Dominique D´Onofrio a officiellement annoncé à sa direction qu´il ne sera plus, la saison prochaine, l´entraîneur du Standard
SCLESSIN L´information que nous dévoilions dans nos éditions de samedi a pris une tournure officielle, hier, sur le coup de midi. Dominique D´Onofrio a, effectivement, fait part à sa direction qu´il ne souhaitait plus entraîner le Standard la saison prochaine. Les dirigeants liégeois ont pris acte de sa décision et ont bien été contraints à l´accepter. «J´ai agi dans l´intérêt de mon club comme je l´ai toujours fait, déclarait hier Dominique D´Onofrio. J´ai l´impression que ma présence à la tête de l´équipe n´aura jamais été reconnue à sa juste valeur. On a plus recherché le négatif que le positif. Certains attendaient que j´échoue.»
Et l´entraîneur liégeois, qui succéda à Robert Waseige, ne se sera pas planté en bord de Meuse où, n´en déplaise à ses nombreux détracteurs, il aura réussi la gageure de ramener le Standard au sommet. La réalité des chiffres est implacable et objective. Depuis 32 ans, aucun entraîneur n´était parvenu à franchir le cap des 100 matches officiels consécutifs à la tête du Standard. Hormis Michel Preud´homme, aucun autre sélectionneur n´avait permis au Standard d´atteindre le cap des 60 unités en championnat depuis la victoire à trois points. Aucun autre entraîneur n´est parvenu à qualifier le Standard en Coupe d´Europe deux saisons de suite depuis 11 ans. S´il qualifie son équipe pour la Coupe Uefa, il rejoindrait donc Arie Haan. L´entraîneur liégeois aura bien posé sa griffe que beaucoup ont eu du mal à lui reconnaître alors que d´autres entraîneurs étaient portés aux nues après trois matches seulement...
«Pas dans un rôle d´adjoint!»
«Il était temps que je prenne ma décision, poursuit le Liégeois. Y avait-il un meilleur moment pour l´annoncer? La direction a le temps de se retourner. J´ai la conscience tranquille.»
Reste donc à savoir quel sera l´avenir de Dominique D´Onofrio. À l´étranger ou au Standard? «Mon futur, ce sont ces quatre derniers matches avec le Standard, affirme-t-il d´emblée. Je suis particulièrement déterminé à qualifier le Standard pour la Coupe de l´Uefa. Après? Je ne sais pas encore. Je n´ai, en tout cas, reçu aucune proposition. Je préfère garder toute mon énergie pour cette fin de saison car je ne veux pas m´évader. Rester au Standard? Ce n´est pas à moi qu´il faut poser la question. Il est, en tout cas, exclu que je reprenne un rôle d´entraîneur adjoint.»
Le départ de Dominique D´Ono- frio risque d´éveiller de nombreux regrets. Et même auprès de ceux qui l´ont critiqué. Car, sans le vouloir, le Liégeois a mis son successeur sous pression. Celui-ci sera obligé de faire, au moins, d´aussi bons résultats que lui...
Si la plupart des entraîneurs favoris pour succéder à Dominique D´Onofrio ont eu, un jour ou l´autre, un rapport étroit avec la compétition belge, il n´est certainement pas exclu qu´un mentor étranger vienne leur briguer la place, au nez et à la barbe de ceux-ci. Tant Eric Gerets que Trond Sollied sont, en effet, toujours en activité dans leurs clubs respectifs et leur engagement coûterait beaucoup d´argent au Standard car ils ne sont pas défenestrés. Dans la liste des candidats étrangers, le nom de Rolland Courbis apparaît en très bonne position. Occupé à essa- yer d´assurer le maintien en Ligue 1 française d´Ajaccio où son contrat expire au mois de juin, le coach méditerranéen connaît particulièrement bien l´actuelle direction liégeoise pour avoir travaillé sous ses ordres à... Marseille, où son travail fut très apprécié. Artur Jorge ( Cameroun) et Laszlo Bölöni ( Stade Rennais) sont cités car ce sont, eux aussi, deux des nombreux entraîneurs très proches de Lucien D´Ono- frio. Mais il serait étonnant que les entités qui les emploient s´en séparent tant leur travail est unanimement apprécié. On sait que Vahid Halilhodzic ( ex-Lille, PSG) avait, en son temps, proposé ses services à Sclessin, de même que Patrick Rémy ( ex-La Gantoise, Caen). Mais ces candidatures se révèlent moins plausibles...
Marc Wilmots assistera, samedi soir, au match Standard-Saint-Trond: «J´avais programmé de longue date cette visite à Sclesssin. Je ne voulais pas manquer cette occasion de revoir à l´oeuvre deux de mes anciens clubs.» Marc Wilmots s´amuse de l´ambiguïté. Il feint de l´entretenir: «Je n´ai reçu, à ce jour, aucune proposition. Tout le monde sait que je suis libre. Qu´après avoir été remercié par Saint-Trond le 20 février dernier, je m´étais ménagé un peu de recul pour apprécier dans quel train je pourrais éventuellement embarquer.» Ce convoi-là pourrait-il être peint en rouche ? «J´ai passé cinq ans au Standard, soit la plus longue période de ma carrière. J´ai de solides attaches rouches. Le club me connaît. Nous avons noué de bonnes relations, lui et moi. Nous avons déjà réalisé de bonnes choses ensemble. Ma position est claire: je n´attends rien. Si le Standard a besoin de moi, il sait où me trouver. Mais pourquoi précipiter le mouvement? Il ne faut pas, au- jourd´hui, se focaliser sur le nouvel entraîneur: on est suffisamment nombreux sur le marché. La priorité, c´est la qualification pour l´Europe. Celle-ci conditionnera forcément l´avenir. Combien de joueurs s´en iront-ils si le Standard n´est pas européen? Il ne faut pas gâcher une belle campagne...»