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Harry Potter et la Guerre des Sages

loup-garou865
loup-garou865
Niveau 9
18 novembre 2006 à 11:00:35

exellent !! je po encore lut ce que tave poste la,mais avant exellenbt !!

pr-macgonnagall
pr-macgonnagall
Niveau 6
18 novembre 2006 à 12:49:15

désolée de ne pas t´avoir lu hier soir mais je dois parfois m´occuper de mes hommes à la maison :lol: j´ai rattrapé tout mon retard et j´essaierais de ne plus te laisser sans post :rouge: sinon toujours aussi formidable!!!

zar-roc
zar-roc
Niveau 10
18 novembre 2006 à 13:35:36

super comme toujours !d ésolé de rater des comms j´oublie parfois que moi aussi ça me fait de la peine quand je n´en ai pas . :lol:

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
19 novembre 2006 à 11:06:14

:merci: vous trois. Mais ne vous en faiites pas, je sais bien qu´on peut pas être toujours là, et les coms ne sont pas une obligation :lol: (mais j´en veux quand même pleins :diable: :p) ).

Pr-Macgonnagall :d) Est-ce que par hasard les trois angelots de hp3 dont tu parles dans ton profil seraient tes enfants :question:

Aujourd´hui le chapitre 24, bonne lecture :ange: :

24
Quidditch et Patronus

On posa beaucoup de questions à Harry et Ginny quand ils revinrent de Ste Mangouste. Ils démentirent, indignés, la rumeur selon laquelle ils s’étaient rendus à l’enterrement de Ron, Hermione et Neville, mais ils confirmèrent en revanche qu’ils étaient sortis du coma et qu’ils pourraient très bientôt revenir à Poudlard. Les Gryffondor se réjouirent de cette nouvelle. Mais ils n’étaient pas les seuls.
Notamment, Anthony Goldstein faillit sauter de joie quand il sut qu’Hermione paraissait en bonne forme. Remarquant sans doute le regard intrigué de Harry, il s’empressa de dire :
- C’est très dur d’assumer seul le rôle des deux préfets-en-chefs.
Harry avait une autre théorie à ce sujet, mais il se dit qu’il était préférable que Ron n’en sache rien.
Il fut un peu déçu quand il ne vit ni son meilleur ami ni les deux autres à la réunion de l’Ordre du Phénix. Mrs Weasley lui avait dit que les guérisseurs les gardaient par précaution mais qu’ils devaient être rentrés le lendemain. Harry s’aperçut que les Weasley n’avaient plus la même froideur à son égard. Il en était soulagé mais il espérait surtout que ce n’était pas un effet de son imagination – mais il envisageait également que leur froidure avait pu être imaginaire.
Il manquait un autre membre de l’Ordre à la réunion : Maugrey Fol Œil. Cette absence les inquiéta beaucoup.
Maugrey était chargé de surveiller les affaires de l’Allée des Embrumes, car il était probable que cette rue regorgeant de magie noire devienne un point de départ pour une éventuelle prise du Chemin de Traverse. C’était ce que le ministère craignait plus que tout depuis « l’épisode Pré-au-Lard » et l’œil magique de Maugrey pouvait beaucoup appuyer ceux des Aurors en patrouille. Mais leur ancien collègue n’avait plus donner de signe de vie depuis près d’une semaine.
- Ne paniquons pas, dit McGonagall. Alastor a peut-être découvert quelque chose et il est dans l’incapacité de nous contacter pour le moment. Ou peut-être risque-t-il de se faire repérer, auquel cas il ne peut évidement pas prendre le risque de nous envoyer un message.
- Ou peut-être qu’il s’est fait repérer, suggéra sombrement Tonks.
- Auquel cas Alastor ramènera sans aucun doute de quoi remplir les cellules d’Azkaban, assura McGonagall. N’oublions pas que c’est un excellent sorcier.
Ils discutèrent donc des problèmes habituels, des missions de reconnaissance ou de surveillance. L’Ordre et le ministère de la magie tentaient de comprendre comment les Mangemorts pouvaient entrer ou sortir de Pré-au-Lard malgré la barrière magique dressée par le ministère et sans le moindre signe visible de l’extérieur.
En tout cas, jamais les forces du ministère n’avaient autant été mobilisées. Mais cela ne suffisait pas : la guerre redoublait d’intensité, et les Moldus le sentaient. Il était très difficile aux Oubliators et au Comité des inventions d’excuses à l’usage des Moldus de leur cacher tout ce qui se passait. De plus en plus de Moldus étaient tués, la plupart du temps sans raison précise. Mais parfois, il s’agissait des membres d’institutions importantes.
Il semblait que Voldemort voulait détruire leur monde. Comme il était très difficile d’attaquer les très hauts représentants politiques, que Rufus Scrimgeour faisait surveiller de très près, il s’en prenait à leur économie.
- Il semblerait que plusieurs bancs de Sharaks aient été introduits près de nos côtes, déclara Mr Weasley. Les pêcheurs Moldus vont faire faillite et ils risquent d’avoir du mal à se nourrir correctement, dit-il tristement.
- Des Sharaks ? répéta Harry sans comprendre.
- Ce sont des poissons recouverts d’épines, expliqua Bill. Quand les Moldus essayent de pêcher dans des eaux remplies de Sharaks, ils ne ramènent pas grand-chose…
La concentration des forces du Mal au Royaume-Uni se précisait. De nombreuses espèces de créatures de tous les coins du monde se déplaçaient vers le Nord, et des accidents malheureux les accompagnaient.
- J’ai appris jeudi soir que plusieurs personnes – Moldus et sorciers – disparaissaient la nuit en France, déclara Kingsley Shacklebolt. Si on retrace sur une carte les lieux de ces disparitions, on peut se rendre compte qu’elles se déplacent vers notre pays. Certains pensent qu’il s’agit de Moremplis, mais nous n’en sommes pas certains.
- Les Moremplis… marmonna Harry. Ce sont bien ces créatures plates qui ressemblent à des ombres sur le sol ?
- Oui, répondit Kingsley. Ils attaquent les gens la nuit dans leur lit, s’enroulent autour de leur victime, l’étouffent et la dévorent. Il est pratiquement impossible de se défendre une fois qu’on se réveille prisonnier de cette créature, mais quand on a la chance de pouvoir utiliser sa baguette, il faut jeter le sortilège du Patronus, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Mais je suis certain que toi, tu y arriverais très bien, rajouta-t-il avec un sourire.
- En tout cas, toutes ces créatures disparaissent en arrivant ici, dit Sturgis Podmore. Il n’y a pas que des animaux, d’ailleurs, mais aussi des humains. Sûrement de nouveaux Mangemorts, parce que ce ne sont pas des alliés, d’après Kingsley et Tonks. C’est vraiment rageant… Ils sont sûrement, là, sous notre nez, à Pré-au-Lard, mais on ne peut pas savoir ce qu’ils font…
- A mon avis, intervint Abel, Voldemort prépare une armée.
- Il en a déjà une et elle fait bien trop de dégâts, répliqua sèchement Fred.
- Vous ne m’avez pas bien compris, dit Abel. A mon avis, si les choses vont plus mal qu’il y a seize ans, c’est tout simplement parce que ses alliés étaient déjà là quand il est revenu.
« La première fois qu’il a voulu prendre le pouvoir, tout allait beaucoup plus lentement, la situation était de loin moins terrible que ce que peut inspirer aujourd’hui le nom de Lord Voldemort. Il n’était pas encore connu, à cette époque, et n’avait que peu de partisans.
« Il s’est donc mis à chercher des sorciers et des sorcières pour les rallier à son camp, et il tuait ceux qui refusaient pour inspirer la crainte. Au départ, les meurtres étaient beaucoup plus rares, occasionnels, mais au fur et à mesure que ses rangs grossissaient, il pouvait tuer ou faire tuer de plus en plus de gens qui s’opposaient à lui. Sa réputation et la terreur qu’il inspirait se sont forgées pendant ces onze ans.
« Il a fini par infiltrer le ministère, ses manœuvres sont devenues plus complexes, plus brutales, plus abouties, il a fait usage de créatures démoniaques.
En fin de compte, il n’est devenu le plus grand mage noir de tous les temps que dans les dernières années. Quand Harry l’a fait disparaître, il allait devenir ce qu’il est aujourd’hui. Il était sur le point d’inaugurer son armée, en quelques sortes. Quand il est revenu, il n’a fait que réunifier l’armée qui existait déjà, et rappeler ce qu’il était au monde des sorciers. Et quand le ministère a enfin pris conscience de son retour et qu’il a reparu au grand jour, il n’a fait que redevenir Voldemort, il a rattrapé le niveau qu’il avait perdu, et maintenant, il est reparti de là où il s’était arrêté il y a seize ans. Notre situation n’a rien de si étonnant. Il est en train de rallier les derniers éléments qui lui manquent pour les derniers assauts du genre Pré-au-Lard qui lui donneront le pouvoir absolu. »
- Je suis d’accord avec Abel, dit McGonagall. Une fois que Vous-Savez-Qui aura conquis le Chemin de Traverse, l’Allée des Embrumes, le ministère, Ste Mangouste, Londumor et Poudlard, il n’aura plus d’adversaire. Et si nous continuons à nous laisser dépasser par les évènements, il n’aura aucun mal à remplir ces objectifs.
- Nous aurons beaucoup de mal à ne pas nous laisser dépasser par les évènements, fit remarquer Hestia Jones.
- C’est vrai que nous ne sommes pas suffisamment nombreux pour lutter contre son armada de Détraqueurs, d’Inferi, de Moremplis, ou de je ne sais quoi d’autre… dit Dedalus Diggle, désespéré.
- Je vous ai connu plus optimiste, Dedalus, répliqua McGonagall. Nous pourrions êtres suffisamment nombreux si les autres pays nous envoyaient des sorciers pour nous aider. Et nous devons agir de façon plus efficace. Le ministère étant trop occupé à chasser les doxys et les lutins qui ont été introduits là-bas, nous devrons nous occuper nous-mêmes de recruter de nouveaux membres à l’étranger. Charlie ne suffit plus, à présent. Mais nous nous occuperons de tout cela dans la semaine. Pour l’instant, j’aimerais que Harry nous dise quand il compte passer à l’action.
Cette annonce déconcerta la plupart des membres de l’Ordre. Mrs Weasley était complètement hébétée.
- Comment ça, passer à l’action ? questionna-t-elle avec une légère panique dans la voix.
- Ils nous disent qu’ils comptent agir plus tard depuis quelques semaines mais je voulais savoir quand auront lieu et en quoi consisteront leurs missions, répondit simplement la présidente de l’Ordre.
Un peu surpris, Harry trouva tout de même que la question tombait à point nommé.
- Justement, je pensais « passer à l’action » le week-end prochain, répondit-il.
Mrs Weasley le regarda, bouche bée. McGonagall haussa les sourcils.
- Je dois rendre une petite visite chez Barjow et Beurk. Et également trouver la maison et les traces de la descendance d’une certaine Hepzibah Smith.
- Mais il vaut mieux commencer par poser des questions à Barjow et Beurk, n’est-ce pas ? dit Abel.
- Oui, approuva Harry.
- Et pourquoi cette visite et ces recherches ? interrogea poliment McGonagall.
- Barjow et Beurk contient peut-être un objet qui pourrait m’intéresser. D’un autre côté, je ne suis pas certain qu’il ne soit pas resté chez son ancienne propriétaire – Hepzibah Smith – ou qu’il n’ait pas finalement été transmis à sa famille.
- Et en quoi un objet qui regorge sûrement de magie noire pourrait-il nous intéresser ? demanda Elphias Doge.
- Ce n’est pas pour m’en servir que je veux le retrouver, répliqua Harry. Disons qu’il sera indispensable si l’on veut que tout ça s’arrête un jour – et croyez-moi, je sais de quoi je parle. J’en ai impérativement besoin.
Il lui paraissait étrange de parler sur ce ton si sérieux, si professionnel. Mais il avait produit un meilleur résultat que lorsqu’il bafouillait timidement : ce n’était peut-être qu’un effet de son imagination, mais il lui semblait que les membres de l’Ordre avaient l’air de le prendre plus au sérieux.
- Je viendrai avec vous, déclara Abel. Et je suppose que Ron, Hermione et Neville se joindront également à nous.
- Mais… balbutia Mrs Weasley.
Harry se sentit mal à l’aise : il ne voulait pas que les Weasley lui en veuillent de nouveau juste après qu’ils lui aient visiblement pardonné d’avoir entraîné Ron au cimetière.
Mais Mr Weasley prit la parole :
- Molly, nous savions qu’en rentrant dans l’Ordre, Ron prendrait des risques. Nous ne pouvons pas le couver éternellement.
Son épouse parut se dégonfler comme un vieux pneu.
- Oui…, dit-elle, tu as raison.
- En attendant le week-end prochain, reprit Harry, vaguement soulagé, il faudrait que je recherche l’endroit où habitait Hepzibah Smith, et aussi des membres de sa famille.
- Nous chercherons chacun de notre côté si nous trouvons le temps, assura McGonagall. En attendant, je vous suggère de chercher dans les vieilles coupures de la Gazette du Sorcier de la bibliothèque.
A la fin de la réunion, Arthur, Molly, Bill, Fleur, Fred et George Weasley retinrent Harry.
- Harry, nous souhaiterions te dire un mot, annonça Mrs Weasley.
Plein d’appréhension, il afficha un étonnement tendu.
- Au nom de toute notre famille…
- Sauf Percy, rectifia sombrement Fred.
- … je te demande de nous pardonner pour nous être montrés tellement distants ces derniers temps, acheva sa mère après avoir jeté un regard sévère aux jumeaux.
- Harry, nous avons cherché un responsable à l’attaque de Ron, déclara Mr Weasley, mais la vérité, c’est qu’il n’y a pas de responsable – en tout cas, on ne peut pas rejeter entièrement la faute sur toi, ce serait totalement injuste.
- Notre première réaction ça a été de t’en vouloir, dit Bill, mais au fond, nous savions que tu n’y étais pour rien. On est désolés.

