Quand Bush pollue les Jeux
Les républicains ont utilisé la présence des délégations afghane et irakienne à Athènes à des fins de propagande pro-George W. Bush.
Le mouvement olympique l’a toujours en travers de la gorge. L’équipe électorale de George W. Bush a récupéré à la sauce républicaine les Jeux. Dans plusieurs spots de campagne diffusés depuis le début des épreuves, une voix off déclame que " lors de ces jeux Olympiques, il y aura deux pays libres supplémentaires " , en référence à l’Irak et à l’Afghanistan. Avec, comme sous-entendu : c’est grâce à Bush, réélisez-le.
Les pontes lausannois du Comité international olympique n’ont pas l’habitude de se fâcher. Mais face à cette récupération contraire aux principes de neutralité politique de la charte olympique, ils ont fait monter au créneau leur porte-parole Giselle Davies, qui a prié l’équipe de propagande du Texan de ne plus utiliser ces films publicitaires. D’autres membres du CIO - certes sous couvert de l’anonymat - ont fulminé : " C’est d’une arrogance sans nom. "
Le président américain et les représentants de son administration n’en sont pas à leur première tentative de récupération. Bush lui-même, il y a quinze jours, expliquait publiquement : " Aujourd’hui, parce que le monde a agi avec courage et sens moral, ces nations sont libres et leurs athlètes participent aux jeux Olympiques. " Quelques jours plus tard, l’ex-administrateur de l’Irak, Paul Bremer, en visite à Athènes, s’était félicité des bons résultats de l’équipe de foot en déclarant : " L’Irak est de retour. " L’entraîneur de la sélection, Adnan Hamad Majeed, l’avait alors envoyé bouler : " M. Bremer, qu’a-t-il fait ? Il a pris des photos avec les joueurs. La vérité, c’est qu’il ne nous a jamais aidés. " Son compatriote, le nageur Mohamed Abbas, a, lui, utilisé la caisse de résonance des Jeux, comme Bush, mais pour un message inverse : " Vous connaissez la situation en Irak. Les Américains doivent rentrer chez eux. "
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