pour le double message ![]()
génial !! ! fantastique !! !
magnifique
superbe comme toujours!
carrement tro bien !!
vous 4 (je sais, je ne varie pas beaucoup mes messages, lol^^).
Allez, le chapître 15
, bonne lecture^^ :
15
Réflexions
Harry, Ron, Hermione et Neville furent abasourdis.
- Comment !? s’exclama Ron.
Même Hermione, qui était restée renfermée depuis que Harry l’avait revue, leva la tête, les yeux grands ouverts ; Neville semblait très impressionné et Ron restait bouche bée.
- Je viens de vous demander à tous les quatre, Mr Weasley, ce que vous diriez de rentrer dans l’Ordre du Phénix, répéta McGonagall avec une pointe d’impatience dans la voix.
Hermione, Ron et Neville regardèrent Harry. Ce dernier regardait le mur qui lui faisait face, quelque part à gauche du professeur McGonagall, sans le voir, perdu dans ses pensées…
Il avait toujours souhaité appartenir à l’Ordre mais on le lui avait toujours refusé, jusqu’à présent. Il fallait être majeur, avoir terminé ses études… Et maintenant, c’était le professeur McGonagall, l’une des sorcières les plus sérieuses et strictes qu’il connaissait, qui le lui proposait. Si elle lui demandait, elle qui aurait certainement été la dernière personne à pouvoir l’accepter dans l’Ordre autrefois, c’était que lui et les autres devaient vraiment le mériter, qu’elle reconnaissait leur importance et qu’ils avaient gagné le droit de participer autant que les autres, même aux yeux des sorciers adultes (enfin adultes depuis plus longtemps qu’eux).
Mais Harry le souhait-il toujours autant ? Certes, il l’avait ardemment désiré pendant sa cinquième année, puis il avait nettement été refroidi par la mort de Sirius ; ensuite, Dumbledore était mort et il avait perdu… tout son entrain. Il ne voulait plus trouver les horcruxes que par devoir, et pour se venger, aussi. Il avait quelque peu retrouvé sa motivation au cours des mois qui avaient suivi mais ce n’était plus la même chose… Il avait voulu rentrer dans l’Ordre pour se lancer dans l’action, être utile, mais maintenant… Maintenant c’était plus un « devoir civique ». Il devait vaincre Voldemort pour le salut du monde des sorciers, et même de l’humanité toute entière. Mais après tout…
Oui, après tout, sa nouvelle motivation était celle de tout membre de l’Ordre du Phénix qui se respectait, celle des sorciers majeurs, ceux qui avaient achevé leurs études…
- Bien sûr, je vous laisserai du temps pour y réfléchir et pour en discuter entre vous.
Harry sursauta. Il en avait presque oublié qu’il était dans le bureau du professeur McGonagall en compagnie de cinq autres êtres humains. Il acquiesça d’un signe de tête. Il y eut un bref silence, puis…
- Professeur, quel serait notre rôle au sein de l’Ordre si jamais nous acceptions ?
C’était Hermione qui avait posé la question. Elle ouvrait la bouche pour la première fois depuis que Harry l’avait revue, et il n’était pas sûr qu’elle eût beaucoup parlé non plus pendant qu’il était à l’hôpital, d’après le regard hésitant que lui lança Ron, le seul que, d’après Neville, Hermione avait autorisé à rester avec elle. Cette dernière avait toujours les yeux rougis, mais son regard avait le sérieux, la politesse, et le « professionnalisme », et surtout l’hermionisme habituels de la meilleure des anciens élèves de Poudlard.
- Et bien… Disons que vous formeriez une nouvelle branche de l’Ordre, une branche qui aurait une tâche… bien précise. Seulement cette fois, vous aurez des moyens à votre disposition ; vous pourrez par exemple demander l’aide de certains membres de l’Ordre pour vos missions. Vous participeriez également à nos réunions, ce qui vous donnerait une idée bien plus précise et proche de la réalité que celle que vous avez pour l’instant. Vous connaîtrez la situation exacte de notre monde, vous pourrez savoir à quoi vous attendre, et vous pourrez même envisager ce que prépare Vous-Savez-Qui. Bref, vous saurez où et quand frapper, vous aurez les moyens d’élaborer une stratégie, et ce, avec l’aide des membres de l’Ordre. Ai-je besoin de préciser que tout ceci vous ferait une situation bien plus avantageuse que celle que vous aviez dans cette petite chambre d’hôtel moldue, sans savoir comment avancer dans votre mission, et pouvant vous faire surprendre à tout moment, comme l’a prouvé votre capture par Drago Malefoy, l’agression de Neville, toujours par Drago Malefoy, et enfin le fait que vous ayiez été pris au piège par Vous-Savez-Qui, Harry ?
Harry échangea un regard avec ses amis qui, pour il ne savait quelle raison, semblaient inquiets, puis se tourna à nouveau vers son interlocuteur.
- Nous… Nous allons y réfléchir, professeur, répondit Harry.
- Bien sûr, dit McGonagall. Mais essayez de ne pas me faire trop attendre, Harry, car j’ai d’autres affaires assez importantes à régler ; des affaires qui pourraient changer bien des choses pour l’Ordre et pour… d’autres personnes. Et il serait peut-être préférable que je sache si vous voulez en faire partie avant de faire… ce que j’ai à faire. Quoi qu’il en soit, je vous souhaite à tous les trois une bonne nuit de sommeil pour réfléchir à tout ceci.
Elle se leva et raccompagna le quatuor passablement désorienté par les phrases énigmatiques du professeur à la porte.
Une fois parvenus à l’ancienne salle commune des Gryffondor, ils prirent place dans des fauteuils défoncés mais confortables, et proches du feu. Ils demeurèrent silencieux pendant quelques instants, chacun étant plongé dans ses pensées, sauf Hermione qui jetait de temps à autres un coup d’œil pénétrant à Harry qui lui faisait face.
- Vous croyez qu’elle sait ? finit par demander Neville, rompant ainsi le silence devenu de plus en plus pesant.
Cette fois, le coup d’œil d’Hermione se prolongea dans un regard plus perçant que jamais. Et soudain, Harry comprit d’où venait l’inquiétude de ses amis, il aurait dû y penser plus tôt…
- Oui, répondit-il, elle sait pour la prophétie. Elle a entendu ma conversation avec Ginny l’autre jour.
Sous le regard effaré des autres, il ajouta :
- Mais elle m’a assuré qu’elle ne ferait rien pour m’empêcher de faire ce que j’avais à faire. Dumbledore lui avait légué une lettre dans laquelle il lui disait de ne pas s’opposer à ce que je prenne… une part active dans le combat. En fait, je m’attendais à ce qu’elle soit beaucoup plus réprobatrice, mais on dirait qu’elle a compris que ce que nous faisons est sérieux et que les actions de l’Ordre n’ont aucun intérêt si nous n’arrivons pas à… accomplir notre mission. Sinon, elle ne nous aurait pas proposé de rejoindre l’Ordre, vous ne croyez pas ?
- Je ne pense pas qu’elle veuille nous dissuader de pourchasser Voldemort, Harry, dit Hermione. Mais d’après ce que tu nous as rapporté l’année dernière, Dumbledore avait l’air de penser que moins il y avait de personnes au courant, mieux ce serait.
- Je le sais bien, répliqua Harry, mais je n’y peux rien si McGonagall écoute aux portes, non ?
- Je ne dis pas que c’est de ta faute, assura Hermione, mais un peu trop de gens sont mis au courant, ces temps-ci, tu ne trouves pas ? D’abord, tu l’as dit à Ginny – je sais, tu devais lui dire pour qu’elle comprenne qu’elle devait rester à l’écart – et McGonagall t’a entendu, ce qui me déçoit quelque peu de sa part, je n’aurais jamais pensé qu’une sorcière comme elle s’abaisserait à écouter aux portes. Ensuite, tu l’as dit à Neville, ce qui est normal, puisqu’il était sur le point de nous accompagner à la chasse aux horcruxes. Et tu l’as dit à Ron et à moi bien avant cela, et je considérerai comme une insulte que tu ne nous l’aies pas dit, d’ailleurs. Ce qui nous donne en tout, en plus de toi qui est le premier concerné, cinq personnes qui savent que toi seul peux tuer Voldemort, et trois qui savent que tu essayes de détruire les fragments dispersés de son âme.
- Je te signale que tu viens de me donner raison pour chaque personne à qui j’ai révélé (que ce soit volontaire ou non) la prophétie ou les horcruxes. Alors où veux-tu en venir, exactement ?
Ron et Neville avaient l’air tout aussi déconcertés que lui, mais apparemment, ils n’osaient rien dire.
- Et bien… je crois que même si la proposition du professeur McGonagall est très alléchante, cela impliquera certainement que tu vas devoir parler de tout ça avec les autres membres de l’Ordre.
Il y eut un silence. C’était pourtant vrai, s’il rentrait dans l’Ordre, on lui demanderait sûrement de dire en quoi consistaient ses « missions pour l’Ordre », auquel cas il ne pourrait que refuser.
- Je ne peux pas, dit-il.
Hermione approuva d’un signe de tête et Neville prit un air déçu mais résigné : après être rentré dans l’équipe de Harry pour tuer Voldemort, il avait sans doute été très excité par l’éventualité de faire partie du légendaire Ordre du Phénix. Ron, lui, parut choqué.
- Alors on va refuser ? s’exclama-t-il en se levant d’un bond. On va renoncer à l’aide de l’Ordre alors qu’on sait très bien qu’on a aucune chance tous seuls !
- On n’a pas le choix ! répliqua Harry.
- Bien sûr que si ! Si McGonagall comprend l’importance de ce qu’on essaye de faire, elle doit aussi comprendre que tu ne peux rien dire, j’en suis sûr ! C’est ce qu’elle a fait quand on est partis, mardi dernier.
- C’était avant qu’elle nous demande d’entrer dans l’Ordre, fit remarquer Hermione d’une voix hésitante. Cette fois, il se peut qu’elle réclame des explications sur ce qu’on fera, et je dois dire qu’elle serait dans son droit.
- Ce n’est pas sûr, dit Harry qui avait attentivement écouté son meilleur ami. Je pense… qu’on devrait accepter.
- Harry… fit Hermione.
- Mais à une condition, ajouta-t-il, qu’elle nous autorise à cacher certaines choses. Ron a raison, nous avons besoin d’aide. Et de toutes façons, si les membres de l’Ordre refusent notre participation si nous ne leur disons rien, nous n’aurons qu’à nous retirer. L’Ordre du Phénix n’est pas comme l’Ordre des Ténèbres : on peut le quitter sans se faire tuer.
Ron se rassit ; Hermione parut hésiter, puis acquiesça d’un signe de tête ; l’expression de Neville passa de la déception au soulagement.
- Je suis crevé, finit par dire Harry. Je crois bien que je vais monter et passer une bonne nuit de sommeil, ajouta-t-il en se levant.
- Bonne idée, approuva Neville.
Ils se levèrent tous les deux et se dirigèrent vers le dortoir des garçons, mais ni Ron ni Hermione ne bougèrent.
Harry commença à grimper les marches de pierre. Il était à mi-chemin du dortoir quand une main se referma sur son épaule. Il se retourna et vit… Ginny. Neville s’empressa de dépasser et distancer le couple.
Quand son ami fut suffisamment éloigné, se soumettant à une soudaine pulsion qu’il n’avait pas la force de réprimer et que Ginny semblait avoir également, il enlaça sa petite amie et ils s’embrassèrent pendant cinq bonnes secondes, puis ils se relâchèrent.
- Décidément, dit Harry en souriant, j’aime de plus en plus ta nouvelle manière de me dire bonjour.
- Cette fois, c’est toi qui m’a embrassée, fit remarquer Ginny en haussant les sourcils.
- Tu n’as pas dit non, répliqua Harry.
- C’est vrai, admit la jeune fille. Je suis contente de pouvoir passer un peu de temps avec toi.
- Ginny…
- Quoi ? Voldemort ne peut pas nous atteindre, ici. Et d’ailleurs, on dirait que tu n’as pas sérieusement envisagé la possibilité qu’il aurait pu te surprendre dans l’escalier des dortoirs des garçons de Gryffondor, rajouta-t-elle d’un ton amusé.
Harry fut un peu surpris de cette réponse. Il était vrai que les dispositifs de sécurité mis en place pour protéger le quartier général de l’Ordre en faisaient un endroit propice à ses ébats amoureux. A Poudlard, il n’avait pas peur d’embrasser Ginny. Il l’avait même laissé l’étreindre à Ste Mangouste le matin même. Il se rendait soudainement compte que la résolution qu’il avait prise deux mois plus tôt n’avait pas été très respectée, et il ne savait pas vraiment s’il en était heureux ou non…
- Et puis… Peut-être que nous nous retrouverons plus souvent à Poudlard que tu ne le crois, dans les prochains mois, annonça Ginny.
