Merveilleux.
Bon, je ne poste qu'un extrait. Le début de l'essai.
" Le problème premier de toute science est le problème de l'existence. Il faut savoir si une chose existe, si une loi physique a bien une réalité effective, c'est à dire qu'elle correspond à une certaine réalité. Si je pose une proposition physique, ou mathématique, ou de n'importe quelle autre science et que je tente de la démontrer, ma démonstration consistera en fait à montrer qu'elle s'applique dans certain cas, c'est à dire qu'elle a une réalité effective, donc une existence dans un Monde.
Il semble, en effet, que l'on doive définir notre existence comme réalité efficiente de l'être dans un Monde précis. Cette définition peut sembler étrange, et ce Monde particulier dont nous parlons pourrait être considéré comme issu d'un quelconque mysticisme. Il n'en est rien : le Monde des réalités mathématiques est un monde à part, car ces réalités ne peuvent s'appliquer à notre monde sans adaptation aucune. Par exemple, le fait que 2+2=4 ne peut pas s'appliquer au Monde sensible. Car 2 et 4 sont des grandeurs qui peuvent s'appliquer à n'importe quel paramètre, mais qui ne sont appliquer à aucun du moment qu'ils restent dans le domaine des mathématiques. J'ai peut-être deux bananes là, et deux pommes ici, je peux certainement dire que j'ai quatre fruits en tout, et cela reviendra à utiliser 2+2=4; pour autant, ces deux paires de fruits ne sauraient représenter cette égalité en elle-même. Platon la classe, avec raison, comme une part du monde intelligible, c'est à dire qu'elle est hors de l'existence sensible. Mais il nous faut cependant considérer que cette égalité, et toutes les autres vérités mathématiques, peuvent s'appliquer à notre monde : nous dénombrons régulièrement, l'arpenteur calcule des surfaces. Cela constitue une application du Monde mathématique sur le Monde sensible. Qu'est-ce à dire? L'homme qui réalise ce dénombrement, ce calcul d'aire, connaît un pan du Monde mathématique, qu'il confronte à la réalité sensible. Ce qu'il fait alors, c'est appliquer une vérité provenant d'un autre Monde à celui-ci, avec toutes les erreurs que cela peut provoquer, du fait qu'un terrain qui nous semble rectangulaire contient souvent des inégalités et que la formule mathématique longueur*largeur ne saurait s'appliquer au calcul de son aire : c'est ce qu'on appelle modéliser. Nous voyons bien d'autres modélisations du Monde sensible par une application du Monde mathématiques. "
Version non retravaillée depuis son écriture.
