
Robert Pires dans «France Football»: «Avec Domenech, on déchante»
PARIS -- Robert Pires qui se sent «humilié» par Raymond Domenech, a décidé de crever l´abcès concernant le nouveau sélectionneur de l´équipe de France de football.
«Rien dans les attitudes du sélectionneur me permet de penser qu´il me fait confiance. J´ai l´impression d´être à l´école, d´avoir 20 ans et de commencer à jouer au football», déclare Robert Pires dans le bihebdomadaire «France Football» à paraître ce vendredi.
Le champion du monde 1998 et d´Europe 2000 estime dans cette interview accordée à Londres, que l´atmosphère en équipe de France de football n´est pas à la reconquête.
«On aurait besoin que Domenech nous libère, or il nous crispe par ses attitudes, ses paroles, ses commentaires», dit-il. «Il y a des turbulences entre moi et lui. Il ne m´énerve pas, en revanche je dois l´énerver».
Successeur de Jacques Santini en juillet dernier après l´élimination des Bleus en quart de finale de l´Euro 2004, Raymond Domenech a pris le commandement de façon autoritaire, sans prendre de gants avec la vieille et glorieuse garde. Il avait critiqué Robert Pires après France - Bosnie-Herzégovine, son premier match comme «patron» des Bleus en août dernier. Il était allé le voir à Londres en septembre ainsi que les autres Gunners ( Patrick Vieira, Thierry Henry). Il a sorti sans explication Pires à la mi-temps du dernier Chypre - France des éliminatoires de la Coupe du monde 2006 disputé en octobre, pour le remplacer par le peu capé Daniel Moreira.
«Si le match avait eu lieu au Stade de France, je n´y serais pas resté! Je me serais enfui, vexé, énervé, déstabilisé», explique Robert Pires.
Brillant avec Arsenal champion d´Angleterre en titre, Pires n´a pas le même rendement avec les Bleus. «En Angleterre, j´ai la chance d´avoir Arsène Wenger qui me connaît, qui me place moi et les autres dans les meilleures conditions possibles de réussite. Il règne entre nous une confiance totale qui n´existe pas ailleurs. En sélection, ce n´est pas le cas».
A bientôt 31 ans et 79 sélections, le milieu offensif des Bleus, affirme qu´il était très content quand il a appris, séjournant au Mexique, la nomination de Raymond Domenech.
«Je l´avais eu durant quatre ans avec les Espoirs, j´en conservais un bon souvenir», dit-il à propos de l´ex-sélectionneur des Bleuets. «Je n´étais pas le seul, Titi ( Henry) c´est pareil, Patrick ( Vieira) aussi. Mais alors depuis, je peux vous l´assurer, qu´est-ce qu´on déchante...
«Domenech doit donner aux anciens des responsabilités, croire plus en nous qu´il le prétend, qu´il joigne les faits à la parole. Là, depuis trois mois, on ne se lâche pas, on ne sait pas quoi faire, on a peur de mal faire».
Robert Pires clame qu´il «a envie d´aller au Mondial 2006», qu´il n´entend pas quitter l´équipe de France.
«Il faut recréer cet esprit de vainqueur et de convivialité qui existait, ( c´est ainsi) que les Bleus redeviendront un club comme on le disait en 1998 et 2000. Mais ce n´est pas en agissant comme il le fait avec moi qu´on va y parvenir».
Robert Pires est en plein spleen. «Quand je rejoins l´équipe de France, avant même d´arriver à Clairefontaine, je suis déjà moins bien. Pourtant, je n´y vais pas en traînant les pieds», dit-il. «Je vous jure, je suis fier de porter le maillot bleu».