- De quoi tu parles ? s’étonna Harry. Pourquoi est-ce qu’on serait plus souvent tous les deux ici ?
- Ca dépendra beaucoup de toi, et de ce que tu veux vraiment, et aussi de ta tendance à protéger les gens contre leur gré. En tout cas, on en reparlera plus tard, parce que je suis certaine que tu ne seras pas d’accord sur certaines choses, même si tu acceptais de rester.
- Mais enfin, de quoi tu parles ? répéta Harry.
- McGonagall veut que ça reste secret. Mais réfléchis et tu comprendras peut-être. Bonne nuit, Harry.
Et sur ces mots, elle déposa un nouveau baiser sur les lèvres d’un Harry déconcerté et elle se mit à dévaler l’escalier en colimaçon.
Harry se dit que les gens avaient décidément un comportement bizarre, depuis qu’il s’était réveillé : Dobby qui venait lui faire des reproches (il les avaient mérités mais c’était quand même étrange de la part de l’elfe habituellement si soumis et dévoué), le ministère qui osait lui envoyer Ombrage et dont les aurors le recherchaient peut-être pour avoir pratiqué des activités de mangemort (lui, Harry Potter, c’était quand même un comble !) , Ginny et ses allusions sur une éventuelle relation de longue durée à Poudlard, ce qui était certes alléchant… Et McGonagall ! Il avait complètement oublié la vieille femme et ses propres allusions sur des affaires pouvant affecter l’Ordre qu’elle présidait. Avec Ron, Hermione et Neville, ils n’avaient discuté que de la possibilité de faire partie de l’Ordre du Phénix, encore une proposition alléchante.
Quand il voulut se déshabiller pour enfiler son pyjama, il se rappela que sa valise était restée à Ste Mangouste avec toutes ses affaires. Neville lui prêta un des siens, certes un peu petit pour lui mais il ne fit rien remarquer et remercia son ami joufflu. Il se coucha et mit un certain temps avant de trouver le sommeil.
Il était avec Ginny, dans la salle de bain des préfets. Tous deux étaient en maillots de bain et ils s’embrassaient sans cesse avec des gestes de plus en plus osés…
Puis tout à coup, il y eut un brusque bruit d’air déplacé et une lumière verte éblouissante. Il vit alors avec horreur sa petite amie tomber dans l’eau, les yeux vides, et il remarqua qu’elle n’était pas seule. Des dizaines d’autres cadavres gisaient au fond de la baignoire aussi vaste qu’une piscine. Il reconnut ceux qui étaient les plus près de lui : ses parents, Cedric, Sirius, Dumbledore, Lupin, les parents d’Hermione, et d’autres qui n’auraient pas dû y être… En effet, il voyait la famille Weasley au grand complet, avec Fleur, Hermione, Neville… En réalité, tous ceux que Harry avait connus dans sa vie, amis ou ennemis, se trouvaient morts dans cette baignoire réservée aux préfets. Il poussa alors un long cri déchirant, plein de désespoir.
- Je te l’avais dit, Potter, dit une voix glaciale et cruelle, je te l’avais dit que tu mourrais.
Harry se retourna vers la porte et vit Lord Voldemort qui marchait vers lui, la baguette levée, un sourire satisfait au lèvres.
- Mais avant, je vais m’amuser avec toi. Je vais tuer tous ceux que tu aimes, je vais tuer tout le monde, et tu seras seul. Ensuite, je te torturerai… Oui, tu m’amuses beaucoup, Harry, dit-il. Tu ne peux plus grand chose, et nous ne ferons pas de grand duel, car tu es trop faible pour me vaincre. Mais en compensation, je vais m’amuser en te torturant… mais lentement, sans me presser, et donc sans le Doloris. Je vais te torturer d’une manière qui se rapproche de la méthode moldue, en te blessant, en te brisant… mais avec ma baguette, bien sûr.
Le Seigneur des Ténèbres éclata alors de son rire suraigu dépourvu de joie et les os de Harry se brisèrent, sa peau se déchira et son sang jaillit à flots. Il poussa des hurlements, des cris qui percèrent ses poumons, qui le vidèrent de toute vie, de toute force, de toute chose…
Et l’eau prit une teinte rouge.
Harry hurla de toute la force de ses poumons, il avait l’impression que sa peau se déchirait de toutes parts. Son corps se tordait presque contre son gré dans le lit du dortoir de Gryffondor. On poussait des cris à côté de lui, des cris de filles mais aussi d’hommes…
- Harry ! HARRY ! Harry, réveille-toi ! REVEILLE-TOI !! !
- Harry, qu’avez-vous !?
- CALME-TOI, HARRY !
Mais il n’y parvenait pas, la douleur était trop forte, et la terreur… On était en train de le détruire de l’intérieur, et tout allait être détruit autour de lui… Ces gens devaient partir, cesser de se trouver en sa présence, ou ils allaient mourir et tomber dans l’eau…
- EXDOLORIS !! !! s’exclama une voix grave, mais rien ne se produisit.
Il devait leur faire comprendre, les faire partir, mais il ne parvenait qu’à crier de plus belle, et d’ailleurs, ils ne l’écoutaient pas, ils semblaient se disputer entre eux. Puis soudainement, les voix se turent et la voix grave mugit de nouveau :
- ENERVATUM !!
Et brusquement, la douleur disparut et Harry vit très nettement Ron, Hermione, Neville, Ginny, ses parents, le professeur McGonagall et Abelforth Dumbledore autour de son lit à baldaquins. Abelforth était le plus près et il baissa sa baguette qu’il avait pointée sur la poitrine de Harry. Ce dernier avait l’esprit embrouillé, il avait du mal à se rappeler les quelques secondes qui avaient précédé ce retour violent dans le monde réel. Il se trouvait dans son lit, couvert de sueur, sans savoir pourquoi.
- Harry, est-ce que ça va, mon chéri ? demanda timidement Mrs Weasley.
Tout le monde le regardait d’un air alarmé et extrêmement inquiet.
- Je… bredouilla Harry. Je ne sais pas, je… Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Ca fait dix bonnes minutes que tu t’es mis à crier comme un dingue, mon vieux, dit Ron d’un air anxieux. Neville est allé chercher McGonagall et tu as réveillé les filles avec tout le boucan que tu faisais.
- Je n’ai pas réussi à vous réveiller ni à vous calmer alors je suis partie chercher Abel, expliqua McGonagall.
- Vous avez fait un cauchemar, n’est-ce pas ? interrogea Abelforth.
Harry confirma d’un signe de tête. Il commençait à rassembler des bribes de souvenirs qui contenaient une piscine remplie d’une foule de cadavre…
- Un simple cauchemar ? répéta McGonagall. Mais pourquoi ne pouvait-il pas se réveiller ?
- Il y a des cauchemars qui ne veulent pas toujours nous laisser en sortir, d’après ce que disait mon cher frère, déclara Abelforth. Nous devrions peut-être laisser ces jeunes gens et nous même récupérer de nos frayeurs avec une bonne nuit de sommeil.
- Oui, c’est vrai, approuva Arthur Weasley, allons nous recoucher.
Tout le monde souhaita une bonne nuit à Harry, non sans continuer de paraître inquiet, sauf Abelforth, Neville, Ron, Hermione et Ginny.
- Il faudra que l’on se voie et qu’on se parle, plus tard, Harry, dit Abelforth.
- D’accord, acquiesça Harry.
- Et bien, à la prochaine.
Sur ces mots, le frère de Dumbledore sortit et donna le champ libre aux questions qui bouillonnaient en Ron.
- Est-ce que c’est ta cicatrice ? demanda-t-il à la seconde même où Abelforth avait refermé la porte. C’est ça, le cauchemar que tu as fait ? Une vision de ce que fait Tu-Sais-Qui ?
- Non, répondit Harry.
- Alors qu’est-ce qui t’es arrivé pour que tu cries comme ça ? s’étonna Ron.
- J’ai juste fait le rêve le plus horrible de toute ma vie, et ça n’a… rien à voir avec Voldemort, mentit-il.
Les bribes de ce qui s’était passé dans son sommeil et son semi réveil si bruyant s’étaient assemblées et avaient clarifiées sa mémoire. Il savait qu’il était faux de dire que son cauchemar n’avait rien à voir avec Voldemort vu que la terreur qu’il avait ressentie en provenait directement, même si ça n’avait certes aucun rapport avec les rêves causés par sa cicatrice, car comme Dumbledore le lui avait expliqué un an auparavant, Lord Voldemort utilisait désormais l’occlumancie contre Harry pour l’empêcher de pénétrer dans son esprit. Sa terreur l’avait submergée ce soir, la terreur inscrite en lui depuis sa dernière rencontre avec le mage noir.
- Si ça ne vous ennuie pas, j’aimerais dormir, dit-il. Je n’ai pas très envie de parler maintenant.
- OK, dit Ron.
Ils se souhaitèrent encore une fois une bonne nuit et les filles quittèrent le dortoir. Ron et Neville retournèrent dans leurs lits silencieusement.
Harry se rendait compte que tout le monde trouvait son comportement très étrange, mais il n’y pouvait rien si le défi impossible que lui avait lancé le plus puissant des sorciers, il y a de cela seize ans, lui inspirait une telle panique que ses cauchemars traduisaient. Il ne savait pas s’il pourrait garder ses sentiments pour lui indéfiniment, jusqu’à ce que sa confrontation finale avec Lord Voldemort ne survienne, jusqu’à ce qu’il ne meure… Il ne savait même pas s’il allait poursuivre sa recherche des horcruxes. Après tout, si Voldemort était trop puissant pour être tué, quelle était l’utilité de le rendre mortel ? Et intégrer l’Ordre du Phénix n’aurait aucun intérêt non plus. Allait-il se battre jusqu’au bout comme ses parents ou ne tenterait-il rien dans le but de se préserver ?
Il se sentit soudain minable. Comment pouvait-il avoir de telles pensées ? Comment osait-il envisager d’abandonner le combat alors que tant de vies étaient menacées par Voldemort ? Peu importait que les chances de victoires soient infimes, il fallait tout tenter pour empêcher les mangemorts de nuire, car les enjeux étaient bien trop importants ! Et s’il était terrassé comme à Pré-au-Lard ? Harry se rappela de la résolution qu’il avait prise un soir de juin, alors que Cedric Diggory venait de mourir : se défendre, lutter jusqu’à son dernier souffle, mourir dignement, face à son ennemi. Même s’il se trouvait à terre, même s’il ne pouvait être tué debout, il pouvait toujours lutter avec la moindre once de force qu’il lui restait, comme il l’avait fait avec son dernier bras valide ce mercredi…
Avec cette volonté nouvelle bien encrée dans son esprit et un certain sentiment de honte, il finit par s’endormir, près et paré à affronter ses rêves d’apocalypse.
Le lendemain, qui était le premier dimanche de septembre (bien que cela ne changeât rien pour lui puisque Poudlard n’était plus une école), Harry se leva à huit heures, près à passer une journée bien remplie. Il avait prévu de rendre une petite visite à Dobby dans les cuisines puis de s’entretenir avec le professeur McGonagall, et peut-être avec le reste de l’Ordre du Phénix au sujet de sa proposition de la veille. Ensuite, il devait parler avec Ginny de leur relation, même s’il ne savait pas encore ce qu’il voulait. Et enfin, il irait voir Abelforth pour lui parler tout d’abord de Rogue puis de l’horcruxe à détruire.
Il enfila un jean et un tee-shirt, mit ses lunettes, et en attendant le réveil de Ron et Neville, il voulut examiner une nouvelle fois le médaillon qu’ils avaient arraché à Malefoy. Il chercha sa malle et se souvint qu’elle était restée à Ste Mangouste. Quel idiot ! Comment avait-il pu oublié quelque chose d’aussi important ? Maintenant, l’horcruxe se trouvait certainement entre les mains du ministère, car les guérisseurs avaient dû leur donner ses affaires, et s’il voulait les récupérer, il n’avait plus qu’à se rendre directement à Azkaban. Il allait devoir clarifier la situation au plus vite s’il ne voulait pas perdre définitivement la trace d’un objet sans lequel il ne pourrait jamais espérer de ne serait-ce que tenter de tuer Voldemort.
