cool la suite bien que j´ai pas totalement compris c excellent :D
vous 3.
Soltek >>> Oui, c´est un problème fréquent avec ce chapitre, désolé
.
pr-magonnagall >>> Elle est pas conne ma prof, c´est juste que c´est dur ce qu´elle donne, et puis on fait pas des fics Harry Potter en seconde, vous savez
.
Voici le chapitre 18, bonne lecture^^ :
18
La renaissance de Poudlard
Lorsqu’il rouvrit les yeux, Harry était allongé dans des draps blancs. Il regarda autour de lui : que des murs blancs. « Je suis mort » se dit-il. « J’ai sans doute été tué par le basilic et je viens d’arriver au Paradis. Je vais revoir Dumbledore et mes parents, et Sirius, et Lupin… Ron et Ginny doivent être là aussi. Je dois sûrement attendre que mon tour vienne avant de les revoir. Il doit y avoir beaucoup de morts à réceptionner. »
Et en effet, une dizaine de minutes plus tard, une femme à l’air pressée s’avançait vers lui. Il reconnut aisément cette femme…
- Vous voilà réveillé, Potter, il était temps ! dit-elle avec un soupir de soulagement. Vous nous avez fait attendre !
- Mrs Pomfresh ? s’étonna Harry. Vous êtes morte, vous aussi ?
- Morte ? répéta l’infirmière, le regard douteux, comme si elle craignait pour la santé mentale de Harry ou tout simplement que ce soit une mauvaise blague. Certainement pas ! Et vous ne l’êtes non plus, mon garçon, vous vous trouvez simplement à l’infirmerie de Poudlard.
- Mais… le basilic…
- Vous lui avez flanqué une belle raclée, d’après ce qu’on raconté vos deux amis. Enfin… votre ami et votre petite amie, rectifia-t-elle un sourire en coin. Comme si toutes les rumeurs de l’an dernier ne suffisaient pas, Miss Weasley aimait bien passer des nuits entières à votre chevet, ou même vous embrasser alors que vous étiez dans le coma…
Harry sentit ses joues chauffer et il accorda un timide sourire à Mrs Pomfresh.
- Je vais chercher les autres, dit-elle. Ils vous expliqueront ces dernières semaines mieux que moi.
- Quoi !? s’horrifia Harry. Je suis resté plusieurs semaines ici ?
- Non, vous êtes arrivés ce matin, un peu avant les professeurs.
- Les professeurs ? répéta Harry, encore plus inquiet.
- Oui, vous avez passé un peu plus de deux semaines à Ste Mangouste et la guérisseuse Derwent a accepté de vous laisser sortir car votre esprit n’avait gardé aucune séquelle et que vous étiez quasiment guéri. Il ne manquait plus que votre réveil. Nous sommes le mercredi 1er octobre 1997 et la rentrée est pour ce soir. Alors, voulez-vous voir vos amis, oui ou non ? Je vous préviens, il est rare que je fasse de telle proposition !
- Bien sûr ! acquiesça vivement Harry, qui n’était que trop heureux de vivre et que ce soit également le cas pour ses amis.
Ron, Hermione, Neville et Ginny déambulèrent quelques instants plus tard dans l’infirmerie. Ron et Ginny étaient parfaitement guéris de leurs blessures. Les os et la chair réparés, il n’avait plu fallu qu’une potion de régénération sanguine pour remettre Ron sur pied ; quant à Ginny, Harry fut horrifié d’apprendre qu’en plus de ses omoplates cassés, sa colonne vertébrale avait subi plusieurs fêlures. Le fait qu’elle n’en ait conservé aucun dommage à long terme démontrait une fois de plus la supériorité de la médecine magique dans le domaine des fractures.
- Les guérisseurs ont dit que tu n’avais pas la moindre blessure quand nous les avons vu, raconta Hermione. Ils ont dit que…
- …que ton coma était dû à des dommages cérébraux, acheva Neville. A ce moment là on a eu très peur, surtout moi, parce que… Enfin, si tu devais tuer Voldemort avec un cerveau comme celui de mes parents…
Il y eut un silence pesant puis…
- La guérisseuse Derwent a fait venir un legilimens pour examiner ton esprit, poursuivit Ginny.
- Comme quoi, elle a fini par avoir ce qu’elle voulait…
- Euh… oui, confirma Ginny, légèrement décontenancée.
- Ils nous ont dit que tu avais subi un choc à cause de la présence de deux esprits dans un seul cerveau – le tien – mais que tu devrais t’en tirer sans séquelle, narra Ron ; que normalement, quand tu serais réveillé, tu serais normal.
- Et bien, en dehors du fait que je croyais être mort en me réveillant, ils avaient raison, constata Harry. Je me sens parfaitement bien.
- Je suis rassurée, dirent Hermione et Ginny en chœur.
Les deux demoiselles échangèrent un regard puis éclatèrent de rire tandis que Ron levait les yeux aux plafond et que Neville prenait un air amusé. Ah, les filles ! Ginny s’assit sur le lit de Harry, et les trois autres prirent des chaises.
- Mais comment avez-vous fait pour sortir de la chambre ? questionna Harry. Et pourquoi vous avez raconté à Mrs Pomfresh… que j’avais mis une raclée au basilic ?
- C’est ce que tu as fait ! assura Ron. D’abord, tu le bombardes d’éclairs de stupéfixion, ensuite tu lui bousilles les yeux avec un sortilège de conjonctivite, et enfin, tu finis par le stupéfixer complètement ! énuméra-t-il. Crois-moi, quand McGonagall et les autres l’ont achevé, tu leur avais bien mâché le travail ! rigola Ron.
- Mais… vous étiez blessés au point que vous ne pouviez plus bouger, objecta Harry, et moi, je ne me souviens pas avoir été conscient APRES avoir attaquer le basilic.
- Oui… Là, j’ai dû y mettre toutes mes forces pour ramper jusqu’à la baguette la plus proche – celle de Ginny – et envoyer un Patronus – ça m’a pris un bout de temps pour réussir à en faire un qui dure suffisamment longtemps.
- J’ai été intriguée par ce chat tigré et je l’ai suivi, dit Hermione les joues rosies. Le problème, c’est qu’il a disparu au quatrième étage…
- On a dû fouiller tout le quatrième, le troisième, et le deuxième étage avant de voir le tuyau dans les toilettes de Mimi Geignarde, dit Neville. On y est descendus avec McGonagall, Abel et Maugrey et on vous a trouvés puis ramenés en balai.
- Et voilà toute l’histoire, conclut inutilement Ron. Alors, c’est la rentrée, ce soir ! On va de nouveau suivre des cours ! Et on va préparer nos ASPIC, joli programme en perspective ! ironisa-t-il.
- Oui, dit tristement Hermione.
- Qu’est-ce qui t’arrive ? s’étonna son petit ami. Depuis quand la perspective de suivre un cours et de travailler à en devenir insomniaque te rend-elle triste ?
- On ne pourra plus chercher les horcruxes, expliqua-t-elle.
- Hermione ! s’exclama Harry, choqué.
- Quoi ? s’emporta la jeune femme. C’est vrai, on aura sûrement bien trop de travail pour reprendre les recherches avant les vac…
- MAIS TAIS-TOI, BON SANG ! gronda Harry.
Hermione parut offusquée par tant de grossièreté. Mais Ginny, elle, semblait plus perspicace.
- On m’a déjà tout raconté pour les horcruxes, pendant que tu étais à l’hôpital, déclara-t-elle d’un ton calme mais agacé, alors ce n’est pas la peine de te cacher pour en parler.
- Comment !?
- Désolé, dit Hermione d’une petite voix, mais elle avait déjà vu le médaillon, et comme elle connaissait la prophétie et ce que tu tentais de faire… Enfin on s’est mis d’accord sur le fait que… enfin… que ça ne changerait rien qu’elle soit au courant…
- C’est ça ! fit Harry.
- Tu ne croyais tout de même pas que j’allais rester comme une idiote sans chercher à comprendre par quoi j’avais été attaquée ? s’indigna Ginny. Tu sais bien que vous pouvez me faire confiance ! Et tu sais aussi que je ne suis pas plus en danger simplement parce que je sais pour les horcruxes !
- Qu’est-ce que tu en sais ? répliqua Harry avec colère. Maintenant tu fais partie des gens que Voldemort pourra torturer pour savoir ce que je cherche à faire ! Est-ce que vous avez pensé à ça ? demanda-t-il en se tournant vers ses amis.
Hermione fit « non » de la tête.
- Ce que tu n’as pas compris, riposta Ginny, c’est que je suis suffisamment intelligente pour avoir compris que vous cherchiez des objets semblables au journal de Jedusor ! Des objets qui contiennent… ce genre de chose. Hermione, Ron et Neville m’ont juste expliqué ce que c’était vraiment – des horcruxes, des objets contenant des morceaux d’âme créés pour avoir l’immortalité – et pourquoi vous les cherchiez. Et si Ron, mon entêté de frère qui peut être bien plus protecteur que toi en général et qui, dans une certaine mesure, je suis forcée de le reconnaître, l’est plus légitimement et qu’il est d’accord avec moi, alors je ne vois pas pourquoi tu fais toutes ces histoires !
Intérieurement, Harry devait admettre que sa petite amie marquait un point. Mais extérieurement, il se contenta de jeter un regard irrité à la jeune rousse. Ron, lui, paraissait en pleine réflexion.
- Quand tu as parlé de moi, dit-il, c’était un compliment ou…
- Ecoute, Ron, s’exaspéra Ginny, prends-le comme tu veux, d’accord ? Est-ce que vous pourriez nous laisser seuls ? demanda-t-elle aux autres.
Sans un mot et en échangeant des regards éloquents, Ron, Hermione et Neville sortirent de l’infirmerie de Poudlard.
- Qu’est-ce que tu veux ? demanda sèchement Harry.
- Que tu arrêtes.
- Arrêtez quoi ?
- De me surprotéger ! s’exclama Ginny. J’en ai assez que tu ne veuilles pas me parler de ce que tu fais ! J’en ai assez que tu m’écartes à chaque fois que vous parlez de vos affaires concernant Voldemort ! Je veux t’aider !
- Je ne veux pas que tu viennes avec moi ! dit Harry d’un ton catégorique.
- Il faudra bien, pourtant ! Quand je serai majeure, quand j’aurai terminé mes études ici, je me battrai aussi contre les mangemorts, et tant qu’à faire, je préfèrerai le faire avec toi à mes côtés parce que si je meurs, je ne veux pas que ce soit sans te revoir, sans avoir pu vivre avec toi !
Harry ne répondit rien. Il ne savait que trop bien qu’il ne pourrait pas empêcher sa fougueuse Ginny de se battre avec les aurors et l’Ordre, plus tard. Et il était vrai qu’il serait mieux, et même plus sûr, qu’elle le fasse à ses côtés. Cependant…
- En tout cas il est hors de question que tu viennes avec moi avant que tu ne sortes de Poudlard, dans deux ans !
- Ca je veux bien. Mais je te l’ai déjà dit : arrête de me surprotéger. Ca ne sert à rien de me cacher ce que tu fais ! Arrête d’essayer de rompre avec tous tes amis, tous ceux qui peuvent t’aider ou te soutenir !
- Que…
- Hermione m’a raconté comment tu avais failli refuser son aide et celle de Ron juste après l’enterrement de Dumbledore, expliqua Ginny. Mais tu m’as dit toi-même au début du mois dernier que sans eux, tu n’y arriverais pas ! Je suis navrée que ça ne soit pas pareil pour moi…
- Ecoute, je…
- Ah non, c’est vrai, je suis la jolie princesse qui doit sagement attendre dans son château que son prince charmant ait tué le méchant sorcier ! ironisa la jeune fille. Tout ça pour mon bien, évidemment ! Tu sais, si pour toi, je me résume à ça, cet horcruxe n’avait peut-être pas tort en me traitant de…
- LA FERME, GINNY ! rugit Harry.
La cadette des Weasley se figea sur place. Non, il ne pouvait pas laisser faire cela, il ne pouvait pas la laisser faire cela…
- Je suis désolé, s’excusa Harry après un bref silence. Je ne peux pas te laisser te dévaloriser comme ça. Et… il ne faut surtout pas que tu penses que je te considère de cette façon ; c’est totalement faux.
- Oui, tu aimes la Ginny enjouée, sa personnalité, son caractère bien trempé, celle qui te ressemble… Mais à cause de toi j’ai failli perdre tout ça, déclara-t-elle. Quand il m’a insultée, je suis partie en pleurant au lieu de te mettre – de lui mettre – une gifle ou de lui jeter un sort, et ça ne me ressemble pas du tout. Mais je me suis ressaisie pendant que tu étais à Ste Mangouste et j’ai décidé de mettre les points sur les i quand tu te réveillerais. Maintenant, je vais te poser un ultimatum : soit tu acceptes de sortir avec moi au grand jour dès maintenant, soit je te quitte définitivement.
Harry ne s’attendait pas à ça. Il ne pensait pas devoir faire un tel choix un jour, un choix si difficile il y a encore quelques semaines, mais…
Constatant son silence, la jeune fille tourna des talons et marcha d’un pas vif et courroucé vers la porte.
- Ginny, attends ! appela Harry.
Elle s’arrêta.
- Je t’ai donné deux possibilités, dit-elle sans se retourner. Si tu ne choisis pas l’une ou l’autre, je partirai.
- Je ne sais pas…
- Très bien ! s´irrita Ginny.
- ATTENDS ! cria-t-il. Tu ne sais même pas ce que j’allais dire !
Il se leva d’un bond et la rattrapa au beau milieu d’un couloir du troisième étage. Il se plaça devant elle.
- Laisse-moi passer, dit poliment mais froidement la jeune rouquine.
- Pas avant que je t’aie répondu, parce que j’étais en train de le faire quand tu es partie. Alors voilà : je ne sais pas ce que j’aurai répondu à l’époque où Voldemort risquait d’apprendre notre relation. Mais maintenant…
- Pourquoi ? s’étonna Ginny. Le risque a disparu ?
- Oui, reconnut Harry. Le risque a disparu parce qu’il sait déjà que je t’aime.
Ginny fut tellement interloquée par cette nouvelle inopinée qu’elle en demeura bouche bée.
- Tu te souviens de ce qu’a dit l’horcruxe ? demanda Harry. Qu’il avait accès à toutes les informations de mon cerveau quand il habitait mon corps ? Il s’est passé la même chose en sens inverse. Son esprit a laissé dans mon cerveau des souvenirs, pas toujours très distincts, mais j’ai pu saisir certains des plus récents. Je sais qu’il a réussi à communiquer à Voldemort par la légilimancie, ou quelque chose dans ce goût là, des informations sur l’Ordre… et sur moi.
- Mais… comment auraient-ils pu communiquer de si loin et traverser les protections du château ? questionna Ginny.
- Ils disposaient chacun d’un morceau de la même âme, dit simplement Harry. Je suppose… que cela les rapprochait, en quelques sortes.
- Oui, c’est vrai… approuva Ginny. Mais alors…
- Oui, il sait que nous sortons ensembles et quoi que je fasse, je ne pourrai jamais le convaincre que ta mort… ne m’affecterait pas.
- Donc…
- Donc j’accepte de sortir avec toi au grand jour, déclara Harry d’un ton plus joyeux. Puisque ça ne changera rien, comme tu dis, autant que l’on soit côte à côte !
Sur ce, après avoir jeté de faibles coups d’oeils autour de lui, il enlaça sa petite amie et l’embrassa. Il venait de retrouver définitivement sa Ginny… du moins jusqu’à ce que Voldemort ne lui fasse du mal, trop de mal.
Mais il ne le laisserait pas faire. Il était déterminé à tuer cette être inhumain quoi qu’il lui en coûte.
Bien sûr, après le bref savon que lui avait passé Mrs Pomfresh pour être sorti d’une manière si précipitée et déraisonnable de l’infirmerie (toutefois elle n’avait pas crié pour l’arrêter dans sa course, et Harry la soupçonnait d’être une sentimentale), il dut parler à McGonagall de ce qu’avait appris Voldemort quand il était possédé. Les mangemorts connaissaient désormais l’emplacement du nouveau Quartier Général de l’Ordre, ainsi que le moyen d’y entrer. Cependant, la directrice de Poudlard le rassura.
- De toutes façons, si Vous-Savez-Qui transplanait dans ce petit bout de tunnel, il ne pourrait pas y tenir plus de quelques secondes sans subir de graves dommages – oui, oui, Harry, même lui, garantit McGonagall devant l’air sceptique de son élève. Car si ce coin du tunnel entre Pré-au-Lard et Poudlard n’est pas protégé par un sortilège anti-transplanage, il l’est bel et bien par des couches et des couches d’enchantements anti-magie noire que les membres de l’Ordre du Phénix et moi-même nous sommes appliqués à mettre en place.
Il était ensuite ressorti du bureau de McGonagall (il se disait qu’il aurait encore plus de mal, quand Poudlard serait à nouveau une école, le soir même, à ne pas l’appeler intérieurement le bureau de Dumbledore que cette pièce circulaire avait été pendant tant d’années).
Avant qu’il ne la laisse pour cette mise au point concernant l’Ordre, Ginny avait avoué à Harry qu’une surprise l’attendait pour le déjeuner. Il se demanda quel pouvait bien être ce fameux « cadeau » quand il entra dans la salle commune pour retrouver sa bien mystérieuse petite amie, ainsi que Ron, Hermione et Neville. Tous les quatre souriaient étrangement.
- Oh, salut, Harry ! dit Ron qui s’efforçait apparemment de ne pas éclater de rire.
- Qu’est-ce qui vous arrive, tous ? se méfia Harry.
- Et bien alors, Harry ? dit une voix derrière lui.
- On ne dit plus bonjour à ses amis ? dit une autre exactement semblable mais qui pour il ne savait quelle raison, lui semblait venir d’une autre personne…
Il connaissait ces voix…
D’un mouvement rapide, il se retourna et vit Fred et George Weasley lui adresser un sourire radieux, de part et d’autre du trou du portrait de la Grosse Dame. Il cligna des yeux dans le but de vérifier la réalité de ces deux visions qui s’avérèrent. A ce moment là, il ne parvint plus à prononcer le moindre mot.
- Et bien alors, dis quelque chose ! rigola Fred.
- Que… bredouilla Harry. Que faites-vous ici… ?
- Nous nous sommes échappés, bien sûr ! répondit George.
- Co… bégaya Harry. Comment…
- Comment est-ce qu’on a fait ? Disons que nous avons plus d’un tour dans notre sac, dit simplement Fred en éclatant d’un rire joyeux.
Ils s’étreignirent alors comme des frères.
- Vous êtes revenus ! s’exclama alors Harry qui commençait à réaliser l’ampleur de la nouvelle. Vous êtes revenus et vous êtes vivants ! Ginny, ça, c’était une sacré surprise, dit-il en serrant également sa petite amie mais brièvement tout de même : trois de ses frères étaient présents.
Ils s’assirent dans l’allégresse et Harry, plus heureux qu’il ne l’avait été depuis de nombreux mois, avait énormément de questions a poser. Les jumeaux se lancèrent alors dans un récit que les autres avaient visiblement déjà entendu, vu qu’ils ne prenaient pas la peine de l’écouter sérieusement. Fred et George racontèrent tout ce qui leur était arrivé depuis le jour où ils avaient été soumis à l’Imperium.
- Le soir où Dumbledore est mort, ils sont entrés dans notre boutique pour voler la poudre d’invisibilité du Pérou et ils nous ont attaqués. Nous nous sommes défendus, évidemment, mais ils étaient une dizaine contre nous alors nous n’avons pas pu faire grand-chose.
- Au début, narra Fred, après nous avoir neutralisés, ils voulaient nous tuer. Mais l’un deux a dit que nous pourrions être utiles vu que nous connaissions personnellement Harry.
- Alors ils nous ont soumis à l’Imperium, dit George, et nous ont ordonnés de ne pas bouger. Au beau milieu de la nuit, ils sont revenus avec Malefoy, et nous ont dit que nous devions servir ce petit merdeux. Il nous a demandé de t’espionner, ainsi que l’Ordre. C’est pour ça que nous avions abandonné notre magasin.
- Et puis l’occasion du mariage est arrivée. Nous avons prévenu Malefoy et t’avons entraîné dans un coin pour t’enlever. Mais nous avons été stupéfixés. Seulement les mangemorts sont arrivés et… enfin tu sais ce qui s’est passé.
- Ensuite, nous sommes restés dans ce manoir…
- Celui des Malefoy ? interrogea aussitôt Harry.
- Non, répondit George. C’était un manoir bizarre où on avait l’impression… qu’il faisait toujours nuit.
- En fait, dit Fred, je crois qu’il faisait vraiment toujours nuit. Ca devait être un tour de Tu-Sais-Qui. On pense que c’était son repère jusqu’à ce qu’il aille à Pré-au-Lard, mais on ne pouvait pas y transplaner ni en retrouver le chemin, donc il n’a pas été très utile aux aurors qu’on le leur révèle, mais on l’a fait quand même.
- Et heureusement ! s’indigna Hermione. Une information aussi capitale ! Au moins ils savent quoi chercher, maintenant !
- Si tu nous avais écoutés, rétorqua George, tu saurais que : de un, on a pas vu ce truc de l’extérieur donc non, ils ne savent pas quoi chercher.