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
19 novembre 2006 à 11:07:03

- On est toujours amis, hein, mon vieux ? demanda George.
Harry hésita un instant puis…
- Bien sûr ! s’exclama-t-il, plus heureux que jamais. Et puis… je suis en partie responsable. Mais les vrais coupables, ce sont Voldemort et Queudver, ajouta-t-il plus sérieusement.
- Même ce rat s’est échappé, dit Fred, énervé. Tu-Sais-Qui c’est compréhensible mais lui…
Un peu ému par ces étranges retrouvailles, Harry ne répondit rien, mais jeta quand même un regard furtif à la seule personne qui n’avait rien dit…
- Ne me regarde pas comme ça, Arry ! s’offusqua Fleur. Je ne t’ai jamais rien reproché, je te jure !

Ron, Hermione et Neville étaient revenus le lendemain et les Gryffondor, ainsi que les autres élèves (sauf les éternels Serpentard) les accueillirent bruyamment à leur entrée dans la Grande Salle. Nott et Zabini leur lancèrent un regard mauvais que les trois revenants leur rendirent avec un peu plus de haine, même Neville.
Au départ, ni le professeur McGonagall ni Abel ne firent beaucoup de zèle pour combattre le joyeux tapage de la table des Gryffondor. Les faits tragiques qui se produisaient chaque semaine faisaient de la survie et du retour de ces trois élèves deux choses merveilleuses pour tout le monde, et les professeurs ne comptaient pas empêcher cette effervescence qui unissait trois des quatre maisons de Poudlard. Un certain malaise aurait d’ailleurs pu se voir sur Slughorn si quelqu’un l’avait regardé…
Mais quand des feux d’artifices suspects explosèrent dans la Grande Salle, la directrice ordonna aux élèves de cesser tout ce remue-ménage sous peine de sanctions lourdes.
Une partie des sixième année retrouvèrent le professeur Abel pour le premier cours de la journée. La semaine précédente, ils avaient cessé les révisions et avaient entamé des recherches sur la classification des créatures maléfiques, en particulier les animaux fantastiques dangereux. Ils prirent des notes pendant tout le cours qui fut une fois de plus consacré à la théorie, les créatures étudiées étant interdites et de toute manière bien trop dangereuses pour être directement observées en classe.
- Les Moremplis se repoussent de la même façon que les Détraqueurs que vous avez étudiés l’an dernier, dit Abelforth : par un Patronus. C’est un fait étrange découvert par Flavius Belby pendant ses vacances… D’ailleurs, si nous trouvons le temps, nous étudierons ce sortilège à la fin de l’année.
- Mais professeur – oh, pardon !
Un peu rouge, elle brandit littéralement son poing en l’air.
- Oui, Miss Granger ? interrogea Abel, impassible.
- Vous nous aviez assuré que le sortilège du Patronus serait dans le programme, dit Hermione, le visage inquiet.
- En théorie, nous devions l’étudier, c’est vrai, admit Abelforth. Mais cette fois je parle de la pratique.
Il y eut un faible murmure dans la classe, si bas à cause des règles strictes du professeur de défense contre les forces du Mal qu’on aurait cru entendre une très légère brise. Les élèves avaient cependant tous l’air très excités par la suggestion d’Abel.
- Mais ce sortilège est sans aucun doute plus difficile à jeter que tous les autres que vous aurez à pratiquer cette année. Si nous trouvons le temps, je ne doute pas que la plupart d’entre vous y arriveront, mais le tout, et c’est là le véritable problème, est de le maîtriser suffisamment pour en faire usage face à un Détraqueur – la difficulté face à un Moremplis serait plutôt d’ordre physique que magique. Heureusement, nous avons dans cette classe un élève capable d’aider ses camarades à progresser, et cet élève a d’ailleurs lui aussi ses propres anciens élèves dans cette classe.
Les anciens membres de l’A.D. (qui constituaient une grande partie de la classe) se lancèrent des regards malicieux. Ron et Hermione regardèrent les joues brûlantes de leur meilleur ami en se retenant d’éclater de rire.
Harry se sentait en effet embarrassé d’être ainsi mis en valeur, mais les seuls élèves que cela dérangeait étant des Serpentard, cela lui passa très vite.
- Miss Granger, Mr Weasley et Mr Londubat, vous viendrez me voir à la sonnerie afin d’arranger un rattrapage optimal de vos cours, dit Abel.
A la fin du double cours, Harry attendit ses amis près de la porte. Cependant, quand tout le monde fut sorti, Abel lui demanda de s’approcher avec les trois autres.
- J’ai quelque chose à vous proposer, annonça-t-il, – ne vous en faites pas, Hermione, j’en viendrai au rattrapage des cours. En ce moment, bien trop d’occasions se présentent où vous êtes confrontés à des combats violents. Avec votre entrée dans l’Ordre, la guerre qui s’intensifie et nos recherches qui vont reprendre, cela ne va pas s’arrêter, bien au contraire.
Il y eut un bref silence. Harry écoutait attentivement.
- Vous êtes certes doués et avez déjà une certaine expérience mais cela ne suffira pas toujours, reprit Abel ; les coups de chance ne seront pas toujours là. Voilà pourquoi je souhaiterais vous proposer des cours privés, cette année – rien à voir avec ceux de mon feu frère, je parle d’un véritable entraînement aux duels et aux sorts.
Harry, Ron, Hermione et Neville échangèrent des regards rapides et très intrigués – et intéressés.
- Ils viendront à un moment dans l’année mais vous, vous devez apprendre immédiatement comment devenir de vrais combattants de l’Ordre du Phénix. Je vais vous enseigner des sorts plus puissants, plus nuisibles, dont certains interdits.
Hermione parut scandalisée.
- Professeur ! s’exclama-t-elle.
Abelforth haussa les sourcils en se tournant vers elle.
- Je voulais dire Abel, rectifia Hermione. Vous ne pouvez pas nous apprendre le même genre de sorts qu’utilisent les Mangemorts, tout de même !
- Certains, si, répondit Abelforth.
La jeune fille sembla outrée par cette réponse.
- Ne soyez pas si choquée, Hermione, il ne s’agit pas de sortilèges Impardonnables. Je parle de sorts généralement interdits mais qui, en cas de légitime défense, peuvent être pratiqués. Bien entendu, quand on est quelqu’un de bien, il vaut mieux éviter ce genre de sort si on ne veut pas sombrer du mauvais côté à force d’être dégoûté par la vie… Mais il faut au moins les connaître au cas où. Et vous devez également connaître d’autres sorts plus puissants que ceux que vous avez l’habitude d’utiliser pour vous défendre. Mais ne vous en faites pas, je ne vous demande pas de combattre de façon plus « maléfique » qu’il ne le faudrait ; je ne souhaite pas vous abaisser au niveau des Mangemorts.
Un peu rassurée, le visage d’Hermione se détendit.
Harry, lui, était très excité par cette proposition qu’il trouvait à la fois judicieuse et très bien venue, même s’il comptait bien ne plus utiliser de sortilèges interdits, ses expériences avec Bellatrix Lestrange, Drago Malefoy et Severus Rogue restant de sinistre mémoire.
- Et quand est-ce que vous nous donneriez ces cours ? questionna-t-il.
- Quand vous aurez moins de choses à faire, répondit simplement Abel. Je pense donc qu’après le match contre Poufsouffle, vous n’aurez plus le même souci des entraînements et vous aurez rattrapé les cours de la semaine dernière. Nous aviserons à partir de là.
Harry fut un peu déçu. Encore ce match…
- Dois-je en conclure que vous acceptez ma proposition ? demanda poliment Abel.
- Moi j’accepte ! assura Ron, enthousiaste.
- Moi aussi, répondit fermement Harry.
- Et moi, dit Neville.
La quatrième réponse se fit attendre.
- Hermione ? dit Abel.
La jeune fille réfléchit un moment puis finit par répondre :
- Si ce n’est vraiment pas plus proche de la magie noire que…
- Vous ne ferez jamais de magie noire avec moi, assura vivement Abel, indigné, même si certains sorts à n’utiliser qu’en dernier recours s’en approcheront.
Hermione hésita encore quelques instants puis…
- C’est d’accord, dit-elle.
- Et bien je vous conseille dans ce cas de rattraper au plus vite votre retard, dit Abel.
Et sur ce, il leur remit les documents nécessaires.
Hermione fut horrifiée par tous les cours qu’elle avait manqués en seulement une semaine. Elle s’attelait à la tâche à chaque moment de libre, et son petit ami ne parvint pas à la déconcentrer. Ron décida donc de travailler durement lui aussi au rattrapage des cours, et Neville fit de son mieux pour assimiler la défense contre les forces du Mal et les sortilèges (il n’eut pas beaucoup de problèmes avec la Botanique). Harry apporta toute l’aide qu’il pouvait à ses amis, comme il se l’était promis, mais il s’aperçut bien vite qu’être professeur particulier n’avait rien à voir avec ce qu’il avait connu jusque là.
Pendant les séances de l’A.D., il avait surtout aidé ses élèves au niveau pratique, mais pour ce qui était de la théorie, c’était plus difficile. Heureusement, Hermione, qui comprenait plus vite que les autres, pouvait expliquer plus efficacement à Ron et à Neville – surtout à Neville.
Ron, en plus de la grande quantité de devoirs, se rendait de nouveau aux entraînements de Quidditch, et Harry fut ravi de constater qu’il était toujours aussi bon, à peu près autant que les autres joueurs furent euphoriques de constater le départ de Geoffrey Hooper.
Ce dernier avait plutôt mal pris son renvoi de l’équipe : il avait jeté sa robe de Quidditch dans un mouvement de rage puis était parti en marmonnant des paroles incompréhensibles. Mais Harry s’en moquait : Ron était revenu, ses joueurs avaient retrouvé le moral, tout comme leur capitaine, et ils étaient désormais très bien partis pour l’emporter contre Poufsouffle.
Harry aimait beaucoup profiter des séances d’entraînement pour observer Ginny, qui semblait de plus en plus radieuse. Mais était-ce le signe qu’elle oubliait Harry ou qu’elle se sentait plus détendue en sa présence ?
- Et, Harry, arrête de regarder Ginny et termine ton explication !
- Quoi ?
C’était l’entraînement du mardi soir, le lendemain du retour de Ron, Hermione et Neville. Les joueurs attendaient la fin de l’explication de la tactique de jeu qu’il voulait les voir utiliser le jour du match.
Mais Harry s’était arrêté un instant sur Ginny qui était maintenant écarlate. Lui-même sentit ses joues chauffer, mais il fut soulagé de constater que la jeune rousse avait un tressaillement de sourire.
Dean, agacé, avait sorti Harry de ses rêveries.
- On ne pourra pas gagner contre Poufsouffle s’ils attrapent le Vif d’Or pendant que tu regardes les filles, s’énerva-t-il.
- Désolé… euh…
Un peu gêné, Harry acheva de donner ses directives.
Sur le chemin du château, Ginny lança un « Au revoir, Capitaine ! » enjoué et dépassa Harry et son frère accompagnée de Demelza. Harry jeta un coup d’œil perplexe à Ron. Ce dernier lui rendit son regard, partagé entre le reproche et l’amusement.
- Ce n’est pas très sérieux de regarder les filles pendant l’entraînement, Capitaine, dit-il sur un ton étrange.
Ils marchèrent encore un peu puis Ron s’arrêta brusquement. Il fit volte-face.
- Ce serait bien si tu te remettais avec Ginny, déclara-t-il.
- Quoi ? s’étonna Harry.
Il avait du mal à croire ce qu’il entendait.
- J’ai dit que je trouverais ça bien que vous ressortiez ensembles.
- Toi, tu veux que quelqu’un sorte avec ta sœur ?
- Ca n’a rien de nouveau, dit Ron, je t’avais déjà dit que j’aimerais qu’elle se souvienne de toi.
- Oui, mais je n’aurais jamais cru que tu irais jusqu’à m’encourager à sortir avec elle, répondit Harry.
- Et bien… disons que je pense que vous allez bien ensembles et que… ça me rassure qu’elle sorte avec toi et pas un autre. Mais je ne veux pas que vous vous bécotiez en public ! prévint-il d’un air qu’il voulait sévère.
- Pas de souci là-dessus, ça ne risque plus d’arriver, marmonna Harry.