Mais en y réfléchissant, il se dit que le ministère ne cesserait pas de le rechercher simplement parce qu’on l’y pressait. Donc il n’avait pas besoin de voir McGonagall dans la seconde, il lui parlerait de tout cela quand il la verrait. En attendant, il suivrait son premier programme en allant rendre visite à Dobby dans les cuisines.
Il descendit dans la salle commune et s’assit dans un fauteuil près d’une fenêtre. Le temps n’était pas à la fête : le ciel était couvert d’une épaisseur de nuages sombres et quelques gouttes d’eau qui tombaient parfois sur le carreau indiquaient qu’une averse se préparait. Il allait attendre tranquillement que les autres descendent pour aller voir Dobby avec eux, et s’ils tardaient trop, il prendrait les choses en main en allant les secouer lui-même. Mais à peine une minute après qu’il se soit installé, une voix s’éleva dans le silence matinal.
- Ah, tu es là.
Il se retourna. Hermione se tenait devant la porte du dortoir des filles. Elle s’avança et prit place dans un siège proche d’un Harry qui ne savait pas vraiment comment se conduire. Il avait redouté ce genre de moment depuis qu’il avait appris une bien triste nouvelle la veille vers la même heure.
- Tu sais, dit Hermione, le regard vague dirigé vers le parc, on s’est fait beaucoup de soucis pour toi. D’un coup, tu nous donnes des instructions étranges et tu t’en vas on ne sait où… Enfin maintenant on sait.
- Désolé, s’excusa Harry, chaque seconde comptait, je n’avais pas le temps de vous expliquer…
- Nous expliquer quoi ? Comment tu pouvais savoir que les mangemorts se trouvaient à Pré-au-Lard ?
Harry lui expliqua toute l’histoire du miroir et de sa rapide réflexion sur l’endroit où pouvait bien se trouver Lupin.
- Ca aurait pu être n’importe où, fit remarquer Hermione. Tu as eu de la… Oh non, oublie ce que je viens de dire ! dit-elle brusquement.
- Ce n’est pas grave, assura Harry qui se doutait que son amie avait été sur le point de lui parler de « chance », un mot qui ne convenait guère après ce qu’il avait vu au village des sorciers.
- Neville nous a raconté que Voldemort t’avait attaqué.
- Oui, confirma Harry, il voulait son médaillon.
- Je ne comprends vraiment pas comment il aurait pu savoir que le médaillon n’était plus en sa possession alors qu’il était censé croire qu’il se trouvait toujours sur son île, s’étonna Hermione.
- Je ne sais pas. Il a été bizarre, ce jour là… même pour Voldemort, je veux dire.
Ils parlaient d’un ton neutre, et Harry sentait que la véritable raison pour laquelle Hermione lui parlait était sur le point d’arriver.
- Je n’arrive pas à croire que tu soies parvenu à jeter un sortilège multiple, dit Hermione, c’est prodigieux !
- Je ne l’ai pas vraiment fait exprès, avoua Harry. J’ai juste hurlé la formule du patronus en voulant de toutes mes forces chasser tous les détraqueurs de la grand-rue, et sept patronus ont surgi au lieu d’un.
- Ah…
Elle commençait à cligner des yeux un peu trop souvent.
- On a vraiment eu très peur quand les oubliators t’ont ramené à Ste Mangouste. On se demandait ce qu’il avait bien pu te faire et c’était la panique à cause de la prise de Pré-au-Lard. L’Ordre nous a ramené ici et on est allés te voir le lendemain. Mais je dois dire que je ne suis pas venu le jour suivant.
« Ca y est, se dit Harry, c’est maintenant. »
- J’ai lu la Gazette du sorcier, dit simplement Hermione.
- Je suis désolé, Hermione, dit Harry d’un ton compatissant.
- Je… Je n’arrive pas à croire qu’ils soient morts !
Et en prononçant ces mots, elle fondit en larme.
- Je n’arrive pas à croire que je ne les reverrai plus jamais, que je ne leur parlerai plus… Ils étaient tellement gentils, c’étaient des gens merveilleux. Si tu les avais mieux connus, tu penserais la même chose.
- J’en suis sûr, approuva Harry en tapotant l’épaule de son amie.
- Tu sais, je les voyais de moins en moins souvent. Je passais de plus en plus de temps avec des sorciers, même pendant les vacances, et je leur parlai de moins en moins. Maintenant, je le regrette, mais c’est beaucoup trop tard…
- Nous sommes là pour t’aider, Hermione. Si tu as besoin de quoi que ce soit…
- Je sais, je sais, coupa-t-elle. Ron m’a dit la même chose pendant deux jours. Il a été très gentil avec moi, et très compréhensif, c’est un signe de progrès.
Harry éclata de rire et même Hermione sourit et s’essuya les yeux avec le manche de son pull.
- C’est parce qu’il t’aime, assura Harry.
- Tu crois ? demanda Hermione.
- Bien sûr. Il a parfois des réactions bizarres et il peut ne pas être très gentil mais au fond de lui, il a des sentiments pour toi. Mais je voudrais savoir… Est-ce que c’est réciproque ?
La jeune femme rougit et un tressaillement trahit un faible sourire sur ses lèvres.
- OK, je prends ça pour un oui, dit Harry. Hermione, je sais ce que c’est de ne pas avoir de parents, par contre je ne sais pas ce que ça fait de les perdre, puisque je n’étais qu’un bébé quand les miens sont morts ; mais j’ai quand même perdu pas mal de gens que je considérais comme des membres de ma famille et je pense que tu finiras par t’en remettre. La question, c’est : est-ce que tu t’en remettras suffisamment avant qu’on se remette à chercher les horcruxes ?
- Oui, assura Hermione. Je veux faire quelque chose, sinon ce sera pire. Je veux t’aider à chercher les horcruxes et à tuer Voldemort ; sans ça, je ne pourrai jamais mener une vie normale. Et j’aimerais aussi retrouver celui ou celle qui a fait ça…
- D’accord. En attendant, j’avais prévu de rendre une petite visite à Dobby dans les cuisines.
- Et à Kreattur ? questionna Hermione.
- Euh… hésita Harry qui n’avait pas vu les choses sous cet angle.
- C’est ton elfe, dit Hermione sur un ton de reproche, il faut que tu ailles le voir de temps en temps.
- Oui, marmonna Harry, je lui dirai bonjour… Mais s’il te traite encore une fois de sang de bourbe, je ne suis pas sûr que j’irai le voir régulièrement…
Une dizaine de minutes plus tard, Ron et Neville arrivèrent dans la salle commune et ils acceptèrent le programme de Harry, même si Ron affichait la même réticence que son ami pour parler à une créature qui avait l’habitude d’insulter sa petite amie. Il était presque neuf heures, c´est-à-dire l’heure à laquelle les elfes des cuisines faisaient monter le petit déjeuner dans les assiettes de l’ancienne table des professeurs.
Ils se dépêchèrent donc de dévaler les escaliers du château puis l’escalier de marbre, après quoi ils durent descendre de nouvelles marches qui menaient aux sous-sols des Poufsouffle. Ils marchèrent le long d’un couloir puis tombèrent nez à nez avec un tableau représentant une coupe de fruits. Harry chatouilla la poire qui se mit à rire et qui se transforma en la poignée d’une porte qu’il ouvrit et il entra dans les cuisines de Poudlard.
En entendant la porte, certains elfes tournèrent la tête mais il y en eut un qui se précipita vers eux. Dobby semblait ravi de les voir.
- Harry Potter ! s’exclama-t-il. Et ses amis ! Dobby est vraiment content de vous voir, il pensait que vous l’aviez oublié…
- On ne t’a pas oublié du tout, Dobby, assura Harry. On avait juste d’autres choses en tête mais… comme tu es venu me voir à l’hôpital, je me suis dit que je pourrais les mettre de côté quelques instants.
L’elfe en parut encore plus ravi et les mena au bout de la salle, près de la cheminée, pour les inviter à s’asseoir. Il s’assit avec eux. Harry remarqua que certains elfes ne travaillaient pas non plus et restaient également assis à se tourner les pouces.
- Il n’y a plus assez de travail pour tous les elfes, déclara Dobby comme s’il avait lu dans ses pensées. Le professeur McGonagall nous a conseillé de ne pas tous rester mais aucun n’a voulu partir. Alors nous nous alternons : certains font le service au petit déjeuner, d’autres au déjeuner, d’autres au dîner.
- Et les autres elfes le supportent ? s’étonna Ron. Alors qu’ils ont toujours l’air de vouloir du travail, d’habitude ?
- Il le faut bien, Monsieur, répondit Dobby d’un air triste, oui. Mais Dobby a l’impression que même avec la fortune que Dumbledore nous a légué, le professeur McGonagall devra bientôt renvoyer une bonne partie des elfes.
- Je croyais que les autres ne voulaient pas être payé ? dit Harry.
- C’est vrai, admit Dobby, et Dobby non plus, depuis qu’il connaît les problèmes du château (Hermione parut outrée), mais il faut quand même nous nourrir. Mais Dobby a entendu parler en faisant le ménage d’une idée qui pourrait arranger les choses…
Il parut soudain horrifié et se précipita vers le mur le plus proche, mais Harry qui avait l’habitude le retint par une main.
- Dobby a dit du mal de ces nouveaux maîtres, cette fois, Monsieur, il doit se punir !
- McGonagall ne voudrait pas que tu te frappes, Dobby ! s’indigna Hermione.
- Et puis tu es un elfe libre, rappela Harry, tu n’as pas de maître.
Devant ces arguments non négligeables, Dobby accepta de se rasseoir.
- Dobby ne veut quand même pas trahir les secrets de ceux qu’il sert, dit-il.
- Très bien, ce n’est pas grave, assura Harry.
Ils discutèrent pendant quelques minutes des droits des elfes jusqu’à ce que ceux dont le tour était venu de faire les repas disposent les plats sur une table et les fassent disparaître, ou plutôt, comme Harry le savait, les fassent transplaner dans la Grande salle. Ils dirent au revoir à Dobby et montèrent au rez-de-chaussée pour prendre leur petit déjeuner.
Harry constata que les seuls membres de l’Ordre à manger avec eux étaient Mr et Mrs Weasley, Abelforth et Tonks, et que chacun d’eux s’étaient assis de part et d’autre de la chaise d’or de McGonagall. Il prit place en face d’elle (et à droite de Ginny), tandis que Ron, Hermione et Neville s’asseyaient à sa propre droite.
Ils se dirent un bref bonjour avant d’attaquer leurs œufs au bacon. Ils parlèrent de choses et d’autres et Harry amena le sujet du ministère et des aurors de Ste Mangouste.
- Si tout se passe bien, nous devrions pouvoir régler cela aujourd’hui même, Harry, répondit McGonagall à sa grande surprise. Vous passerez me voir dans mon bureau avec Neville.
- D’accord.
Ils finirent de manger et McGonagall et Harry furent les premiers à se lever. Ce dernier rattrapa son ancien professeur au milieu de la Grande salle.
- Professeur McGonagall, je voudrais vous donner notre réponse à votre proposition.
- Vous avez déjà pris votre décision ? s’étonna McGonagall en haussant les sourcils.
- Oui. Nous acceptons à une condition : nous voulons pouvoir…
- Ne rien dire au sujet de vos agissements ? Ou tout du moins ne pas dire quelle est la véritable raisons de ceux-ci ?
- Euh… oui, confirma Harry, étonné à son tour.
- C’est d’accord. La prochaine réunion aura lieu ce soir dans la grande salle, juste après le dîner.
Sur ces mots, elle franchit la double porte. Harry, quant à lui, était surpris que McGonagall ait accepté si facilement mais il retint ce qu’elle lui avait dit et il quitta la salle à sa suite.
Quelques minutes plus tard, Ron, Hermione, Neville et Abelforth le rejoignirent.
- Venez avec moi dit-il simplement à Harry.
Ils grimpèrent les étages jusqu’au deuxième et après avoir parcouru quelques couloirs, ils entrèrent dans le bureau des anciens professeurs de Défense contre les Forces du Mal : apparemment, c’était là qu’Abelforth habitait depuis que Pré-au-Lard était devenu inaccessible. Ce bureau n’avait plus servi l’année dernière car Rogue avait voulu conserver son ancien bureau dans les cachots, et Abelforth ne l’avait pas encore décoré avec sa petite touche personnelle, comme tous les autre profs que Harry avait eus, mais un canapé et un fauteuil rouges à l’aspect confortable se tenaient au milieu de la pièce.
Abelforth s’assit sur le fauteuil et le quatuor dans le canapé qui faisait face.
- Alors, dit Abel, vous vous inquiétiez pour moi, d’après ce qu’on m’a dit ?
