Les surveillances du pont pendant les orages étaient éprouvantes. Les hommes se cassaient régulièrement un membre quand les vagues violentes s´abattaient sur le kiosque. Les veileurs étaient alors submergés par l´eau glacé et projetés contre les appareils du pont. Des lignes de sécurité en cuir et en acier étaient obligatoires pour éviter qu´ils ne soient jetés par dessus bord. Ils étaient habillés de vêtements imperméables mais qui n´empêchaient pas l´eau de pénétrer par les manches et par le bas du pantalon : ils finissaient souvent trempés, et avaient rarement l´occasion de sécher leur vêtements.
L´apparition du Schnorchel apporte un plus pour la sécurité mais il posera quelques problèmes par mauvais temps. Avec les vagues, le clapet d´obturation se ferme régulièrement coupant ainsi l´arrivée d´air frais à l´intérieur du U-Boot rendant alors l´air pratiquement irrespirable puisque pendant ce laps de temps les diesels consomment presque tout l´oxygène contenu dans le sous-marin. Ceci provoque des douleurs aux yeux et oreilles laissant parfois de graves lésions.
En cas de repérage le U-Boot effectue une plongée rapide et de chaque seconde gagnée ou perdue peut dépendre la survie du bâtiment. Aussi les hommes de pont se laissaient " tomber" à l´intérieur du kiosque ce qui provoquera de nombreuses blessures.
Les attaques sont menées de préférence la nuit car les U-Boote naviguent plus rapidement en surface qu´en plongée et sont beaucoup moins repérables dans l´obscurité. Jusqu´à l´apparition du Schnorchel, le rechargement des batteries, nécessitant une navigation en surface, s´effectuera de nuit, le péril s´intensifiant au fil des ans.
Contrairement à ce que l´on pourrait croire, la petite taille des sous-marins allemands facilite le tangage et le roulis de ceux-ci et le mal de mer est plus fréquent que sur les navires de surfaces.
De même le froid est un ennemi redoutable et sur les mers où naviguent les convois en direction de l´URSS la mort par le gel ou la noyade accidentelle est bien plus redoutée que les escortes adverses.
Les veilleurs doivent scruter l´horizon sans pouvoir relâcher leur attention. Il n´y a pas de place pour l´erreur et si le U-Boot est touché ses chances de s´en tirer sont infimes surtout en plongée. Les sous-mariniers sont les seuls à connaître cette sensation paticulière du silence à bord avec le son de l´Asdic qui devient rapidement insupportable pour les nerfs et avec la certitude qu´une seule grenade peut transformer le bâtiment en cercueil d´acier.