- De deux, ils n’ont pas vraiment besoin de la chercher vu que maintenant, Tu-Sais-Qui doit vivre tranquillement dans sa capitale, rappela Fred. Et ça, c’est vraiment capital.
Ron et Ginny eurent un petit rire.
- Très drôle, répliqua Hermione d’un ton ironique.
Ginny continua à sourire mais Ron n’émit plus aucun son.
- C’était vraiment une maison bizarre, répéta George sans tenir compte de la remarque de la jeune femme. Au sous-sol, il y avait des hublots qui donnaient sur le fond d’une mare ou d’un marécage.
- Mais au rez-de-chaussée, poursuivit Fred, les fenêtres donnaient sur une plaine.
- Vous plaisantez ? s’hébéta Harry.
- Crois-moi, on ne plaisanterait pas là-dessus, même nous, dit George, très sérieux.
- Désolé…
- Ce n’est pas grave, assura Fred. Ensuite, il y avait l’étage où les fenêtres montraient une forêt de chênes. Et puis il y avait la tour où on se voyait au sommet d’une montagne.
- On aurait dit une maison composée, fit remarquer George ; comme si chaque partie se trouvait dans un endroit différent. En tout cas on est restés là-bas. Ensuite on s’est revus même si ce n’est pas un très bon souvenir… Et quand vous vous êtes enfuis de chez lui, Malefoy et nous sommes retournés à Godric’s Hollow le soir même.
- Il vous a suivis et a transplané avec nous en utilisant une technique que lui a apprise par Tu-Sais-Qui pour suivre un transplaneur peu de temps après qu’il ait disparu.
- On vous a encore suivis et on s’est installés dans un appartement qui faisait face à vos chambres d’hôtel. De là, on a pu vous voir transplaner.
- Malefoy est allé dans votre chambre et à pu suivre votre trace… déclara Fred. Il s’est jeté le sortilège de désillusion, a attendu que vous soyiez sortis et…
- Et quoi ? demanda Harry.
Fred jeta un regard oblique à Hermione qui éprouvait une certaine difficulté pour respirer. C’est alors qu’il comprit…
- Ce… C’est Malefoy qui a tué les Granger ? balbutia-t-il.
Les jumeaux hochèrent la tête d’une façon plus qu’explicite.
- Mais… c’est impossible ! Malefoy est incapable de tuer… D’accord, c’est un lâche et un minable petit mangemort ! Mais je l’ai bien vu le soir où il a essayé sur Dumbledore…
- Il est capable de tuer des animaux, j’en suis sûre, dit Hermione d’une voix chevrotante.
Ils se tournèrent tous vers elle. La jeune femme tremblait de tous ses membres et des larmes de rage coulaient de ses yeux.
- Hermione…
- C’est vrai, Ron ! s’exclama-t-elle. Pour lui, ce n’étaient que des animaux. Mes parents étaient des moldus. Alors pour lui, les tuer revenait à tuer des animaux, des êtres sans valeur, sans sentiment… des êtres non humains.
Et soudain, elle bondit et éclata :
- POUR LUI MES PARENTS ETAIENT DES ANIMAUX !! ! IL LES A TUES SANS PROBLEMES, CETTE ORDURE !! IL LES A TUES POUR S’AMUSER, COMME TOUS LES MANGEMORTS !! ! PENDANT QUELQUES SEMAINES, J’AVAIS CRU QU’IL ETAIT UNE VICTIME, QU’ON L’OBLIGEAIT A FAIRE TOUT CA ! MAIS NON ! IL LES A TUES DE SANG FROID ET IL FERAIT PAREIL AVEC MOI, JE LE SAIS, JE L’AI VU DANS SES YEUX CE JOUR-LA !
Harry savait qu’elle faisait allusion au jour où Malefoy l’avait d’abord soumise à l’Imperium puis au Doloris pendant quelques secondes. Lui et les Weasley furent passablement secoués par cette rage soudaine de leur amie d’origine moldue. Jamais Hermione n’avait parut autant en colère, tant éprouvée, si révoltée, et ce n’était pas si étonnant que cela, en fin de compte. Après tout, elle avait perdu ses parents pour découvrir qu’ils avaient été tués sans raison par un minable, et Harry avait une expérience suffisamment douloureuse en ce qui concernait la perte d’êtres chers pour comprendre sa réaction.
Il y eut un très lourd silence, puis la jeune femme se rassit, les yeux fixés sur ses genoux. Au bout d’une bonne minute de mutisme, les jumeaux décidèrent de reprendre leur récit tandis que Ron ceinturait chaleureusement les épaules de sa petite amie.
- Nous sommes partis ensuite pour Pré-au-Lard et là-bas, on ne faisait pas grand-chose, à part apporter son repas à ce petit salaud. C’est là-bas qu’on a commencé à se réveiller, déclara George.
- Cet idiot a négligé le pouvoir qu’il avait sur nous, raconta Fred. Il ne renouvelait pas l’Imperium et ça nous a permis de redevenir nous-même très vite.
- C’était il y a un peu plus de deux semaines, on a recouvert totalement le contrôle de nous-même.
- On faisait semblant d’être toujours des zombis pour ne pas éveiller les soupçons, et on réfléchissait ensemble à un moyen de s’échapper quand on a eu une idée.
- Pendant qu’il dormait (on en était sûr parce qu’on avait jeté en informulé le sort nécessaire), on a décidé d’attendre la pleine lune. C’était le lendemain soir.
- A ce moment là, il y aurait une foule de loups-garous dans la grand-rue, personne ne nous verrait parmi toutes ces créatures déchaînées.
- On a privé Malefoy qui ne se doutait de rien de sa baguette, on l’a menacé et il nous a docilement obéi en nous sortant du village, raconta George.
- Alors il est à Azkaban ? demanda Harry, ébahi.
- Parfaitement, certifia Fred. Et il ne sortira pas de si tôt, crois-moi.
- Bizarrement, dit George, il a tout de suite avoué qu’il avait torturé Ron après le mariage et qu’il avait tué les parents d’Hermione.
- Il n’y a rien de bizarre à ça, assura Harry. Il doit craindre la colère de Voldemort quand il apprendra qu’un de ses mangemorts a négligemment laissé échapper une véritable mine d’informations…
- C’est vrai, je n’avais pas pensé à ça.
- En tout cas, il a été condamné à la détention à vie à Azkaban ! annonça joyeusement Fred.
A peine eurent-ils achevé le récit de leurs péripéties qu’une note de service leur indiqua que le déjeuner était prêt.
- C’est Maman, précisa Ron. Elle est venue spécialement pour fêter ton réveil avec Bill et Fleur.
- Pourquoi ? s’intrigua Harry. Elle est partie ?
- Evidemment ! rit Ginny. Poudlard rouvre ce soir, et les professeurs sont déjà là.
- Mais… ils ne seront plus vraiment… en sécurité ?
- C’est sûr que le Terrier ne vaut pas Poudlard, dit Ron.
- Ils ne pouvaient pas dormir dans la Salle sur Demande ? questionna Harry. Si on le lui demande, la salle pourra devenir suffisamment grande.
- Le problème c’est que la salle n’a pas pu se transformer en plusieurs pièces séparées, dit Hermione un peu calmée.
- Et puis il aurait fallu que tous les matins, Papa soit toujours très discret en allant au bureau, dit Ginny. Ils auraient dû vivre cachés. Et mes parents ne voulaient pas d’une survie au lieu d’une vie. McGonagall leur a assuré que s’ils voulaient revenir, ils auraient toujours une place ici. Bon, on y va ?
Ils descendirent dans la Grande salle où ils trouvèrent les deux couples de Mr et Mrs Weasley : Arthur et Molly accompagnés de Bill et Fleur. Les professeurs étaient également présents : Mrs Bibine, Flitwick, Chourave, Binns, Sinistra, Vector, Gobe-Planche – il eut un pincement au cœur à la pensée de Hagrid détenu à Azkaban –, Dumou, le professeur d’études des Moldus, Sands, le professeur d’études des Runes, et Slughorn. Harry avait craint que ce dernier, jugeant que Poudlard n’était plus un lieu sûr, ne quitte son poste. Mais il était bien là, tenant un verre de cognac avec sa main épaisse, riant aux éclats. Il manquait tout de même trois professeurs. Firenze, bien sûr, devait se trouver dans son placard aménagé en forêt ; mais il n’y avait ni nouveau professeur de Métamorphose, ni nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal. Ces absences l’inquiétèrent.
- Harry ! s’exclama Slughorn. Et toute sa bande de jeunes justiciers ! Asseyez-vous donc, jeunes gens, les invita-t-il.
- C’est lui, Slughorn ? chuchota George. Il n’a pas vraiment l’air d’un Serpentard.
Les jumeaux Weasley avaient quitté l’école l’année précédant l’arrivée du nouveau maître des potions. En tout cas, ils s’assirent tous face aux enseignants.
- Alors, dit joyeusement Slughorn, j’espère que vous avez bien profité de ces vacances prolongées ? Trois mois ! Ca doit faire des siècles que les élèves de Poudlard n’ont pas eu une telle aubaine ! En fait, je ne saurais dire si une telle chose est déjà arrivée ! Bien sûr, ces vacances n’ont pas été très joyeuses pour tout le monde… surtout pour les Lards-du-Pré.
- Les quoi ? s´ahurit Harry.
- Les habitants de Pré-au-Lard, expliqua Bill.
- Ah, oui, c’est vraiment triste, dit sombrement son père. La moitié des habitants sont revenus sains et saufs, et il a fallu s’occuper d’eux. Ceux qu’on hébergeait à Ste Mangouste n’ont plus de trace de blessure et comme les guérisseurs sont déjà suffisamment occupés par les blessés, les accidentés, les victimes d’objets ensorcelés et j’en passe, ils n’ont pas pu les garder. Certains sont au ministère, d’autres sont hébergés par des familles de sorciers, et il y en a aussi qui ont trouvé un petit travail au Chemin de Traverse.
- On en a engagé plusieurs dans notre boutique, déclara Fred. Comme trouver du travail sur le Chemin de Traverse est dur en ce moment, à cause de tous les magasins qui ferment, ils ont accepté nos offres comme des dons du ciel.
- Maintenant, on a un balayeur, deux vendeurs, et un caissier, annonça joyeusement George. Ils nous ont été très utiles pour relancer nos produits.
- Mais pourquoi donc tenez-vous tant à rester dans ce stupide commerce ? s’exaspéra Mrs Weasley.
- Ce « stupide commerce », c’est l’œuvre de la créativité de tes fils, répliqua froidement Fred. Ce sont nos créations et notre passion.
- Et d’ailleurs, tu n’avais pas l’air si mécontente de la voix qu’on avait choisie quand tu as vu les bénéfices de nos ventes, rétorqua son frère jumeau.
- Ne parlez pas comme ça à votre mère, dit Mr Weasley d’une voix ferme. Vous savez très bien que si elle disait ça, c’est parce qu’elle s’inquiète pour vous.
- Bien sûr que je m’inquiète pour vous ! s’exclama sa femme. Vous avez été soumis à l’Imperium sans pouvoir vous défendre ! Si vous n’aviez pas été entre les mains d’un novice, vous seriez peut-être morts ! Et maintenant vous retournez dans cette boutique… Les mangemorts vont prendre ça comme une provocation ! Vous allez vous faire tuer ! se lamenta-t-elle.
- Allons, Molly, apaisa Slughorn, vos fils sont des hommes d’affaires ! Ils font tourner l’économie magique et en plus, ils amènent de la gaieté à la communauté des sorciers ! Si j’étais vous, je serais fier d’eux.
- Je suis fière d’eux ! garantit Mrs Weasley, indignée. J’ai juste peur.
- Ne t’inquiète pas, Maman, rassura Fred d’une voix plus compatissante, nous ne nous laisserons plus prendre par surprise. Nous avons jeté des sortilèges anti-catimini sur toutes les ouvertures, nous sommes prêts à tout moment pour nous défendre contre une quelconque attaque.
- Si vos sorts sont du même niveau magique que tous vos tours d’il y a un an, couina le professeur Flitwick avec un sourire, vous ne devriez pas avoir de problèmes.
Les jumeaux poursuivirent avec animation la discussion sur des sortilèges à utiliser pour leurs produits. Pendant ce temps, le professeur Dumou demandait à Harry pour quelle raison il s’était retrouvé pendant plus de deux semaines à Ste Mangouste. En effet, le fait ne pouvait échapper à personne vu qu’une banderole au-dessus de leur table écrivait en lettres scintillantes :
Bon réveil, Harry
Le jeune homme expliqua qu’avec ses amis, il était parti en voyage et qu’on lui avait remis un objet ensorcelé, sans doute introduit par les mangemorts. Le professeur d’étude des moldus accepta cette version et Harry en fut soulagé.
Ron parlait Quidditch avec Mrs Bibine tandis qu’Hermione discutait de la difficulté de la septième année et des ASPIC avec le professeur Vector.
- Vous comprenez, Professeur, j’ai certaines choses à faire cette année et ajoutées à mes obligations de préfète-en-chef…
Ces derniers mots alertèrent Harry.
- Tu es préfète-en-chef ? demanda-t-il brusquement.
- Oui, acquiesça la jeune femme en prenant une teinte rose. Je ne te l’avais pas dit ? Le profess… J’ai reçu une lettre avec ma liste de fourniture avant-hier.
- Les fournitures ! s’exclama Harry en faisant sursauter tout le monde. Je ne les ai pas achetées !
- On a pris les tiennes quand on est allés au Chemin de Traverses, rassura Ron. Tu ne croyais tout de même pas qu’on t’avait oublié ? En tout cas, dit-il sur le ton de la conversation, moi, je ne suis plus préfet, cette année ; d’autres vont prendre le relais, annonça-t-il gaiement.
- Oui, plus de salle de bain des préfets pour toi… répliqua Hermione, songeuse.
Beaucoup, dont Slughorn, éclatèrent de rire.
Le déjeuner s’acheva et six des Weasley durent quitter le château. Fred et George échangèrent des poignées de mains chaleureuses avec leur frère, Harry, Hermione, et même Neville, serrèrent à tour de rôle leur jeune sœur dans leur bras. Molly Weasley les étreignit tous les cinq, Fleur les embrassa (avant d’embrasser son époux mais sur une partie plus intime du visage), et Bill et son père imitèrent les jumeaux. Les six partants serrèrent poliment la main des professeurs et furent raccompagnés au portail où ils transplanèrent.
Les professeurs de Poudlard retournèrent à leurs préparatifs, tandis que les cinq jeunes gens faisaient une promenade dans le parc sous le soleil d’automne. Ils entrevirent gaiement l’année qui se présentait.
Ginny avait passé ses BUSE au ministère de la magie avec tous les futurs élèves de sixième année. Elle recevrait ses résultats fin octobre, bien qu’il y eût de fortes chances qu’avec tout le travail que les employés du ministère de la magie avaient en cette période de guerre, les notes arrivassent plus tardivement.
Une année difficile se préparait, une année au cours de laquelle ils allaient devoir travailler de façon acharnée pour pouvoir décrocher leurs ASPIC. Maintenant qu’il pouvait parler librement devant sa petite amie, Harry ne s’en priva pas, et fit part de ses craintes au sujet des horcruxes. Certes, il en avait détruit un, mais il en restait toujours trois, selon les prévisions de Dumbledore, et avec tous les devoirs qu’ils auraient pour cette septième année (Ginny pouvait être au courant mais pas participer, il était catégorique), Harry doutait presque d’avoir ne serait-ce qu’un petit peu de temps pendant les vacances de Noël et de Pâques.
- On cherchera dès qu’on pourra, Harry, assura vivement Hermione. Mais on pouvait prévoir qu’avec les ASPIC, nous n’aurions que très peu de temps libre.
- Non, justement, on ne pouvait pas ! fit judicieusement remarquer le jeune homme. On ne pouvait pas parce qu’on ne savait pas qu’on retournerait en cours !
- N’empêche que s’il faut attendre la fin de l’année pour recommencer à chercher les horcruxes, ce n’est pas si terrible, dit Hermione.
Les trois garçons lui lancèrent un regard effaré.
- C’est vrai, expliqua la jeune femme, quand nous aurons fini cette année scolaire, nous serons bien mieux armés que maintenant pour détruire des objets bourrés de magie noire.
Harry fut forcé de reconnaître la sagesse de ces paroles. Il soupira sombrement.
- Bien sûr, ça ne veut pas dire que l’on doive arrêter complètement, dit Hermione. Dès qu’on aura du temps libre, on en profitera pour les chercher, les détruire, ou tout simplement y réfléchir. D’ailleurs, on peut commencer dès maintenant : réfléchissons.
- Pour ça, au moins, je pense pouvoir vous aider, dit Ginny.
- Et vous voulez qu’on réfléchisse à quoi ? questionna Ron.
- Par exemple, où va-t-on commencer à chercher ? Vers quel horcruxe va-t-on se tourner ?
Harry sortit de la poche de son jean le morceau de parchemin sur lequel il avait pris des notes. Il emprunta une plume à Hermione et corrigea certaines choses pour mettre à jour le bilan de sa quête. Il nota également toutes les possibilités qui lui venaient en tête :
1. Bague de Gaunt : détruite
2. Journal de Jedusor : détruit
3. Médaillon de Serpentard : détruit
4. Coupe de Poufsouffle : Barjow et Beurk ? Maison de Voldemort après sa sortie de Poudlard ? Chez Hepzibah Smith ?
5. ? : peut-être objet ayant appartenu à Gryffondor ou à Serdaigle.
6. ? : Sûrement le serpent de Voldemort : sûrement avec lui : Pré-au-Lard
7. Voldemort : Pré-au-lard
- Il en reste encore trois, dit Harry. Pour l’instant, je ne connais aucun moyen pour enlever Nagini à son maître, on ignore quel peut bien être l’objet ayant appartenu à Gryffondor ou à Serdaigle, donc je pencherais pour chercher la coupe de Poufsouffle.
- Et où on la chercherait ? demanda Neville.
- J’ai une petite idée là-dessus, déclara le chef de groupe. Abelfo… Abel a dit que Voldemort était du genre à lier un horcruxe à ce qu’il représente pour lui. A l’époque, il travaillait chez Barjow et Beurk et rapportait des objets de valeur appartenant à des clients. C’est ce que représente la coupe pour lui. Je pense qu’elle pourrait se trouver chez Barjow et Beurk ou l’endroit où habitait Voldemort à cette époque. Il se pourrait aussi qu’en tant qu’objet de Poufsouffle, il l’ait mise dans la maison de Smith…
- Smith ? s’étonna Ron. Qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans ?
- Hepzibah Smith, expliqua Harry, la vieille dame que Voldemort a tué avant de lui voler la coupe et le médaillon. C’était une descendante de Poufsouffle.
- Oh… Je pensais à Zacharias Smith…
- Mais oui, bien sûr ! s’exclama Ginny en faisant sursauter tout le monde. Zacharias Smith… Il est à Poufsouffle !
Harry réfléchit quelques secondes puis l’évidence le subjuga.
- Tu penses que…
- Oui, Hermione ! dit Harry, triomphant. J’aurais dû faire le lien plus tôt ! Smith… Merci, Ginny !
Il serra brièvement la jeune fille dont le frère fit un tour complet sur lui-même. Harry estima qu’il avait peut-être exagéré sa gratitude et qu’il l’avait peut-être aussi confondue avec son envie de passer du temps avec sa petite amie. Hermione toussota, Neville regarda en l’air, et Ron reprit une position normale. Ginny resta muette et afficha une mine détendue.
- Et bien, euh… bredouilla Harry, embarrassé. On cherchera par là quand on aura le temps, hein ?
Les autres approuvèrent silencieusement.
- Et bien, vu qu’on ne pourra rien commencer aujourd’hui, je propose qu’on se défoule ! clama une voix grave et joyeuse.
Une fois de plus, malgré le fait qu’ils aient parlé de ses idées, ils avaient oublié d’inviter Abelforth Dumbledore à se joindre à leur conversation. Cependant, ce dernier ne sembla pas s’en formaliser et, avec la vivacité et la spontanéité d’un adolescent, il organisa une course de balais au dessus des tours pointues du château.
Harry était en tête, Ginny et Abelforth se disputaient la seconde place, Ron avançait un peu plus loin derrière eux tandis qu’Hermione et Neville peinaient à respecter le parcours choisi. Au bout d’une demi-heure de vol, Ginny finit par dépasser le « jeune » vieillard et fonça coude à coude avec Harry. Ce dernier accéléra de plus belle sur son Eclair de feu mais son impétueuse petite amie ne le lâcha pas d’une semelle. Au bout d’une heure, Ron, Hermione, Neville et Abel s’étaient posés depuis longtemps pour tremper leurs pieds nus au bord du lac en regardant le couple faire des acrobaties aériennes.
- On dirait qu’ils répètent pour jouer un ballet aérien, rit Neville.
- Ils ne sont toujours pas fatigués ? s’exaspéra Hermione.
Elle poussa un soupir de lassitude puis s’autorisa un sourire.
- Ces deux là sont bien les mêmes, rajouta la jeune femme.
- Et, fais attention ! hurla inutilement Ron qui ne quittait jamais sa soeur des yeux. Il va finir par la faire tomber à force de faire toutes ces feintes !