- Euh… fit Ron.
- Oui, répondit Harry. Pourquoi on ne parle nulle part de Rogue dans les journaux ? Pourquoi on ne parle nulle part de sa capture ?
- Parce qu’il n’a pas été capturé, dit simplement Abelforth.
- Mais vous l’aviez à votre merci ! s’exclama Neville.
- Oui, mais Rogue a été le plus malin et il a réussi à s’enfuir.
Harry, Ron, Hermione et Neville furent consternés.
- Que voulez-vous, s’étonna Abelforth, je ne suis pas un sorcier aussi talentueux que l’était mon frère, or mon frère a été tué par lui. J’ai déjà eu beaucoup de chance de m’en sortir vivant. Mais nous avons d’autres soucis en tête, reprit-il en prenant un air des plus sérieux. Comme vous devez vous en douter, mon frère m’a parlé de ce que vous faites – les horcruxes et Voldemort que Harry doit éliminer – et en tant que sorcier expérimenté, je suis donc bien placé pour vous aider. Je ne peux plus accomplir la mission que l’on m’avait confiée à la tête de Sanglier pour l’Ordre, alors je crois que je pourrais faire partie de la branche spéciale à laquelle McGonagall compte vous affecter (elle m’a confié ses projets vous concernant parce qu’elle se doutait des confidences que mon frère m’avait faites). Qu’en pensez-vous ? M’acceptez-vous dans votre groupe ?
- En fait, nous voulions vous le proposer, avoua Harry.
- Je vois. Et où en êtes-vous ? interrogea le nouveau membre de la « bande ».
- Nous avons retrouvé – par hasard – le médaillon de Serpentard au cou de Drago Malefoy.
Ils racontèrent l’histoire de R.A.B., comment ils avaient compris qu’il pouvait s’agir de Regulus Alphard Black et de tout ce qui était arrivé ensuite au médaillon et Abelforth en parut étrangement bouleversé.
- Et j’ai pensé que si nous n’y parvenions pas, acheva Neville dont le rôle venait enfin dans cette histoire, vous auriez peut-être plus de chance ou en tout cas que vous sauriez quoi faire.
Abelforth demeura silencieux, comme perdu dans ses pensées. Il marmonnait sans que l’on puisse comprendre ce qu’il disait.
- Monsieur ? appela Hermione d’un ton hésitant.
Il sembla soudain revenir à la réalité.
- Oh, excusez-moi, que disiez-vous ?
- Neville pensait que vous sauriez mieux que nous comment vous y prendre pour détruire l’horcruxe, répéta Harry. Nous ne sommes pas arrivés à l’ouvrir nous-même ni à le casser.
- Et bien… Je pense comme vous qu’il faut commencer par l’ouvrir pour découvrir ce qu’il cache, déclara Abelforth. Pouvez-vous me le montrer ?
- C’est-à-dire que… il est resté à Ste Mangouste, admit Harry.
- Quoi !? s’exclamèrent Hermione et Ron.
- Je vois, dit Abel. Mais comme McGonagall pense que ce sera bientôt réglé, il n’y a pas trop de soucis à se faire. Réfléchissons plutôt au moyen de le détruire. Ce médaillon appartenait à Salazar Serpentard, donc ce qui permet de l’ouvrir est sûrement en rapport avec Serpentard.
- Comment ça ? s’étonna Harry.
- Et bien, par exemple, Voldemort avait laissé la bague des Gaunt dans leur maison, parce qu’elle représentait le moment ou il avait découvert ces restes de la descendance de Serpentard. Le médaillon était lié à l’arrivée de sa mère à Londres, du début de ses problèmes qui l’ont fait échouer l’orphelinat où elle est morte en condamnant son fils à être élevé par des moldus, or le médaillon était caché dans une grotte liée à ses souvenirs de l’orphelinat.
- Mais… C’est intéressant, mais ce ne serait pas plutôt un trait de caractère de Voldemort utile à connaître pour retrouver les autres horcruxes ? demanda timidement Hermione.
- Pas seulement, assura Abelforth. Voldemort lie ses horcruxes à leur histoire, ou en tout cas leur histoire par rapport à lui. Voldemort est l’héritier de Serpentard. Pour lui, ce médaillon est un héritage de son ancêtre, donc le moyen de l’ouvrir doit être lié à cela.
- Je ne comprends pas… marmonna Harry.
Et d’après le regard qu’il échangea avec les trois autres, personne ne comprenait ce qu’Abelforth voulait dire à part lui-même.
- Réfléchissez bien.
Harry se creusa les méninges. Voldemort était l’héritier de Serpentard, oui… Il l’avait découvert à Poudlard, et il s’en était tout de suite senti encore plus supérieur, il avait dominé des élèves plus âgés que lui, comme Harry l’avait vu à l’intérieur de la Pensine, dans le souvenir de Slughorn. Il avait ouvert la Chambre des Secrets… le moyen de l’ouvrir…
- Le fourchelang ! s’exclama-t-il soudain, en se tapant la paume gauche avec son poing droit et en faisant sursauté tout le monde sauf celui qui venait de faire germé ses réflexions. Pour ouvrir le médaillon, il me suffit sûrement de lui dire « Ouvre-toi » en fourchelang !
- C’est possible, en effet, approuva Abelforth en souriant. Mais je ne peux malheureusement pas vous aider davantage avant la réunion à laquelle on annoncera votre entrée dans l’Ordre ait eu lieu et que le ministère ait cessé de rechercher Harry et Neville. Alors je vous conseille de profiter de la journée en attendant de reprendre vos recherches.
Il se leva et les raccompagna à la porte.
- Bonne journée, dit-il.
je continuerais d´attendre tous les jours que tu postes ta fabuleuse histoire .continue ,c´est génial !
tjr excellente mais dommage que le reve d´harry se change trop vite en cauchemard
ca devenait intéressant ![]()
beaucoup vous deux je suis heureux que ça vous plaise^^.
soltek
je commence à percevoir les raisons de ta lourde réputation
.
Et aujourd´hui, le chapitre 16, bonne lecture
:
16
Ouverture
et Réouverture
Harry, Ron, Hermione et Neville passèrent la matinée dans la bibliothèque où ils cherchaient des sorts utiles au combat ou encore pour briser les enchantements qui protégeaient un objet. Ils s’entraînèrent à utiliser quelques sortilèges mais quand arriva midi, ils finirent par se lasser et se dire qu’ils feraient mieux de profiter de leur journée de repos pour se reposer, justement, se détendre et s’amuser.
Après le déjeuner, ils convinrent qu’il n’y avait aucun danger à inviter Ginny à se joindre à eux pour une partie de Quidditch sur le terrain, ce que la jeune fille ne refusa pas. Ils changèrent plusieurs fois la composition des équipes : Harry et Ginny contre Ron et Hermione et Neville qui gardait les buts ; puis Harry et Hermione contre Ginny et Neville avec Ron, un peu plus efficace que Neville, affecté aux buts ; puis Harry et Neville contre Hermione et Ginny, etc. Le gardien ne faisait partie d’aucune équipe : tout le monde devait marquer du même côté du terrain. Cette règle avait été décidée à cause du nombre impair de joueurs.
Ils sortirent du terrain une heure et demie plus tard et Ginny leur proposa une activité qu’elle avait pu expérimenter pendant leur absence : une baignade dans le lac, chose que Mrs Weasley leur avait refusée pendant tout le mois d’août mais qu’elle avait fini par céder à sa fille qui, étant toute seule, s’ennuyait mortellement. Heureusement pour eux, le temps s’était nettement éclairci et l’orage de la matinée avait fait place à un chaud soleil d’été.
N’ayant pas de maillot de bain avec eux, les garçons se mirent en caleçon, quant aux filles, Ginny en avait acheter un avec sa mère pendant qu’elles faisaient avec prudence les courses sur le Chemin de Traverse, et Hermione avait rapporté à Poudlard ses affaires qui étaient restées chez elle, après l’enterrement de ses parents, mais elle ne s’attarda pas trop sur ce détail.
Ils nagèrent en restant toutefois près du bord (histoire de ne pas être attiré par une créature des profondeurs), s’amusèrent à se jeter de l’eau, et faire différentes figures dans l’eau. Neville faillit toutefois couler en tentant un poirier mais une fois que Harry et Ron l’eurent ramené à la surface, ils rirent de bon cœur. Ils sortirent de l’eau en fin d’après-midi et se séchèrent au soleil en se laissant bronzer sur la pelouse du parc de Poudlard.
Alors qu’ils avaient déjà remis leurs vêtements à cause de la fraîcheur de soirée, et qu’ils s’apprêtaient à rentrer dans le château pour dîner, une note de service s’envola dans la brise légère et se mit à tournoyer autour de Harry qui l’attrapa.
- Qu’est-ce que c’est ? demanda Ron.
- McGonagall me demande de venir avec Neville dans son bureau, répondit Harry. Ce doit être pour régler nos problèmes avec le ministère, elle m’avait dit que ça pourrait être fait aujourd’hui même.
- Alors on y va ? questionna Neville.
- Bien sûr.
Après un bref « A tout à l’heure ! », ils se dépêchèrent de monter au deuxième étage puis dans le bureau de McGonagall. Ils frappèrent, entrèrent, et virent une chose à laquelle ils ne s’attendaient pas du tout : Rufus Scrimgeour, le ministre de la magie, était assis sur une chaise de bois à l’aspect peu confortable en face du bureau de Minerva McGonagall.
- Harry ! s’exclama le ministre, un grand sourire aux lèvres en les voyant entrer.
Il se leva et serra la main de Harry qui s’efforçait de ne pas montrer trop de mépris dans les traits de son visage. Il serra également celle de Neville qui lui dit un timide « Bonjour, Monsieur le ministre. ».
- Asseyez-vous donc, dit Scrimgeour en faisant apparaître deux autres sièges. Je discutais avec Minerva de cette fâcheuse histoire. Je suis persuadé que vous n’avez fait que vous défendre, Mrs Ombrage a d’ailleurs été interrogée et ses déclarations sont très contradictoires… Je voulais seulement vous interroger aussi, connaître votre version des faits. Minerva, pourriez-vous nous laisser seuls, s’il vous plaît ?
- Très certainement, répondit McGonagall d’un ton sec.
Elle bondit comme un ressort et sortit de la pièce en claquant la porte.
- En fait, Mr Londubat, j’aimerais interroger Harry en premier, dit Scrimgeour d’un ton qui laissait nettement entendre qu’il voulait que Neville suive son ancien professeur.
- Euh… Oui, d’accord.
Neville partit en jetant un regard plein d’appréhension à un Harry qui n’en avait pas moins.
- Bonsoir, Harry, dit le ministre de la magie en se tournant vers lui. Je suis conscient que nous nous sommes quittés en mauvais termes il y a deux mois et… je voudrais m’en excuser.
Il attendit et Harry se décida à répondre.
- Je prends vos excuses. Mais que voulez-vous me dire ? demanda-t-il. Pourquoi est-ce que vous êtes ici ?
- Je viens pour éclaircir les choses à votre sujet, assura Scrimgeour, étonné. Je ne vois pas pour quelle autre raison je pourrais venir ici maintenant que…
Harry ne savait ni quoi dire ni quoi penser. Scrimgeour avait-il une idée de l’importance de l’endroit dans lequel il se trouvait ? McGonagall avait-elle pu le faire rentrer sans qu’il ait pu se rendre compte que cet endroit était bien trop protégé pour n’être qu’un simple édifice abandonné comme il devrait l’être ? Harry devait-il faire attention à ce qu’il disait en sa présence ?
- Tout ce que je veux, dit le ministre, c’est m’entretenir avec vous sur ce qui s’est passé quand vous étiez seul avec Mrs Ombrage.
- Il n’y a pas grand-chose à dire, répondit Harry. Ombrage voulait m’interroger et elle s’est mise à divaguer en prétendant que j’avais des rapports avec Voldemort, que s’il m’avait attaqué, c’était sans doute parce que j’avais fait une chose qui lui avait déplu et qu’elle allait m’arracher les vers du nez avec le sortilège Doloris. J’ai pris ma baguette et j’ai paré son coup, ensuite nous avons mené un duel de cinq secondes au bout duquel j’ai désarmé et immobilisé votre Sous-secrétaire d’Etat. Les aurors n’ont pas compris qu’on s’était défendus et ils nous ont attaqués, alors nous nous sommes enfuis, Neville et moi.
- Très bien, mais si vous pouviez me faire un récit un peu plus pré…
- Par contre, coupa Harry d’une voix forte, je n’ai aucune idée de ce que Hagrid est devenu.