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
19 novembre 2006 à 11:07:48

Ron ne répondit rien. Harry, lui, ne savait pas s’il devait croire ou non ses propres paroles. Ginny était maintenant bien plus détendue en sa présence, elle restait elle-même…
Il retrouvait la rouquine qui lui ressemblait tant…
La semaine passa trop lentement aux yeux de Harry. Il aurait souhaité poursuivre ses recherches sur la descendance d’Helga Poufsouffle et sur Hepzibah Smith mais chaque soir, et même à chaque moment de libre, il devait aider Ron et Hermione à rattraper leur retard.
- C’est dingue quand même ! s’exclama Ron, jeudi soir, en faisant sursauter tous les élèves encore présents dans la salle commune de Gryffondor en cette heure tardive.
Il était en effet près de minuit. Ron et Hermione travaillaient les potions magiques tandis que Neville lisait tranquillement un livre pour le cours de Botanique. Harry, lui, peinait autant que Ron à comprendre le cours du professeur Slughorn. En réalité, c’était Hermione qui tentait de l’expliquer aux deux garçons.
- On n’est restés absents qu’une seule semaine, pourtant ! s’indigna Ron.
- La septième année est très difficile, le consola Hermione, surtout en potions.
- L’année dernière, Katie est restée clouée à Ste Mangouste beaucoup plus longtemps, répliqua Ron, et pourtant je ne la voyais pas en pleine crise de nerfs.
- Katie était sans doute plus mature que toi, dit simplement Hermione. Bon, tous les deux, vous allez vous mettre sérieusement au travail, maintenant, et vous allez vous mettre les propriétés de tous ces ingrédients magiques dans le crâne, surtout toi, Harry !
- Comment ? s’étonna celui-ci.
- De un, tu as eu une semaine de plus que nous pour comprendre tout ça, et normalement c’est toi qui devait me l’expliquer, pas l’inverse, répondit Hermione ; de deux, tu n’as plus l’excuse de Rogue.
- Les potions sont très compliquées cette année, tu l’as dit toi-même ! répliqua vivement Harry. Et je n’y peux rien si tu as toujours été plus douée pour ce genre de chose, rajouta-t-il en espérant flatter son amie afin qu’elle le laisse tranquille.
- Tu en es capable, j’en suis certaine, répliqua fermement Hermione.
- Elle a fait des progrès en résistance à la flatterie, commenta Harry en grimpant les marches qui menaient au dortoir des garçons.
- C’est de ma faute, dit Ron. Je n’ai pas arrêté de lui dire qu’avec un cerveau comme le sien, elle n’aurait aucun mal à tout rattraper même si elle s’accordait une petite pause…
Harry éclata de rire.
Heureusement, samedi arriva enfin. Pour il ne savait quelle raison, il avait impatiemment attendu le match contre Poufsouffle depuis mardi soir.
Où plutôt si, il la connaissait, la raison : elle venait d’ovationner son discours d’encouragement dans les vestiaires avec les autres joueurs…
- N’oubliez pas : nous sommes les plus forts, nous avons la meilleure équipe ! assura vigoureusement Harry. Bon, allons donner de quoi applaudir aux autres élèves !
- Bien dit ! approuvèrent en chœur Jimmy Peakes, Ritchie Coote et Ron.
Sur ce, ils se levèrent et sortirent en file indienne sur le terrain de Quidditch, le balai sur l’épaule. Aussitôt, les tribunes des Gryffondor et des Serdaigle explosèrent en acclamations tandis que les Poufsouffle et les Serpentard huaient.
- L’équipe de Gryffondor, menée par son trop célèbre capitaine, Harry Potter, entre sur le terrain, annonça une voix que Harry ne connaissait pas.
Apparemment, il y avait un nouveau commentateur, ce qui n’avait rien d’étonnant vu les désastreuses performances de ceux de l’an dernier. Zacharias Smith s’était en effet montré très odieux, tandis que Luna Lovegood, certes source de nombreux fous rires, ne remplissait pas tout à fait les critères requis…
- Voici maintenant l’équipe de Poufsouffle ! Et son nouveau capitaine : Zacharias Smith.
Les joueurs jaunes canari s’avancèrent sur la pelouse, conduits par leur capitaine. Les Poufsouffle et les Serdaigle applaudirent tandis que les Serpentard se montraient toujours aussi détestables.
Parvenus au centre du terrain, les deux chefs d’équipes se toisèrent d’un regard mauvais.
- Serrez-vous la main, ordonna Mme Bibine.
Ils s’exécutèrent et mirent toutes leurs forces dans leurs doigts. Harry commençait à prendre le dessus quand le regard du professeur de Vol le fit relâcher la main broyée de Smith.
- Enfourchez vos balais, dit Mme Bibine.
Harry agrippa avec sa propre main assez malmenée le manche de son Éclair de feu.
Mme Bibine ouvrit d’un coup de pied la malle contenant les quatre balles de Quidditch. Les Cognards et le Vif d’Or s’échappèrent, et le Souaffle fut projeté dans les airs. Le sifflet retentit et quinze balais décollèrent en même temps.
- Smith s’empare du Souaffle et passe à… Non ! Weasley sœur l’intercepte et passe à Thomas ! Thomas qui passe à Robbins qui l’envoie à Weasley sœur et ELLE MARQUE ! s’exclama le commentateur. Cette fille est vraiment une furie, pas étonnant qu’elle ait tant de succès…
- Corner ! s’indigna McGonagall.
Harry vola près de la tribune du commentateur et eut l’impression d’avoir déjà vu ce visage… Corner… Oui, c’était Michael Corner, le premier petit ami de Ginny.
Un instant abasourdi, il décida de reporter son attention sur le match.
- Dix à zéro en faveur de Gryffondor !
Harry vola en cercle autour du terrain dans l’espoir d’apercevoir le Vif d’Or, sans perdre de vue Summerby, l’attrapeur de Poufsouffle.
En attendant, le match se poursuivit et Ginny marqua deux nouveaux buts, sous les huées des Poufsouffle et des Serpentard et les cris de joie des fervents supporters de Gryffondor.
- Trente à zéro pour Gryffondor ! s’exclama Michael Corner. Ginny Weasley est vraiment une excellente joueuse ! Son talent n’a d’égal que sa beauté…
- Enfin, Corner, arrêtez de draguer les joueurs avec ce porte-voix ! s’emporta McGonagall.
La foule éclata de rire, tandis que Corner s’excusait.
- Robbins reprend le Souaffle, reprit-il, elle… elle reçoit un Cognard expédié par Bobbler de Poufsouffle ! Smith rattrape le Souaffle, il fonce vers les buts… il tire – il MARQUE ! Le score est de trente à dix, toujours en faveur de Gryffondor qui ferait mieux toutefois de faire attention.
Les tribunes des Poufsouffle semblèrent onduler au rythme des élèves qui sautaient de joie. Harry soupira de rage et remarqua soudain que Summerby fonçait à toute allure à l’autre bout du terrain.
Paniqué, Harry donna toute la puissance de son balai vers les buts de Poufsouffle. Il s’aperçut que Summerby volait droit vers lui et vit alors un éclat doré entre eux… Il tendit sa main…
Un horrible craquement… Une sorte de courant électrique qui se propageait dans tout son corps depuis sa main…
Il ouvrit les yeux. Toute l’équipe de Gryffondor était présente autour de lui. Il y avait également Hermione, Neville, Luna Lovegood et Colin Crivey.
Il lui semblait qu’aucun laps de temps ne s’était écoulé, mais à en croire ses yeux, il se trouvait à l’infirmerie, donc il avait bien fallu au moins quelques minutes pour le transporter.
- Harry ! s’exclama Hermione.
Elle se retint de le serrer dans ses bras, comme s’il ne fallait pas le toucher.
- Est-ce que tu te sens bien ? demanda Ginny, inquiète.
- Ça peut aller, répondit Harry qui avait juste un peu mal à la tête.
Il y eut un silence.
- Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda Harry.
- Tu es tombé, répondit Ginny. Dean a réussi à te rattraper avant que tu ne t’écrases sur le sol, mais tu avais la main… brisée…
Harry ne répondit rien. Il n’avait aucun mal à se remémorer cette impression horrible… l’impression que chacun des os de sa main droite s’étaient simultanément cassés.
- Mme Pomfresh l’a vite réparée, assura Ron, mais elle a dit qu’il y a quelque chose de bizarre…
- Bien sûr qu’il y a quelque chose de bizarre, répliqua sèchement Harry, je ne vois pas comment ma main aurait pu se briser toute seule !
- Alors c’est vrai ? demanda Dean.
- Quoi, qu’est-ce qui est vrai ?
- Que Summerby ne t’a rien fait, que ta main s’est cassée sans raison ?
- Oui.
Tout le monde parut abasourdi.
- Il est dans le bureau de Mrs Chourave…, marmonna Ron. Il n’a pas arrêté de répéter qu’il ne t’avait pas touché, mais personne ne l’a cru…
- Vous voyez bien que j’avais raison ! intervint Mme Pomfresh qui venait d’arriver avec une étrange bouteille sur laquelle était dessiné un éclair bleu.
Elle posa la bouteille sur la table de chevet de Harry, ôta le bouchon, et en versa dans un gobelet qui se trouvait déjà dessus. Elle le tendit à Harry.
- Tenez, buvez ça, ça vous fera du bien. J’ai bien peur que vous n’ayez été victime d’un ensorcellement, mon garçon, annonça-t-elle sans détour. Il y a une sorte de courant magique dans votre corps ; cette potion va l’atténuer, et ça devrait passer tout seul ensuite. Ça recommence comme l’année dernière… Vous m’excuserez mais je dois discuter avec le professeur McGonagall.
Elle soupira et s’éloigna.
- C’est impossible, dit Harry sans toucher à son gobelet, plus pour lui-même que pour ses amis à son chevet, je n’ai pas été ensorcelé. Je n’ai rien touché de dangereux, et personne n’a pu me jeter de sort sans que je ne m’en aperçoive…
- Peut-être que tu as touché quelque chose qui paraissait vraiment banal peu de temps avant le match ? suggéra Hermione.
- Je ne sais pas, c’est possible, admit Harry, encore choqué de tout ce qui venait de se produire.
Personne ne dit rien.
- Qu’est-ce qui s’est passé pour le match ? finit-il par demander.
- Summerby a attrapé le Vif d’Or, répondit Ginny, dépitée. Il avait l’air embarrassé et de toutes façons, Mme Bibine n’a pas voulu accepter la validité de la victoire de Poufsouffle parce qu’elle le soupçonnait d’avoir triché. Mais maintenant, comme je ne pense pas que tu veuilles mentir sur ce qui s’est passé, Gryffondor a perdu cent soixante à trente.
- Il faut voir le bon côté des choses, dit Hermione.
Tout le monde lui lança un regard noir, y compris Ron.
- Tu pourrais arrêter de voir un bon côté dès qu’on te dit qu’il s’est passé quelque chose de mauvais pour nous en Quidditch ? s’énerva-t-il.
- Désolé, répliqua Hermione, elle aussi passablement irritée, mais je pensais que le fait que ce soit Poufsouffle et non Serpentard qui prenne la tête du championnat rendrait les choses moins pénibles.
Nouveau silence.
- Tu as raison, s’excusa Ron, désolé…
- Ce n’est pas grave, assura Hermione sur un ton consolateur.
- De toute façon, après leur match contre Serpentard, les choses vont sûrement changer, fit justement remarquer Ritchie Coote.
- Nous allons devoir battre les Serdaigle, déclara Harry, ou alors, on devra compter sur eux pour gagner plus de points que Serpentard…
On ne lui répondit rien.
- Alors le Vif d’Or n’était pas ensorcelé ? questionna-t-il au bout d’un moment.
- Non, il a été vérifié après le match, infirma Hermione.
- OK… Je ne me rappelais même pas si je l’avais touché ou non, mais on dirait que ça n’a aucun rapport…
Il avait du mal à croire ce qui venait de se passer. Tout semblait aller à la perfection, les choses s’arrangeaient, il retrouvait le moral, mais comme d’habitude, il avait fallu que quelque chose vienne tout gâcher…
- Je me retrouve trop souvent dans un hôpital ou une infirmerie à mon goût, finit-il par dire.

jimpoter
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Niveau 10
19 novembre 2006 à 11:08:22

- Tu ferais mieux de boire ta potion, Harry, conseilla Hermione sur un ton à la fois compatissant et inquiet.
Sans un mot, Harry vida son gobelet d’un trait et frissonna : il avait l’impression que l’on répandait de la glace dans tout son corps.

