Tu sais, à ce niveau, toutes les drogues sont violentes, hein... ^^
Si tu entends par drogue "douce", comme la majorité des gens, une drogue qui ne produit pas d'accoutumance, tu ne parles même pas de drogue. XD
Par définition, une drogue agit sur le système nerveux, en se substituant à certains de ses éléments (en très gros); par conséquent, quand tu arrêtes de consommer, il y a toujours un moment d'adaptation du système nerveux pour retrouver son état normal. La distinction ne doit pas se faire au niveau de la violence des drogues, et encore moins dans les endroits opportuns. Avec modération, certainement, sachant que, même avec modération, une drogue induit un effet. Si l'on suit les textes de loi français, la seule drogue pour laquelle on reconnaît un usage normal, c'est l'alcool (et les médicaments, si on étend la définition de substance psychotrope). D'un autre côté, même cet "usage normal" produit des effets toxiques. 
Même le café est considéré comme une drogue, c'est dire! Et pourtant, on estime qu'il n'y a intoxication à la caféine qu'à partir de 250 mg de caféine pure avalée, sinon plus. Autrement dit, c'est une drogue, elle a des effets sur le système nerveux et sur la physiologie (qui sont, pour le coup, très impressionnants), mais c'est peut-être ce qui s'approche le plus d'une drogue douce.
Le statut de l'alcool est particulier : la France a sa mythologie du vin, et un puissant lobby des producteurs d'alcool, qui fait pression pour que l'alcool dispose d'une législation particulière. On l'autorise avant tout parce qu'il y a trop d'alcoolique, et qu'il a une grande place en tant que ciment social. De même pour le tabac. En somme, c'est parce qu'on a pris l'habitude de fumer et de boire, que la lois ne sanctionne pas ces drogues, et non l'inverse. La législation sur les substances psychotropes est donc pleine d'incohérences.
En général, je suis d'accord avec ce que tu dis, Sam, quoique, dans l'absolu, le mieux reste de ne pas en consommer. Cela dit, la consommation en elle-même, quel que soit son objet, est déjà une forme de psychotrope. Par exemple, j'ai eu une addiction au soda, pendant laquelle je ne buvais plus d'eau. J'ai réussi à me sevrer après quatre jours, et maintenant, mon comportement est à peu près normal, mais je dois vous avouer qu'en permanence, j'avais envie de me verser un petit verre.
L'important, c'est juste que l'addiction ne produise pas d'effets assez remarquable pour modifier la personnalité, ou pour présenter une toxicité. Dans quelle mesure peut-on tolérer la drogue, qui agit toujours sur la personnalité? A partir de quel seuil considère-t-on que l'effet est trop important? C'est tout l'objet de la législation de le définir, et c'est pourquoi on peut encore utiliser la morphine comme antalgique, la cocaïne comme collyre et anesthésiant, etc, etc...
Doser le rapport bénéfice/risque d'un produit, c'est reconnaître que la législation est humaine, et qu'elle ne peut procéder que par des impératifs discutables, et non des Lois morales absolues; c'est reconnaître la dualité de toute chose, et, en particulier, la célèbre opposition entre pharmakon et toxikon, entre le médicament et le poison, affirmée dès les grecs : une même substance, mais sous des applications différentes, peut être toxique ou pharmacologique.
Et voilà, un petit pavé d'addictologie, de Droit, de pharmacologie, et de philosophie. C'est bien parce que je pars cet après-midi dans une contrée sans internet pendant quatre jours. 