- Et alors ? plaisanta Abelforth. Il la rattrapera ! Mon feu frère m’a confié à plusieurs reprises que notre jeune Elu était l’un des meilleurs attrapeurs de Quidditch qu’il lui avait été donné de voir !
- Allez, Ron, laisse-les un peu s’amuser, dit Hermione en plaçant ses deux bras autour du cou du jeune homme.
- Et occupe-toi plus de ta petite amie… murmura Neville en pouffant de rire.
Ron le fusilla du regard et le conseiller conjugal improvisé tourna son visage lunaire vers le ciel dont les nuages parurent le fasciner. Cependant, le cadet des Weasley se leva et entraîna sa compagne rayonnante de l’autre côté du château, dans un coin du parc où on ne pouvait plus les voir.
Harry, épuisé par cette interminable course, se posa sur la tour d’astronomie et fut rejoint quelques secondes plus tard par sa poursuivante.
- Alors, déjà fatigué ? demanda la rouquine, essoufflée mais souriante.
Harry ne répondit rien. Il observait la partie du rempart qui faisait face à la porte donnant sur l’intérieur.
- Oh, ne fais pas ton mauvais joueur ! s’énerva Ginny.
- Je ne fais pas mon « mauvais joueur », dit tristement Harry en s’approchant du rempart.
- Qu’est-ce qui t’arrive, alors ?
Il avait presque réussi à l’oublier, il ne faisait plus de cauchemars et il était allé jusqu’à se poser dessus sans s’en rendre compte… sans se rappeler que Dumbledore était mort ici, qu’il avait été abattu contre ce mur. Il revoyait très bien la scène.
« Severus… Severus… S’il vous plaît… »
« Avada Kedavra ! »
Dumbledore avait alors été projeté dans les airs, était resté suspendu… Non, cela ne collait pas. Avada Kedavra ne suspendait pas dans les airs. Par contre, Harry connaissait un sortilège qui avait ce pouvoir : Levicorpus, un sort inventé par Rogue lui-même. Cela signifiait-il que Rogue avait jeté un Levicorpus à Dumbledore, en même temps que l’Avada Kedavra ? Pour ensuite le libérer afin que le directeur s’écrase sur le sol herbeux ? Cela n’avait strictement aucun sens.
Derrière lui, quelqu’un s’éclaircit la gorge. Il se retourna brusquement et vit le visage inquiet de Ginny.
- Qu’est-ce que tu as ? demanda-t-elle.
- Je rêvais, répondit Harry.
- De quoi ?
- Euh… de toi !
Cette réponse ne sembla pas satisfaire la jeune fille. Harry, se disant que de toutes manières, peu importe la façon dont il s’y était pris, Rogue avait tué Dumbledore, adressa un sourire à sa petite amie et l’entraîna dans les profondeurs du château de Poudlard.
Il était huit heures du soir, McGonagall leur avait dit de se rendre dans la salle de Défense contre les Forces du Mal pour attendre la venue des élèves de Gryffondor. Abelforth, qui semblait ne pas avoir les mêmes réticences que les parents Weasley pour rester à Poudlard, allait jusqu’à accueillir les étudiants. Cela intrigua Harry : n’y avait-il pas de nouveau directeur de Gryffondor ?
- Salut, Harry ! dit Seamus Finnigan. Tu as passé de bonnes vacances ?
- Pas vraiment, répondit Harry.
- Evidemment, dit Dean Thomas, le meilleur ami de Seamus, avec tous ces morts… Tu savais que le professeur Lupin était parmi tous ces gens qui sont morts à Pré-au-Lard ?…
Heureusement, la voix d’Abelforth fit avancer la foule d’élèves qui emporta Dean et un Seamus effaré par une telle nouvelle.
- Ca va ? demanda Ginny.
- Oui, assura Harry. Mais ce n’est pas non plus spécialement agréable qu’on me rappelle ça…
Il dévala les escaliers, main dans la main avec Ginny. Il devina aisément que Ron et Hermione devaient faire de même derrière eux quand il vit le regard courroucé que Lavande Brown jetait toutes les trente secondes vers le haut des escaliers.
Ils entrèrent dans la Grande salle avec les élèves des autres maisons. En passant devant la table des Poufsouffle, ils saluèrent Ernie Macmillan et Justin Finch-Fletchley ainsi que Hannah Abbot et Susan Bones ; Luna Lovegood leur fit de grands signes de la main auxquels ils répondirent, un peu gênés, par de petits gestes timides ; Anthony Goldstein et Terry Boot leur lancèrent des « Salut ! ». Harry aperçut Cho en grande conversation avec une Marietta toujours encagoulée après sa trahison de l’A.D.
Ils s’assirent vers le milieu de la table des Gryffondor et Harry jeta un coup d’œil celle des professeurs.
- Il n’y a toujours pas de nouveau prof, dit Neville comme s’il lisait dans ses pensées.
- Slughorn n’est pas là non plus, remarqua Harry, mais McGonagall est toujours assise.
- C’est normal, dit Hermione, Slughorn est le nouveau directeur adjoint. C’est son rôle de chercher les première année.
- Mais il n’y a toujours pas de professeur de Défense contre les Forces du Mal, dit Ron, ni de professeur de Métamorphose. Je me demande qui va être le directeur de Gryffondor.
- Moi aussi… avoua Hermione.
Menés par un Horace Slughorn aux traits allègres, les nouveaux élèves, minuscules et paniqués, entrèrent dans la Grande salle. Ils la traversèrent en observant avec incertitude les étudiants déjà assis, les enseignants, et le plafond magique qui indiquait que le ciel se couvrait, dehors : apparemment, un orage se préparait. La file des première année s’arrêta entre la table des professeurs et celles des élèves. Slughorn porta devant eux un tabouret où il déposa un vieux chapeau de cuir noir et rapiécé en d’indénombrables endroits : le Choixpeau magique. La déchirure près du bord s’ouvrit et…
Il y a près de mille ans,
J’assistais à l’avènement
D’une nouvelle amitié.
Le courage de Gryffondor,
Le travail de Poufsouffle,
La science de Serdaigle
Et l’ambition de Serpentard
Furent en moi liées.
Seulement bien vite
Les tensions arrivèrent,
Chacun voulant de suite
Enseigner son univers.
Le résultat le voilà :
Serpentard est parti.
Aujourd’hui un de ses disciples,
Après avoir tué Dumbledore
Lui aussi est parti.
Mais ne laissons pas nos préjugés vaincre,
Car tel est le désir de l’ennemi !
Unissez-vous, mes amis !
Car tel est le prix
Pour vaincre
Le Seigneur obscurci.
Il y eut un silence pesant, puis les applaudissements habituels. Seulement, cette fois, ils furent beaucoup moins bruyants, et plus proches de la politesse que de l’engouement. Le Choixpeau venait de demander deux choses qui relevaient désormais de l’impossible : le pardon aux Serpentard et l’union de toutes les maisons. Harry se disait qu’une union entre les Gryffondor, les Poufsouffle, et les Serdaigle contre les Serpentard était plus concevable et raisonnable.
Slughorn, qui semblait ne pas avoir remarqué l’ambiance refroidie laissée par l’antique chapeau, prit un long rouleau de parchemin et lut le premier nom :
- Baley, Anny !
Une toute petite fille émergea de la file des nouveaux, s’assit sur le tabouret et mit le Choixpeau qui recouvrit la quasi- totalité de sa tête. Le chapeau réfléchit quelques instants puis…
- Serpentard !
Les élèves de cette maison détestée applaudirent la nouvelle, huée par ceux des autres maisons. Décidément, se disait Harry, les évènements n’étaient pas très encourageants pour ce qui était de l’avenir de Poudlard… ou ne serait-ce que l’ambiance de la soirée. La cérémonie de la répartition se poursuivit ainsi dans le malaise. Après « Zabberman, Cedric ! » « Gryffondor ! », le directeur adjoint remmena le tabouret et le Choixpeau magique dans la petite pièce, derrière les professeurs, puis revint s’asseoir à leur table, à la gauche du professeur McGonagall, elle-même installée sur son dossier d’or. La directrice se leva et de son habituel air sévère, elle dit :
- A toutes et à tous, je vous souhaite un excellent appétit pour fêter la renaissance de Poudlard !
Des applaudissements solennels surgirent de trois des tables d’étudiants et le repas concocté par les elfes de maison tomba dans les profondeurs des estomacs affamés.
Quand les toutes dernières traces du dessert eurent disparu, le professeur McGonagall se leva et le silence se fit instantanément.
- Mes chers élèves et professeurs, dit-elle, je vous souhaite un bon retour à Poudlard. Je souhaite également la bienvenue à tous nos nouveaux élèves à qui je précise qu’il est absolument interdit de pénétrer dans la forêt. Et j’aimerais bien, d’ailleurs, que certains de nos plus anciens élèves s’en souviennent enfin, ajouta-t-elle en jetant un regard perçant vers la portion de table que Harry, Ron et Hermione occupaient. La liste de tous les objets interdits est affichée sur la porte du bureau de notre concierge, Argus Rusard.
J’aimerais maintenant en venir à un autre point. Comme vous le savez tous, Poudlard, après un dramatique incident, a perdu son plus grand directeur. Un élève et un professeur nous ont quitté pour rejoindre les rangs des mangemorts. Cet évènement vous a tous marqués, et à cause de cela, parce que la plupart de vos parents estimaient que cette école n’était plus un endroit sûr, ils ont voulu vous garder chez eux, chose que je comprends aisément. Le conseil d’administration a voté à l’unanimité la fermeture. Cependant, le ministère a décidé de forcer les parents à envoyer leurs enfants ici. A ceux qui estimeraient que c’est une décision arbitraire, je réponds que si vous n’êtes pas éduqués, si vous n’avez pas une maîtrise suffisante de vos dons magiques, jamais vous ne pourrez poursuivre la lutte après nous. Gardez bien ces éléments en tête, et je vous en prie, consacrez-vous sans relâche à votre apprentissage. Je suis consciente que ce que vous a demandé notre cher chapeau est très difficile à concevoir, alors je vous demanderai au moins, si vous ne pouvez vous entendre, de ne pas vous provoquez entre élèves de maisons différentes…
- Tu parles ! murmura Ron. Il n’y a que les Serpentard qu’on ne puisse pas sacquer ! Et il n’y a qu’eux qui vont provoquer…
- Chut ! cracha Hermione.
- …J’espère vraiment que cette année, malgré la disparition de notre regretté Dumbledore (certains Serpentard eurent des sourires ironiques qui mirent Harry dans une fureur noire), nous pourrons connaître une ambiance de travail convenable.
J’en viens maintenant aux changements dans la hiérarchie des professeurs. Comme vous l’aviez sans doute compris, en tant que directrice adjointe, je suis devenue directrice à la mort de notre ancien directeur. Le conseil d’administration a décidé de maintenir mes nouvelles fonctions.
Une salve d’applaudissements approbateurs s’éleva de la table des Gryffondor. Harry, Hermione et les Weasley furent de ceux qui maltraitèrent le plus leurs pauvres mains. Le professeur McGonagall s’autorisa un de ses rares sourires et reprit :
- Nous avons donc besoin d’un nouveau directeur adjoint : le professeur Slughorn a accepté cette charge avec plaisir.
De nouveaux applaudissements s’élevèrent dans toute la salle, et Slughorn se leva avec un sourire.
- Il continuera à se charger des cours de potions, et remplacera également le profess… il remplacera Rogue en tant que directeur des Serpentard.
Il y eut des applaudissements polis des plus jeunes élèves de Serpentard, mais rares furent ceux qui saluèrent joyeusement leur nouveau directeur de maison : il était de notoriété publique qu’Horace Slughorn n’appréciait pas beaucoup les enfants de mangemorts.
- Malheureusement, poursuivit McGonagall, je n’ai trouvé personne qui accepte le poste de professeur de Métamorphose.
Il y eut un silence inquiet, puis…
- J’ai donc le très grand plaisir de vous annoncer que je continuerai à enseigner cette matière.
Il y eut des applaudissements polis, un peu plus forts à la table des Gryffondor. Ces derniers avaient certes du respect pour leur ancienne directrice de maison, mais ils auraient sans doute préféré ne pas l’avoir sur le dos en cours.
- Je précise également pour les élèves concernés que le cours de Divination sera désormais exclusivement assuré par le professeur Firenze…
Les filles faillirent faire trembler les fenêtres tant elles étaient heureuses – et le faisaient savoir.
- …étant donné la disparition du professeur Trelawney.
Parvati et Lavande affichèrent des mines affligées.
- Il n’y aura donc qu’un seul nouvel arrivant cette année, déclara McGonagall. Il assurera le cours de Défense contre les Forces du Mal et sera le nouveau directeur des Gryffondor.
Il y eut un silence attentif.
- Je vous demande de saluer comme il se doit le professeur Dumbledore !
ahaa sacré abel
le nouveau prof tres bien la suite
Arf,j´ai beaucoup ç rattrapper.Promis je m´y remettrais
- Vous avez l’année dernière appris à jeter des sortilèges sans en prononcer la formule, dit Abelforth. Cette année, vous verrez encore deux nouvelles méthodes de lancer de sorts que seuls les mages d’élites, et donc une faible partie de la classe, sait ou sauront maîtriser. Je parle des sortilèges multiples, ou des sorts sans baguette. Qui peut me dire ce qu’est un sortilège multiple ? interrogea-t-il.
Après six longues années d’habitude, personne ne tressaillit quand Hermione leva la main comme un ressort. Mais certains tournèrent la tête quand Harry l’imita avec toutefois plus de dignité.
- J’aurais beaucoup aimé vous interroger, Miss Granger, assura courtoisement Abel, mais comme vous répondrez à la moitié des questions posées pendant vos cours, vous ne m’en voudrez pas si je donne la parole à Mr Potter.
Certains rirent, d’autres – les Serpentard – se moquèrent méchamment. Hermione baissa la main, visiblement déçue et jeta un regard hautain à ces derniers avant d’écouter poliment la réponse de Harry.
- Alors, Mr Potter ? dit Abel.
Le jeune homme, sans se soucier des Serpentard, se rappela un après-midi à Pré-au-Lard et dit d’un ton hésitant :
- Et bien… j’ai cru comprendre qu’on pouvait jeter plusieurs sorts en une seule fois. En prononçant une fois la formule… du Patronus, par exemple, il y en a plusieurs qui… sortent de la baguette. C’est ce qu’on appelle un sortilège multiple.
Il y eut de nouveaux ricanements, et même si Harry se fichait de ce que pensaient d’anciens camarades de classes de Drago Malefoy, il se disait qu’il n’avait pas été très précis, voire minablement incompréhensible dans sa description.
- Ce n’était pas très clair, mais vous avez dit l’essentiel, dit Abel. Je dois cependant vous apprendre la définition exacte, et je suis certain que Miss Granger peut nous la donner.
Avec un air de vengeance qui amusa beaucoup Ron, Hermione prit la parole.
- Un sortilège multiple est un ensemble de sortilèges de même nature tous jetés au même instant par la même personne et avec la même baguette magique, récita-t-elle.
- En effet, approuva Abelforth, cinq points pour Gryffondor. Les sortilèges multiples relèvent d’une grande puissance magique et la plupart des sorciers n’arrivent à les utiliser que pour des sortilèges courants. Je pense notamment aux sortilèges de locomotion – Mobilicorpus, Mobiliarbus, Mobilifirmus et Locomotor Barda, bien que ce soit plus rare pour le dernier qui sert pour les objets lourds. Les sorciers qui arrivent à jeter des sorts de plus haut niveau en multiples, des sorts qui demandent un certain niveau de maîtrise magique ou des maléfices, sont très rares mais existent. De tels ennemis sont terriblement dangereux dans des batailles entre groupes de sorciers, et vous devez apprendre à les connaître et à les contrer. Nous n’aurons malheureusement pas le temps de les étudier en détail aujourd’hui. Je veux pour vendredi prochain une rédaction sur la difficulté de l’exécution des sortilèges multiples, ainsi qu’une dissertation sur les sorts sans baguette. Vous devrez me résumer et m’expliquer clairement tout ce que vous pourrez trouver sur le sujet. Ceux qui ont eu du mal pendant la révision des sortilèges informulés devront aussi s’entraîner. Vous pouvez ranger vos affaires.
Pendant quelques minutes, les élèves notèrent le commencement de l’habituelle avalanche de devoirs des années d’ASPIC sur des cahiers de textes, des agenda, des plannings de devoirs ou des rouleaux de parchemins. Puis la cloche sonna et les élèves sortirent de la classe.
- Mince ! s’exclama Ron, dépité. Je ne croyais pas qu’il nous donnerait autant de devoirs !
- Moi je trouve que c’était un très bon cours, dit Hermione. En plus, il est très impartial quand il donne ou enlève des points. Il a été bien meilleur que je ne le pensais, avoua-t-elle.
- J’imagine que tant qu’un prof te donne pleins de devoirs, tu l’aimes bien, répliqua son petit ami.
- On ferait mieux de faire tout ça tout de suite, dit Hermione sans tenir compte de son petit ami. Si on a autant de devoirs que l’année dernière et qu’on veut avoir un peu de temps libre dans la semaine sans avoir le stress des devoirs, ajouta-t-elle.
- Du temps libre pour… commença Harry, mais Hermione l’interrompit.
- Je pensais à nous détendre entre amis ou… en amoureux, précisa-t-elle en rougissant, pas pour… ce que nous avons prévu de faire pendant les vacances.
- OK, acquiesça Harry, un peu déçu.
- C’est vrai, approuva Neville. On ne va pas ne penser qu’au hor…
- Chut ! cracha Hermione.
- Désolé, s’excusa Neville. Je voulais dire qu’on ne va pas penser qu’à ça alors qu’on est entouré de tous nos amis du collège. Pendant les vacances on aura plus de temps et ce sera plus propice… Et puis on ira à fond quand on sortira de Poudlard, hein ?
- Tout à fait d’accord, dit Hermione.
- Tu n’avais pas l’air de beaucoup apprécier l’idée de s’amuser au lieu de chercher il y a quelques semaines, rappela Harry.
- A ce moment-là, tu sais très bien que je n’étais pas dans mon état normal et puis justement, nous étions en vacances, répliqua sèchement Hermione.
- Et, Harry !
Ils s’arrêtèrent et virent Dean Thomas courir derrière eux.
- Salut, Dean, dit Harry.
- Salut, répondit Dean un peu froidement et tout haletant. Je voulais te demander quand auraient lieu les essais pour choisir un nouveau poursuiveur.
- Comment ? fit Harry sans comprendre.
- Katie est partie alors il faut un nouveau poursuiveur.
Il mit quelques secondes avant de se rappeler qu’il était le capitaine de l’équipe de Gryffondor.
- Oh, euh… balbutia-t-il. Et bien la semaine prochaine, comme d’habitude. Sûrement samedi. L’heure exacte sera sûrement sur le tableau d’affichage.
- D’accord, dit Dean, toujours froidement.
Et il reparti dans la direction opposée.
- On dirait qu’il ne t’a pas encore pardonné de sortir avec Ginny, dit Hermione avec perspicacité.
- Pardonner quoi ? s’offensa Ron. Ils avaient déjà rompu et de toutes façons, Harry est bien mieux que lui !
Hermione leva les yeux au ciel, Harry et Neville préférèrent ne rien dire.
- En tout cas, ajouta Ron, j’avais complètement oublié que Katie avait quitté Poudlard. Je me demande qui va la remplacer.
- Dean était remplaçant l’année dernière, rappela Harry. Je pense qu’il sera le meilleur aux essais, déclara-t-il sur un ton sombre.
Ron renifla d’un air dédaigneux tandis qu’ils arrivaient devant le portrait de la Grosse Dame.
- Paix aux défunts, dit Hermione. C’est vraiment glauque comme mot de passe, ajouta-t-elle une fois le trou franchit. Au lieu de nous remonter le moral, elle nous rappelle tout le temps que des gens meurent régulièrement. Bon, je vais chercher quelques affaires et je vous rejoins, enfin si vous voulez aussi vous avancer pour les devoirs.
Les garçons acceptèrent et quelques minutes plus tard, le quatuor entrait et s’installait dans la bibliothèque. Ils décidèrent de commencer par les sortilèges multiples. Ils écrivaient depuis une heure déjà quand Anthony Goldstein surgit à toute vitesse pour freiner devant leur table.
- Hé, Granger ! dit-il. On peut se parler ?
- Euh… hésita Hermione.
- Qu’est-ce que tu lui veux ? interrogea Ron d’un ton méfiant.
La jeune femme lui lança un regard noir qui ferma sa bouche avant de se retourner vers le Serdaigle.
- Tu es le nouveau préfet-en-chef, non ?
- Oui, répondit Anthony. Il faudrait qu’on ait une réunion le plus tôt possible avec les nouveaux préfets pour leur expliquer leur tâche. J’ai déjà dû rappeler ceux de Poufsouffle et de Serpentard à l’ordre pour qu’ils conduisent les première année dans leur salle commune. On peut discuter de ça ailleurs ?
- Si tu veux.
Hermione se leva et suivit Anthony Goldstein hors de la bibliothèque, sous le regard irrité de Ron.
- Pourquoi est-ce qu’il a besoin de lui parler seul à seul ? dit-il. C’est vrai, on dirait qu’on ne peut pas nous faire confiance.
