trouver un accord avec Robert-Louis Dreyfus pour vendre Adidas le double du prix demandé par Bernard Tapie à l´horizon fin 94 et va, en attendant cette échéance, se porter acquéreur d´une majorité des titres de la société.
" Comme ils ne voulaient pas se faire prendre, ils ont utilisé des sociétés off-shore", a rappelé M. Tapie interrogé mercredi sur France Inter.
" Je vous donne un mandat pour vendre une appartement 1 million de francs. Si je m´aperçois qu´on l´a vendu trois fois plus cher, sans me le dire, et qu´en plus le bénéfice est pour vous, alors la vente est nulle", a-t-il ajouté.
Fin décembre 1994, Robert-Louis Dreyfus lève l´option proposée par le Crédit Lyonnais et achète la totalité d´Adidas pour 708 millions d´euros.
Invité à prendre la parole à son tour, l´avocat du CDR, qui représente l´Etat dans ce dossier, a fustigé " les chiffres folkloriques et caricaturalement faux" avancés par la partie adverse.
" La banquier n´a pas volé son client, le groupe Bernard Tapie", a-t-il martelé, estimant bien au contraire que " le banquier avait permis à son client de faire 203 millions de francs de plus-value ( entre l´achat d´Adidas en 1990 par Bernard Tapie et la revente en 1992, NDLR), en lui évitant la faillite et celle d´Adidas".
" Il faut démystifier cette légende entretenue par Bernard Tapie depuis 10 ans selon laquelle le banquier a revendu au double du prix convenu", a avancé Me Martel. L´avocat a expliqué que Bernard Tapie ne détenait pas la totalité du capital d´Adidas au moment de sa revente fin 1992 et que la valeur réelle d´Adidas était en fait de 518 millions d´euros.
La représentante du parquet général a estimé dans ses observations que la banque avait " manqué de transparence, de loyauté et de fidélité envers son client" tout en estimant que les prétentions de réparation de Bernard Tapie devraient être revues à la baisse sans toutefois en préciser le montant.
Gagne vite ton procès et viens nous sauver.