- Rubeus Hagrid a été envoyé à Azkaban, répondit Scrimgeour d’un ton sec. Il a faillit faire étouffer un auror en la plaquant à terre.
- C’était pour nous défendre ! protesta Harry avec colère, oubliant que sa propre liberté était en jeu.
- Il n’avait pas besoin d’être aussi brutal pour ça, rétorqua le ministre. Il aurait pu blesser Dawlish très gravement, voire pire.
- Mais il l’a lâché ! s’exclama Harry. Il l’a laissé partir !
- D’après le témoignage de Dawlish, il l’a fait uniquement parc que vous le lui avez demandé, fit remarquer Scrimgeour.
- Il ne s’en rendait pas compte, il était en colère, et il y avait de quoi, vous ne croyez pas ? répliqua Harry.
- La colère ne justifie pas qu’il ait faillit tuer un auror, dit Scrimgeour d’un ton sévère.
- En fait, dit Harry, tout ce que vous voulez, c’est trouver un nouveau bouc émissaire, n’est-ce pas ? Stan Rocade ne vous suffit plus, c’est ça ? Vous avez besoin de Hagrid, maintenant ! Un demi géant, en plus, j’imagine que ça vous fera une bonne publicité auprès de la communauté magique !
- Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas ! s’emporta Scrimgeour.
- Je pense m’y connaître mieux que vous ne le pensez.
- Vous ne diriez pas ça, si vous vous trouviez à ma place, Harry !
- Je préfèrerai toujours votre place à la mienne, répliqua Harry.
- Je puis vous assurer que votre place serait bien meilleure si vous acceptiez enfin la proposition que je vous ai faite.
- Je pensais bien qu’on en reviendrait là. Et bien je réponds que je ne veux pas être la mascotte d’une justice qui fait mal son travail ! répondit Harry d’un ton catégorique.
- Dans ce cas il se pourrait que je revoie mon jugement, menaça Scrimgeour.
- Si vous m’arrêtez, l’opinion publique à laquelle vous êtes tant attaché ne va pas vous être très favorable, fit remarquer Harry. Je ne pense pas que les gens apprécieraient que vous arrêtiez l’élu, n’est-ce pas ?
- Il n’y a pas que vous, Harry, répliqua le ministre. Je pensais que si nous parvenions à un accord, je pourrais me montrer plus clément avec votre ami Hagrid, mais comme ce n’est pas le cas…
- Vous me faites du chantage !? s’exclama Harry, incrédule. Vous, le ministre de la magie, vous me faites chanter pour que je vous fasse de la publicité ?
- La fin justifie les moyens, dit Scrimgeour.
- Je n’accepterai jamais ! répliqua Harry d’une voix forte mais tremblant sous la fureur.
- Tant pis pour votre ami, dit le ministre en se levant. Je vous laisse réfléchir, Harry.
Il sortit d’un pas vif du bureau en laissant un Harry à la fois incrédule, abasourdi, et furieux. Comment osait-il faire cela ? Comment pouvait-il lui faire du chantage en mettant en péril la liberté d’un être humain alors qu’il aurait dû se montrer ferme et juste face à la menace de Voldemort ?
Il se leva et sortit à son tour mais il dut s’arrêter devant cinq personnes qui donnaient l’impression de se ronger les sangs. Mais il ne consentit à parler à Ron, Hermione, Neville, Ginny et McGonagall que lorsqu’il fut installé dans la Grande salle pour le dîner.
- C’est absolument scandaleux ! s’indigna Hermione en tremblant d’une fureur que beaucoup partageaient. Comment le ministre de la magie peut-il faire une chose pareille !
- Il faudra que j’en touche un mot à Percy, annonça Mr Weasley.
- Et pourquoi est-ce que tu parlerais de ça à ce crétin ? s’étonna Ron. Il serait plutôt d’accord avec Scrimgeour…
- Ne parle pas comme ça de ton frère ! prévint Mrs Weasley. Il a compris ses erreurs et s’est excusé. Maintenant, il fait partie de l’Ordre !
- Nous aurons besoin plus que jamais de renseignements sur les actions du ministère, expliqua Arthur Weasley. Maintenant que nous savons que son chef n’hésite pas à employer de telles méthodes… Et de toutes façons, Percy n’aurait pas consenti à laisser faire de telles choses, même quand il ne nous croyait pas, admit-il avec une certaine amertume.
Ils continuèrent à ruminer sur la détention abusive de Hagrid pendant tout le repas, ainsi que de la façon pas très efficace, et un peu trop liée à son image, dont Scrimgeour gérait la guerre contre Voldemort.
- Vous savez, dit Tonks, finalement, je pense que si on avait continué à l’encadré et à lui donner des conseils, Fudge aurait peut-être été un meilleur ministre de la magie que lui.
A sa propre surprise, Harry hocha la tête en signe d’approbation, ainsi que quelques autres.
- Il ne faut rien exagérer, intervint Mr Weasley. Fudge aurait paniqué et aurait sans doute voulu faire les choses à sa manière. Bien qu’il aurait aussi pu, toujours paniqué, bombarder tout ses amis de demandes de conseils, admit-il. C’est vrai que Fudge est plus influençable que Scrimgeour qui lui est indépendant, et donc plus dangereux.
Le dîner s’acheva et tout le monde sauf les membres de l’Ordre se leva, c’est-à-dire seulement Ginny. Harry, qui se doutait que sa petite amie pourrait très bien les attendre derrière la porte de la Grande salle, la prévint qu’ils ne viendraient pas. Elle parut intriguée mais ne posa pas de question et quitta la salle.
Le professeur McGonagall s’éclaircit la gorge.
- Je…
- Mais que faites-vous encore là ? s’exclama Mrs Weasley qui fronçait les sourcils en regardant Harry, Ron, Hermione et Neville. C’est une réunion de l’Ordre, vous n’avez rien à faire ici ! All…
- Calmez-vous, Molly, l’interrompit McGonagall.
- Mais…
- Je veux attendre les autres avant de commencer, coupa McGonagall.
Une dizaine de minutes plus tard, la plupart des membres de l’Ordre qui n’avaient pas mangé là – Dedalus Diggle, Bill et Percy Weasley, Kingsley Shacklebolt, Elphias Doge, Sturgis Podmore, Hestia Jones et Alastor Maugrey – arrivèrent à Poudlard et prirent place à l’ancienne table des professeurs. Beaucoup parurent très étonnés de la présence du quatuor : même Maugrey Fol Œil fut bouche bée pendant une fraction de seconde.
Lorsque tout le monde fut assis, McGonagall s’éclaircit la gorge une nouvelle fois.
- Bonsoir et bienvenue pour notre réunion hebdomadaire, dit-elle. En tout premier lieu, je voudrais vous annoncer l’entrée de quatre nouveaux membres dans l’Ordre du Phénix.
Elle montra le quatuor d’un geste de la main.
- Harry Potter, Ronald Weasley, Hermione Granger et Neville Londubat feront désormais partie intégrante de l’Ordre, annonça-t-elle, sauf si vous vous y opposez.
- Je m’y oppose ! s’exclama Mrs Weasley en se levant d’un bond.
- Puis-je savoir pourquoi ? questionna McGonagall, qui, légèrement exaspérée, donnait nettement l’impression de déjà connaître la réponse.
Tout le monde semblait très surpris de l’annonce de la présidente de l’Ordre, mais aucun ne parlait.
- Ils sont bien trop jeunes, enfin, Minerva ! Je refuse leur faire prendre un tel risque, encore moins mon propre fils !
- Percy fait partie de l’Ordre ! protesta Ron.
- Percy est bien plus responsable que vous ! répliqua sa mère.
- Tu peux dire ce que tu veux, n’empêche que Percy a donné la preuve qu’il était bien moins responsable que nous, contrairement à ce que nous avons toujours cru, et le fait qu’il se soit excusé ne l’efface pas !
- Ca suffit ! coupa McGonagall. Nous ne sommes pas là pour écouter vos querelles de famille !
Mrs Weasley se rassit. Percy, lui, ne répondit rien aux paroles que son plus jeune frère venait de proférer contre lui.
- Molly, reprit McGonagall d’un ton sec, votre fils et ses amis sont majeurs et responsables, et sont parfaitement conscients des risques qu’ils encourent.
- Fred et George ont intégré l’Ordre tout de suite après leur sortie de Poudlard, dit Mrs Weasley les larmes aux yeux, et regardez le résultat !
- Molly, dit Mr Weasley en posant sa main sur l’épaule de sa femme, que crois-tu que ça aurait changé si Fred et George avaient eu l’âge d’Emmeline ?
- Rien du tout, répondit Maugrey de sa voix rocailleuse. Ils auraient quand même été soumis à l’Imperium, quelque soit leur âge.
Mrs Weasley resta silencieuse. Emmeline Vance était une sorcière qui avait fait partie de l’Ordre jusqu’à ce qu’elle soit tuée un an plus tôt par des mangemorts, et Harry en était certain, elle n’aurait rien pu faire pour échapper à son sort.
- Que ceux qui acceptent Harry, Ronald, Hermione et Neville dans l’Ordre lèvent la main.
Le professeur leva sa main, ainsi que tous les autres – même si certains, comme Mr Weasley, avaient quelque peu hésité – sauf Mrs Weasley dont les bras demeurèrent obstinément et hermétiquement croisés.
- Très bien, dit McGonagall en s’adressant au quatuor. Vous pouvez désormais vous considérer comme des membres à part entière de l’Ordre du Phénix. Quand je vous ai fait cette proposition, je vous avais dit que j’aurai souhaité que vous donniez votre réponse avant de pouvoir régler des affaires qui pourraient affecter l’Ordre. Et c’est de quoi nous allons discuter maintenant, annonça-t-elle en regardant cette fois tous les membres de l’Ordre. Ces derniers jours, le ministre et moi-même avons beaucoup discuté et nous sommes tombés d’accord sûr au moins un point : les jeunes sorciers et sorcières ne pourront pas continuer la lutte après nous s’ils n’apprennent pas sérieusement la magie. Depuis que Vous-Savez-Qui a pris Pré-au-Lard, il a un énorme avantage et vaincre les mangemorts et son armée deviendra impossible si la guerre s’éternise jusqu’à ce que toutes nos générations respectives se soient éteintes. Car à ce moment là, les jeunes sorciers qui n’auront pas fini leurs études à cause de la fermeture de cette école ne pourront combattre – ne sauront comment combattre – les mages noirs.
- Mais le conseil d’administration a été clair, objecta Mr Weasley. Tous ses membres ont voté à l’unanimité pour la fermeture de Poudlard et nous ne pouvons pas aller à l’encontre de leur décision.
- Je sais, Arthur, répliqua McGonagall. C’est pourquoi le ministre et moi-même sommes arrivés à la conclusion qu’il fallait changer le système – du moins jusqu’à la fin de la guerre. Le ministère devrait très bientôt annoncer la promulgation d’une loi qui rendra obligatoire la scolarité pour tout enfant disposant de talents magiques.
Soudain, un éclair de compréhension passa dans le regard et le cerveau de Harry. Ainsi donc, Poudlard allait être rouvert… Voilà donc pourquoi Ginny disait qu’ils pourraient bientôt se retrouver beaucoup plus souvent ici pour profiter l’un de l’autre… pour ne plus avoir à redouter qu’un mangemort ne les surprenne…
- Obligatoire ? s’étonna Hestia Jones. Mais les parents le prendront-ils bien ?
- Ils n’auront pas le choix, dit McGonagall. Nous estimons que c’est une mesure indispensable si nous voulons ne pas subir plus de dégâts au niveau des connaissances magiques des futures générations de sorciers.
- Il est vrai que si nous n’arrivons pas à gagner avant que la majorité de la population soit issue des générations qui n’ont pas eu le droit à l’éducation, nous serons perdus, approuva Kingsley Shacklebolt de sa voix apaisante. Cependant, si ça veut dire que Poudlard appartient au ministère…
- De mon vivant, ce ne sera jamais le cas, assura vivement McGonagall, je vous le garantis !
- Mais…
- Monsieur le ministre n’était pas tout à fait d’accord mais il a fini par accepter que Poudlard conserve son statut d’il y a quelques mois. La Gazette du Sorcier a commis un léger abus de langage en parlant de privatisation, cet été. Poudlard n’a jamais été public dans le sens où ce collège appartiendrait au ministère de la magie. L’école a toujours survécu grâce à ses dons, mais aussi grâce à ceux des parents d’élèves et particulièrement ceux du conseil d’administration ; et c’est ce conseil qui nomme et contrôle le directeur à qui appartient l’école.