Harry et Neville échangèrent un regard éloquent avant de reprendre leurs devoirs. Au bout d’une demi-heure, ce dernier était déjà en proie à une véritable crise de nerfs, Hermione n’étant plus là pour l’aider.
- Je n’y arriverai jamais ! se lamenta-t-il.
- Mais si, assura Harry. Moi aussi j’ai du mal, et Ron n’a pas écrit grand-chose… Mais finalement on arrive toujours à passer, alors tu peux y arriver aussi. De toutes façons, il est presque midi, on ferait mieux de reprendre ça après déjeuner.
Soulagés de faire une pause, ils déposèrent leurs affaires dans le dortoir et allèrent déjeuner. Ginny les rejoignit dans l’escalier de marbre en compagnie de Luna Lovegood.
- Salut Harry, dit cette dernière de son habituel ton rêveur.
- Salut Luna, répondit-il.
- Alors, comment c’était, cette première matinée ? demanda Ginny après avoir embrassé Harry. Pas trop de devoirs ?
- Une rédaction et une dissertation rien que pour le seul cours qu’on a eu ce matin, énuméra sombrement Ron. Je n’aurais jamais cru qu’Abel nous donnerait autant de devoirs.
- C’est à peu près la même chose pour nous, déclara Ginny. On a eu un double cours avec McGonagall, ce matin, et elle a gardé ses vieilles habitudes.
- Et on la retrouve demain, première heure, grogna Ron.
Ils entrèrent dans la Grande Salle, Luna alla rejoindre les Serdaigle tandis que Harry, Ginny, Ron et Neville s’asseyaient à la table des Gryffondor.
- Où es Hermione ? demanda Ginny.
- Là, répondit Harry en apercevant une jeune femme brune se précipiter vers eux.
- Qu’est-ce que vous faisiez ? interrogea Ron pendant que sa petite amie se servait une part généreuse de hachis Parmentier.
- A ton avis ? riposta Hermione sur un ton irrité.
- Vous aviez besoin de tout ce temps pour fixer une date ?
- Anthony est quelqu’un de très enthousiaste, avoua la jeune femme, légèrement embarrassée. Il a plein d’idées en tête. Par exemple, il veut fixer des horaires de surveillance pour chaque section du château. On aura une réunion avec les préfets demain midi. On mangera dans une salle de classe vide et on leur expliquera leur rôle.
- Du moment que c’est bien pour les nouveaux préfets…
- Qu’est-ce que tu insinues ? s’indigna Hermione.
- Tu vois très bien ce que je veux dire, répondit sombrement Ron.
- Et bien non, je ne vois pas ! mentit Hermione. Mais à mon avis, c’est complètement stupide !
Un silence pesant s’installa et demeura jusqu’à la fin du déjeuner. Harry préféra partir avec Ginny, et Neville marmonna qu’il avait des devoirs à finir.
Harry et Ginny passèrent donc les deux heures suivantes en amoureux. Ils trouvèrent une salle de classe désaffectée, scellèrent l’entrée et purent s’embrasser en toute liberté. Ils se relâchèrent enfin au bout d’une quarantaine de minutes et arpentèrent tranquillement, main dans la main, les couloirs du château avant de faire une promenade dans le parc quand le ciel s’éclaircit. Ils s’assirent au bord du lac. Ginny raconta qu’elle avait pu prendre toutes les matières qu’elle voulait (les même que Harry) en attendant de recevoir ses BUSE. Harry lui assura avec optimisme, et il n’avait pas besoin de mentir pour le dire, qu’elle aurait certainement l’autorisation de poursuivre tout ce qu’elle avait choisi, et la jeune rousse remercia son petit ami à sa façon pour ce compliment.
La cloche sonna à deux heures trente, signe que la récréation avait commencé. Comme ils avaient tous deux un double cours, ils se rendirent chercher dans la salle commune leurs affaires et se quittèrent au deuxième étage où Ginny avait un double cours de sortilèges. Harry retrouva Hermione et Neville sur le chemin des serres. La jeune femme semblait mécontente.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Harry.
- Ton meilleur ami est jaloux comme un tigre, voilà ce qu’il y a ! répondit sèchement Hermione.
Il comprit immédiatement de quoi il s’agissait. Il était vrai qu’un tel comportement n’avait rien d’étrange de la part de Ron. Il tenta de l’expliquer à la jeune fille.
- Il est comme ça ? répéta Hermione, offusquée. Et bien il ferait mieux de changer !
Harry préféra ne pas dévoiler le fond de sa pensée, à savoir que Ron ayant déjà été pire que ça quand elle n’avait pas encore le moindre petit compte à lui rendre (il songeait à Victor Krum), elle aurait plutôt dû être soulagée ; et que d’ailleurs, Ron avait déjà bien changé depuis l’année précédente, et en bien. Mais même s’il comprenait son ami, il ne pouvait tout de même pas l’approuver.
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Tant pis, vous aurez quand même le chapitre 20
:
20
Rappel à l’ordre
Le lendemain, ses deux meilleurs amis si disaient bonjour dans un tendre baiser prolongé et se rendaient dans la Grande Salle, en cours, en bibliothèque ou dans la salle commune main dans la main. Harry ne savait pas ce qui avait bien pu les réconcilier. Après avoir disputé une longue partie d’échecs avec Neville (ce dernier emporta la partie de justesse à la grande déception de Harry qui désespérait de pouvoir un jour jouer convenablement à ce jeu), il avait dîné, puis passé une agréable vingtaine de minutes, assis sur un fauteuil confortable de la tour de Gryffondor, Ginny installée sur ses genoux, à caresser et s’amuser avec la chevelure flamboyante de la jeune fille. Il s’était ensuite endormi pour se réveiller peu avant minuit. Il n’y avait plus personne dans la salle commune : sa petite amie s’était levée sans le réveiller. Apparemment (en tout cas, c’était ce que Neville lui avait rapporté) c’était pendant son sommeil que Ron et Hermione avaient discuté à voix basse pour ensuite partir chacun de leur côté, dans les dortoirs des filles et des garçons.
En tout cas, si le jour de la rentrée, le fait n’avait apparu qu’à ceux qui, comme Lavande Brown, se trouvaient près du couple, il n’y avait désormais plus personne pour ignorer que Ronald Weasley et Hermione Granger sortaient ensembles. Certains s’amusaient en les surnommant « les amoureux » ou « les tourtereaux », ce qui les faisaient rougir mais ne les laissaient pas mécontents d’eux-mêmes ; d’autres les qualifiaient de « traîtres à leur sang », ce qui les faisaient beaucoup moins sourire. Ces mauvaises langues appartenaient évidemment à Serpentard, qui n’aimait pas voir un sorcier de sang pur avec une fille de moldus. Bien sûr, ces couples étaient loin d’être rares, il y en avait même un certain nombre à Poudlard. Mais Harry devinait que ses amis étaient des cibles prioritaires : c’étaient un Weasley et une Sang-de-Bourbe excellente sorcière doublés d’ennemis déclarés de Lord Voldemort ; en outre, il s’agissait des deux meilleurs amis de Harry Potter… Ce dernier dut retenir à plusieurs reprises, aidé de Neville et d’Hermione, un Ron qui n’avait pas l’intention de laisser sa compagne se faire insulter sans réagir.
- Un jour je leur mettrai mon poing là où je pense, à ces petits salauds ! s’énervait Ron sans avoir pu assouvir ses pulsions meurtrières. On me prenait pour un perdant, et bien je vais leur prouver que gagner me convient beaucoup mieux !
Quand il disait cela, Harry se sentait embarrassé. Il se disait qu’il avait peut-être été un peu trop dur avec son meilleur ami. D’un autre côté, cela avait porté ses fruits et Ron avait gagné en puissance depuis qu’il lui avait mis les points sur les i. Il s’était réconcilié avec sa petite amie (ce qui était d’autant plus difficile que cette petite amie était Hermione, une personne avec laquelle il avait bien du mal à ne pas se disputer) et montrait un peu plus d’assurance qu’à l’ordinaire. En tout cas, il manifesta un peu plus de bonne volonté lorsque Hermione leur proposa une fois encore d’avancer leurs devoirs ensembles (et il aimait par-dessus tout quand « ensembles » signifiait elle et lui et non le quatuor tout entier).
Jeudi, après déjeuner, Harry redoutait étrangement le cours de potions. Slughorn était un professeur bien plus efficace que Rogue mais d’un autre côté, il pensait à l’aide que ce dernier lui avait apporté l’an dernier et cela le mettait mal à l’aise…
- Tu ne vas quand même pas recommencer !? s’offusqua Hermione quand il eut confié son malaise à ses amis. Pas maintenant que tu sais qui a inventé ses sorts ?
- Certainement pas ! dit Harry sur un ton sec et catégorique. Seulement, je l’ai laissé dans la Salle sur Demande…
- Pas de soucis, assura Hermione. On t’a acheté un nouveau livre de potions sur le Chemin de Traverse, tu n’auras plus besoin de celui du Prince… enfin de celui de Rogue.
- Mais qu’est-ce que je pourrais faire de l’autre ? demanda Harry.
- Laisse-le dans la Salle, conseilla Ron.
- Ou débarrasse-t’en ailleurs, suggéra Neville.
- Mais où ? s’exaspéra Harry.
- En tout cas je crois que tu ne devrais pas le laisser dans la Salle, intervint Hermione. Il pourrait tomber en des mains innocentes qui ne connaîtront pas la dangerosité de certains de ces sortilèges.
- Ou alors entre de mauvaises mains qui pourraient utiliser ces sorts pour faire du mal à quelqu’un, ajouta judicieusement Ron.
Harry réfléchit un petit moment puis…
- Je vais le détruire, finit-il par dire. Je vais le brûler, c’est la meilleure solution.
- Mais… il peut quand même être utile, non ? objecta Ron.
- Et surtout dangereux ! riposta Hermione. Maintenant qu’on sait quel genre d’individu y notait ses sorts, on ne peut pas penser que Sectumsempra était une exception !
- De toutes façons j’ai déjà lu et expérimenté tous les sorts que j’ai pu l’année dernière, dit Harry. Et je ne supporterai pas l’idée d’avoir encore Rogue comme professeur de potions… que ce soit par l’intermédiaire d’un livre ou non !
Ils se mirent d’accord pour récupérer le livre du Prince avant le déjeuner. Pendant que les trois autres faisaient le guet, Harry pénétra dans la Salle sur Demande après être trois fois passé devant la porte en se répétant « Je veux reprendre le livre que j’ai caché… Je veux reprendre le livre que j’ai caché… Je veux… » Apparemment, la salle fonctionnait comme il l’avait pensé, car au lieu de se retrouver face à un labyrinthe d’étagères remplies d’objets dissimulés par des élèves de Poudlard, il avait atterri dans une petite pièce au centre de laquelle était installée une table. Le livre était posé dessus. Il le prit et le dissimula hâtivement sous sa robe de sorcier avant de sortir et de repartir avec ses amis.
Harry se concentra au maximum pour préparer un antidote d’urgence au venin du Basilic. Il obtint un résultat relativement satisfaisant mais cependant insuffisant pour arracher de gros compliments de Slughorn. Cette fois, ce fut Hermione qui obtint les félicitations du professeur, et son air de suffisance semblait indiquer qu’elle pensait que ce n’était que justice. Ron, lui, n’avait pas produit quelque chose de très efficace contre n’importe quel poison. Il était même probable que ce soit un poison. Ils eurent un devoir dans lequel ils devaient énumérer et décrire les ingrédients les plus courants et les plus actifs dans la préparation des antidotes en citant leurs propriétés magiques propres.
Ils avaient beaucoup de travail ce soir là, sauf Neville qui n’avait pas de cours de potions : il n’avait pas choisi cette matière pour ses ASPIC. Ron monopolisait l’aide d’Hermione, prétendant qu’il voulait s’améliorer en potions, que sans Rogue, ce n’était plus une chose impossible. Mais Harry le soupçonnait surtout de vouloir passer plus de temps seul avec sa petite amie. Celle-ci avait parfois un sourire mais s’en tenait malgré tout à son rôle d’auxiliaire scolaire.
Le lendemain, Ron avait eu le bon sens de ne pas déranger la jeune femme dans ses traductions pour le cours d’étude des anciennes runes qui la rendaient très nerveuse et susceptible.
- Ecoute, Ron, j’ai trop de travail et je n’ai pas de temps à te consacrer ce matin, s’exaspéra Hermione. Je dois travailler et me concentrer à fond si je veux décrocher mon ASPIC dans cette matière. J’ai déjà failli la rater pour les BUSE !
- Mais je n’ai rien dit ! protesta Ron.
Et c’était parfaitement vrai. Il avait embrassé Hermione après qu’elle soit revenue de son cours et il s’apprêtait à s’éloigner et rejoindre sa partie d’échecs où il tentait vainement de faire de Harry un bon joueur.
- Oh… bredouilla Hermione, désolée…
- Non mais on dirait que je l’ai cherchée alors que j’allais juste la voir trente secondes ! dit Ron, scandalisé, en se rasseyant devant Harry. Ce n’est pas comme si je lui avais demandé de passer notre vie à nous embrasser !
- C’est le complexe lavandin, rigola Harry avant de paraître beaucoup moins fier : sa reine avait été mise KO par un pion de Ron.
Un véritable miracle se produisit à la fin du cours de potions magiques : Slughorn ne leur avait pas donné de devoirs. Toutefois, ils en auraient sûrement un certain nombre à faire pour le week-end : le tout dernier cours de la semaine était celui de défense contre les forces du Mal.
Le thème du cours fut les sortilèges multiples et sans baguette, un sujet qu’ils avaient déjà abordé en métamorphose et en Enchantements tout au long de la semaine.
- Les sortilèges multiples ne peuvent généralement pas être exécutés avec les sorts exigeant une grande puissance magique, dit Abel. On rencontre le même problème avec les sorts sans baguette ; toutefois, il est surmontable jusqu’à un certain point. La clé pour réussir un sort sans baguette, c’est la concentration. C’est plus facile pour les sorts… et bien, faciles, justement. Mais c’est aussi possible pour des sorts de plus haut niveau, à condition d’être très concentré. Mais il s’agit malgré tout d’une pratique que les sorciers utilisent surtout en cas d’urgence, ou s’ils sont pressés, car si cela devient une habitude, ils risquent fort d’être pris d’affreuses migraines et insomnies. Notez bien qu’il relève de l’impossible de jeter un sort sans baguette en prononçant la formule, car l’effort de concentration est si important qu’en parlant, vos efforts seraient réduits à néant. Non, les sorts sans baguettes reposent sur le même principe que les informulés, mais en beaucoup plus dur. Heureusement, pour certains sortilèges, ne pas dire la formule ou ne pas utiliser de baguette est impossible, comme les sorts mots de passe, ou ceux qui font apparaître un signe particulier – inutile de préciser à quel signe je pense. Les sorts sans baguette sont aussi impraticables pour les sortilèges les plus puissants – je pense notamment aux sortilèges impardonnables. Et maintenant, qui peut me dire quel est le problème posé par la magie sans baguette, qui peut m’expliquer pourquoi c’est si difficile pour un sorcier et non pour les autres espèces magiques ? Oui, Miss Granger ?
- A l’origine, contrairement aux autres êtres et créatures magiques, les sorciers n’ont pas la maîtrise de leurs pouvoirs, récita Hermione qui avait pour l’énième fois levé la main. Ceux-ci ne se manifestent que lorsque le sorcier est soumis à une émotion particulièrement forte. Les baguettes magiques ont été inventées pour canaliser les pouvoirs du sorcier afin qu’il puisse les maîtriser. Ensuite, une fois qu’il a une certaine expérience avec la baguette, il peut tenter de s’en séparer de temps en temps mais cela reste trop dur pour que ça fonctionne longtemps.
- C’est tout à fait ça, assura Abel, j’accorde dix points à Gryffondor. Au départ, les sorciers ne faisaient de la magie qu’avec leur baguette, ou d’autres objets inventés dans le même but. Mais certaines pratiques magiques, autres que les sortilèges, sont issues de la magie sans baguette. Des pratiques qui ne demandent pas leur usage, justement. Autrefois, le transplanage consistait sans doute à se jeter le sortilège de transplanage. De même, il y a les enchantements et les sorts n’appartenant pas – ou plus – à la catégorie des sortilèges, comme les nombreux enchantements qui protègent ce château, ainsi que la légilimancie, pour ceux qui savent de quoi il s’agit.
Ils prirent des notes pendant tout le cours et eurent des recherches à faire sur quelques créatures pour des révisions qu’ils feraient lors du prochain cours.
Hermione parvint à convaincre les garçons de s’avancer une nouvelle fois pour leurs devoirs ce soir-là au lieu de profiter du temps qu’offrait le week-end. Mais quand un beau soleil de fin d’été entra par les fenêtres du dortoir des garçons de septième année, Harry remercia intérieurement sa meilleure amie : il allait en profiter, du temps ! Après avoir ingurgité leurs œufs au bacon, Harry, Ron, Hermione et Neville, rejoints par Ginny, Luna et Colin Crivey, se hâtèrent de sortir dans le parc.
Nott observa attentivement l’intérieur de la pièce et il eut un petit sourire narquois.
- Alors, Potter, tu voulais un peu d’intimité avec la petite Weasley ? lança-t-il. J’aurais bien aimé être là, elle n’est pas mal dans le genre allumeuse…
- Tais-toi, marmonna Harry.
Nott éclata de rire ; un rire froid, sans joie, qui aurait pu rappeler Lord Voldemort s’il avait été plus aigu.
- Et qu’est-ce que tu vas me faire, si je ne me tais pas, hein ? demanda-t-il. Tu vas me donner un coup si fort que ça me chatouillera ?
Crabbe, Goyle et Millicent Bulstrode rirent bêtement tandis que Zabini gardait un visage neutre, mais un tressaillement trahissait cruellement son approbation. Pansy Parkinson paressait nerveuse.
- En tout cas, poursuivit Nott, tu ne pourras plus faire de galipette avec cette traîtresse à son sang, désolé…
La fureur de Harry devint telle qu’il parvint à hurler.
- LA FERME, NOTT !! ! Tu n’es qu’un minable…
- … parce que je lui ai effacé tous ses souvenirs de toi, et de qui ou quoi que ce soit, d’ailleurs, acheva Nott. C’est dur, n’est-ce pas ? Mais je ne pouvais pas vous laissez de quoi dire qu’on était venu là. Crabbe, Goyle, que diriez-vous de vous occuper d’apprendre la politesse à Potter ?
Les deux meilleurs amis de Malefoy, qui semblaient s’être mis au service de quelqu’un d’autre, s’avancèrent lentement vers Harry. Crabbe le prit par le col et le plaqua violemment contre le mur, avant de lui décocher un énorme coup de genou qui cassa certaines côtes de Harry, qui poussa un hurlement de douleur. Crabbe le retourna ensuite, lui maintint les bras derrière le dos et dirigea Harry vers Goyle qui lui asséna plusieurs crochets du droit et du gauche, dans l’estomac (et aussi plus bas, ce qui donna l’impression à Harry que la douleur se propageait et circulait comme un poison dans cet endroit si sensible), des deux côtés de la mâchoire, ce qui fit vaciller dangereusement les dents de Harry, lui donnant un goût de sang dans la bouche, et sur le nez qui se cassa dans un flot sanguinaire.
Après ce douloureux passage à tabac, Crabbe laissa retomber Harry sans ménagement sur le ventre. Ce dernier avait terriblement mal, ses côtes cassées le faisaient souffrir et son nez ensanglanté se pliait un peu plus sous le poids de sa tête sur le sol dur.
- Qu’est-ce qu’il y a, Pansy ? entendit-il en reconnaissant la voix de Zabini. Serais-tu trop sensible ?
- Je… Je ne suis pas habituée à voir ça, c’est tout, répondit faiblement Parkinson. Et tout ça me fait peur. C’est normal, non ? Drago aussi avait peur !
- C’est vrai, admit Nott. Et pourtant il est devenu un mangemort efficace… Enfin, hormis la fois où il a laissé partir les jumeaux Weasley, rectifia-t-il. Maintenant, ils ont rouvert leur stupide magasin… Mais je vais t’aider, Pansy, ricana Nott ; je vais te montrer l’exemple. Endoloris !
Nott ne fit pas de mystère quand à la personne visée. La douleur de Harry s’intensifia au point qu’il avait l’impression que tous ses nerfs étaient en feux. Il se tordit sur le sol en poussant des hurlements assourdissants.
Nott n’avait aucune réticence dans ce qu’il faisait… Il n’avait rien de la peur de Malefoy, Harry le sentait très bien… C’était un vrai Doloris qu’on lui soumettait. Et cela dura… dura… Cela ne s’arrêtait plus, cela continuait ; une longue minute s’était déjà écoulée, une minute insupportable…
Et soudain, tout s’arrêta. Enfin pas tout, il y avait toujours les blessures infligées par Crabbe et Goyle. Des bruits secs et violents avaient alerté Nott. Harry se trouvait désormais sur le dos, haletant et tremblant, et il pouvait voir Crabbe, Goyle, et Millicent Bulstrode qui retenaient la porte. Visiblement, quelqu’un avait un besoin urgent d’entrer et frappait de toutes ses forces contre le panneau.
- REDUCTO !! ! rugit quelqu’un.