Mme Pomfresh l’autorisa à sortir de l’infirmerie le lendemain, à l’heure du déjeuner.
La samedi après-midi, il avait pu convaincre Ron, Hermione et Neville d’achever leur rattrapage des cours et de le laisser seul. Les joueurs de l’équipe avaient fini par sortir eux aussi, se disant désolés pour Harry et lui souhaitant de se rétablir vite – même Dean qui semblait désormais plus conciliant à son égard. Mais un petit quart d’heure plus tard, l’un d’eux était revenu et lui avait tenu compagnie pendant près d’une heure, malgré les protestations de Mme Pomfresh.
- Vous avez besoin de repos, Potter ! avait-elle répété pour la millième fois – si Harry en croyait sa lassitude.
- J’ai aussi besoin de parler à mes amis, avait-t-il répliqué.
L’infirmière avait alors soupiré.
- Vous êtes majeur, c’est vous qui voyez, mais faites bien attention : si vous ne vous sentez pas bien, mettez un terme à votre conversation et reposez-vous.
Et elle avait une nouvelle fois soupiré avant de repartir dans son bureau, non sans un regard irrité pour la visiteuse imprévue de son patient.
- Salut Harry, avait dit celle-ci, un peu gênée.
- Salut Ginny, avait répondu Harry. Assieds-toi, l’avait-il invitée en montrant le bord du lit.
D’un geste hésitant, la jeune rousse s’était installée sur le matelas.
- Ca va ? avait-elle demandé.
- Ca peut aller, avait dit Harry, même si j’aurais de loin préféré ne pas être ensorcelé.
Ginny avait eu un sourire…
Ils avaient parlé de tout et de rien, avaient plaisanté, ri, parlé avec énergie des points qu’il leur faudrait gagner aux prochains matches s’ils voulaient gagner la coupe de Quidditch, mais aussi de sujets plus sérieux concernant Voldemort et le travail de Scrimgeour.
Harry se sentit alléger d’un poids en discutant aussi librement et profondément avec Ginny. Malheureusement, Mme Pomfresh finit par la chasser de l’infirmerie. Ils s’embrassèrent sur les joues – donc pas aussi intimement que Harry l’aurait souhaité, mais cela constituait pour lui une excellente raison pour flotter sur un petit nuage… et pour retrouver le moral qu’il avait perdu.
Il entra donc dans la Grande Salle au beau milieu du repas du dimanche midi, et les Gryffondor l’accueillirent chaleureusement, bien qu’il savait que ses camarades cachaient leur déception du mieux qu’ils pouvaient. Il fut soulagé de constater que personne ne lui en voulait.
Il se sentait assez détendu, avec un profond sentiment de plénitude difficile à expliquer en ces circonstances peu joyeuses. Il répondait vaguement quand on lui parlait, ses pensées se trouvaient ailleurs…
Il reprit cependant ses esprits lorsqu’il vit Zacharias Smith se lever de la table voisine et s’approcher de lui.
Il semblait mal à l’aise.
- Potter, il faut que je te parle, déclara-t-il sur un ton très sérieux.
- Laisse-le, Smith, lança Ron avec une voix menaçante.
- Il faut que je te parle, répéta Smith en ignorant du mieux qu’il pouvait le regard agressif de Ron et de tous les autres élèves de Gryffondor. Est-ce qu’on pourrait se voir… dehors ?
Harry hésita quelques instants en voyant clairement une réponse négative dans les regards des autres mais étant plus décontracté et ouvert d’esprit qu’à l’ordinaire, il acquiesça. Il suivit Smith hors de la Grande Salle et ce dernier pila et se retourna une fois arrivé devant l’escalier de marbre.
- Potter, je voulais te dire que je suis désolé pour le match.
Harry n’en crut pas ses oreilles : Zacharias Smith qui s’excusait ?
- Je ne voulais pas gagner de cette façon, j’aurais voulu gagner à la loyale… marmonna-t-il.
- Qu’est-ce que tu veux dire par là ? demanda Harry en fronçant les sourcils.
- Qu’on a gagné seulement parce que quelqu’un t’a ensorcelé ! répliqua Smith, irrité. Je voulais donner la victoire à Poufsouffle mais je voulais gagner le match par moi-même, et pas grâce au cinglé qui a fait ça ! Poufsouffle n’a eu aucune gloire…
Il y eut un silence gêné.
- Et c’est tout ce que tu voulais me dire ? questionna Harry, toujours ahuri par les étranges regrets de Smith.
- Non, répondit ce dernier, je voulais aussi te dire que si je peux te rendre un petit service, il suffit de demander.
- Et bien… merci. Je… J’y penserai.
Embarrassé, Harry monta dans la salle commune sans rejoindre la Grande Salle. Il décida de faire ses devoirs dans lesquels il avait pris du retard à cause des entraînements de Quidditch…
- Et bien j’ai perdu mon temps ! dit Harry à voix haute, en effrayant quelques première année.
Il avait retrouvé son amertume ; et maintenant, il se posait des questions. Qui avait bien pu l’ensorceler ? Comment la personne en question s’était-elle débrouillée pour faire en sorte qu’il se casse la main… ? Et surtout pourquoi, oui, pourquoi l’avait-on attaqué ? S’agissait-il d’un Poufsouffle fanatique ou d’un homme de main de Voldemort ? Cette éventualité lui paraissait beaucoup plus probable – et inquiétante –, et cela lui donnait d’ailleurs une idée sur le coupable…
Penser à Ginny lui rappelait forcément Théodore Nott et sa bande de Serpentard dont l’attaque inopinée lui restait en travers de la gorge au point de l’étouffer. S’ils avaient réussi à ne pas se faire prendre après ce qu’ils avaient fait à sa petite amie, il ne faisait aucun doute qu’ils auraient également su lui jeter un sort sans se faire remarquer, même pas du visé lui-même… Il restait à comprendre comment ils s’étaient débrouillés pour réaliser ces « miracles ».
Il ne fit pas partager ses idées à Ron et Hermione quand ils le rejoignirent. Ils avaient enfin rattrapé leur retard et avaient également fait leur travail pour les jours suivants, aussi Harry les convainquit une nouvelle fois de le laisser seul. Neville sortit également de la salle commune, et Harry passa ainsi le reste de la journée à gratter sa plume sur du parchemin.
Et les heures passèrent…
Il finit par perdre toute notion du temps. Il ne savait plus où il se trouvait, ce qu’il faisait, qui il était, ses paupières devenaient lourdes…
Un vieil homme, à en juger par sa tignasse grise, gisait sur le sol, tourné sur le dos. Harry tenait sa baguette magique pointée vers lui… tout était complètement flou…
- Harry, réveille-toi !
Il rouvrit les yeux. Il avait l’impression que sa joue était mouillée, et il s’aperçut rapidement qu’il s’était endormi sur sa bouteille d’encre qui s’était renversée sous le choc. Les fenêtres de la salle commune ne filtraient plus que la lumière de la lune et des étoiles, tandis que Neville, l’air assez agité, se tenait devant lui.
- Qu’est-ce qu’il y a ? s’inquiéta Harry tout en tentant vainement d’essuyer l’encre qui commençait déjà à sécher sur sa joue droite.
- La réunion de l’Ordre ! s’exclama Neville. On t’attend tous ! Même Ron et Hermione ont pensé à sortir de leur placard à balai où ils s’embrassaient pour venir à l’heure et toi tu dors !
- Je ne voulais pas m’endormir, répondit Harry en se frottant les yeux. Bon… Désolé, finit-il par s’excuser. Mais pourquoi est-ce que tu as l’air si nerveux ?
- McGonagall veut tous nous voir immédiatement pour nous annoncer quelque chose. Si tu voyais sa tête, ça a l’air grave ! Dépêche-toi !
D’un rapide mouvement de sa baguette, Harry fit disparaître l’encre bleue de son visage et ils traversèrent au pas de course les couloirs qui les séparaient de la Salle sur Demande. Harry se confondit en excuses et prit place aux côtés de Ron et Hermione avec Neville.
Le professeur McGonagall était très pâle.
- Bien, dit-elle. Maintenant que nous sommes tous réunis, je dois vous annoncer de… tristes nouvelles. J’ai reçu un message d’Alastor par Patronus. D’après ce que j’ai compris, il a réussi à entrer dans Pré-au-Lard.
- Comment a-t-il fait ? demanda tout de suite Tonks.
- C’était assez difficile à comprendre, le message était flou, mais il semblerait que ce soit la Marque des Ténèbres géante qui se trouve au dessus du village qui permette d’y pénétrer.
Cette révélation déclencha une grande surprise sur les visages des membres de l’assemblée.
- De quelle façon la Marque pourrait-elle aider à entrer ? questionna Sturgis Podmore.
- Je… Je ne sais pas exactement mais… il faut d’abord que je parle d’autre chose.
Il y eut un silence. McGonagall se tourna vers Harry.
- Il y avait aussi quelque chose à votre sujet, Harry, déclara-t-elle.
Extrêmement surpris, Harry attendit, presque bouche bée. Qu’est-ce que Maugrey Fol Œil pouvait bien avoir découvert le concernant ?
- Il semblerait que Vous-Savez-Qui vous ait fait tomber dans un piège.
- Comment ? s’intrigua Harry.
- Je n’en sais pas plus, Harry, assura McGonagall sur un ton grave. Mais si cette information est exacte, cela signifie que vous êtes déjà tombé dans un piège tendu par Vous-Savez-Qui, et ce serait, nous le savons tous les deux, extrêmement grave.
L’assemblée sombra à nouveau dans le mutisme. Beaucoup regardaient alternativement Harry et McGonagall. Harry était à peu près certain que tout le monde ne devinait désormais que trop bien la nature de sa mission, en tout cas aussi bien que la Gazette du Sorcier…
Mais quelque chose lui parut suspect dans l’attitude du professeur McGonagall : il savait qu’elle n’aurait pas eu l’air tellement pâle, si bouleversée, s’il ne s’était agi que d’un danger potentiel.
- Qu’est-ce qui se passe, professeur ? demanda Hermione avant que Harry n’ait eu le temps de poser la question lui-même.
McGonagall mit un certain temps avant de reprendre le contrôle de sa respiration soudainement saccadée.
- Je n’ai pas pu avoir la totalité du message, finit-elle par répondre.
- Maugrey devait être pressé par le temps, Minerva…, commença Kingsley.
- Non, répliqua la présidente de l’Ordre, je veux dire que je n’ai pas eu la totalité du message apporté par le Patronus parce qu’il s’est brutalement évanoui, et de façon très inhabituelle. Il ne s’est pas évanoui, non, il a disparu d’un coup, sans même que sa lumière ne s’affaiblisse ne serait-ce qu’une fraction de seconde.
Ils demeurèrent tous silencieux. Harry se demanda si McGonagall voulait bien en venir à ce qu’il pensait…
- Nous savons tous qu’une telle chose n’a pu se produire qu’à une condition…
Un silence de mort régna dans la Salle sur Demande. McGonagall reprit encore une fois la parole :
- Alastor a été tué.
Harry ressentit soudain une brève mais très forte sensation de brûlure sur le front.
- Aïe !
- Qu’est-ce que tu as, Harry ? s’inquiéta Hermione.
Il se plaqua la main sur le crâne et caressa la vieille marque…
L’éclair s’était réveillé.

pr-macgonnagall
pr-macgonnagall
Niveau 6
19 novembre 2006 à 13:40:16

navrée mais cela dit tu as plus ou moins raison : dans mes trois angelots il y a ,dans l´ordre d´âge: soltek, vegeto333 et mon fils! cela dit , comme je n´ai pu avoir qu´un enfant ,j´ai ,en quelque sorte, adopté deux petits belges adorables!de plus cela donne des frères de coeur à mon ange!voila , c´est une jolie histoire que , jespère ,nous écrirons dans la vie!
pour ta fic ,merci beaucoup pour les weasley : tu soulages mon coeur de midinette naïve et utopiste: je ne pouvais croire que des gens aussi adorables qu´eux soient si mesquins.ouf mon espérance en la nature humaine est rassénérée! continue c´est super!