- Les parents qui faisaient parties du conseil ne seront plus aussi généreux, si on le supprime, fit remarquer justement Sturgis Podmore.
- Le conseil d’administration ne sera pas fermé, répliqua la directrice de Poudlard. Ils n’auront simplement plus le pouvoir de fermer l’école.
Il semblait que le sujet de discussion allait changé, mais Harry avait encore deux questions importantes en tête.
- Professeur McGonagall, intervint Harry, quand j’ai survolé Pré-au-Lard en balai, j’ai vu… Enfin les élèves ne pourront certainement pas venir par le train.
- J’ai déjà réfléchi et trouvé une solution à cela. Les élèves viendront par la poudre de cheminette, expliqua McGonagall. Chacun se retrouvera dans la cheminée du bureau de son directeur de maison, et les première année se retrouveront dans mon bureau.
- Mais… Est-ce que… Est-ce que la scolarité sera aussi obligatoire pour les élèves majeurs ? demanda Harry, hésitant.
Ses trois amis semblèrent soudainement inquiets. Généralement, c’était Hermione qui pensait à ce genre de détail, mais cette fois, le chef du groupe y avait pensé en premier, car il tenait particulièrement à éclaircir ce point…
- Oui, Harry, répondit McGonagall d’un ton sec. Et l’Ordre ne vous couvrira sûrement pas si vous décidiez de ne pas respecter cela, ajouta-t-elle en fronçant les sourcils. Vous aurez vos propres missions pour l’Ordre, mais je suis certaine que vous trouverez le temps pour les accomplir. Après tout, Harry, n’était-ce pas ce que vous faisiez avec le professeur Dumbledore l’an dernier ?
Il ne répondit rien. Il retournerait donc à Poudlard, contrairement à la décision qu’il avait prise il y a de cela deux mois… On le forçait à redevenir pour un an encore un élève…
Il y eut un bref silence à l’évocation de ce si grand sorcier.
- Professeur, dit Hermione en coupant le silence, où est-ce que l’Ordre va bien pouvoir aller si Poudlard est à nouveau rempli de sorciers ?
Les autres parurent émerger de leurs pensées, sans doute destinées à leur illustre et ancien président.
- C’est pour cette raison que je voulais que vous me donniez une réponse avant d’aborder la réouverture de Poudlard, Granger, répondit McGonagall ; pour savoir si je devais vous en parler pendant cette réunion ou vous convoquer dans mon bureau. Car j’avais besoin de vous pour régler le problème de notre nouveau quartier général.
La plupart des gens assis à la table, dont Harry, Ron, Hermione et Neville, froncèrent les sourcils, l’air intrigué.
- Il y a un an et demi, poursuivit la présidente de l’Ordre, vous avez utilisé une salle de ce château pour qu’Ombrage ne vous trouve pas alors que vous tentiez de donner de véritables cours de Défense contre les Forces du Mal. Harry en était le chef, vous vous souvenez ?
- Vous voulez utiliser la salle sur demande ? s’étonna l’ancien professeur de l’Armée de Dumbledore.
McGonagall acquiesça.
- Seulement, parmi nous tous, il n’y a que vous quatre qui sachiez vraiment comment y entrer.
- Vous parlez de cette salle qui se transforme selon les besoins de celui qui y entre ? demanda Kingsley.
- C’est une excellente idée ! approuva vivement Hestia Jones.
- Mais le fils Malefoy avait pu y pénétrer à votre insu, non ? grogna Maugrey Fol Œil.
- Oui mais l’amie de Cho – Marietta – nous avait trahi, dit sombrement Harry.
Ils discutèrent encore un peu de la salle sur demande, parlèrent de ses nombreux avantages et finirent par se mettre d’accord pour aller la visiter à la fin de la réunion.
Après les affaires intérieures de l’Ordre, ils en vinrent enfin à parler directement de la bataille contre Voldemort, des problèmes à résoudre en ce moment, de ses plans présumés. Harry apprit ainsi que depuis jeudi matin, une véritable armée de sorciers du ministère avait mis en place une puissante barrière magique autour de celle des mangemorts pour qu’ils ne puissent pas sortir et soient pris au piège. Depuis, il n’y avait pas eu de meurtre supplémentaire mais apparemment, les sbires de Voldemort n’étaient pas du tout emprisonnés car il y avait quand même eu des traces de leurs activités habituelles. Partout dans le pays, des tombes étaient profanées et vidées, signe que des inferi étaient créés, mais il y avait également des signes inhabituels dans d’autres pays d’Europe. Il semblait en effet qu’une vaste mouvance se dessinait en direction du Royaume-Uni, un mouvement de créatures maléfiques et de mages noirs qui, quand ils arrivaient, s’évanouissaient soudain dans la nature. Il semblait que Voldemort se constituait une armée beaucoup plus importante que lors de la première guerre, une armée intouchable puisqu’elle était protégée par son dôme vert surmonté de la Marque des Ténèbres.
- Il va sûrement essayer de s’emparer des grands foyers de sorciers, expliqua Kingsley Shacklebolt. Le Chemin de Traverse pourrait être la prochaine cible.
- Cette guerre commence à ressembler à celles des moldus, dit tristement Arthur Weasley, avec à chaque coup une grande quantité de morts et des villes prises en une bataille.
- Nous ne pouvons pas laisser faire ça ! s’exclama Sturgis. Il faut que l’on surveille le Chemin de Traverse !
- C’était le rôle de Fred et George, il n’y a pas si longtemps, déclara Mrs Weasley.
Il y eut un bref silence puis la discussion reprit. On attribuait une mission à chaque membre ou groupe de membre de l’Ordre. Tonks, qui était désormais affectée en tant que garde du Chemin de Traverse, devait relever les informations et les signes inquiétants là-bas. Kingsley devait épier la façon dont le ministère agissait face aux attaques des mangemorts, Percy devait continuer à donner des informations sur Scrimgeour, etc. Cependant, aucun rôle ne fut attribué à Harry, Ron, Hermione ou Neville.
- Et que devra faire Harry et son groupe ? demanda Kingsley avec curiosité.
- Ca, c’est à eux de me le dire, répondit McGonagall.
Hermione lança un regard courroucé à Harry qui lui fit signe que tout allait bien.
- Pour l’instant – je sais, ça n’a rien d’une mission – il faudrait que je récupère mes affaires, dit Harry. Il y a un objet qui pourrait m’être utile, dans ma valise. Mais en attendant, je ne vois pas trop ce que je pourrais faire…
- Moi j’ai une idée, déclara Maugrey.
Les regards se tournèrent vers lui.
- Maintenant qu’il y a quatre élèves de Poudlard dans l’Ordre, ils pourraient nous servir pour relever des informations sur le comportement des élèves. Les Serpentard, par exemple…
- Oui, approuva McGonagall, je suis d’accord. Cela ne vous demanderait pas beaucoup d’efforts, je présume, vu votre tendance à vous mêler de tout ? demanda-t-elle en se tournant vers le quatuor.
- Euh… Non, Professeur, répondit Harry après que ses amis le lui eurent confirmé d’un signe de tête.
- Très bien. La réunion est terminée, déclara la présidente de l’Ordre. Allons voir notre nouvelle salle de réunion.
Ils se levèrent tous et montèrent au septième étage. Harry, Ron, Hermione et Neville expliquèrent au reste de l’Ordre comment utiliser la Salle sur Demande. Quand McGonagall fut passée trois fois devant le pan de mur, à côté de la tapisserie représentant la tentative saugrenue de Barnabas le Follet qui voulait apprendre la danse à un troll, une porte apparut. Elle la franchit en premier, les membres de l’Ordre du Phénix à sa suite. Ils découvrirent alors une immense pièce rectangulaire.
Les murs étaient tapissés de bibliothèques contenant des livres sur des sorts de défense, un peu comme pour l’A.D., mais pas seulement. Il y avait aussi des vieux journaux relatant des évènements ayant rapport avec les mangemorts, avec Voldemort, et des morceaux de parchemins un peu étranges…
Au centre se tenait une grande table de bois entourée de chaises en face desquelles étaient posés des blocs-notes.
- C’est absolument génial ! s’enthousiasma Tonks sur un ton quelque peu faux, signe qu’elle tentait désespérément de faire croire qu’elle avait retrouvé sa bonne humeur naturelle, chose impossible vu que son amant était mort trois jours auparavant.
- C’est parfait, approuva McGonagall sur un ton plus professionnel.
- Une salle qui devient notre quartier général en cas de besoin ? C’est pas mal pour la sécurité, grogna Maugrey d’un ton appréciateur.
- Arrête donc de penser à ça tout le temps, Fol Œil, dit Hestia Jones.
- Il a raison, commenta Sturgis Podmore, il faut bien penser à ce que notre quartier général reste secret.
- Avec Maugrey, ça peut devenir agaçant d’entendre tout le temps parler de sécurité, dit Kingsley dans un souci d’impartialité et non sans un tressaillement de sourire.
Pendant que les autres discutaient entre eux, Harry appela discrètement ses trois amis et attira leur attention sur ces parchemins si étranges à ses yeux. Il y avait lu des notes qui ne le laissaient pas indifférent.
- On dirait que la personne qui écrivait prenait des notes pour chercher quelque chose, dit Hermione, pensive.
- Regarde le nom qu’il a écrit ici, dit Harry, « Elvis ». Et là, « Gaunt ».
- Tu crois que…
- Oui, ces parchemins sont des notes que prenaient Voldemort quand il était à Poudlard, déclara Harry. Je commence à comprendre un peu mieux comment fonctionne cette salle…
- Qu’est-ce que tu veux dire ? s’étonna Ron.
- Les objets qu’on y trouve quand on en a besoin, ils doivent être pris parmi ceux que les élèves ont caché là pendant des siècles.
- C’est vrai que ce serait logique, approuva Hermione.
- Pourquoi ? demanda Ron, agacé.
- Parce qu’il serait étrange que cette salle ait le pouvoir de faire apparaître des livres, des objets contre la magie noire, des vieux numéros de la Gazette…
- OK, OK… D’accord, c’est bon, assura Ron en hochant frénétiquement la tête devant l’insistance de sa petite amie.
- On devrait pouvoir se servir de ces notes pour trouver des indices sur les horcruxes, non ? dit Neville.
- C’était mon idée, acquiesça Harry.
- Alors ! Et moi qui croyais faire partie de votre branche de l’Ordre ! chuchota une voix grave.
- Oh ! Abel, nous…
- Ne vous fatiguez pas, Hermione, interrompit Abelforth Dumbledore, j’ai tout entendu. Mais la prochaine fois, n’oubliez pas que je suis au courant et que vous pouvez me faire confiance, que vous n’avez rien à me cacher.
- Oui ! Excusez-nous…
- Ce n’est rien, assura Abel avec un léger sourire qui les rassura.
Harry consacra le début de la deuxième semaine de septembre à sa tentative de destruction du fragment d’âme que contenait le médaillon de Serpentard. Ses affaires lui étaient parvenues dans la nuit de dimanche à lundi et depuis, il avait commencé sa lourde tâche.
Suivant le conseil d’Abelforth, il avait essayé de parler fourchelang mais malgré ses efforts de concentration, il ne parvint pas à utiliser le langage des serpents qu’il n’avait jamais réussi à parler sans avoir de serpent ou d’effigie de serpent devant lui.
Après le déjeuner où Mrs Weasley avait refusé de leur adresser la parole, Hermione eut l’excellente idée de chercher une revue animalière dans la bibliothèque désormais sans surveillance du château. Ils cherchèrent dans le fouillis qu’avaient laissé Harry, Ron et Hermione quand ils avaient cherché à la va-vite des livres de sortilèges, puis quand, accompagnés cette fois du nouveau membre de leur groupe, Neville, ils avaient empiré les choses le matin de la veille. Ils dénichèrent au bout de deux heures dans la réserve, un endroit qu’ils n’auraient jamais cru avoir à visiter juste pour trouver une image d’animal, un livre sur la magie noire avec un chapitre qui traitait justement du fourchelang.
- C’est vraiment horrible ! s’indigna Hermione.
- Quoi ? demandèrent les trois garçons en chœur.
- Ils décrivent les fourchelang comme des mages noirs ! s’exclama Hermione.
- Bah… Je suis un peu habitué, dit Harry.
Il avait en effet passé près d’une année à être accusé d’agressions contre des élèves d’origine moldue, avant de donner la preuve qu’il n’y était pour rien en sauvant sa chère Ginny des crochets d’un basilic.