La porte vola en éclat, projetant les trois imposantes carrures sur le sol. Deux éclairs de stupéfixion frappèrent immédiatement Nott et Zabini de plein fouet et ils s’affalèrent l’un sur l’autre. Ron et Hermione se tenaient tous deux dans l’encadrement, baguettes brandies. Sans avoir eu le temps de réagir, Pansy Parkinson se retrouva sous un maléfice du saucisson informulé de Ron. Mais Crabbe, Goyle et Bulstrode bondirent et le plaquèrent au sol. Heureusement, Hermione avait eu la bonne idée de rentrer dans la pièce et d’enjamber les gros bras.
- Impedimenta ! lança-t-elle.
Il y eut une lumière puis Ron parvint à se dégager et il s’empressa de se placer à côté de sa sauveuse. Ils jetèrent le maléfice du saucisson à toute la bande des Serpentard (même ceux qui étaient stupéfixés, au cas où ils se réveilleraient, chose rare mais pas impossible). Paniqué, Ron se pencha ensuite sur Ginny, et Hermione s’occupa de Harry.
- Episkey, murmura-t-elle.
Harry sentit les blessures de son visage se refermer, bien qu’il eût toujours très mal. Quant à ses côtes, elles restèrent fracturées. Il se releva tant bien que mal, le bras passé autour des épaules d’Hermione qui le soutenait.
- Ca va, Ginny ? demanda Ron avec inquiétude.
- Oui, ça peut aller, répondit-t-elle, encore plus pâle que Ron.
- Qu’est-ce qui s’est passé ? interrogea Hermione.
- On vous racontera tout plus tard, ou sur le chemin de l’infirmerie, répondit faiblement Harry.
- D’accord.
Ils descendirent donc péniblement les quatre étages qui les séparaient de l’infirmerie de Poudlard et Harry leur raconta toute l’histoire.
- Ils préparaient quelque chose, c’est sûr, dit Harry.
Il avait achevé son récit et ils venaient d’atteindre le quatrième étage. Harry était toujours soutenu par Hermione et Ron tenait fermement l’épaule gauche de Ginny, qui n’avait plus dit un seul mot. Elle était pâle et semblait terrifiée.
- Nott voulait que ça reste secret, expliqua Harry. Ce n’est pas par hasard qu’il avait réuni toute une bande pour aller dans la Salle sur Demande. La première réaction qu’il a eue…
Il avait tu un détail.
- … c’est de jeter un sortilège d’amnésie.
Il y eut un bref silence anxieux puis…
- Mais j’ai utilisé le charme du Bouclier. Je ne pensais pas que ça avait marché mais apparemment, tu te souviens de nous, Ginny ?
Cette dernière confirma d’un signe de tête, mais son silence obstiné inquiéta beaucoup Harry.
Ils parvinrent à l’infirmerie où Mrs Pomfresh les accueillit de mauvaise humeur.
- Qu’est-ce que vous êtes encore allé faire, Potter ? demanda-t-elle. Une bagarre, c’est ça ?
- On peut dire ça comme ça, dit Harry, le souffle court.
Hermione l’aida à s’installer sur un lit.
- Où avez-vous mal ?
- Aux ventre… répondit Harry, ou à l’estomac, plutôt. Je crois que j’ai des côtes cassées.
- Je vois. Allongez-vous. Doucement… voilà. Et maintenant, ne bougez plus. Souddoss, prononça-t-elle en pointant sa baguette sur la cage thoracique de Harry.
Ce dernier sentit aussitôt ses os reprendre leur place habituelle et se recoller et la douleur disparut lentement.
- Je pense qu’on peut aussi peaufiner ça, ajouta Mrs Pomfresh en montrant le visage de Harry. Episkey.
La douleur de son visage s’en alla également mais il se sentait encore faible.
- Il faut aller voir McGonagall, déclara alors Hermione.
- Vous voulez déranger la directrice pour une bagarre ? questionna Mrs Pomfresh, choquée.
- Vous ne connaissez pas toute l’histoire, dit Harry. On a été attaqués…
- Très bien, dit l’infirmière, douteuse, mais vous avez besoin de vous reposer, pour l’instant.
- Alors je vais y aller, dit Hermione.
Elle se hâta de sortir de l’infirmerie. Il y eut un silence pesant.
- Et Miss Weasley, qu’avez-vous ? finit par demander Mrs Pomfresh, qui avait également remarqué le teint de Ginny.
- Euh… rien, répondit la jeune fille.
- Vous êtes bien sûre ?
- Oui.
- Très bien.
L’infirmière repartit dans son bureau. Ron se retourna brusquement et regarda Ginny et Harry à tour de rôle.
- Qu’est-ce que vous faisiez là-bas, tous les deux ? interrogea-t-il, les sourcils froncés. Pourquoi la Salle était… comme ça ?
Harry avait redouté cette question, surtout de la part de Ron.
- Ecoute, dit-il, ne t’imagine pas des choses, d’accord ? Ginny et moi, on cherchait juste un coin tranquille pour… Enfin, tu vois ce que je veux dire. Je me suis dit que la Salle sur Demande était idéale pour ça, alors on y est allé et… disons que la salle a un peu exagéré la notion d’intimité et la nature de nos besoins. On a voulu sortir et on est tombés sur Nott et les autres. La suite tu la connais.
Il y eut un silence, le soulagement commençait à se lire sur le visage de Ronald Weasley. Mais il fut interrompu par des reniflements. C’est alors que Harry remarqua que Ginny pleurait.
- Qu’est-ce qu’il y a ? s’inquiéta-t-il.
Ginny ne répondit rien, elle se contenta de sangloter.
- Qu’est-ce qui se passe, Ginny ? chuchota Ron.
Elle resta silencieuse encore quelques secondes puis…
- Ron, je… j’avais l’esprit embrouillé quand tu m’as réveillée tout à l’heure, gémit-elle. Je… Je croyais me souvenir que j’avais été attaquée. Mais quand on est descendus… quand vous avez parlé, j’ai compris… j’ai compris qui c’était.
- De qui tu parles ? s’étonna Harry.
Ginny se retourna vers son petit ami et elle le dévisagea comme si elle le voyait pour la première fois.
- Je me souviens que j’aime quelqu’un, que je l’aime vraiment très fort, de tout mon cœur, mais… je ne sais pas qui. Je… Je n’ai aucun souvenir de toi ! cria-t-elle.
Elle cacha alors son visage dans ses mains.
Harry se tassa sur son lit. Non, c’était impossible… Mais si. Il le voyait à son regard. Il voyait qu’elle ne le reconnaissait pas. Une immense tristesse s’exprimait dans son regard. Finalement, c’était arrivé…
On lui avait enlevé Ginny Weasley.
je crois effectivement me souvenir que ce genre de littérature n´est pas au programme! ![]()
par contre ,excuses-moi je pensais que tu étais en 1ére alors je comprends que ce soit dur au début car c´est très différent de la 3ème.cela dit , je ne doute pas que ton goût pour l´écriture te soit très utile à l´avenir! et j´aime aussi ta façon de penser les rapports humains! ![]()
excellente suite bien que triste pour harry
La réunion se termina et ils sortirent de la Salle.
Ils se couchèrent immédiatement, et Harry dut encore tourner la tête afin d’éviter de voir Ron et Hermione s’embrasser pour se souhaiter une bonne nuit. Quelle ironie du sort… Harry et Ginny qui se trouvaient dans une situation plutôt critique tandis que Ron et Hermione filaient le parfait amour… C’était vraiment le monde à l’envers. Le pire, se dit Harry, c’était qu’il n’y pouvait rien, on les avait forcés à rompre. Maintenant il devait tout faire pour récupérer Ginny…
Le lendemain matin, il apparut que la jeune fille avait dû rentrer au cours de la réunion de l’Ordre car elle était sortie normalement, comme si de rien était, par la porte du dortoir des filles. Harry, qui n’avait pas voulu la brusquer, l’avait juste embrassée sur la joue en lui disant qu’il était heureux de son retour. Elle l’avait remercié et, l’air embarrassé, elle avait rejoint ses amis après s’être également fait accueillir par son frère, Hermione et Neville. Elle prit son petit déjeuner le plus loin possible d’eux, mais Harry savait pertinemment qu’elle ne cherchait qu’à l’éviter lui. La tâche ne serait pas facile…
En cours de défense contre les forces du Mal, ils firent les révisions prévues sur les créatures maléfiques, et Abelforth leur remit leurs devoirs corrigés. Il avait donné des notes de BUSE et d’ASPIC. Harry vit avec ravissement qu’il avait eu deux E. Hermione, qui ne prenait pas vraiment soin de cacher ses copies, avait obtenu deux O. Sur le chemin de la cour de récréation, Neville confia qu’il avait décroché deux A, quant à Ron, il marmonna qu’il avait eu un A pour les sortilèges multiples et un P pour les sorts sans baguette.
- Tu n’avais pas assez travaillé, c’est tout, dit Hermione. Neville a réussi malgré ses difficultés, lui, or toi, tu n’en as pas, quand tu travailles vraiment.
- Et bien ça m’apprendra à être jaloux pile au moment où j’ai deux rédactions à faire…
Et des devoirs, ils en avaient encore pour le prochain cours, mais comme ils avaient déjà vu le sujet l’année dernière, ce fut beaucoup moins difficile.
Harry décida de maintenir cette nouvelle habitude de s’avancer dans les devoirs : faute d’avoir une vie amoureuse, il avait au moins la satisfaction d’avoir des résultats qui n’étaient presque jamais plus mauvais qu’un « Effort Exceptionnel ». Ron aussi progressait, notamment parce que faire ses devoirs consistait à passer du temps avec sa petite amie. Harry avait entendu par mégarde cette dernière promettre qu’elle viendrait voir les essais et certains entraînements de Quidditch si elle le pouvait. Ginny lui manquait terriblement…
Il ne réussissait jamais à la voir bien longtemps, et Harry était absolument convaincu qu’elle l’évitait.
- Elle doit avoir peur d’entamer une relation avec toi, lui dit Hermione le vendredi matin, sur le chemin de son cours d’étude des anciennes Runes.
- Mais pourquoi ? s’étonna Harry. Qu’est-ce que je lui ai fait ?
- Rien, répondit Hermione. Mais tu dois la comprendre. Elle ne se souvient pas de toi, elle ne se souvient pas d’être sortie avec toi, mais on lui a dit que tu es son petit ami. Elle doit avoir peur de se sentir obligée d’être avec toi, alors que pour elle, tu n’es encore qu’un inconnu.
- Mais je ne veux pas du tout la brusquer ! protesta Harry. Je veux appliquer le conseil de Neville : refaire sa connaissance pour qu’elle tombe amoureuse de moi, ou pas…
- Je ne vois pas pourquoi elle ne retomberait pas amoureuse de toi, répondit Hermione avec un sourire. Mais même si tu as de bonnes intentions, tu l’as quand même brusquée, ajouta-t-elle sur un ton accusateur.
- Comment ça ? Je ne vois pas…
- Tu l’as embrassée, lundi, tu te souviens ?
- Oui, mais sur la joue, répliqua Harry, et parce qu’elle rentrait de Ste Mangouste !
- Pour elle, ça a dû être beaucoup plus, dit Hermione. Elle croit sûrement que tu t’attends à plus de sa part. Bon, je vais devoir te laisser.
Ils venaient d’arriver devant la salle d’étude des Runes.
- Je te conseille de la traiter de nouveau comme une amie, dit-elle tandis que d’autres élèves rentraient en cours. Sois naturel avec elle, n’essaye pas de la draguer pour accélérer les choses. Elle va elle-même revenir vers toi au bout d’un moment, tu verras.
Et elle rentra dans la classe juste à temps pour ne pas être en retard.
Dépité, Harry s’en retourna vers la tour de Gryffondor et son cœur faillit s’arrêter quand il tomba nez à nez avec Ron. Il poussa un petit cri brusque.
- Salut, dit timidement Ron.
- Bon sang, j’ai failli avoir une crise cardiaque ! s’exclama Harry, la main plaquée sur la poitrine.
Il se remit de son émotion et observa longuement son meilleur ami.
- Et qu’est-ce que tu fais là, d’abord ? interrogea Harry sur un ton soupçonneux. Tu nous espionnes ou quoi ?
- Non, je… enfin, d’une certaine manière, on peut dire que j’espionnais Hermione. Mais je ne suis pas jaloux du tout, rajouta-t-il précipitamment en voyant le regard noir de Harry. Non, j’espérais juste que vous auriez fini avant qu’elle n’aille à son cours…
- Tu n’en as pas un peu marre de l’embrasser à chaque fois que vous vous quittez ou que vous vous retrouvez ? demanda Harry avec un certain agacement.
- Et bien quoi ? s’indigna Ron. J’ai bien le droit d’aimer embrasser ma petite amie, non ? Et puis ça n’a rien à voir avec Lavande, heureusement. On n’essaye pas de s’enfoncer la langue le plus profondément possible dans la gorge…
Harry éclata de rire et ils repartirent en direction de la salle commune.
- Tu sais, j’aimerais vraiment qu’elle se souvienne de toi, dit Ron.
- Et moi donc…
- Oui, mais aussi, je ne voudrais pas qu’un autre en profite… Tu es de loin le moins bête de tous les garçons avec lesquels elle est sortie ou les autres avec lesquels elle pourrait sortir.
- Le moins bête ? Merci pour le compliment, dit Harry avec un sourire ironique.
Il obtint un nouveau E en DCFM ainsi qu’un A en potions, la seule matière dans laquelle il avait encore de sérieuses difficultés pour avoir plus que la moyenne.
Le lendemain était un samedi. Plus précisément, le deuxième samedi depuis la rentrée, c’est-à-dire le jour de la sélection du nouveau poursuiveur. Toute l’équipe y assista, Ginny y compris.
Tout d’abord, se rappelant l’année précédente, Harry vérifia que tous ceux qui se présentaient étaient indiqués sur la liste de candidats que lui avait confiée Abel, en tant que nouveau directeur des Gryffondor. Trois Serdaigle, cinq Poufsouffle, et même deux Serpentard furent ainsi découverts. Harry eut besoin de l’aide des autres joueurs pour chasser ces dix intrus, surtout les deux Serpentard qui leur donnèrent du fil à retordre en sortant leurs baguettes. Mais deux sortilèges d’entrave jetés par Harry et Ginny les décidèrent à suivre les autres exclus. Après avoir remercié la jeune fille avec un léger sourire, les véritables sélections débutèrent.
Le capitaine eut le déplaisir de retomber sur Romilda Vane et sa bande de filles stupides et superficielles de cinquième année. Elles furent bien entendu toutes refusées après des essais lamentables dans lesquels elles ne mirent aucune bonne volonté de joueuses de Quidditch (en revanche, elles mirent toutes tous les moyens en œuvre pour se faire remarquer, en exécutant des figures dont la fonction réelle était de mettre en valeur leur chevelures ou leur sourire insupportable ; Romilda Vane parvint même à forcer Harry à la rattraper sur son balai après s’être laissé tomber exprès juste à côté de lui).
Quand les genres masculins et féminins eurent tous deux montré leurs plus minables représentants, arriva la partie intéressante des essais. D’autres filles et d’autres garçons, tous de Gryffondor, et souhaitant réellement faire partie de l’équipe, montrèrent leurs capacités. Certains furent affligeants, d’autres parvinrent à prouver qu’ils savaient jouer ; il y avait même un couple de sixième année formant un duo formidable mais qui, une fois séparés, n’étaient pas fameux. Harry dut choisir entre eux et Dean Thomas.
A son grand regret, comme il ne pouvait renvoyer ni Demelza Robbins ni Ginny qui étaient toutes deux d’un niveau supérieur, il dut les départager en fonction de leurs capacités en solo et ce fut Dean qui l’emporta incontestablement. Ron ne se montra pas non plus très heureux de ce choix.
- Bon et bien, Dean, tu es notre nouveau poursuiveur, déclara Harry. Tu remplaces Katie alors essaye d’être à sa hauteur, d’accord ?
- Pas de problème, répondit le jeune homme avec un sourire.
Son regard se tourna ostensiblement vers Ginny qui lui rendit son sourire. Ni Harry ni Ron ne manquèrent de le remarquer.
La première séance d’entraînement fut fixée au mardi suivant, et tout le monde repartit de son côté à la sortie des vestiaires. Harry rentrait avec Ron et Hermione quand il vit Ginny parler à voix basse avec Dean près de l’escalier de pierre. Ce dernier finit par quitter la jeune rousse qui fut bruyamment interpellée.
- Hé, Ginny ! cria Ron.
Hermione lui lança un regard de reproche, mais il n’y prêta pas attention.
- Qu’est-ce qu’il y a ? s’étonna-t-elle quand elle les eut rejoint.
- Pourquoi tu parlais avec lui ?
- Je parle avec qui je veux, il me semble, répliqua froidement Ginny.
- Mais…
- Oh, ça suffit, ça ne va pas recommencer ! s’exaspéra la jeune fille. Je vois Dean autant que j’en ai envie ! Et de toutes façons, il est hors de question que je sorte avec lui, si c’est ça qui t’inquiète. Je lui ai bien fait comprendre que je n’ai pas du tout oublié mais anciens petits amis ni pourquoi je les avais quittés et qu’il n’y avait pas beaucoup de chance pour que mes sentiments pour lui changent un jour. Et il a compris qu’il ne devait plus me draguer et que je voulais juste qu’on reste de bons amis.
- Et il a accepté ? demanda Harry.
- Il n’a pas eu le choix ! répondit Ginny en rosissant légèrement. Et puis… j’ai déjà un petit ami, non ?
Harry échangea un regard appuyé avec Hermione et décida de prendre les choses en main.
- Ginny je… je peux te parler une minute… seul à seul ? demanda-t-il timidement.
La jeune fille rougit encore plus et acquiesça. Ils laissèrent Ron et Hermione, les visages inquiets, repartir de leur côté, et s’enfermèrent dans une salle de classe. Ginny n’osait pas croiser le regard de Harry, elle semblait extrêmement mal à l’aise. Harry se décida donc à dire ce qu’il espérait n’être que temporaire…
- Ginny, écoute, je…
C’était beaucoup plus difficile qu’il ne l’aurait cru. Il avait l’impression de renoncer de nouveau à sa plus grande source de réconfort, comme au mois de juin dernier… Une fois encore, c’était pour le bien de Ginny, et il espérait toujours qu’au moment voulu, il pourrait abandonner cette résolution…
- Je… Je crois que…
- Tu ne veux plus être avec moi, c’est ça ? coupa Ginny d’une voix tremblant d’une certaine rage. Tu veux rompre parce que je ne suis plus qu’une amnésique pour toi, une handicapée ? Et bien sache que…
- Quoi !? s’étonna Harry. Je ne pense pas du tout ça de toi ! Je… Enfin je veux rompre, c’est vrai… admit-il piteusement.
Il y eut un silence. Désormais, la tête de Ginny était totalement rouge vive : ses cheveux, sa peau, et même le blanc de ses yeux.
- Mais ce n’est pas pour ce que tu crois, reprit Harry au bout d’un moment. Je veux juste… Je sais que tu ne m’aimes plus, ce serait injuste de te demander à toi de rester avec moi. Ne me dis pas le contraire, ajouta-t-il lorsque la jeune fille ouvrit la bouche. Tu m’as complètement oublié, tu ne me connais plus, tu ne peux pas m’aimer. Je ne t’en veux pas du tout, ce n’est pas de ta faute.
Harry vit de la reconnaissance dans le regard de Ginny. En fait, pensa-t-il tristement, il la libérait certainement d’un terrible poids. « Et ce poids c’est moi… ajouta-t-il. »
Il sortit lentement de la salle et, une fois la porte refermée, il se mit à courir le plus vite possible pour s’enfermer à nouveaux dans une nouvelle classe. Et là, il pleura. Jamais il n’avait pleuré comme cela. Certes, il avait versé une larme quand Dumbledore lui avait expliqué lors de sa première année ce qui l’avait sauvé de Voldemort ; il en avait versé plus d’une lorsque Mrs Weasley l’avait serré contre elle pour le réconforter après le retour du Seigneur des Ténèbres ; mais à chaque fois, il s’était vite essuyé les yeux pour éviter d’être vu. Cette fois, personne ne pouvait le voir. Il avait quitté la seule personne pour laquelle il éprouvait un sentiment indescriptible, et qui n’avait même rien à voir avec ce qu’il avait pu ressentir pour une certaine Cho Chang… et c’était une épreuve bien différente de toutes celles qu’il avait dû affronter jusque là.
La première semaine avait été silencieuse. La rumeur de l’attaque de Harry Potter et de sa petite amie devenue en partie amnésique avait fait grand bruit, mais elle s’était répandue sous forme de chuchotements. Certains élèves se montraient désolés, comme Ernie Macmillan, et le répétaient sans cesse à Harry et à Ginny quand ils les croisaient, ce qui devenait insupportable ; d’autres se contentaient d’en parler entre eux et de suivre du regard les deux concernés quand ils passaient devant eux ; et bien sûr, il y avait les Serpentard, qui trouvaient très amusant que la seule chose oubliée par Ginny soit Harry lui-même.
- Alors, enfin quelqu’un qui ne te connaît pas ! disait-on sur son passage. Ca te change, n’est-ce pas, Potter ? L’Elu !