soltek
soltek
Niveau 10
19 novembre 2006 à 13:41:22

tres bonne suite(que jai mis un temps fous a lire :rire: ) j´espere que entre harry et ginny ca va s´arranger

vegeto333
vegeto333
Niveau 10
19 novembre 2006 à 13:56:58

Merci Pr-Macgonagal :rouge:

soltek
soltek
Niveau 10
19 novembre 2006 à 16:17:23

mici minerva :lol: meme si je suis plus :diable: que :ange: héhé

sinon si tu veux d´autre enfant tu m´appelle :gni:

pr-macgonnagall
pr-macgonnagall
Niveau 6
19 novembre 2006 à 16:22:22

je n´attends que ça que vous me fassiez des petits enfants!!! :rire2:

soltek
soltek
Niveau 10
19 novembre 2006 à 16:26:21

1) johan na pas l´age
2) je suis pas une fille
3) je prefererai te faire des enfants

pr-macgonnagall
pr-macgonnagall
Niveau 6
19 novembre 2006 à 16:41:17

je viens d´en parler à Rambo:il n´est pas d´accord!il dit que ça fait 16 ans qu´il s´en charge très bien tout seul et que des enfants adoptifs ça lui va très bien si ce n´est un petit pervers qu´ il aurait dù noyer à la signature du contrat et qui devrait se calmer avant d´être pulvérisé :banzai: :rire2:

soltek
soltek
Niveau 10
19 novembre 2006 à 19:01:46

probleme c´est que je suis super fort dans l´art de me débarasser de petit geneur qui se mette entre moi et mon objectif héhé :sournois:

pr-macgonnagall
pr-macgonnagall
Niveau 6
19 novembre 2006 à 22:38:29

:dpdr: et je te rappelle que le petit gêneur fait 1m85 ,80 kg de muscles , 20 ans de combats rapprochés et 16 ans de combats corps à corps! :rire2: et puis ,je l´aime éperdument! alors désolé ,tu ne seras que mon fils adoptif et tu trouveras une gentille femme et feras de beaux enfants avec elle ;t u seras son Rambo rien qu´à elle et tu me donneras des photos en souvenir du temps où tu me chambrais sur un forum juste pour rire et où je ne me fâchais pas juste parce que c´était toi : un gentils bébé loveur au grand coeur!

pr-macgonnagall
pr-macgonnagall
Niveau 6
19 novembre 2006 à 22:45:06

:desole: jim pour le :hs:
vegeto :d) de rien c´est moi qui te remercie pour tout ce que tu es!ne change pas mon :ange:

soltek
soltek
Niveau 10
20 novembre 2006 à 18:40:03

en géneral c mes petite amie qui m´appelle bébé :lol:

mais si tu veux des fotos ca dépend de quel genre de foto(quand ont me connais...)

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
20 novembre 2006 à 18:41:10

Ne t´excuse pas, Pr-McGo, vous êtes marrants :rire2: .

:merci: de me lire, encore deux jours et vous en serez au même point que mon topic du Forum Ecriture et du Forums hp4 (celui dans lequel je suis actif^^). Ce qui veut dire que vous devrez être TRES patient :hap: .

Bonne lecture du chapitre 25^^ :

25
Londumor

Au grand désespoir de l’Ordre du Phénix, les pensées de Minerva McGonagall se révélèrent exactes le lendemain matin, au petit déjeuner. Comme d’habitude, les hiboux étaient entrés par les fenêtres de la Grande Salle et avaient apporté le courrier aux élèves et la Gazette du Sorcier d’Hermione comportait cet article :

« FOL ŒIL VAINCU »
Le cadavre du célèbre Auror retraité, Alastor Maugrey, a été retrouvé hier soir dans sa résidence (emplacement confidentiel). D’après les experts du ministère de la Magie, c’est bien le sortilège de la Mort qui a fait succomber l’ex-Auror, malgré de nombreuses blessures…