Harry regarda une photo animée de serpent qui se trouvait au début de ce chapitre sur le fourchelang, tenta une phrase, et la réaction des autres lui montra qu’il avait réussi à parler comme les serpents. Il fit d’autres essais concluant et perçut en effet des sifflements rauques en même temps qu’il parlait. Il retourna dans la tour de Gryffondor, prit le médaillon, et tenta plusieurs phrases tout en jetant une fraction de seconde avant un regard vers le livre sur la magie noire. Cependant, il ne parvint à rien et la relique demeura intacte.
- Peut-être qu’il faut le regarder, suggéra Ron au bout de trois quarts d’heure.
- C’est ce que je fais ! s’énerva Harry.
- Non, infirma Hermione, tu commences ta phrase en regardant la photo du serpent pour pouvoir parler fourchelang. Il doit falloir que tu le regardes tout le temps.
Harry tenta alors de parler fourchelang en pensant de toutes ses forces à l’image qu’il avait regardée, et il finit par réussir après dix bonnes minutes de concentration intense. Il tenta de nouveau plusieurs formulations mais rien n’y fit. La tension de Harry monta, ainsi que l’inquiétude : et si leur hypothèse était fausse ? Neville proposa d’utiliser une baguette magique. Harry retenta tout ce qu’il avait déjà dit en pointant l’objet de sa baguette, puis en le tapotant, puis en le tapotant deux fois, puis trois fois, puis quatre, puis…
A seize heures, le médaillon de Serpentard vola à travers la pièce après à un mouvement de rage de Harry.
- Calme-toi ! s’exclama Hermione. Ce n’est pas en le cassant que tu résoudras ton problème !
- Si, justement ! fit remarquer Harry en colère. Il faut que je le casse ! Mais je n’y arrive pas !
- On a qu’à faire une pause, proposa Ron. On pourrait faire une partie de Quidditch, ou encore se baigner, comme hier.
- Nous devons détruire l’horcruxe, Ron ! protesta Hermione.
- Ca peut attendre un peu ! dit Ron. On ne va pas rester tout le temps là-dessus, il faut bien se détendre !
- On pourra se détendre quand on aura détruit l’horcruxe ! insista la jeune femme.
- On dit que la nuit porte conseil, rappela Neville. Peut-être que la détente aussi.
Hermione parut un moment très en colère, puis elle se mit à cligner des yeux avec frénésie.
- Heureusement que tous ceux qui combattent Voldemort ne sont pas comme vous, murmura-t-elle, à faire de longues pauses pendant lesquelles il peut tuer, détruire des familles, rendre des gens orphelins…
Ron sembla se décomposer face à cette allusion à la mort des Granger. Jamais Harry ne l’avait vu aussi peiné. Il s’approcha lentement d’Hermione qui avait l’air de retenir des larmes.
- Je suis désolée, dit-elle. Je ne voulais pas dire ça.
- Ce n’est pas grave, la consola Ron à voix basse en entourant tendrement les épaules de sa petite amie. Mais je parlais seulement d’une petite pause, Hermione, je ne disais pas qu’on allait prendre de longues vacances, bien que ça me tenterait bien…
Il croisa soudain le regard de ses amis et ses oreilles prirent une teinte rouge. Harry se sentait mal à l’aise, il ne voulait pas gêner son meilleur ami dans un moment pareil.
- Je crois… que la pause va commencer maintenant, dit-il. Viens, Neville.
Il vit dans le regard de Ron de la reconnaissance.
Harry et Neville descendirent les marches du château sans échanger le moindre mot. Ils parvinrent en haut de l’escalier de marbre et là, Harry s’assit sur la première marche.
- Je ne l’avais jamais vu comme ça, avoua-t-il. Je ne l’avais jamais vu si compréhensif, si prévenant envers les autres. Il a toujours plutôt été du genre à se mettre en colère pour ce genre de chose, mais là…
- Ben… disons que depuis mercredi, Ron est devenu plus sensible, dit Neville.
Harry hocha la tête. Neville avait raison, Ron avait changé, il avait été marqué par ce qui était arrivé dans la semaine. En vérité, tout le monde avait été marqué, Harry le premier, et c’était pourquoi il comprenait que son ami ait pu devenir autant adulte en si peu de temps. Il avait aussi l’impression que Ron ressentait pour la première fois de sa vie les tourments de l’amour… C’était comme Neville, qui tout d’un coup, se décidait à venir le rejoindre dans sa quête de Voldemort, affirmait sa personnalité, faisait des remarques… intelligentes. La prise de conscience frappait tout le monde…
Ils se séparèrent, partant chacun de son côté. Harry parcourut ce château qu’il avait considéré comme son foyer durant six longues années, et qui allait bientôt redevenir son école. Il n’avait pas voulu revenir à cause des horcruxes, mais aussi à cause de ce que lui rappelait cet antique collège… Mais il était revenu depuis déjà plus d’un mois et l’avait supporté… Il savait ce qu’il devait faire pour être totalement en paix avec lui-même s’il devait encore passer un an ici, et il estimait qu’à présent, il devait en avoir la force.
Après s’être arrêté au beau milieu d’un couloir du quatrième étage, il décida donc de redescendre les marches et de sortir dans le parc de Poudlard. Il longea le lac, se dirigeant vers un carré d’herbe qu’il avait soigneusement évité ces dernières semaines, mais qu’un de ses rêves lui avait montré récemment… Peut-être comprenait-il mieux maintenant le sens de ce cauchemar si étrange.
Il s’approcha et s’agenouilla en face de la tombe blanche gravée de ces mots :
Albus Dumbledore
1846-1997
Harry se mit à pleurer silencieusement, repensant à son directeur, son précepteur, son protecteur… et ami.
« De quoi as-tu peur ? »
Cela, il l’avait compris après un autre cauchemar où il avait failli devenir un lâche… Il comprenait également que jamais il ne reverrait Dumbledore, il l’avait compris depuis très longtemps déjà, mais il avait refusé de voir la peur qu’agir seul lui inspirait, face à quelqu’un comme Voldemort, une peur qu’il avait désormais décidé de combattre.
Il resta ainsi pendant il ne savait combien de minutes, il ne savait combien d’heures… jusqu’à ce qu’une petite main se pose délicatement sur son épaule, une main chaleureuse, douce, accompagnée d’un parfum de fleur tout aussi doux.
« Tu n’es pas seul… »
Harry s’emplit alors d’une joie de vivre qu’il n’avait jamais ressentie, il venait de résoudre cette énigme, de comprendre ce qu’il aurait dû comprendre depuis que cette même main s’était poser de la même manière il y a plus de deux mois de cela, pour le ramener auprès des siens… Il n’était pas seul ! Il avait des amis, des gens auquels il tenait et qui tenaient également à lui, des gens qui l’aideraient et qu’il aiderait aussi… il avait Ginny.
Il se retourna pour regarder sa petite amie qui, sans doute au cours d’une balade solitaire dans le parc, avait aperçu Harry devant cette tombe.
- Il te manque, n’est-ce pas ? dit-elle d’un ton compatissant.
- Oui, beaucoup, répondit-il. Il nous manque à tous, je présume.
Puis il sourit, pas d’un sourire forcé, mais d’un sourire vrai, naturel, un sourire de joie.
- Mais la vie continue, non ? dit Harry.
Il se leva et enlaça Ginny qui passa ses bras autour de son cou. Elle avait toutefois l’air inquiète.
- Tu es sûr que ça va ? demanda-t-elle.
- Beaucoup mieux qu’il y a quelques secondes, assura Harry.
- Et puis-je savoir pourquoi ? s’étonna Ginny en riant.
- Je viens de comprendre certaines choses. Et puis l’avantage, quand on est amoureux, c’est qu’il suffit de voir sa petite amie pour être heureux.
Ils se lâchèrent et s’assirent tranquillement dans l’herbe.
- Pourtant, Hermione n’avait pas l’air très heureuse quand je l’ai vue passer avec Ron, fit remarquer la jeune fille.
- Tu sais bien pourquoi…
- Oui, mais je ne suis pas inquiet. Ron a fait de nombreux progrès en compréhension humaine depuis qu’il s’est enfin rendu compte pour quelle raison il se mettait en colère à chaque fois qu’on lui parlait de Victor Krum.
Ils éclatèrent de rire. Jamais Harry n’avait passé une si bonne après-midi. Ils parlèrent, rirent ensemble pendant de longues heures, et quand ils étaient à cours de sujet de conversation, ils s’embrassaient. Ils rentrèrent main dans la main et les autres parurent étonnés – mais ravis – de les voir aussi radieux. Les yeux d’Hermione n’étaient pas rouges, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, mais elle ne parla pas trop au cours du repas. Personne ne savait ce que Neville avait bien pu faire de sa journée, mais il se trouvait à table avec tout le monde, et ne semblait pas se sentir particulièrement délaissé par ses amis qui pourtant avaient passé leur journée en couples, couples dont il était exclu puisqu’il n’avait pas de petite amie. Ils mangèrent joyeusement et Harry et Ginny parvinrent à mettre de bonne humeur Mrs Weasley qui accepta enfin de leur adresser la parole, sans toutefois leur parler de l’entrée du quatuor dans l’Ordre du Phénix.
Ils s’accordèrent tous les cinq (Ginny était restée avec eux) une bonne demi-heure de laisser-aller, confortablement installé dans des fauteuils défoncés, Harry assis avec Ginny et Ron avec Hermione, cette dernière oubliant apparemment ce qu’elle avait dit presque en larme quelques heures auparavant. Puis ils montèrent dans leur dortoir après s’être dit bonsoir : Harry embrassa brièvement mais fougueusement Ginny, ce qui ne gêna nullement Ron qui échangeait dans le même temps un baiser avec Hermione. Quand il se fut mis en pyjama, Harry se souvint que le médaillon était resté sur le sol de la salle commune. Il redescendit le chercher.
Il était là, près du feu, cet héritage du plus maléfique fondateur de Poudlard. Quand parviendrait-il à le détruire ? Et comment ? Il avait essayé le fourchelang, le fourchelang avec sa baguette, mais rien n’y avait fait, à moins que… Il fut soudain saisi d’une idée, une idée que ses amis (Hermione, en tout cas) désapprouveraient sûrement à cause du danger que cela représenterait. Mais après tout, Dumbledore n’avait-il pas dû sacrifier sa main droite pour détruire la bague de Gaunt ? Il ne pourrait pas détruire beaucoup d’horcruxes s’il renonçait devant le moindre petit risque.
Comme à son idée, il mit le médaillon autour de son cou. Il risqua plusieurs formules en fourchelang mais rien ne fonctionna. Il prit alors sa baguette et recommença. Il commençait sérieusement à désespérer quand il tenta pour la énième fois la dernière phrase qu’il avait en tête, et qu’il avait imaginée en se rappelant de la façon dont un jour, un autre horcruxe avait libéré un serpent géant.
- Ouvre-toi, Serpentard, le plus grand des quatre de Poudlard ! ordonna-t-il dans un sifflement rauque.
Il ferma les yeux en priant le ciel et entendit un déclic. Il les rouvrit alors et en une fraction de seconde, il vit les deux faces intérieures du médaillon, chacune contenant un portrait.
L’un des deux lui sourit.
J´ai commencé à me rattrapper sur ENdoloria
je n´ai plus de superlatif à mon actif ,alors :génial,sensationnel,etc...redite d´accord mais que faire d´autre? j´adore!!!
jim je te déteste! non , je plaisante!!! lol j´adore mais il est difficile de ne pas aller tricher ailleurs ! alors j´attends impatiemment demain! ( ton prof de français doit t´adorer!!!sinon c´est un idiot lol )
c´est tjr aussi excellent
Vegeto >>>
beaucoup pour vos coms.
Pr Macgonnagall >>> Ben j´ai eu un 14,5 en rédac
et un 8,5 pour un texte argumentatif
.
Allez, voici un chapitre qui devrait, je pense, vous intéresser^^, bonne lecture
17
Le duel des âmes
Harry, Ron, Hermione et Neville restèrent à Poudlard en attendant la rentrée du 1er octobre. La Gazette du Sorcier avait annoncé la promulgation de la loi rendant la scolarité magique obligatoire pour tout sorcier âgé de onze à dix-sept ans le mercredi qui avait suivi la première réunion de membres de l’Ordre du quatuor. Neville, Ron et Hermione pressaient sans cesse leur chef de groupe de tenter de détruire l’horcruxe trouvé au cou de Malefoy mais Harry répondait toujours qu’il y était presque et qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter pour cela, une réponse qui ne convenait guère à Hermione, laissait Neville perplexe, mais rassurait quelque peu Ron. Ce dernier disait que c’était un bon temps pour les couples pour profiter des journées (parfois) ensoleillées. Il ne cessait de répéter à Neville que lorsque les cours reprendraient, il faudrait lui chercher une petite amie, une remarque qui faisait rougir le visage lunaire du jeune homme.