Harry s’était efforcé de les ignorer du mieux qu’il pouvait, avec tout l’appui d’Hermione.
Etrangement, Nott et toute sa bande de septième année (ainsi que Crabbe et Goyle qui avaient triplé leur cinquième année), se montraient très discrets ; et heureusement, car s’ils lui avaient lancé des remarques en plein cours, il n’aurait certainement pas pu se retenir de se jeter sauvagement sur eux. Jamais il ne pourrait pardonner à Nott, jamais…
Les Serpentard exerçaient désormais une fascination maléfique sur les élèves de Poudlard. Bien qu’ils n’eurent plus fait parler d’eux après le premier week-end de l’année (enfin pas plus qu’avant), beaucoup craignaient d’être attaqués, surtout par la nouvelle bande de Nott. Le fait qu’un Serpentard soit devenu mangemort à seulement seize ans avait sûrement accentué la peur inspirée. Mais heureusement, les craintes d’Hermione se montrèrent injustifiées… pour le moment.
Par malheur, les choses évoluèrent la deuxième semaine (après l’attaque dans la Salle sur Demande, c’était donc la troisième semaine depuis la rentrée). Une nouvelle rumeur s’était répandue comme quoi Harry Potter avait rompu avec Ginny Weasley. Cette nouvelle avait choqué certaines filles, persuadées que Harry avait laissé tomber sa petite amie comme une vieille chaussette juste parce qu’elle était amnésique. Mais la cadette des Weasley, toujours aussi fidèle à son caractère de tigresse, s’était vite hâtée de faire comprendre que tous ceux qui continueraient à répandre ce bruit stupide auraient de graves ennuis. A présent, seule une chose comptait : deux des personnes les plus attirantes du collège, l’une belle et séduisante, l’autre célèbre mais qui n’en était pas moins les deux autres depuis quelques années, étaient de nouveau libres. Harry était souvent importuné par des filles dans le genre de Romilda Vane et il leur conseilla plus d’une fois de déguerpir sous peine de se voir jeté un sort.
- Moi j’aimerais bien que tu me jettes un sort, ricana une de ces stupides filles qui avaient participé aux sélections.
Malheureusement pour elle, Harry avait pris beaucoup de plaisir à la prendre au pied de la lettre.
- Bloclang, avait-il prononcé une fraction de seconde plus tard, baguette levée.
Et plus jamais cette jeune fille ne l’avait ne serait-ce que regardé. Même Hermione avait approuvé Harry.
- Elle a eu ce qu’elle méritait, cette petite pimbêche ! avait-elle fermement déclaré. Te harceler comme ça alors que tu…
Elle s’était interrompue, ne voulant pas remuer le couteau dans la plaie.
Harry vit que Ginny se faisait également très souvent draguer par de séduisants jeunes hommes de toutes maison (sauf de Serpentard). A chaque fois, elle les envoyait paître, parfois accompagnés d’une nuée de petites bêtes volantes et sauvages qu’elle faisait apparaître avec un puissant sortilège de Chauve-Furie, lorsqu’ils se montraient un peu trop insistants. Il en était à chaque fois plus amoureux d’elle. Mais Harry savait que le moment viendrait où Ginny serait à nouveau prête pour sortir avec un garçon… Cela le rendait malade de l’imaginer avec quelqu’un d’autre, mais il faudrait bien le supporter si cela arrivait…
Le train-train quotidien avait repris son cours à Poudlard.
Il y avait les cours : McGonagall était assez contente des progrès de Harry et Ron (le soutien d’Hermione avait fini par payer pour ce dernier) ; Harry commençait à faire quelque chose de convenable en potions, et Slughorn recentrait son attention sur lui en l’invitant à ses soirées auxquelles Harry refusait d’aller, pouvant prétexter une dépression, ce que le professeur replet croyait sans méfiance vu que toutes les rumeurs du château lui parvenaient ; Flitwick n’eut plus à lui donner de devoirs supplémentaires et il n’avait pas trop de problèmes en botanique, seul cours où Neville pouvait lui être d’un grand secours dans certaines situations.
Deux fois par semaine, tous les mardi soir et samedi matin, il y avait les entraînements de Quidditch. Ron se montrait toujours très froid avec Dean mais Harry essayait de ne pas paraître antipathique. Dean était une personne qu’il appréciait même s’il avait été son rival à une époque (en outre, la peur de la réaction de Ron avait fait que personne n’avait su que Harry était jaloux de Dean à l’époque où il sortait avec Ginny). Dean se montra également aussi sympathique qu’avant. Ils avaient fait la paix sans rien se dire. Harry s’efforça d’être normal avec Ginny, mais il se sentait toujours gêné en sa présence, et il voyait bien que c’était aussi le cas de la jeune rousse. Hormis ces ennuis d’ordre privé, il trouvait que le niveau de l’équipe de Gryffondor était très bon. Ron avait plus confiance en lui que les autres années, et il confia à son capitaine qu’il aurait juste l’estomac un peu contracté lors du match d’ouverture de la saison de Quidditch : Gryffondor contre Serpentard, qui aurait lieu le lendemain de Halloween. Harry avait certains projets pour ce jour-là…
- Je suis ton conseil : arrêter de me prendre pour un minable, déclara Ron, le mardi de la dernière semaine d’octobre, en sortant des vestiaires afin d’aller dîner. Ca marche plutôt bien. Après tout, je ne suis pas un minable, n’est-ce pas ?
- Je ne sortirais pas avec un minable, assura Hermione avec un sourire.
Elle avait assisté à cette séance d’entraînement concentrée sur le jeu du gardien, la dernière avant le match,
Harry réfléchit un moment. Il n’aurait que peu de temps ce soir-là. Il devrait sûrement renoncer au festin. Mais il fallait qu’il le fasse, cela faisait trop longtemps qu’il avait ignoré cette date si importante au profit de cette stupide fête. Il décida d’en parler à ses amis. Comme il ne pouvait pas prendre le risque d’être entendu dans la Grande Salle, il leur demanda de s’arrêter alors qu’ils arrivaient près des portes de chêne.
- Qu’est-ce qu’il y a ? s’intrigua Hermione.
- Je… Il faut que je vous parle de quelque chose.
Il hésita un instant, puis…
- Je voudrais sortir du château, annonça-t-il. Je veux dire, en dehors de l’enceinte.
Comme il l’avait prévu, ses deux amis affichèrent un air surpris.
- Mais… pour quoi faire ? demanda Ron.
- Et bien je… Enfin, vendredi, le soir d’Halloween, ce sera l’anniversaire de la mort de mes parents, déclara Harry. Je voudrais fleurir leur tombe. Maintenant, Lupin n’est plus là pour le faire, ajouta-t-il sombrement.
Ron et Hermione semblaient maintenant embarrassés. La mort du professeur Lupin les affligeait encore, et ils se doutaient certainement que c’était pire pour Harry.
- Harry… commença Hermione sur un ton compatissant, je comprends mais… on ne peut pas sortir comme ça…
- Je suis majeur, répliqua Harry. Je suis en droit de me rendre où je veux.
- Peut-être, admit Hermione, mais en tant qu’élève de l’école, tu dois te plier à ses règles si tu ne veux pas…
- Etre renvoyé ? acheva Harry sur un ton dédaigneux. Quelle importance ? Comme ça, je pourrai reprendre les recherches…
Le visage d’Hermione se durcit.
- Si tu es renvoyé et que tu cherches les horcruxes (sa voix bassa d’intensité) sans nous, prévint-elle, tu auras notre renvoi et l’échec de nos études sur la conscience ! Parce que ni moi, ni Ron – et j’en suis certaine, Neville non plus – ne te laisserons entreprendre ça sans nous. Et de toutes façons, tu sais pertinemment que tu auras beaucoup de mal sans faire ta dernière année.
Il y avait trop de vérité dans les paroles d’Hermione. Harry se ressaisit. Il avait déjà un plan plus raisonnable en tête et il se sentait idiot de s’être emporté.
- Ne t’inquiète pas, dit-il, j’avais l’intention d’en parler à McGonagall.
- Tu es fou ? s’exclama Ron. En parler à McGonagall ? Elle ne te laissera jamais faire…
- Je chercherai dans le règlement de l’école pour savoir si tu as le droit de sortir ou pas, déclara Hermione. Si je ne trouve rien en notre faveur, on ira voir…
- Notre ? répéta Harry. Qui t’a dit que vous veniez avec moi ? J’y vais seul !
- Nous voulons être là pour toi, Harry ! protesta vivement Hermione.
- C’est vraiment trop demander de vouloir me recueillir en paix ? ironisa Harry.
- On ne te gênera pas ! assura Ron, tout aussi révolté que sa compagne.
- Et tu ne peux pas y aller seul en pleine nuit, objecta Hermione. Ce serait du suicide.
- Du suicide ? répéta Harry d’un air faussement incrédule (en fait, il voyait à peu près où la jeune femme voulait en venir). Qu’est-ce que tu racontes ?
- Réfléchis ! Voldemort a déjà deviné que tu reviendrais à Godric’s Hollow et il l’a dit à Malefoy ! Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas le deviner cette fois-ci ! Et il me semble qu’il est mieux placé que quiconque – à part toi, bien sûr – pour se rappeler cette date.
- Oui, c’est vrai, admit Harry, sauf que c’est précisément une des raisons pour laquelle je ne veux pas que vous veniez. Je ne veux pas mettre votre vie en danger juste pour pouvoir me recueillir tranquillement, ce serait vraiment égoïste de ma part.
- Ce n’est pas égoïste puisque qu’on te le demande, fit remarquer Ron.
- Oui, Harry, tu ne nous forces à rien, nous voulons y aller.
- De toutes façons, répliqua Harry, j’ai déjà prévu de me désillusionner ou de mettre la cape d’invisibilité, alors merci de votre proposition, mais je n’ai pas besoin de votre aide, je vous le garantis.
- A ton avis, il faudrait combien de temps à Voldemort pour s’apercevoir du subterfuge ? demanda Hermione, irritée. Non, c’est vrai, après tout, c’est seulement le plus grand mage noir qu’on ait jamais vu dans le monde des sorciers…
- Bon, d’accord, venez avec moi si vous voulez, finit par dire Harry, que la conversation agaçait, mais vous ne servirez pas à grand-chose car je n’ai pas l’intention de vous avoir derrière mon dos devant la tombe.
- On se mettra en cercle autour de toi, dit Hermione, l’air soulagé, mais on restera assez éloignés, ne t’en fais pas.
Mécontent d’avoir dû céder, Harry rentra en compagnie de Ron et Hermione qui n’oublièrent de prévenir Neville qui, acceptant immédiatement de les accompagner, ajouta ainsi un intrus supplémentaire.
Le lendemain, après ses devoirs qu’elle termina comme d’habitude avant les autres, Hermione se leva pour demander le règlement intérieur de Poudlard à Mrs Pince, laissant ainsi Ron livré à lui-même.
- Ne t’en fais pas, tu te débrouilleras très bien, tu as fait beaucoup de progrès maintenant, dit-elle avec un sourire quand son petit ami lui eut fait part de ses craintes.
Harry dut se retenir d’éclater de rire devant l’expression de chien battu de Ron, qui avait sûrement d’autres choses en tête que sa réussite scolaire.
En arrivant dans la Grande Salle bien après tout le monde, Hermione informa Harry que les septième année, étant majeurs, avaient le droit de sortir de l’école sans sanction à deux conditions : que ce ne soit pas pendant les cours (sauf exception) et que le directeur (en l’occurrence la directrice) en soit informé.
Donc, jeudi matin, à la fin du cours de Métamorphose, Harry prit son courage à deux mains et se posa en face du bureau de McGonagall. Celle-ci, au bout d’un moment, parut agacée.
- Au lieu de rester planté là, pourriez-vous me dire ce que vous avez à me dire, Potter (en cours, elle appelait de nouveau chaque membre du quatuor par leur nom de famille) ? demanda-t-elle d’un air pincé.
- Et bien… euh… bredouilla Harry. Je voudrais vous demander si je pouvais sortir du château le soir d’Halloween.
- Vous voulez dire en dehors de Poudlard ? interrogea la directrice.
Harry acquiesça nerveusement d’un signe de tête.
- Je n’ai pas le pouvoir de vous en empêcher, car vous êtes majeur, répondit McGonagall, mais j’aimerais bien savoir où vous comptez vous rendre.
- En fait, je voulais fleurir la tombe de mes parents. Demain soir, ce sera le seizième anniversaire de leur mort. Je sais que le professeur Lupin s’en chargeait avant… qu’il ne disparaisse, et je ne voudrais pas laisser leur tombe à l’abandon.
Le professeur McGonagall regarda un instant Harry avec des yeux embués puis elle finit par dire :
- Je comprends. Comme je viens de le dire, je n’ai pas le pouvoir de m’y opposer. Cependant, il me faut quand même vous dire qu’il serait très imprudent d’y aller en pleine nuit, et seul.
- Je ne serais pas seul, s’empressa de préciser Harry. Ron, Hermione et Neville ont tenu à m’accompagner, même si je n’étais pas tout à fait d’accord…
- Vous avez des amis très généreux, Harry, dit McGonagall avec un léger sourire. J’espère que vous prendrez les précautions nécessaires pour vous cacher ?
- Oui, Madame.
- Est-ce que vous voulez… que je demande à un autre membre de l’Ordre de vous accompagner ? proposa McGonagall.
- Non merci, répondit précipitamment Harry. Je… Enfin je voulais être seul.
Après un instant de silence, il se dirigea vers la porte. Quand il l’eut ouverte, une voix tremblante le fit se retourner.
- Vous savez, nous aimerions tous pouvoir rendre hommage à Lily et James, même si nous sommes très occupés en ce moment.
C’était bien entendu McGonagall. Elle avait les larmes aux yeux.
- Vos parents étaient des gens très bons et courageux, et ils se sont battus jusqu’au bout. Ils faisaient parties des membres de l’Ordre les plus utiles et compétents. Avec tout ce qui se passe en ce moment, on y pense beaucoup… Au fait, le professeur Dumbledore vous a-t-il déjà dit quels métiers exerçaient vos parents ?
- Non, professeur, admit Harry, se demandant pourquoi il n’avait jamais posé la question.
Personne ne lui en avait jamais parlé. Intérieurement, il avait une idée sur la question, mais après tout, rien ne l’avait jamais confirmée.
- Votre père était Auror, déclara McGonagall. Quant à votre mère, elle faisait partie de la brigade de police magique. Ils étaient tous deux de très bons éléments. J’espère que vous serez digne de votre père, Harry.
Harry acquiesça lentement.
- Au revoir, Madame.
Après avoir refermé la porte, il se hâta de se rendre au cours de Sortilèges où il arriva juste à temps pour indiquer aux trois autres que c’était OK.
trés longue et bonne suite ![]()
toujours aussi agréable de te lire!à très vite ,j´espère!
chers 2 lecteurs
Et ce soir, le chapitre 22
:
22
Loup et
Morts au Rat
Vendredi soir, à la sortie du cours de défense contre les forces du Mal, Harry, Ron, Hermione et Neville se hâtèrent de monter dans leurs dortoirs respectifs afin de déposer leurs affaires et de se changer. Après s’être habillés de vêtements moldus, ils redescendirent dans le hall d’entrée et passèrent devant la porte de la Grande Salle sans rejoindre tous leurs camarades qui dégustaient le somptueux festin d’Halloween.
Rusard les attendait. Il semblait de mauvaise humeur, comme à son habitude.
- Vous en avez mis, du temps ! leur dit-il sèchement.
Sans d’autre mot, il leur passa ses détecteurs de magie noire le long du corps. Devant admettre qu’ils ne transportaient rien d’illégal, il rangea son Capteur de Dissimulation.
- Suivez-moi, ordonna-t-il.
Il poussa les deux battants de la double porte du Hall et ouvrit la marche. Ils dévalèrent lentement les marches de pierre avant de poursuivre leur route le long de l’allée qui menait au portail.
- Quelle stupidité de laisser les élèves sortir comme ça ! maugréa Rusard. Majeur, qu’ils disent ! Tu parles !
Ils préférèrent ne rien répondre. Argus Rusard n’avait jamais fait preuve d’une grande confiance à l’égard des élèves de Poudlard, qu’ils fussent majeurs ou pas.
Ils arrivèrent en face des deux piliers surmontés de sangliers ailés. Le concierge sortit une clé de métal rouillé d’une poche de son manteau gris et la tourna dans la serrure. Avec un léger cliquetis, le portail de Poudlard s’écarta et déboucha sur un autre chemin qui, ils le savaient, menait au siège de l’armée de Lord Voldemort. Rusard referma et verrouilla derrière eux.
Ils se retrouvèrent dans un silence total, mis à part la faible brise qui faisait onduler l’herbe. Ils aperçurent au loin la Marque des Ténèbres qui éclairait Pré-au-Lard nuit et jour, et qui se voyait très bien depuis le château de Poudlard, à une certaine hauteur.
- Bon, allons-y, finit par dire Harry.
Ils transplanèrent pour réapparaître dans un petit bois très pratique, assez près de l’auberge de Godric’s Hollow dont Harry se souvenait encore très bien. Il était difficile d’oublier un endroit où il avait lu les derniers mots de Dumbledore avant de se faire stupéfixer par des jumeaux Weasley contrôlés par Drago Malefoy.
Ils entrèrent et se présentèrent au comptoir pour commander un repas pour quatre. Ensuite, ils s’installèrent à une table, près d’une fenêtre, et attendirent patiemment leur dîner.
Pour Halloween, l’établissement était décoré de citrouilles évidées, posées au centre des tables, dans lesquelles des lampes électriques éclairaient tout le rez-de-chaussée. Tout ce soin n’en valait pas vraiment la peine, pensa Harry en voyant les rares clients qui se réchauffaient à l’intérieur de l’auberge.
L’attente ne fut donc pas très longue. Ils demandèrent l’adresse d’un fleuriste à l’aubergiste quand il vint les servir.
- Si vous voulez de belles fleurs, leur dit-il, je vous conseille d’aller chez Madame Marguerite. Elle cultive les plus belles fleurs de Godric’s Hollow, et de toutes façons, c’est la seule fleuriste de ce petit village. Mais je ne sais pas si elle a encore le cœur pour ça, ajouta-t-il tristement.
- Pourquoi ? s’étonna Hermione.
- Sa vieille mère, l’ancienne fleuriste, est morte hier, les informa l’aubergiste. Pour l’instant, les spécialistes de la ville n’arrivent pas à trouver ce qui l’a tuée. Au début, on pensait tous que c’était la vieillesse – elle était très âgée, la pauvre femme – mais ils ont des doutes. D’après eux, « Rien de ce qui peut tuer à cet âge n’a causé la mort. » Si vous voulez mon avis, la malédiction l’a frappée plus que les autres, voilà tout. Elle habitait juste en face des Ruines maudites, précisa-t-il. Jamais personne n’a réussi à y entrer, les gens avaient des comportements bizarres jusqu’à ce qu’ils s’écartent. Et elle, elle a vécu à côté pendant des années.
Il hocha sombrement la tête puis repartit vers son comptoir. Harry, Ron, Hermione et Neville, eux, échangèrent des regards éloquents. Tous savaient ce que cette histoire pouvait signifier.
- C’est cette femme qui nous a parlé de tes parents, non ? demanda Ron. Celle qui m’a fait une leçon sur les bonnes manières à avoir avec les filles avant de nous emmener au cimetière ? ajouta-t-il d’un air sinistre.
- Oui, répondit Harry, dépité, elle habitait juste en face de ce qui restait de chez mes parents, et elle nous avait parlé des Ruines maudites…
- Je ne pense pas que ça ait un rapport avec ça, dit tout de suite Hermione. Le terrain de tes parents devait être protégé par un sortilège Repousse-Moldu, ou quelque chose dans ce goût-là, parce ce que ça m’a l’air d’être un peu différent. Mais ça n’a pas pu la tuer.
- Je le sais bien ! répliqua Harry. La cause de la mort n’a pas été trouvée… poursuivit-il d’un air songeur en baissant d’un ton pour ne pas être entendu des tables alentours. Ca ne peut être qu’un crime de sorciers, déclara-t-il fermement. Elle a été tuée hier… Tu avais raison, Hermione, ajouta-t-il avec une certaine panique dans la voix. Voldemort sait – il se doute – que je suis ici. Et il ne tardera pas à savoir que vous êtes là aussi. Nous devons nous dépêcher.
Ils parurent tous effrayés, et sur les dernières paroles de Harry, ils se hâtèrent donc d’ingurgiter leur maigre souper. Quand ce fut fait, ils se levèrent et payèrent l’aubergiste. Hermione étant la seule à disposer d’argent moldu, elle paya pour tout le monde ; chacun rembourserait sa part en Gallion le lendemain.
- Dites-moi, questionna l’aubergiste, songeur, qu’est-ce qui peut bien amener quatre jeunes gens comme vous deux fois en deux mois ?
Harry ne s’y attendait pas, il pensait que tout le monde l’aurait oublié. Il réfléchit très vite et se décida à dire :
- Nous… nous voulons fleurir la tombe d’un ami, répondit-il, hésitant.
- Deux jours avant la date habituelle ?
- C’est l’anniversaire de leur mort, expliqua Harry, avec la sensation très nette de signer son propre arrêt de mort.