- J’ai l’impression que tout le monde meurt… marmonna tristement Ron.
- C’est normal puisque c’est exactement ce qui arrive, fit sombrement remarquer Harry.
Personne ne répondit.
- Les membres de l’Ordre commencent à être décimés, continua-t-il, tout comme la première fois. C’est justement Maugrey qui me l’avait fait comprendre, il y a deux ans, il m’avait montré une photo de l’Ordre à l’époque de mes parents…
Il avait ce sentiment de culpabilité, cette impression d’être sali qu’il connaissait si bien. Mais l’expérience lui permettait toutefois d’atténuer nettement ces sensations qu’il savait injustifiées. Ce qui l’inquiétait réellement, c’était leur cause… Devait-il révéler à Ron, Hermione et Neville – et au reste de l’Ordre, qui n’était plus dans l’ignorance concernant ce genre de choses depuis sa cinquième année – ce qu’il avait vu ? Fallait-il qu’il accorde de l’importance à ce rêve si court, si vague, mais tellement explicite… ?
- Qu’est-ce qui ne va pas, Harry ? demanda Ginny, qui les avait rejoints pendant qu’Hermione lisait l’article à haute voix.
- Tu veux dire à part le fait que les gens bien soient exterminés ? ironisa-t-il.
- Ne fais pas semblant de ne pas comprendre, répliqua la jeune fille sur un ton sec, je vois bien que tu es préoccupé.
Très surpris d’entendre Ginny lui parler de cette façon – une façon qui correspondait à l’époque où elle le « connaissait » –, Harry ne répondit pas tout de suite.
Il finit par se ressaisir, avala sa salive et confia à voix très basse ce qui avait causé son retard à la dernière réunion de l’Ordre du Phénix.
- C’est pour ça que tu dormais, je me disais bien que tu ne manquerais pas une réunion… Tu crois que c’était Maugrey ? interrogea Neville.
- Oui, répondit fermement Harry. Il avait les mêmes cheveux et… en fait, je crois bien que le sol était rouge, déclara-t-il d’une voix légèrement tremblante.
Hermione se plaqua la main sur la bouche. Ron et Neville avaient l’air impressionnés – négativement. Ginny demanda :
- Mais comment peux-tu en être aussi certain ?
- Je ne l’aurais pas cru si…
Harry ne termina pas sa phrase.
- Si tu n’avais pas eu mal à ta cicatrice, acheva Hermione pour lui, l’air atterrée.
Il acquiesça d’un signe de tête.
- Mais tu m’avais dit que ça ne t’arrivait plus depuis plus d’un an ! objecta Neville.
- Je ne t’ai pas menti, répondit Harry, c’est la première fois que ma cicatrice me fait mal depuis le soir où Sirius est mort… Dumbledore pensait que Voldemort utilisait la Légilimancie contre moi pour que je ne puisse plus entrer accidentellement dans son esprit.
- Peut-être que…, commença Hermione, hésitante.
- Peut-être que quoi ? demanda Ron.
- Peut-être que ta cicatrice t’a de nouveau fait mal parce que Voldemort a lui-même tué un sorcier qu’il jugeait comme très dangereux ?
- Si c’était possible, j’aurais sans doute ressenti quelque chose de pire que le Doloris le soir de la mort de Dumbledore, et ce, même si Voldemort ne l’a pas tué lui-même, dit Harry.
- Tu as sûrement raison… marmonna Hermione.
- Moi j’ai une autre théorie, déclara Ron, excité. Et si tes pouvoirs grandissaient, Harry ? Et si à cause de ça, Voldemort ne pouvait plus utiliser l’occlumancie contre toi comme l’année dernière ?
- Quoi ? fit Harry, très surpris par cette suggestion.
L’air songeur, Hermione fronçait les sourcils.
- Ce n’est pas si bête, Harry, finit-elle par dire. Peut-être que Voldemort n’est plus assez puissant pour t’empêcher complètement d’accéder à ses pensées, ça expliquerait que ta vision soit floue.
Harry les observa tour à tour : ils avaient l’air sérieux.
- Ecoutez, dit-il, je sais ce qu’on raconte sur moi, l’Elu, mais je ne suis pas assez puissant pour combattre Voldemort… En tout cas, pas encore. En plus, je n’y connais strictement rien en légilimancie. Si je me suis immiscé dans l’esprit de Voldemort, c’est par accident. Il n’y a rien contre quoi il ait besoin de lutter pour m’empêcher de voir ce qu’il fait. Il a plus « coupé le lien » qu’autre chose, et en aucun cas ce n’est une question de… pouvoir magique.
Il remarqua qu’ils attiraient les regards, tous les cinq. En effet, ils murmuraient désormais à voix si basse qu’ils devaient se pencher vers le milieu de la table pour se comprendre, et cela ne passait pas vraiment inaperçu. Harry fit un signe de tête aux quatre autres qui, comprenant que la discussion devait s’achever d’urgence, s’éloignèrent.
- A tout à l’heure.
A la fin du cours de DCFM, Abel les retint une fois encore.
- Il est temps de commencer les « leçons » dont je vous ai parlé, annonça-t-il. Je vous donne rendez-vous après dîner dans mon bureau. Si vous n’êtes pas là à vingt heures sans faute et que vous n’avez pas d’excuse valable, vous aurez une retenue.
Et sans rien ajouter, il leur dit sur un ton sec de rejoindre leur prochain cours.
- Qu’est-ce qui lui arrive ? s’étonna Ron sur le chemin de la salle commune. A quoi ça sert de nous menacer de nous donner une retenue alors qu’il sait très bien qu’on sera là ! On sait bien qu’on ne doit pas manquer ce cours…
- J’imagine qu’il pense que les choses pressent, répondit Harry avant Hermione, et il a sans doute raison.
Hermione referma la bouche.
- En plus, intervint Neville, on en aura vraiment besoin pour notre prochaine so… Aïe ! (Harry lui avait donné un coup de coude) Désolé… s’excusa-t-il en se massant les côtes et en baissant la voix. On en aura besoin pour notre prochaine sortie.
- Pourquoi est-ce qu’on se ferait attaquer à l’enterrement de Maugrey ? chuchota Ron.
Il avait été décidé la veille au soir que tous les membres de l’Ordre du Phénix se rendraient aux funérailles de l’ex-Auror, qui auraient lieu le samedi suivant au cimetière sorcier de Londumor.
- Les Mangemorts frappent n’importe où et n’importe quand maintenant, Ron, répliqua sa petite amie. Sinon, Pré-au-Lard ne serait pas surnommée la « Capitale des Ténèbres », aujourd’hui. A chaque fois que nous sommes allés dehors, nous avons été attaqués, alors je crois qu’il faut qu’on accélère le pas dans l’apprentissage des sortilèges de duel. Il faut aussi qu’on accélère le pas pour ce qui est des (elle acheva sa phrase dans un murmure à peine audible) Horcruxes…
Elle jeta un regard oblique à Harry.
- Il faut vraiment qu’on s’y mette, Harry, on y a pas beaucoup réfléchi, ces derniers temps – et pourtant nous avions prévu de le faire.
- Je le sais bien… répondit celui-ci.
Ils se retrouvèrent devant le portrait de la Grosse Dame. Ils déposèrent une partie de leurs affaires dans leurs dortoirs respectifs (garçons et fille), et prirent le chemin de la bibliothèque. Ils avaient encore deux rédactions pour le prochain cours de défense contre les forces du Mal.
- Il faut qu’on reprenne les recherches sur Hepzibah Smith, Ha…, commença Hermione.
- Smith ! s’exclama soudain Harry en faisant sursauter les trois autres.
Quel idiot ! Comment avait-il pu oublier un détail aussi important ?
- Je dois lui parler ! Au sujet d’Hepzibah Smith, vous vous souvenez ? chuchota-t-il.