- Je te jure, Neville ! disait Ron. Une fois que tu sauras ce que c’est que d’avoir une petite amie, tu verras que c’est le pied ! Ca ne peut t’être que bénéfique !
- On peut savoir ce que tu en sais, Ron-Ron ? demanda Ginny. Depuis quand es-tu un expert en relations amoureuses ? Je veux bien croire que tu es un bon petit ami pour Hermione, maintenant, mais pour ce qui était de lui demander de sortir avec toi, c’était autre chose ! Ca a même pris une année entière, moqua-t-elle.
- Et puis arrête de parler des filles comme si nous étions de simples jouets ! s’exaspéra Hermione, forçant ainsi son petit ami à ravaler la réplique qu’il voulait lancer à sa petite sœur.
A la place, il lança une réplique à sa petite amie.
- Je n’ai jamais dit ça ! s’indigna-t-il. Ce n’est pas parce que tu es un être humain que t’avoir ne peut pas être bénéfique, je dirais même que c’est le contraire.
- Comment ça, m’avoir ?
- Non, ce n’est pas ce que je voulais dire ! s’empressa-t-il de rectifier. Je voulais seulement dire que… enfin…
- Je ne t’appartiens pas ! s’énerva Hermione.
- Ce n’était pas dans le sens de posséder ! Je voulais dire t’avoir auprès de moi, assura Ron, ses oreilles devenant écarlates.
- Depuis quand te laisses-tu malmener par les femmes, Ron ? ricana Harry.
- Quelle remarque de machiste ! rit Ginny.
Harry se contenta de sourire. Son regard sembla se vider pendant quelques secondes.
- Ca va, Harry ? s’inquiéta Ginny.
Il sursauta et sembla revenir à la réalité.
- Oui, oui, ne t’inquiète pas, je rêvais, dit-il d’un ton doucereux.
- En général, quand tu rêves, c’est mauvais signe, rappela Ron. Souviens-toi de la dernière fois…
- Tous les rêves ne peuvent pas être des cauchemars, dit Harry d’une voix nonchalante. Je crois que je vais aller faire un tour dans le parc.
Sur ces mots, avant que quiconque d’autre ait pu en prononcer, il se leva et sortit par le portrait de la Grosse Dame.
- Il est un peu bizarre, non ? dit Ron en observant le trou d’entrée, songeur.
- Oui, approuva Hermione, les sourcils froncés. Il n’est pas comme d’habitude.
- Je me demande si… commença Ginny avec inquiétude.
- Quoi ? demandèrent les trois autres.
Elle leur raconta alors l’étrange réaction de Harry quand il s’était recueilli devant la tombe de Dumbledore.
- Tu crois que c’est pour ça qu’il a l’air si… nonchalant ? l’interrogea Hermione, perplexe.
- Je ne sais pas, répondit Ginny. C’est possible.
Hermione ne sembla pas convaincue par cette éventualité. Les garçons, eux, ne paraissaient pas aussi troublés par le comportement de leur ami, quant à Ginny, visiblement, elle se rongeait les sangs.
Harry se réveilla dans le noir total. Il se leva et alluma sa baguette magique pour s’apercevoir qu’il se trouvait dans une toute petite pièce aux murs noirs et sans fenêtre. Si, il y en avait une ! Ou plutôt, c’était une sorte de hublot un peu plus grand que sa tête, et qui se trouvait au niveau de celle-ci.
Par cette étrange ouverture, il apercevait un visage, un visage recouvert d’une barbe noirâtre. D’après le peu qu’il voyait du cou du sombre homme, Harry devinait qu’il était vêtu d’une robe argentée et d’une cape verte comme l’émeraude. L’homme semblait immergé dans l’ennui le plus profond.
- Enfin du nouveau ! s’exclama-t-il d’une voix grave et déplaisante. Je croyais que jamais plus cela ne se produirait, depuis que mon cher descendant est venu me tenir compagnie.
- Où suis-je ? interrogea immédiatement Harry.
- Dans un portrait, bien sûr ! répondit l’homme, étonné. Comment pouvez-vous l’ignorer ? A moins que… ah oui… Finalement, contrairement à toutes les assurances de mon ex-voisin, quelqu’un est parvenu à lui prendre mon médaillon.
- De quoi parlez-vous ? demanda Harry, qui ne comprenait décidément rien à ce qui lui arrivait.
- Il m’avait assuré que jamais personne ne pourrait découvrir cet horcruxe, et que de toutes façons, si cela arrivait malgré tout, que la personne en serait grandement punie et que lui en tirerait un très net avantage. Maintenant je vois qu’il avait raison sur au moins un point : il a pris possession de votre corps et vous, vous êtes coincé ici !
Il éclata d’un rire moqueur.
- Vous voulez dire que… nous avons échangé nos places ? s’exclama Harry, désormais paniqué. Que mon âme est rattachée au médaillon et qu’il dispose de mon corps ?
- Ca m’en a tout l’air, répondit l’homme. Mais vous vous trompé sur un point : ce n’est pas au médaillon que votre âme est rattachée, mais au portrait. Mon précieux héritage n’a jamais été transformé en horcruxe : seul le portrait en est un. Vous vous êtes mis dans de sales draps ! Mais comme ça, vous allez pouvoir me tenir compagnie et me donner des nouvelles du monde magique actuel.
- Vous rêvez ! s’énerva Harry. J’ai d’autres choses à faire, Mr Serpentard, c’est ça ?
- Professeur Serpentard, rectifia le co-fondateur de Poudlard. J’étais respecté avant que je ne sois obligé de démissionner pour que les sang-de-bourbes puissent étudier la magie ! Ce Godric… je le croyais mon ami, mon frère, mais il m’a chassé.
Harry se promenait souvent seul dans les couloirs du château. Il pénétrait dans les salles de classe et y passait parfois des heures, rêveur. Il arpentait les murs, admirait les armures, et semblait avoir une certaine attirance pour les toilettes de filles du deuxième étage. Il parlait peu aux autres qui trouvaient qu’avec ses airs nonchalants et doucereux, il commençait à avoir la façon d’être de Drago Malefoy et de Rogue, à l’époque où ce n’étaient qu’un élève arrogant et un professeur, et non des mangemorts. En réponse à ces allusions, Harry répétait toujours que lui, au moins, n’était pas un serviteur de Voldemort.
Ses amis voulaient parfois lui parler des horcruxes, et comme il prétendait être sur le point de détruire le médaillon, ils lui parlaient des autres à trouver. A la fin de la semaine, même Ron s’accorda à dire qu’ils avaient pris suffisamment de repos comme cela et qu’il fallait s’y remettre. Devant l’insistance sans faille de ses amis, Harry assura qu’ils recommenceraient leurs recherches après la réunion de l’Ordre qui aurait lieu après le dîner.
Ginny voulait parfois passer un peu de temps seul avec son petit ami qui ne se montrait guère conciliant, lui répétant toujours qu’il avait des choses à faire…
- Ah ! Vraiment ? Monsieur à des choses à faire ? s’emporta-t-elle le dimanche, après le déjeuner. Et bien moi, je n’ai pas cette chance ! Et je doute que tu sois vraiment si occupé, vu que tu n’as aucune mission pour l’Ordre et que Ron, Hermione et Neville sont toujours en train de te chercher pour que vous repreniez vos petites affaires, quelles qu’elles soient !
- Et alors, je n’ai pas le droit de me reposer ? questionna Harry d’un ton poli mais où perçait une pointe d’agacement.
- J’aimerais juste savoir pourquoi tu avais l’air si heureux d’être avec moi lundi alors que maintenant tu as l’air de répugner à l’idée de passer la moindre seconde en ma présence ! répliqua la jeune rousse.
- Peut-être que j’ai besoin de vacances avec quelqu’un comme toi qui me harcèles, suggéra Harry. C’est vrai, qu’est-ce que tu crois, je ne peux pas passer mes journées à pratiquer ton activité préférer. Je ne veux pas me salir les mains en pelotant une…
Il prononça alors l’insulte la plus dévalorisante pour une femme, une insulte qui la réduisait à bien peu de choses, surtout de la part d’un homme sensé l’aimer. La main de Ginny sembla se contracter un moment puis elle se relâcha. Les yeux de la jeune femme se remplirent de larmes et elle sortit de la salle de classe où elle avait coincé son petit ami. Le visage de Harry se couvrit d’un sourire goguenard puis soudain, il se plaqua la main sur le front, comme s’il venait de ressentir une vive douleur.
Harry se réveilla en sursauts. Il avait fait un rêve bien étrange, un rêve horrible où il avait qualifié sa chère Ginny de… même dans ses pensées, il ne pouvait se résoudre à prononcer ce mot terrible dont sa petite amie ne lui pardonnerait jamais l’emploi.
Il regarda le visage éternellement las de Salazar Serpentard. D’après son souvenir le plus récent, le moins aimé des fondateurs de Poudlard lui avait fait d’étranges révélations sur ce qui lui était arrivé avant qu’il ne s’assoupisse brutalement et qu’il ne fasse ce cauchemar. Il devait sortir de ce portrait, mais comment s’y prendre ?
- Vous êtes enfin réveillé, dit Serpentard de son ton ennuyé.
- Pourquoi est-ce que je me suis endormi comme ça ? demanda Harry. Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Comment voulez-vous que je le sache ? répliqua Serpentard. Vous aviez peut-être tout bonnement besoin de repos ?
- Je ne vois pas pourquoi une image aurait besoin de repos, rétorqua Harry. Et puis on ne s’endort pas comme ça. Même quand on perd connaissance, on met une bonne seconde pour s’évanouir !
- Peut-être que…
- Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? demanda aussitôt l’intéressé.
- Mmm… Et puis non, finit-il par dire, je ne vois pas pourquoi je vous aiderais alors que vous êtes contre mon dernier descendant.
- S’il vous plaît ! supplia Harry. Aidez-moi ! Qu’est-ce que ça vous coûte ?
- La véritable question est : qu’est-ce que j’y gagnerais ?
- C’est dingue ! Vous, les Serpentard, vous êtes tous comme ça ! En plus, vous n’avez même pas l’air d’apprécier Voldemort tant que ça alors pourquoi vous voulez l’aider lui ?
- Ce n’est pas ça…
- Qu’est-ce que vous voulez dire ? s’étonna Harry.
- D’accord, il est devenu un sorcier des plus nobles, malgré qu’il soit de sang-mêlé, mais il a vu trop grand… Il n’a pas hésité à créer plusieurs horcruxes alors qu’un seul aurait suffi… Et en plus il ne prend même pas la peine de rester attaché à des objets si importants. Malgré mes conseils, il a décidé de mutiler son âme à répétition et maintenant, il doit être devenu inhumain…
- Vous ne croyez pas si bien dire… Mais que voulez-vous dire par « Malgré vos conseils » ? Le vrai Voldemort vous parlait, avant ?
- Non, répondit Serpentard. C’est le vrai moi qui parlait au vrai Voldemort. Son horcruxe, mon cher voisin, me l’a raconté.
- Que… C’est impossible ! s’exclama Harry, incrédule. Vous êtes mort il y a des siècles !
- Pas du tout ! J’avais une petite assurance… Avant de partir de Poudlard, j’ai déposé une partie de mon âme dans le basilic pour qu’il puisse reconnaître les ordres d’un vrai Serpentard.
- Quoi !?
- C’est moi qui aie inventé ce sortilège de l’horcruxe, mais je n’en connaissais pas tous les effets ni les conditions… Je ne savais pas que mon âme avait pu subir cette mutilation à cause du meurtre de cette sang-de-bourbe… Je ne savais pas non plus qu’en faisant ça, je m’assurais l’immortalité, une vie éternelle sous une bien faible forme… Je ne l’ai appris que quand mon ex-voisin est arrivé, mais le véritable Serpentard a dû s’en rendre compte plus tôt, le malheureux…
Ainsi donc, c’était Salazar Serpentard qui avait inventé l’horcruxe ? Il était encore en vie, sous la même forme d’ombre que Voldemort, trois ans auparavant ?
je reste en haleine ! 24 heures d´attente encore!
pour ton prof ,je confirme : il est un peu c** sur les bords! mais vu ce que je viens de lire , la philo devrait te passionner et ,si le prof est bon ,tu devrais y exceller:" je pense donc je suis..." c´est déjà dans la poche!
excellent !! !la suite vite !! !oui ,je me répète mais je ne sais plus comment te dire :"Je suis trop fan!!!"