Fin du monde la science face aux croyances
2012 : l'apocalypse passée au crible des experts
Alors que les prophéties annonçant l'apocalypse pour 2012 se propagent, «Sciences et Avenir» décrypte le mécanisme de la rumeur et la confronte à l'expertise scientifique.
Sur Internet, au cinéma... les prévisions sur l'imminence d'un cataclysme prétendent s'appuyer sur une vérité scientifique. «Sciences et Avenir» démonte ces théories bâties sur toutes sortes de croyances.
Préparez-vous à survivre une nouvelle fois à la fin du monde ! Après les cataclysmes annoncés de l'an 1000 et de l'an 2000, voici que des Cassandre nous promettent un nouveau cap à franchir : le 21 décembre 2012. S'appuyant sur la fin f du calendrier maya (lire p. 59), des auteurs, réalisateurs et une myriade de sites Internet prédisent la disparition de l'humanité au moment du solstice d'hiver de 2012 à la suite d'une succession de catastrophes naturelles. Hollywood s'est même emparé du sujet et nous propose, en ce mois de novembre, de trembler à la sortie mondiale de 2012, un film catastrophe à gros budget réalisé par Roland Emmerich (réalisateur du Jour d'après et d'Independence Day).
Devant l'ampleur du phénomène, et interrogé par certains de ses lecteurs, Sciences et Avenir a décidé de prendre ce sujet au sérieux, d'autant qu'il fait appel à des arguments prétendument «scientifiques» pour emporter l'adhésion du grand public. Nous avons soumis l'ensemble des «preuves» avancées aux meilleurs spécialistes. Résultat, sans grande surprise : aucune des catastrophes annoncées ne nous menace à l'horizon de 2012 (lire pp. 55 à 59). Mais cet examen nous a surtout permis de mettre au jour les mécanismes à l'oeuvre dans la fabrication de ces rumeurs particulièrement habiles : prise individuellement, chaque pièce du puzzle a un fond de vérité scientifique, mais les arguments sont gauchis pour les faire entrer de force dans un schéma général et fournir des bases plausibles à un scénario fantaisiste. Interrogé, Harald Kloser, le scénariste du film 2012, le reconnaît d'ailleurs bien volontiers : «Dans notre film, la science donne seulement une aura de crédibilité.» Et Roland Emmerich, le réalisateur, de confirmer avec humour : «La prophétie de 2012 n'a rien à voir avec la science, mais avec la croyance.»