- C’est vrai ! se rappela Hermione en se tapant le front. J’avais oublié !
- Je ne suis pas sûr que Smith accepte de parler aux « perdants », bougonna Ron sur un ton méprisant.
- Oh si, il acceptera, assura Harry, moins pour les autres que pour lui-même.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ? s’étonna Ron en haussant les sourcils.
- Il me l’a promis…
Laissant ses amis dans l’incompréhension la plus totale, il courut le plus vite possible et franchit en en temps record les couloirs et escaliers qui le séparaient de la bibliothèque. Il avait de la chance : un jeune homme blond à l’air antipathique allait y entrer.
- Smith ! appela Harry, hors d’haleine.
Zacharias Smith se retourna et le regarda d’un œil surpris.
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Tu avais dit que tu voulais me rendre un service, c’est le moment, répondit Harry (il voulait être direct). J’ai besoin d’informations sur une certaine Hepzibah Smith – si comme je le pense, elle était de ta famille.
Harry s’attendait certes à voir un Smith surpris – voire méfiant – mais sûrement pas effrayé.
- Pourquoi tu me demandes ça ? interrogea-t-il d’un ton brusque.
- Et bien…, hésita Harry, qui se sentait maintenant lui aussi gêné, cette femme – Hepzibah Smith – était en possession d’un objet et… euh… enfin, bref, je dois retrouver cet objet.
- Et bien moi je te conseille de ne jamais le retrouver, répondit Smith, énervé, et de ne plus jamais me parler de ça !
Sans plus d’explication, il s’apprêta à franchir le seuil de la bibliothèque mais Harry le retint par la manche de sa robe.
- Qu’est-ce que ça veut dire ? questionna-t-il, intrigué. Pourquoi est-ce que tu es sur la défensive ?
- Ecoute, Potter, je veux bien te rendre un service, mais si tu me harcèles avec cette histoire, tu le paieras très cher !
Il se dégagea d’un geste nerveux et entra dans la bibliothèque en claquant la porte, ce qui lui valut, d’après ce que Harry entendit, les remontrances de Mrs Pince.
Quelques secondes plus tard, Ron, Hermione et Neville arrivèrent. Il leur fallut une bonne minute pour reprendre leur souffle. Pour le résultat qu’il avait obtenu, Harry se demandait s’il avait vraiment valu la peine de mettre ses amis dans cet état.
- Pourquoi tu t’es enfui comme ça ? lança Ron avec un regard de reproche. Mes jambes ne s’en remettront jamais !
- Je suis certaine qu’elles s’en remettront très bien, répliqua Hermione en levant les yeux au ciel. Mieux que les miennes, en tout cas. Mais c’est vrai, pourquoi tu t’es mis à courir comme ça ? rajouta-t-elle, l’air aussi mécontente que son petit ami.
- Je cherchais Smith…
Il leur expliqua la raison pour laquelle le capitaine de l’équipe de Poufsouffle l’avait pris à part au déjeuner, le lendemain de sa victoire au Quidditch.
- Smith a dit qu’il voulait te rendre un service ?. .. répéta Hermione, intriguée, une fois que Harry leur eut fait son bref récit.
- Et tu as gobé ça ? s’indigna Ron. Smith qui s’excusait pour la défaite de Gryffondor ? Smith qui reconnaissait que Poufsouffle n’avait pas mérité sa victoire ?
- Moi aussi j’ai eu du mal à y croire mais il avait l’air sincère, assura vivement Harry. Tu aurais dû le voir, il donnait vraiment l’impression d’être dégoûté d’avoir gagné de cette façon.
- A mon avis il a dit ça pour que tu ne le soupçonnes pas pour l’attaque du match ! dit Ron sur un ton féroce.
- Il n’aurait jamais fait ça ! s’indigna Hermione, irritée.
- Et qu’est-ce qui te fait dire ça ? demanda Ron d’un air faussement poli. Pourquoi tu le défends ?
- Tu as trop tendance à confondre Smith – qui est, c’est vrai, détestable – avec un Serpentard qui ne reculerait devant rien ! répondit la jeune femme avec énervement.
- Je…
Mais Ron fut brutalement interrompu par un jet de lumière. Il fut alors incapable de faire sortir le moindre son de sa bouche.
- Comment osez-vous hurler ainsi en face de la bibliothèque !? Partez d’ici immédiatement ! gronda Mrs Pince, qui venait de sortir de son antre aux livres.
Ni Harry ni Hermione ne se décidant à rendre sa voix à Ron, ce fut Neville qui s’en chargea tandis qu’ils repartaient en direction de la salle commune. A l’étonnement général (même Neville en fut très surpris), il n’arriva aucun accident au rouquin qui retrouva tout simplement la faculté de parler. Il était toutefois trop boudeur pour en user.
Ils déposèrent leurs affaires, décidant qu’il valait mieux attendre avant de remettre les pieds dans la bibliothèque afin de faire leurs devoirs pour Abelforth. Ils s’assirent donc dans des canapés défoncés. Hermione croisa les bras, Ron fit de même. Neville mit les siens en oreiller derrière sa tête et s’installa confortablement, comprenant qu’il ne servait à rien de chercher à faire la conversation. Harry posa ses mains sur ses genoux, les yeux tournés vers le parquet.
Au bout d’une minute qui lui parut interminable, il finit par rompre le silence devenu trop pesant :
- J’ai aussi pensé que Smith pourrait être responsable de ce qui s’était passé pendant le match.
- J’en étais sûr ! s’exclama Ron avec une lueur de triomphe.
- Mais tu as changé d’avis, n’est-ce pas ? demanda Hermione sans tenir compte de son petit ami qui semblait lui être très ennuyeux.
- Oui… Je crois que tu as raison, Smith est un sale frimeur, il fait tout pour me rabaisser, mais il n’est pas Malefoy.
Déçu, Ron s’affaissa dans son canapé et croisa à nouveau les bras.
- Je crois aussi qu’il voulait vraiment m’aider, reprit Harry, c’est pour une autre raison qu’il a réagi comme ça…
- De quoi tu parles ? s’étonna Neville.
- Je vous raconterai plus tard, dit Harry, qui avait omis de raconter qu’il avait parlé d’Hepzibah à Smith. Mais la réponse est évidente, non ? Quelles personnes au service de Voldemort vivent ici ? Qui nous a agressé, moi et Ginny ?
- Tu penses à Nott ? demanda Ron, sortant de sa moue.
- Evidemment ! répondit Harry avec colère. Lui et sa bande, ils se sont quasiment fait oublier depuis qu’ils ont fait ça à Ginny, mais moi je ne les oublis pas ! Je suis certain qu’ils préparent quelque chose, tout ça ne s’est pas produit sans raison. Ils avaient besoin de la Salle sur Demande, comme Malefoy. Je suis sûr qu’ils font quelque chose pour Voldemort, et pourtant ils ne se font plus remarquer. C’est qu’il ne s’agit pas de répandre la terreur comme tu le pensais, Hermione, ils doivent préparer autre chose de plus secret.
- D’après ce qu’on a pu entendre, Anthony et moi, c’est aussi ce que pense McGonagall, déclara Hermione. Mais tu te trompes sur un point, Harry : la terreur. Je suis Préfète-en-Chef, alors je vois plus de choses que toi, et je peux te garantir que les élèves ont tous peur. Pas autant qu’avant, d’accord, mais ils n’ont pas totalement oublié la possibilité que certains de leurs « camarades » soient des Mangemorts. Il y a même des première année qui ont l’air terrorisés, parfois.

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
20 novembre 2006 à 18:44:29

