Je vis, je suis pris dans le tourbillon de la vie ; j´aime, j´éprouve toutes sortes de passions : d´où vient que je le sache ? Il faut bien que j´en ai conscience.
C´est là ce que signifie le cogito : le « je pense >> Est-ce qui rend possible une synthèse de mes représentations, faute de quoi elles ne seraient pas miennes : nous ne penserions pas, n´aurions pas conscience de nos représentations ; serions emportés par le flux de nos pensées.
Si j´ai conscience (j´ai toujours et immédiatement conscience de tout ce qui se forme en mon esprit), je suis aussi conscience ("je suis, j´existe") ; c´est moi qui pense, << doute conçoit, affirme ou nie, veux ou ne veux pas ect... toute pensées véritable donc suppose un sujet attentif, un être capable d´une activité de discrimination (capable de distinguer le rêve du réel), d´une activité de discernement (capable de distinguer le vrai d´avec le faux ; les bonnes ou mauvaises pensées), capable aussi d´agir : d´accepter, de rejeter ou de modifier ses pensées.
Qui sait cependant si, croyant penser par soi-même, nous ne ferions que combiner des idées préexistantes ? Des idées léguées par le monde auquel nous appartenons, le cercle familial, le milieu social ou la société dans son ensemble ?
De ce que nous n´avons pas sur nos pensées, sur celles du moins qui nous viennent sans qu´on les ait prévues, de contrôle possible, faut-il affirmer que nous ne pensons pas mais que nous sommes pensés ?