En sortant de l’auberge, il craignit d’en avoir trop dit. Il fit part de ses craintes aux trois autres.
- Tu as raison, approuva Hermione. Voldemort pourrait très bien le soumettre à l’Imperium ou à la légilimancie. Désillusionnons-nous.
Ils se cachèrent dans le même petit bois où ils avaient transplané, et une fois transformés en caméléons humains, ils prirent le chemin du cimetière en se tenant fermement chacun de la main gauche (l’autre serrant leurs baguettes magiques) pour ne pas se perdre. Neville tenait la veste d’Hermione qui tenait celle de Ron qui tenait celle de Harry. Ce dernier aurait préféré acheter de belles fleurs bien soignées aux senteurs de printemps chez la fleuriste du village, mais vu que cette dernière n’avait sûrement pas ouvert sa boutique et qu’ils devaient éviter de se faire repérer, il se contenterait de ses propres créations…
Il n’était que six heures et quart du soir mais il faisait déjà une nuit totale lorsqu’ils pénétrèrent pour la seconde fois de leur vie dans le cimetière de Godric’s Hollow. On pouvait à peine distinguer les nuages du reste du ciel, et c’était d’autant plus difficile que ce ciel d’automne en était presque entièrement recouvert.
Ils marchèrent vers le coin isolé et entouré d’herbe où reposaient les Potter. Harry fixa la tombe dès qu’il l’aperçut, pensant au courage qu’elle lui avait redonné la première fois qu’il l’avait vue. Du courage… C’est exactement ce dont il avait besoin, en ce moment. Malheureusement, la personne qui lui en donnait le plus ne l’aimait plus comme avant…
Ils n’étaient plus qu’à quelques mètres quand il eut une étrange vision. Il s’arrêta et sentit Ron, Hermione et Neville se cogner derrière eux.
- Qu’est-ce qu’il… ouille ! murmura la voix de Ron, mais Harry lui avait marché sur le pied pour le faire taire.
Les deux autres ne dirent rien et se contentèrent de s’immobiliser en silence. Harry, lui, était certain d’avoir vu quelque chose bouger en face de la tombe de ses parents. Il observa attentivement un moment et il eut de nouveau cette étrange impression de voir le vide remuer… Mais c’était totalement impossible. Impossible à moins que…
Il leva sa baguette, la pointa vers l’endroit qui avait bougé, se concentra et pensa « Contrasteo ». Le contre sort du sortilège de Désillusion fonctionna, mais il n’était pas le seul à l’avoir jeté.
Au moment où deux silhouettes se dessinaient à quelques mètres d’eux, Harry vit son bras et sa baguette brandis reprendre leurs couleurs habituelles. Il jeta un bref coup d’œil derrière lui et vit que ses trois compagnons étaient redevenus visibles eux aussi. Il se retourna vers les deux inconnus. Les six réillusionnés se dévisagèrent silencieusement, baguettes brandies. Tous sauf un. Un des deux inconnus, un homme, pour ce que Harry pouvait en juger, qui semblait assez maigre. A sa droite, il y avait l’autre, plus petit et beaucoup moins maigre. Mais même dans la pénombre, cet visage évoquant si incroyablement la tête d’un rat et cette main droite étincelante dans la nuit noire, levant un bâton de bois magique, ne laissaient planer aucun doute : Queudver.
Tout d’un coup, Peter Pettigrow s’exclama :
- Attaquez-les !
Aussitôt, une dizaine d’autres personnes surgirent à ses côtés et se jetèrent sur Harry, Ron, Hermione et Neville. Par réflexe, ces derniers allumèrent leurs baguettes magiques et ils se rendirent vite compte que ce n’étaient pas des vivants qui leur faisaient face. Dix corps pâles comme la mort, certains en partie décomposés avançaient comme des sauvages en soif de mort : des Inferi.
- Incendio ! hurla Harry.
Quel succès
(oui, Jim_Potter = jimpoter^^)
Bon ben le chapitre 23^^ :
23
Esprit sain dans
un Corps sain
Ron, Hermione et Neville avaient été transportés d’urgence à Ste Mangouste, à l’aide d’un portoloin créé par Abel. Vu les circonstances, le ministère, malgré les désaccords entre Harry et Scrimgeour, n’avait pas tenu rigueur de cet acte illégal au professeur de défense contre les forces du Mal de Poudlard. Arthur, Molly et Ginny Weasley, informés dans les dix minutes qui avaient suivi, s’étaient rués au premier étage de l’hôpital pour les maladies et blessures magiques, suivis de près par Bill, Fleur, Fred et George.
La vision de Mrs Weasley en proie à une crise de larme telle qu’il n’en avait jamais vu devant son fils et ses amis entre la vie et la mort avait profondément perturbé Harry, d’autant plus que les Weasley ne lui avaient accordé aucune attention. Ils devaient lui en vouloir énormément, sans compter le propre sentiment de culpabilité écrasante qui oppressait Harry. Il se rendait compte de sa stupidité.
Se rendre en pleine nuit dans un cimetière, connaissant le genre de créature qui pouvait en sortir… Harry n’avait pensé qu’aux mangemorts, qu’à Voldemort, mais pas aux Inferi. Il s’en sentait complètement idiot. Il avait eu la preuve que Voldemort avait prévu sa visite au cimetière, et il n’avait même pas réfléchi au genre de gardes qu’il pouvait y poster… Bien sûr, ils s’étaient désillusionnés, mais il avait vite remarqué que Queudver avait fait la même chose, et même ce stupide personnage n’avait eu aucun mal à les débusquer.
Et maintenant, il voyait le résultat : ses trois meilleurs amis – car à présent, il considérait Neville comme un ami très cher – étaient plongés dans le coma, quelque part entre la vie et la mort. Ils avaient tous trois perdu une grande quantité de sang. Une potion de régénération sanguine leur était régulièrement administrée, mais elle ne faisait que les maintenir en vie. Leur guérison – c’est-à-dire la reconstitution complète de leur volume sanguin – ne dépendait que de leur résistance physique. Il fallait attendre, et cette attente était insupportable à tout le monde.
Harry, lui, n’était resté qu’une heure à l’hôpital. Les blessures infligées par les Inferi avaient été rapidement soignées, quant aux griffures de Lupin, elles n’étaient pas assez profondes pour qu’il soit contaminé, vu que le loup-garou n’avait pas été métamorphosé. On lui avait prescrit un onguent que Mme Pomfresh lui appliquait matin et soir. D’après elle, il y avait de bonnes chances de guérison. Mais ce qui inquiétait le plus Harry, ce n’était pas sa santé, mais le rétablissement de ses trois amis.
Ginny lui rendait de brèves visites pour l’informer de l’évolution de l’état de Ron, Hermione et Neville. Leur état s’était stabilisé, mais ils étaient toujours plongés dans le coma. La dernière des Weasley à se trouver encore à Poudlard ne restait jamais plus de quelques minutes avec lui, et Harry se doutait que la gêne n’était pas la seule responsable. Les Weasley devaient lui en vouloir terriblement…
S’il s’inquiétait pour ses amis, il était par contre désormais absolument certain du sort de Lupin. Non seulement il l’avait perdu une seconde fois, mais cette fois, c’était beaucoup plus concret. Il n’avait pas disparu, il n’avait plus de faibles chances d’avoir survécu : il était mort, irrémédiablement mort. Le vide laissé dans son cœur était certes moins grand que celui creusé par la mort de Sirius ou celle de Dumbledore, mais il avait perdu quelqu’un qu’il aimait beaucoup, le dernier qui pouvait encore lui parler de ses parents en tant que proche, la toute dernière personne ayant presque fait partie de la famille Potter… Lors de la réunion de l’Ordre qui avait eu lieu le dimanche suivant, la question de l’enterrement de Lupin avait été envisagée, et Tonks avait eu du mal à cacher ses larmes.
Elle avait encore demandé à Harry une discussion en privée qu’il n’avait une nouvelle fois pas eu la force de lui refuser. Il lui avait péniblement décrit le comportement sauvage de son amant, sans oser croiser son regard. Cette sauvagerie et cette apparence, Harry avait du mal à se l’expliquer, mais il en était absolument certain : Remus Lupin ne s’était plus maîtrisé quand il s’était jeté sur lui. Les instincts non dominables du loup-garou avaient dicté la conduite de l’ancien professeur, il en était convaincu. Mais le fait qu’il n’ait pas été métamorphosé à ce moment-là restait totalement incompréhensible. Bien qu’il tentât de chasser cette pensée de sa tête, Harry avait l’impression de s’être retrouvé en face d’un autre Greyback, le même qui avait contaminé Lupin. Un loup-garou qui conservait des caractéristiques du loup même en dehors des phases de pleine lune…
Harry savait que le corps de Lupin était examiné à Ste Mangouste, pour savoir ce qui avait bien pu se passer. C’était d’ailleurs pour cela que la date de son enterrement n’avait pas pu être fixée. Le ministère refusait de rendre le corps du loup-garou à ses proches, ses représentants prétendant qu’il pouvait contenir les secrets d’une nouvelle menace. Les membres de l’Ordre avaient été complètement dépités par cette nouvelle. Fred et George avaient marmonné des jurons furieux contre Scrimgeour, et Tonks, les yeux rouges, n’avait fait aucun commentaire. Cette situation était d’autant plus inconfortable que la personne qui avait envoyé Lupin sur Harry, qui l’avait selon ce dernier traité comme un chien, Queudver, n’avait pas été retrouvé.
Ni les jumeaux, ni leurs parents, ni Bill n’avaient adressé une parole ou un regard à Harry. Ce dernier, conscient d’avoir peut-être perdu l’affection de la famille Weasley, et qui n’avait plus aucun ami proche à Poudlard, se concentrait désormais sur deux objectifs.
Sa réussite scolaire. Il n’avait certes plus vraiment le courage de s’intéresser aux cours, mais pour aider Ron, Hermione et Neville à leur retour (il suppliait le ciel que ce retour ait bel et bien lieu) à rattraper les leçons difficiles de la septième année, il se forçait à travailler le plus possible. Il demandait régulièrement à Anthony Goldstein de lui prêter ses notes sur l’étude des runes et l’arithmancie afin de les recopier pour Hermione. C’était une tâche fastidieuse mais il avait beaucoup plus de temps qu’avant, sans ami ni petite amie.
Bien sûr, il y avait toujours les séances d’entraînement de Quidditch. Il n’arrivait plus à se montrer très chaleureux avec ses coéquipiers alors il se contentait de parler sur un ton professionnel. On avait accordé à l’équipe de Gryffondor de ne pas jouer le match d’ouverture contre Serpentard. C’était celle de Serdaigle qui avait disputé la rencontre et qui avait fait match nul, avec cent cinquante points partout (quinze buts de Serpentard, mais l’attrapeur de Serdaigle avait attrapé le Vif d’Or juste à temps). Gryffondor jouerait contre Poufsouffle deux semaines après ce premier match, le temps de trouver un gardien remplaçant et de l’intégrer dans l’équipe. Le moins minable aux sélections fut Geoffrey Hooper, un élève de sixième année. En réalité, il était assez bon, mais il se plaignait sans cesse de choses et d’autres – des autres joueurs et du capitaine, par exemple. Aussi, Harry devait le faire taire au moins dix fois à chaque entraînement, avec l’aide de ses coéquipiers qui en avaient vraiment assez, eux aussi.
Il sentait souvent les regards des autres joueurs dans son dos, ainsi que celui des élèves dans les couloirs, les salles de classe, et dans la pièce commune, et c’était compréhensible : l’année scolaire avait débuté depuis un mois à peine et Harry Potter faisait déjà parler de lui pour la seconde fois dans une sombre affaire d’attaque de mangemorts. De plus, cette seconde fois paraissait beaucoup plus réelle : des Inferi, un mangemort, Lord Voldemort lui-même (cette fois, le ministère avait cru Harry sur parole vu qu’un honorable professeur avait confirmé sa version), un mort, ainsi que trois élèves dont la survie était encore incertaine…
Ces deux derniers faits avaient mis une ambiance peu joyeuse parmi les Gryffondor. Le professeur Lupin avait été très apprécié. Chez eux, les élèves avaient eu le temps de digérer la nouvelle apprise dans la Gazette du Sorcier, mais tout comme Harry, ils avaient la sensation de l’avoir perdu une nouvelle fois, ce professeur qui les avaient tant encouragés. Et bien sûr, il y avait le risque de la mort de leur gardien, qui s’était finalement révélé être plutôt bon l’année précédente, et de leur meilleure élève, celle en qui étaient placés la plupart des espoirs de victoire à la Coupe des Quatre Maisons. Certes, ils n’avaient pas non plus envie que Neville meure, c’était un élève de leur maison, mais un élève moins important… une idée dont Harry s’efforçait de dissuader ses condisciples.
Le second objectif de Harry était de retrouver et de détruire les trois Horcruxes restant. Il n’était plus question d’attendre les vacances. Il n’avait plus qu’une idée en tête : rendre à nouveau mortel Voldemort, le retrouver, et le tuer le plus tôt possible afin de mettre fin à ces évènements abominables. Pour l’instant, il se concentrait sur la coupe de Poufsouffle. Mais d’abord, il devait parler en privée au seul membre de son « équipe » encore en état…
Au début de la première semaine de novembre, à la fin du premier cours, celui de défense contre les forces du Mal, il avait attendu que tous les élèves soient sortis et avait retenu Abelforth.
- Professeur, il faut qu’on discute, dit-il sans détour.
Abel le regarda un instant, et Harry craignit d’avoir été un peu insolent. Mais le professeur se contenta de pointer sa baguette magique sur la porte et deux petites lumières jaillirent.
- La porte est verrouillée et la pièce insonorisée, déclara-t-il. Vous pouvez parler en toute liberté – et m’appeler Abel.
Surpris, Harry se ressaisit et reprit la parole. Il raconta ses projets au frère de Dumbledore.
- Et où comptez-vous commencer vos recherches ? interrogea-t-il.
Harry avait bien réfléchi à la question, quand il n’arrivait pas à dormir, la nuit dans son dortoir.
- Je pense qu’il faudrait aller voir du côté de la boutique de Barjow et Beurk, répondit-il. Et il j’aimerais aussi retrouver la maison d’Hepzibah Smith. A mon avis, la coupe peut se trouver dans un de ces deux endroits, parce qu’elle représente l’époque où Voldemort faisait ce petit boulot, mais aussi celle ou il fréquentait cette vieille femme.
Il attendit un petit moment la réaction d’Abel.
- Je vois que vous avez retenu la méthode, finit par dire ce dernier. Je pense aussi que vous avez raison. Mais j’aimerais vous demander une faveur.
Harry eut un regard interrogateur.
- Attendez que le match de Quidditch soit terminé. Il ne serait pas bon pour Gryffondor de manquer un nouveau match. Et en tant que directeur de cette maison, je dois avouer que cela me tient à cœur.
Harry n’en croyait pas ses oreilles. Qui pouvait bien se soucier du Quidditch à un moment pareil ?
Voyant son air indigné, Abel ajouta :
- Il ne faut pas oublier de vivre, Harry. Vous et vos amis l’aviez compris à la rentrée. Vous profitiez de votre temps libre pour vous détendre et vous aviez décidé d’attendre les vacances pour pouvoir chercher plus efficacement les Horcruxes. Vous travailliez tranquillement et sérieusement, vous profitiez encore de votre jeunesse. Vous devez continuer ainsi. Intéressez-vous à vos cours pour votre avenir, profitez de votre temps libre pour vous amuser avec vos amis – quand ils reviendront, car il faut garder espoir que ce sera le cas – ou encore pour reconquérir l’élue de votre cœur…
Harry le regardait, abasourdi. Il ne pensait pas qu’un Dumbledore lui donnerait de tels conseils un jour.
- Ce que vous êtes en train de me dire, c’est que je dois ne penser qu’à moi alors que Voldemort tue régulièrement des innocents ? demanda-t-il, irrité.
- Ce que je dis, c’est que vous devez certes chercher les Horcruxes, que vous devez vaincre Voldemort, mais que vous ne devez pas oublier les choses importantes de la vie. Ce sont pour ces choses que vous vous battez, ne l’oubliez pas. Y renoncer signifierait la victoire de Voldemort.
Harry comprenait ce qu’Abel essayait de lui dire. Le problème, c’était qu’il avait perdu le goût de ces choses si importantes…
- Nous en reparlerons donc après le match, reprit Abel. En attendant, vous pouvez si vous le souhaitez faire des recherches sur Hepzibah Smith. Je verrai moi-même ce que je peux faire et nous en parlerons à la réunion de l’Ordre. Mais nous ne passerons pas à l’action avant deux semaines.
Il déverrouilla la porte d’un nouveau mouvement de sa baguette.
- Bonne journée, Harry.
Harry s’avança donc vers la porte mais il fut interrompu.
- Oh, encore une petite chose, Harry.
Il ne se retourna pas mais attendit à contrecœur la remontrance. Car il sentait dans le ton grave d’Abelforth que le sujet peu gai qu’il allait aborder concernait les récents évènements.
- Ne vous reprochez pas ce qui s’est passé, vous n’êtes pas plus responsable que les autres.
Harry se retourna et regarda Abel, surpris.
- Ron, Hermione et Neville étaient vos amis ; ils ont choisi de…
- Ne parlez pas d’eux au passé ! gronda Harry, furieux. Ils ne sont pas… Ils ne vont pas…
Il avait beaucoup de difficulté à prononcer ce terrible mot.
- Pardonnez-moi, s’excusa Abelforth. Ce que je voulais dire, c’est qu’ils vous ont accompagnés de leur plein gré, parce qu’ils sont vos amis et qu’ils souhaitent vous soutenir. Vous n’auriez pas pu les protéger plus que vous l’avez fait. Si les précautions n’étaient pas suffisantes, ce n’était pas seulement votre faute, mais aussi la leur…
- C’est moi qui les aie entraînés…
- Non, ce sont eux qui ont tenu à vous accompagner, et vous n’auriez pas pu les faire changer d’avis, car leur décision était déjà prise et que ce sont des amis dévoués.
Harry ne dit rien. Il se doutait qu’il n’aurait pas pu faire changer d’avis ses amis, comme ils l’avaient prouvé plus d’un an auparavant, lors d’un voyage à dos de Sombrals… mais il aurait dû trouver une ruse, un moyen de partir sans eux, il aurait dû…
- Comme je le disais, reprit Abel, ce n’est pas seulement votre faute, mais aussi la leur, ainsi que la mienne et celle de Minerva.
- Comment ça ? s’étonna Harry.
- Elle savait que vous alliez au cimetière, et elle m’a chargé de vous suivre pour votre propre sécurité, mais sans que vous le sachiez, pour ne pas vous gêner dans votre recueillement. Par conséquent le responsable ce n’est pas vous, c’est – ou plutôt ce sont – vous, vos amis, Minerva et moi ; nous étions tous responsables de votre sécurité.
Cette révélation ne surprit pas vraiment Harry, qui ne voyait pas de quelle autre manière Abelforth aurait pu se trouver au cimetière en ce soir d’Halloween.
- Vous nous suiviez aussi le soir où l’on vous a donné Rogue ? interrogea-t-il.
- Oui, avoua Abel. Mon frère venait de nous quitter et il fallait que je vous apporte l’aide que je lui avais promis de vous donner. Tout comme vendredi soir, j’ai attendu que vous ayez vraiment besoin de moi pour me révéler, et cette fois-là je suis également intervenu bien trop tard. A Godric’s Hollow, j’avais négligé votre surveillance, et vous avez été capturés, mais j’ai réussi à deviner où ce cher Malefoy vous avait emmené. En revanche, j’ai une excuse pour ne pas être intervenu plus tôt au cimetière. Je surveillais Voldemort. Je l’avais repéré et je m’efforçais de lui mettre des bâtons dans les roues. J’ai eu du mal à ne pas me faire repérer, mais en fait, j’ai eu la très nette impression que c’était déjà fait. Mais il ne m’a pas attaqué… poursuivit-il d’un air songeur. C’est bien étrange, il aurait pourtant pu tous nous tuer s’il l’avait vraiment voulu…
Harry resta silencieux. Abel pensait-il à la même chose que lui ? Il avait en effet certaines difficultés à comprendre le comportement du Seigneur des Ténèbres, ces temps-ci…
- Monsieur ? hésita-t-il. Je veux dire, Abel…
- Oui ? demanda poliment Abelforth.
- Rogue m’a dit quelque chose d’étrange, dans le manoir des Malefoy. Il a dit que Voldemort avait fait un pari…
- Vraiment ? s’étonna Abel. Quel genre de pari ?
- Il a dit… que Voldemort prétendait que quoi qu’il arrive, il serait capable de me tuer, répondit Harry, même si je maîtrisait mes pouvoirs. Et il a aussi dit aux mangemorts de ne pas me tuer, qu’il voulait le faire lui-même, mais de m’empêcher quand même de faire ce que je tentais de faire… D’après Rogue, il veut attendre que je sois devenu un grand sorcier pour me tuer, pour son pari. On aurait dit que Rogue voulait m’entraîner, d’ailleurs… Et après, à Pré-au-Lard, Voldemort a d’abord dit que j’étais devenu suffisamment puissant, vu que j’avais réussi à envoyer sept Patronus d’un coup. Et à un moment, j’ai bien cru qu’il allait me tuer, mais son sort s’est pour ainsi dire brisé et il a dit qu’il essayerait une autre fois, quand il aurait résolu « ce petit problème de baguette »… Après il m’a forcé à lui donner son Horcruxe mais finalement il est reparti sans quand les Oubliators ont débarqué alors qu’il aurait pu leur résister, non ?
