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Cyclisme: Lance Armstrong ne va pas aimer le Tour 2005
par Gilles Le Roc´h
PARIS - Pour raisons familiales, Lance Armstrong ne s´est pas déplacé à Paris pour assister à la présentation d´un Tour de France taillé pour ses adversaires.
L´Américain a été contraint à rester au Texas mais les nouvelles que lui apportera son directeur sportif Johann Bruyneel ne le raviront certainement pas: les organisateurs du Tour de France ont concocté un parcours qui ne lui sera pas favorable.
Il est toutefois vrai que le déroulement du Tour de France 2004 qui devait être le plus serré de l´histoire s´était avéré le plus facile pour lui.
Avant de le voir perdre, les adversaires de Lance Armstrong doivent d´appliquer à être compétitifs eux-mêmes. Toutefois, à bien lire le parcours qui occupera les coureurs du 2 au 24 juillet prochains, il semble qu´il y a matière à entretenir, enfin, le suspense.
" Il s´agit d´un parcours dense où la part faite à la plaine est restreinte puisque nous atteindrons les Vosges en une semaine", affirme Jean-Marie Leblanc, directeur de l´épreuve.
" Ensuite il n´y aura qu´une seule étape de transition puisque nous enchaînerons Vosges, Alpes, Pyrénées et Massif Central avec, dans l´intervalle, une étape programmée à Montpellier.
Les sprinteurs seront les grands perdants d´un tracé qui semble ne leur réserver que cinq étapes en première semaine avec, sans doute, l´impossibilité pour l´un d´entre eux de se parer du maillot jaune.
La première étape contre la montre entre Fromentine et Noirmoutier ( 19 km) sera bien trop longue pour limiter les dégâts et si cela ne suffisait pas, le contre-la-montre par équipes entre Tours et Blois ( 66 km) trois jours plus tard leur sera trop défavorable même si les organisateurs maintiendront le système limitant les écarts entre les premiers et les derniers.
UN DERNIER CONTRE-LA-MONTRE DECISIF
La course mettra donc ensuite le cap à l´Est pour rejoindre l´Allemagne, plus exactement les villes de Karlsruhe pour une arrivée, de Pforzheim pour un départ, où le plein d´émotion, d´adrénaline et de succès populaire est assuré.
" Je suis assez heureux que le premier col de ce Tour de France soit le Ballon d´Alsace qui fut en 1905 le premier col de l´histoire, révélant le premier grand grimpeur René Pottier", note Leblanc.
" Après une journée de repos à Grenoble, nous vivrons de grandes journées dans les Alpes."
Tout d´abord vers Courchevel par le Cormet de Roselend que les coureurs n´ont pas escaladé dans ce sens là depuis un jour de 1996 qui fut celui de la défaillance de Miguel Indurain.
Puis vers Briançon avec l´étape reine proposant les ascensions des cols de la Madeleine et du Galibier par leur versant le plus dur.
Et une descente vers les Alpes Provençales et Digne les Bains avec, dans le rôle du casse pattes, le col du Corobin souvent escaladé par Lance Armstrong dans le Critérium du Dauphiné-Libéré.
" Les Pyrénées sont toutes aussi denses", assure Jean-Marie Leblanc, avec une arrivée en altitude à Ax-3 Domaines par le difficile Port de Pailhères, puis le lendemain au sommet du Pla d´Adet au terme d´une journée dantesque ( cols du Portet d´Aspet, Menté, Portillon, Peyresourde et Azet). Après une journée de repos, il faudra encore disputer une étape autour de Pau, notamment par les cols de Marie-Blanque, Aubisque et Soulor."
Il s´agira enfin de remonter vers Paris, mais en empruntant les difficiles routes du Massif central, notamment cette arrivée à Mende où il y a dix ans Laurent Jalabert avait signé l´un des très grands exploits de sa carrière.
" Le dernier contre-la-montre, autour de Saint-Etienne, établira le classement final", se réjouit Jean-Marie Leblanc.
" Et je peux dire que le tracé y sera très exigeant. Assurément pour un homme fort ! "
Lance Armstrong sera-t-il encore celui-là ?