En effet, le lendemain, les indications de la directrice sur la grande difficulté du sortilège d’Animatus Apparitus entrèrent dans son cerveau sans être décodées comme il l’aurait fallu, et ce, malgré tous les efforts que fit Harry pour se concentrer. Il parvint quand même à prendre des notes, et avec moins de difficultés que Ron. De toutes manières, il avait trop confiance en la faculté d’écoute d’Hermione pour s’inquiéter ; elle leur prêterait ses notes plus tard, et leur expliquerait… Il pensait surtout avec envie à Neville, qui pouvait encore rester un peu dans son lit vu qu’il avait abandonné la métamorphose pour les ASPIC. Il le retrouva au cours de Flitwick, où Harry et Ron eurent moins de mal à suivre. En revanche, Neville, malgré son heure de sommeil supplémentaire, était fatigué et comme il avait déjà du mal en tant normal, le résultat en fut presque désastreux.
Ils continuaient à étudier les sortilèges de Guérison. Après le sort général, ils abordaient désormais la guérison spécialisée de la chair, plus efficace sur les blessures profondes. Les élèves ne pouvant plus se blesser eux-mêmes pour se guérir (« Vous seriez obligés de vous entailler trop profondément vous-même pour que l’on puisse vraiment tester vos capacités, et vous auriez beaucoup trop mal pour jeter le moindre sort » avait couiné le professeur d’Enchantements), Flitwick leur distribua d’étranges feuilles de parchemin bleu. Les élèves échangèrent des regards perplexes.
- Qui peut me dire ce que c’est ? questionna-t-il de sa voix flûtée.
- C’est un test de sorcellerie, répondit aussitôt Hermione qui donnait l’impression de vouloir détruire le plafond avec son poing. On l’utilise pour tester la fiabilité de produits ou d’actes magiques quand il est trop dangereux de le tester en des conditions plus appropriées.
- C’est tout à fait ça, Miss Granger, dix points pour Gryffondor. Le test consiste à appliquer une potion ou un acte magique sur la feuille de parchemin. Plus la couleur se rapprochera du rouge, plus le produit ou l’acte magique – dans ce cas il s’agira bien sûr de jeter le sortilège sur la feuille – est fiable. L’inconvénient, c’est que la fiabilité du test lui-même n’est pas toujours certaine, il y a beaucoup de risque d’erreur. Mais pour ce que nous ferons en classe, cela devrait convenir.
Chaque élève passa donc trois quarts d’heure à jeter le sortilège de Cicatrisation sur son parchemin. Certains, comme Neville, n’obtinrent qu’un léger violet. Hermione colora dès les premiers essais sa feuille en mauve. Ron mit plus de temps à faire de même.
Harry se concentra. Puis il prit sa baguette magique, tapota son parchemin et prononça distinctement :
- Caro Cicatrix.
Rien ne se produisit. Il refit plusieurs essais mais même s’il lui parut légèrement moins vif, le bleu restait effrontément bleu. Se souvenant qu’il en aurait certainement besoin plus tôt que les autres élèves, Harry se focalisa sur son objectif, s’imprimant la volonté de guérir, mais les résultats ne furent guère plus brillants. A la fin du cours, sa feuille était encore plus proche du bleu que celle de Neville.
Tout le monde – sauf Hermione, comme d’habitude – reçut le devoir supplémentaire de s’exercer au sortilège de Guérison.
- C’est complètement idiot de s’entraîner sur ce bout de papier ! s’emporta Harry à la sortie du cours.
- Je trouve que c’est un système très ingénieux, dit Hermione – bien sûr, comme l’a dit Flitwick, il n’est pas toujours fiable, ajouta-t-elle en croisant son regard.
- Tu y serais peut-être mieux arrivé avec un cobaye humain, dit Ron en éclatant de rire, mais Poudlard ne trucide pas ses élèves pour leur apprendre à se guérir : ils ont une méthode plus douce, et je dois dire que je préfère largement jeter un sort à une feuille plutôt que de m’ouvrir les veines.
Harry eut un sourire forcé.
Mais il s’effaça immédiatement quand il vit Nott, Zabini et Parkinson passer près d’eux avec un sourire mauvais. C’était déjà plus qu’il ne pouvait supporter, mais il ne fit rien. S’il avait raison – et c’était forcément le cas –, Nott lui donnerait lui-même une occasion de se venger au cours de l’année. Le tout était de le faire avant qu’il n’arrive quelque chose de grave à un autre élève…
Mais le sourire de Nott lui rappela encore une fois la recherche de Horcruxes. Il n’avait pas encore parlé à Ron, Hermione et Neville de la réaction qu’avait eue Zacharias Smith à l’évocation du nom d’Hepzibah. Il se décida enfin à le leur dire une fois arrivé dans la salle commune.
Quand il eut terminé son récit, Hermione, les sourcils froncés, demanda :
- Et il n’a rien dit d’autre ?
- Si, répondit sombrement Harry. J’ai essayé de le retenir, mais il m’a dit que si je le « harcelais » avec cette histoire, je le regretterai.
- Tu es en train de me dire qu’il t’a menacé ? dit Hermione, choquée.
- Il ne manque pas d’air, celui-là ! s’exclama Ron. Un jour il parle de t’aider, et le lendemain il joue les durs !
Même s’il était à moitié d’accord avec son meilleur ami, et partageait en partie l’indignation d’Hermione, Harry ne pouvait s’empêcher d’envisager une autre possibilité. Il hésita :
- En fait… je me demande si…
- Quoi ? questionna Neville.
- Je me demande s’il ne voulait pas plutôt dire qu’il y avait des dangers dans les affaires d’Hepzibah Smith, acheva Harry.
- Tu crois qu’il te donnait un « conseil d’ami » ? moqua Ron.
- On aurait dit qu’il avait peur, insista Harry. Quand je lui ai parlé d’un objet que je voulais retrouver, il m’a dit : « Et bien moi je te souhaite de ne jamais le retrouver », comme s’il savait de quel objet je parlais… et que cet objet était dangereux.
- Harry, si ça concerne un Horcruxe, il y a de fortes chances pour que ce soit vrai, dit Hermione sur un ton grave. Je pense que tu dois avoir raison – et je pense aussi que nous sommes sur la bonne voie. Tu devrais reparler à Smith, et te débrouiller pour qu’il te révèle son secret.
- Dommage que je n’ai pas un peu de Felix Felicis sur moi, ironisa Harry.
- Ne me dis pas que tu trouves Smith plus difficile à aborder que Slughorn ? dit Ron.
- Bien sûr que non ! assura Harry, scandalisé. Bon, dit-il en se tournant vers Hermione, je veux bien essayer de lui tirer les vers du nez, mais on doit quand même essayer de chercher autre part au cas où. Quand on aura le temps, on devra passer à la bibliothèque, et aussi demander de l’aide à Abel. On avait déjà demandé aux autres membres de l’Ordre, je crois, mais ils sont sûrement trop occupés avec leurs propres missions…
- Et les notes de Voldemort ? dit Neville, qui parlait des morceaux de parchemins qu’ils avaient découverts dans la Salle sur Demande lors de leur première visite avec l’Ordre.
- Elles ne concernent que les recherches qu’il a faites sur sa famille, répondit Harry, ça ne parle pas des Horcruxes.
Il avait eu le temps de jeter des coups d’œil plus longs sur ces notes étranges, et il n’y avait en effet rien vu de plus que des notes sur la famille Gaunt, sur Serpentard, et aussi sur une personne dont il n’avait jamais entendu parler : « Grindelwald ». Mais rien qui aurait pu concerner de près ou de loin les Horcruxes.
Ils se mirent donc d’accord.
Mais avant d’aller à la bibliothèque pour Hepzibah Smith, ils devaient s’y rendre, comme toujours, pour les devoirs. Harry s’étonnait encore que cette habitude soit restée chez lui, mais le plus étonnant, c’était que Ron en fasse autant. Même le désir de se rapprocher de sa petite amie expliquait difficilement la nouvelle capacité du rouquin à combattre sa paresse légendaire. En tout cas, il y parvint encore une fois et le quatuor passa une matinée de plus sous l’œil sévère et extrêmement désagréable de Mrs Pince.
Après déjeuner, Hermione partit pour son cours d’Arithmancie en compagnie d’Anthony Goldstein. Ron jeta un léger coup d’œil en direction du couple de préfets-en-chef s’éloignant de la Grande Salle mais il semblait plutôt détendu, au grand soulagement de Harry. En général, Ron était toujours un peu méfiant à l’égard d’Anthony, faisant craindre une nouvelle crise de jalousie. Mais depuis le soir où Harry s’était emporté contre lui, Ron faisait de plus en plus d’efforts – ce qui ne l’empêchait pas de se montrer parfois très puéril : Ron Weasley resterait Ron Weasley.
Harry fut soudain saisi d’un agréable sentiment de chaleur.
- Salut les garçons, dit Ginny en passant devant eux.
Elle partit dans l’escalier de marbre. Ron observa Harry quelques secondes.
- Qu’est-ce que tu attends, au juste ? dit-il avec impatience. Ce n’est pas en restant passif comme ça que tu pourras ressortir avec ma sœur.
Harry ne se fit pas prié. Tout en s’efforçant de ne pas éclater de rire à la pensée que Ron lui donnait des conseils pour approcher les filles – c’était vraiment le monde à l’envers –, il dévala les escaliers et rattrapa Ginny au premier étage.
Ils passèrent ce qui était aux yeux de Harry la plus belle après-midi de sa vie. Il se sentait à nouveau comme à l’époque bénie où il sortait avec Ginny – à une différence près qu’il ne pouvait pas l’embrasser. Contrairement à la veille, ils eurent le temps de faire autre chose que leurs devoirs à la bibliothèque. Ils entamèrent également une longue et nonchalante balade dans le château, qui se prolongea dans le parc. Harry évita soigneusement la Salle sur Demande.
Ils se rendirent ensemble à l’entraînement de Quidditch.
Pendant que Ginny attendait le reste de l’équipe dans les vestiaires, le Capitaine entra sur le terrain pour observer les conditions de vol. Le ciel n’était pas trop sombre, et il n’y avait heureusement pas de brume, ce soir-là. Mais un autre facteur était à prendre en compte.
Car Harry fut accueilli par six élèves, debout au milieu du stade.
- Qu’est-ce que tu fiches ici, Nott ? lança Harry avec colère.
Il avait affaire aux mêmes personnes qu’il souhaitait éviter en contournant la Salle…
- Je voulais seulement assister à l’entraînement des Gryffondor, répliqua Théodore Nott d’une voix narquoise.
- Dans ce cas tu peux tout de suite partir, dit Harry le plus froidement et fermement possible.
- On a le droit d’être là, dit Nott.
- Pas ce soir, dit Harry en sortant sa baguette magique.
Il la pointa ostensiblement sur Nott. Crabbe, Goyle, et Millicent Bulstrode jouèrent de leur biceps, et Zabini plongea sa main dans la poche qui devait contenir sa propre baguette mais le chef de la bande les arrêta d’un geste.
- Ce n’est pas grave, dit-il avec un sourire goguenard. Pas besoin de regarder comment un attrapeur apprend à se casser la main sur un Vif d’Or.
Les six Serpentard éclatèrent de rire.
- Je voulais seulement te prévenir, reprit Nott d’un ton menaçant. Ne demande plus à tes larbins de Sang-de-Bourbe ou de traîtres à leur sang de me surveiller. Si tu te mêles encore de mes affaires, il risquerait d’arriver quelque chose à nos chers Préfets-en-Chef. Et tu devrais aussi faire attention à la sécurité de ta petite amie – Oh ! excuse-moi, de ton ex-petite amie…
Les Serpentard rirent de plus belle.
Furieux, Harry s’avança vers eux, prêt à exploser.
- C’est à moi de te prévenir, Nott, menaça-t-il à son tour d’une voix tremblante de colère. Crois-moi, c’est toi qui dois avoir peur, pas moi. Je n’ai pas oublié ce que tu as fait, et tu vas le payer cher, espèce d’ordure ! Et si tu touches encore à un seul cheveu de Ginny, où à quiconque de mes amis – où même à n’importe quel élève de cette école –, tu auras affaire à moi, et tu le regretteras amèrement ! ECCIO !!
Théodore Nott fut littéralement projeté dans les airs avant de s’écraser brutalement sur le sol herbeux quelques mètres plus loin. Quant aux cinq autres, l’onde de choc du sortilège d’Expulsion les étala sur le sol.
- Qu’est-ce qui se passe, ici ?

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