- En effet, approuva Abel, l’air perdu dans ses pensées. C’est très étrange…
- Et il a pris mon ancienne baguette, poursuivit Harry, celle qui contient une plume de Fumseck, comme la sienne. Je ne comprends pas… On dirait qu’il ne sait pas ce qu’il veut me concernant. Il fuit sans son Horcruxe et sans résister davantage, et il fuit d’ailleurs beaucoup trop souvent et rapidement pour le plus grand mage noir de tous les temps ; et pour ma baguette, il y a aussi quelque chose qui cloche. Normalement, elle n’aurait pas dû détruire son sort, non ? Elle n’aurait même rien dû faire du tout, puisque que je n’avais jeté aucun sort contre le sien.
- Tout cela est en effet extrêmement étrange, répéta Abel. Je vais y réfléchir, et en fait, nous allons tous y réfléchir. En attendant, je vous suggère de suivre mes premiers conseils : sortez et profitez de votre jeunesse.
Harry doubla le nombre de séances d’entraînement afin que l’équipe soit le mieux préparée possible pour gagner le match contre Poufsouffle. Il allait offrir la coupe à sa maison pour la quatrième année consécutive, il le voulait. Certes, Geoffrey Hooper était de plus en plus difficile à supporter mais il lui faisait bien comprendre d’un ton sec qu’il ferait mieux de se taire à chaque fois qu’il dépassait les bornes. Il n’arrivait pas à se montrer très enjoué mais il s’efforçait tout du moins à sourire quand ses joueurs montraient de belles performances. Ces sourires semblaient d’ailleurs plus vrais quand Ginny marquait des buts spectaculaires. Cette dernière lui souriait également, mais faiblement.
Il passait son temps libre de devoir ou de Quidditch (ou d’observation de Ginny discutant au loin avec ses amies ou faisant ses devoirs) à la bibliothèque. Il cherchait activement des informations sur Hepzibah Smith. Il avait feuilleté un certain nombre de livres dans le rayon historique et avait recherché des traces de la descendance d’Helga Poufsouffle. Mais il y avait beaucoup de branches différentes à explorer et cela prenait du temps.
Vendredi soir, il finit même par s’endormir sur sa table. Mais Mrs Pince ne fit pas de manière pour le chasser comme un malpropre avec son propre sac ensorcelé, lui criant aux oreilles que la bibliothèque de Poudlard n’était pas un dortoir. Harry remonta lentement les marches du château pour aller dans la salle commune. Il se sentait encore endormi et ses paupières étaient lourdes.
Quand il fut enfin parvenu au septième étage, en face de la Grosse Dame, le portrait s’ouvrit soudainement. Il fut alors bousculé par une demoiselle aux cheveux roux.
- Excuse-moi, dit-elle précipitamment avant de reprendre sa course.
Mais elle pila net et se retourna brusquement. Une fraction de seconde plus tard, Ginny Weasley poussait un hurlement de joie et sautait au cou de Harry qui avait peine à comprendre ce qui lui arrivait.
- Qu’est-ce que…
- Ils sont réveillés ! dit Ginny, les larmes aux yeux, une fois qu’elle l’eut lâché. Ils se sont réveillés ! Papa et Maman m’ont envoyé une lettre par hibou express ! Je t’ai cherché partout pour te le dire !
- Mais…, bredouilla Harry, qui n’en croyait pas ses oreilles, tu veux dire… Ron, Hermione et Neville ?
- Oui ! répondit joyeusement la jeune fille. Ils sont sortis du coma !
- Tous en même temps ? s’étonna Harry.
- Presque… Hermione s’est réveillée vers une heure du matin, Ron plus tard la nuit dernière, et Neville a ouvert les yeux il y a une petite heure.
Harry fut alors saisi d’une joie telle qu’il n’en avait pas connue depuis longtemps. Ils étaient en vie, ils allaient s’en sortir. Dans l’euphorie, il serra Ginny dans ses bras mais la relâcha très vite, se rappelant leurs dispositions actuelles. Il mourait pourtant d’envie de l’embrasser fougueusement pour fêter ce qu’il venait d’apprendre…
- Il faut aller voir McGonagall ! s’exclama-t-il, surexcité. Il faut qu’on aille les voir !
- C’est prévu, déclara Ginny, radieuse. Elle a dû recevoir une lettre elle aussi. On lui en parlera demain au petit déjeuner.
- Mais… Je n’ai pas reçu de lettre, moi ? demanda Harry. Je veux dire… ça ne m’était pas adressé aussi ?
- Euh… non, avoua Ginny.
Il y eut un silence gêné. Jamais Harry n’aurait cru se sentir un jour aussi rejeté par la famille Weasley… Il s’efforça de chasser ces pensées de sa tête.
Il souhaita une bonne nuit à Ginny et alla directement dans son dortoir, se déshabilla machinalement et se mit sous ses draps. L’important était que Ron, Hermione et Neville aillent bien… L’important était que les gens qu’il aimait soient en bonne santé et heureux, pas qu’ils l’aiment lui…
- Tu vois Potter, dit une voix glaciale et étrangement aigue, personne ne t’aime !
- Taisez-vous ! répliqua sèchement Harry.
- Crois-tu toujours autant en l’amour ? interrogea Lord Voldemort. Crois-tu toujours que c’est ce qu’il y a de plus fort ? Ouvre les yeux : ça ne te rapporte rien d’aimer ces traîtres à leur sang !
- Je ne veux pas que ça me rapporte quelque chose…, marmonna Harry.
- Encore un de ces héros nobles et courageux qui ne veulent rien en échange de tout ce qu’ils donnent…, ironisa Voldemort. Et pourtant, quand tu aimes quelqu’un, c’est bien que ça t’apporte du bonheur, Potter ! Or cela te rend triste… L’amour ne rend pas définitivement heureux, Potter. Il ne suffit pas d’aimer pour tout vaincre…
- Non ! répliqua fortement une autre voix, la voix de Ginny… Il faut aussi être aimé pour être heureux ! Mais c’est en aimant sincèrement qu’on a les meilleures chances d’être aimé à son tour. Il ne faut pas perdre espoir, il faut se battre pour obtenir ce que l’on veut ! Le pouvoir seul n’apporte pas le bonheur… L’amour ne déroge pas à la règle… Mais c’est celui dont il faut se servir pour être réellement heureux… C’est le plus puissant des pouvoirs…
Petit à petit, Harry percevait une autre voix derrière celle de son ancienne petite amie, une voix grave et douce, celle de Dumbledore…
- Le pouvoir de vaincre Voldemort, le pouvoir d’être heureux, tu les as, Harry… C’est le même… Mais il faut agir en ces deux sens pour obtenir les deux… La solution se trouve en toi…
Harry rouvrit les yeux. Il était toujours dans son lit à baldaquins, et il s’aperçut rapidement qu’il avait tout simplement fait un rêve. Un rêve non dénué de sens, cependant… Songeant à bien des choses, il se retourna et replongea dans un sommeil peuplé de rêves bien trop beaux pour être réels…
Le lendemain, Harry et Ginny s’approchèrent du centre de la table des professeurs mais dès qu’ils furent assez proches pour l’entendre, McGonagall leur ordonna sur un ton sec d’aller prendre leur petit déjeuner. Mais Harry remarqua un tressaillement de sourire ainsi qu’un très léger clin d’œil. Ils se rassirent donc à leurs places et mangèrent de bon cœur, sachant qu’ils allaient bientôt revoir leurs amis en bonne santé. Ils mirent le plus de temps possible pour mâcher et avaler leur premier repas de la journée, en prenant bien soin d’espacer chaque bouchée, la plus petite possible, de dix bonnes secondes. La méthode paya et la Grande Salle se vida complètement d’élèves et de professeurs, ne laissant que Harry, Ginny et le professeur McGonagall.
Cette dernière se leva de son dossier d’or, les appela et les invita d’un signe de la main à s’approcher.
- Nous nous rendons à Ste Mangouste sur le champ, dit-elle quand ils l’eurent rejointe. Nous allons transplaner. Harry, je pense que vous pouvez escorter Miss Weasley ?
- Oui, Madame, répondit Harry.
- Et bien commençons par sortir de l’enceinte.
Ils se hâtèrent donc de franchir les portes de chênes puis le portail de Poudlard. Arrivés là, McGonagall lança un regard appuyé à Harry qui savait ce qu’il avait à faire. Gêné, il dit à Ginny :
- Euh… Il faut que tu t’agrippes à mon bras pour que je puisse te faire transplaner avec moi.
- D’accord, répondit la jeune fille, impassible.
Elle prit le bras de Harry qui sentit une forte pression. Il aurait aimé que cette pression signifie autre chose, il aurait aimé pouvoir prendre ses récents rêves pour la réalité…
Il chassa ses idées déprimantes, se concentra sur le hall de Ste Mangouste, et pivota. Il eut de nouveau cette impression désagréable d’être comprimé par du caoutchouc puis il rouvrit les yeux. Il vit l’endroit qu’il avait imaginé, mais en beaucoup plus encombré. Il jeta un coup d’œil à Ginny qui semblait pâle.
- Ca va ? s’inquiéta-t-il.
- Oui, répondit Ginny. C’est juste que… c’est très inconfortable, pour ne pas dire horrible.
Harry aurait peut-être éclaté de rire à une époque, mais cette fois, il ne parvint qu’à sourire : outre la réjouissance de revoir ses amis, il allait sûrement être confronté aux Weasley…
Ils grimpèrent les marches jusqu’au premier étage et entrèrent dans la salle Dai Llewellyn. Les lits de Ron, Hermione et Neville se trouvaient juste en face, côtes à côtes.
Ron leva la tête.
- Harry ! s’exclama-t-il. Ginny ! Oh… Bonjour, professeur, rajouta-t-il poliment.
- Bonjour, Ronald, dit dignement McGonagall.
Harry donna une accolade de frère à ses amis, imité par Ginny. Mais il eut du mal à continuer de sourire : ces quatre jeunes patients étaient d’une blancheur affligeante, et leurs gestes paraissaient lents et faibles.
Hermione dut deviner l´anxiété de Harry car elle s’empressa de dire :
- Ne t’inquiète pas si nous n’avons pas l’air très en forme. Il nous faut encore prendre des potions de Régénération sanguine à chaque repas, mais on devrait être totalement sur pieds demain. On pourra peut-être revenir lundi prochain, d’ailleurs, ajouta-t-elle joyeusement.
- Ce qui veut dire qu’on va reprendre les cours, dit tristement Ron.
- Mais…, bredouilla Neville, paniqué, comment va-t-on faire ? On a manqué une semaine de cours et en septième année…
Harry le rassura en leur expliquant qu’il avait pris des notes pour eux.
- Merci beaucoup, Harry ! dit Hermione, rayonnante. C’est très gentil d’avoir aussi pensé aux Runes et à l’Arithmancie.
Tout d’un coup, elle semblait reprendre des couleurs, et cela amusait beaucoup Ron.
Après un instant pendant lequel personne ne trouva rien à dire, Harry décida de se débarrasser tout de suite du plus désagréable.
- Est-ce que… Est-ce qu’on vous a dit pour Lupin ? demanda-t-il tristement.
- Oui, répondit Neville, soudainement sombre. Mrs Weasley en parlait à Ron et Hermione quand je me suis réveillé. Autant dire que le cauchemar que je faisais se poursuivait dans la réalité…
Hermione cligna des yeux avec frénésie, et Harry vit dans le regard de Ron ce qu’il pensait être une envie de pouvoir la serrer dans ses bras. « Au moins, lui, il pourra de nouveau le faire quand il sera levé… » pensa Harry.
- C’est vraiment horrible, dit piteusement Ron. Quand je pense qu’on le croyait mort depuis presque un mois et qu’il n’est vraiment mort que quand on s’est rendus compte qu’il était vivant…
- Je me demande ce qui lui est arrivé…, dit Hermione.
- Des savants sorciers étudient la question en ce moment même dans cet hôpital, Hermione, répondit McGonagall d’un air pincé. Et bien sûr, sans aucun respect de l’avis des proches. Je vais devoir vous laisser, rajouta-t-elle. Avec des cours, une école et une association de lutte contre le mal à diriger, on est toujours très occupé. Ronald, Hermione, Neville, je suis heureuse de vous revoir vivants et en bonne santé. Miss Weasley, vos parents vont venir vers midi. Ils trouveront un moyen de vous ramener vous et Harry – et ne vous en faites pas, je ne les prends pas en traître, ils sont prévenus. Au revoir tout le monde.
Les cinq élèves saluèrent poliment leur directrice puis reprirent leur conversation. Harry essayait de ne pas penser au moment ou il verrait les Weasley…
Ils s’emportèrent contre Scrimgeour à cause de Lupin puis finirent par changer de sujet. Harry et Ginny racontèrent aux alités ce qui s’était passé pendant qu’ils étaient dans le coma. Il n’y avait pas grand-chose à dire, seulement que la machine à rumeur tournait à plein régime (« Il fallait s’y attendre ! s’exaspéra Hermione ») et que le match avait été reporté. Harry ne parla pas de ses craintes concernant les Weasley.
Tout le monde éclata de rire et Harry préféra ne rien répondre.
Peut-être aimait-il cela, en effet… Mais il n’éprouvait aucun plaisir quand Voldemort assassinait ou faisait tuer ses proches. Il voulait le combattre à cause de cela, mais était-il influencé par les horribles évènements qui se produisaient ou souhaitait-il réellement faire partie des Aurors ? Etait-ce la passion de toute une vie de lutter contre la magie noire ou le désir d’agir face aux Mangemorts ?
- Qu’est-ce que tu en penses, Harry ?
Il émergea de ses pensées.
- Comment ?
- Tu es sûr que tu es toujours avec nous ? moqua Ginny. On se demandait qu’est-ce qui conviendrait le mieux à Ron comme métier, résuma-t-elle.
- Oh… Je ne sais pas, dit Harry, embarrassé, c’est à lui de décider… Qu’est-ce que tu veux faire, toi ? questionna-t-il en se tournant vers son meilleur ami.
- Monsieur ne sait pas, répondit Hermione à la place de son petit ami, mi-exaspérée, mi-amusée.
- Enfin…, bafouilla le premier concerné, je pensais… j’envisageais la voie des Aurors, comme Harry…
- Tu n’es pas obligé de faire la même chose que lui, même si c’est ton meilleur ami, fit remarquer Hermione.
- Je le sais bien ! répliqua Ron. J’y pense, c’est tout… Et toi, Ginny ? demanda-t-il, voulant détourner la conversation vers quelqu’un d’autre.
- Je veux aider à combattre Voldemort et ce genre de personnes, qui répandent le mal autour d’eux, déclara-t-elle fermement.
- Toi aussi tu veux être Auror ? s´hébéta Neville.
- Oh non, pas forcément, il existe plein d’autres métiers qui permettent de lutter contre les êtres malfaisants.
- La brigade de police magique, par exemple, suggéra Harry, songeur.
- Oui, mais aussi toutes les professions du Département de la justice magique, et les guérisseurs de Ste Mangouste, ajouta Ginny.
- Quel métier veux-tu exercer, Neville ? interrogea Hermione.
- Moi ? dit Neville, apparemment inquiet que l’on lui pose la question. Euh… j’ai déjà pensé à être Auror aussi, mais… je n’ai pris que trois matières pour les ASPIC alors je ne pourrai pas avoir cinq « Effort Exceptionnel »…
- Tu n’es pas obligé d’être Auror, rassura Hermione, un brin irritée, on dirait que Harry a lancé une mode ! Et puis tes talents se trouvent ailleurs, de toutes façons, ajouta-t-elle un sourire en coin. Qu’est-ce que tu fais de la Botanique ? Tu as toujours été passionné par les plantes magiques.
- Oui, c’est ce que j’aimerais faire, admit Neville en regardant ses draps, mais ce n’est pas très utile…
- Comme l’a dit Ginny, beaucoup de choses peuvent être utiles, dit Hermione. Les plantes ont des propriétés bénéfiques contre certaines maladies magiques ou dans des empoisonnements.
Un peu consolé par ces paroles, Neville eut un pâle sourire. Ron prit alors la parole :
- Et toi, Hermione, dit-il avec un plaisir vengeur, qu’est-ce que tu comptes faire comme métier ?
Sa petite amie ne parut guère contrariée par la question. Elle répondit sur un ton neutre :
- Et bien sans aucun doute, je veux combattre Voldemort ou aider à le faire, mais je ne compte pas en faire mon métier, déclara-t-elle. Il existe des tas de domaines variés et intéressants. Déjà, au ministère de la magie, il y a les Départements de la justice magique, de la coopération magique internationale… et le Département de contrôle et de régulation des créatures magiques, ajouta-t-elle, tout d’un coup très enthousiaste.
Les quatre autres échangèrent des regards éloquents : ils savaient tous qu’Hermione songeait à la S.A.L.E, son association qui ne comptait qu’un seul membre véritable (Hermione elle-même) et qui avait pour but d’aider les elfes à obtenir des droits, ce que la très grande majorité de ces derniers refusaient catégoriquement – ce que la jeune femme refusait d’admettre.
- Et puis il y a le domaine de la recherche, dit-elle après un court instant de silence (rêveur pour elle, embarrassant pour Harry, Ron, Neville et Ginny). Au Département des mystères par exemple ; je n’ai jamais vu un endroit aussi rempli de questions fondamentales que les humains se posent depuis la nuit des temps… Bien sûr, je n’y ai pas de très bons souvenirs, s’empressa-t-elle d’ajouter en voyant l’expression sinistre de Harry. Et en dehors du ministère, il existe encore tellement de carrières possibles…
Ils se plongèrent tous les quatre dans leurs pensées. Harry se demandait si, comme lui, ils envisageaient autre chose que leur carrière ; si comme lui, ils songeaient à leur vie sociale, leur vie privée, à une éventuelle famille…
Il était certes un peu jeune et même s’il espérait toujours autant pouvoir un jour ressortir avec Ginny, il n’en était pas encore à vouloir faire sa vie avec elle. Même s’ils se remettaient ensembles, l’avenir restait incertain. Pour l’instant, cependant, quand il entrevoyait le futur, il apercevait de longs cheveux roux vifs… Mais il n’avait que dix-sept ans et il savait qu’il lui faudrait une bien plus grande expérience de la vie avant d’avoir une femme, des enfants, et un métier.
Ron finit par rompre le silence en se plaignant des conditions de vie de l’hôpital. Selon lui, être enfermé avec des dizaines d’autres sorciers, être surveillé tous les jours en permanence et ne pas avoir de vie privée ne constituait pas une vie épanouissante. Ils parlèrent des victimes d’attaques de diverses créatures que les guérisseurs de plus en plus débordés devaient soigner en permanence.
- Cet enfant a été attaqué par un serpencendre, dit tristement Hermione en indiquant d’un signe de tête un lit entièrement entouré d’un rideau rouge. Les guérisseurs n’ont pas pu dire à ses parents si ses brûlures pourraient être guéries ou non…
Une vingtaine de minutes plus tard, Mr et Mrs Weasley entrèrent dans la salle Dai Llewellyn. D’abord rayonnants de voir que Ron, Hermione et Neville avaient repris des couleurs, ils parurent un peu gênés en apercevant Harry et Ginny. Ils demandèrent aux trois patients comment ils se sentaient après que Mrs Weasley eut embrassé chacun d’eux ; à sa grande surprise, Harry eut également le droit à une étreinte – une étreinte chaleureuse et non froide comme il le craignait.
- Je suis vraiment soulagée, déclara-t-elle. J’avais encore tellement peur, vous étiez si pâles hier…
- Molly, dit Mr Weasley, je crois que je devrais ramener Harry et Ginny à Poudlard.
- Oui, tu as raison. Vos amis doivent vous attendre. Enfin je… Excuse-moi, Harry, s’empressa-t-elle de dire. Mais tes amis vont également revenir très bientôt, rajouta-t-elle avec un grand sourire.
Ils se dirent au revoir, et Harry et Ginny faillirent une nouvelle fois se faire étouffer par Molly Weasley. Son mari arriva à temps pour les sauver et descendit au rez-de-chaussée avec eux. Il laissa Harry escorter sa fille et ils transplanèrent vers Poudlard. Ils furent soudain caressés par une légère brise à l’odeur de nature en face du portail.
- Où est Rusard ? se demanda à voix haute Mr Weasley. Normalement il devait nous attendre…
En effet, quelques instants plus tard, le concierge, accompagné de jurons prononcés à voix basse et d’autres paroles inaudibles (« Comme si je n’avais rien d’autre à faire que de m’occuper de la circulation de gamins… ») et de son souffle de buffle, déverrouillait la serrure.
- Et bien je vais vous laisser, dit Mr Weasley en continuant d’observer Rusard avec inquiétude. Ron, Hermione et Neville devraient revenir à temps pour le premier cours du lundi matin. Peut-être même (il baissa la voix et se pencha vers l’oreille de Harry) qu’ils pourront participer à la réunion.
Il leur fit un clin d’œil avant de transplaner à nouveau.