exellentes suites !!
Mdr Soltek XD.
beaucoup mes rares lecteurs
Voici le chapitre 11, je crois que vous allez être satisfaits
.
Bonne lecture
:
11
Seigneur et Saigneur
Harry, Ron, Hermione et Neville se matérialisèrent dans la chambre des garçons et ils s’assirent presque tout de suite sur les lits, Ron et Hermione en face de Harry et Neville. Harry était heureux que la rencontre avec les parents d’Hermione soit terminée. Il en avait assez de voir le regard de reproche et de tristesse dans les yeux des Granger. Cependant, il savait bien qu’il dramatisait les choses. Mr et Mrs Granger avaient plutôt bien réagi, au final, et avaient accepté le choix de leur fille, malgré une réticence tout à fait normale pour un père et une mère voyant leur unique enfant partir pour mener un dangereux combat. Hermione paraissait ébranlée, les yeux légèrement rougis, Ron était plus pâle que jamais et Neville restait silencieux.
- Et bien…, dit Hermione. Eh bien, c’est fait, maintenant. On devrait essayer de détruire cet horcruxe, maintenant, vous ne croyez pas ?
- Je voudrais demander conseil à Abelforth, d’abord, déclara Harry. On n’en connaît pas suffisamment pour détruire nous-même ce médaillon. Avec Neville, on a essayé beaucoup de sorts mais ça n’a eu aucun effet.
- Mais peut-être qu’Hermione en connaît plus que nous en sortilège ? suggéra Neville en souriant.
- Je ne pense pas connaître de sortilège suffisamment puissant pour détruire une protection magique mise en place par Voldemort lui-même, répliqua celle-ci.
- De toutes façons, rappela Harry, même Dumbledore avait failli mourir en tentant de détruire la bague. J’attendrai la réponse de l’Ordre avant d’aller voir Abelforth. En attendant, je propose qu’on continue notre apprentissage du sortilège de désillusion ; même toi, Hermione. Tu en auras besoin autant que nous et je suis sûr que quelqu’un d’aussi acharné que toi trouvera du temps pour lire ton livre.
- Très bien, acquiesça Hermione.
- Entièrement d’accord, dit Ron. Il nous faut vraiment plus d’entraînement pour celui-là. En plus, il sera très utile, non ?
- OK, approuva Neville. N’oubliez pas : la formule, c’est « Cameleo » ; et c’est un sortilège uniquement informulé donc il faudra la prononcer mentalement.
- Allons y, dit Harry
Harry parvint à maîtriser parfaitement la désillusion au bout d’une petite heure. A ce moment là, Ron était parvenu à faire disparaître de sa tête jusqu’à ses genoux, et Neville jusqu’à sa taille. Hermione, elle, avait obtenu un résultat étrange : tout son corps avait disparu sauf ses mains, ses pieds, et quelques « tâches » sur le reste de son corps.
- Tu n’es pas très séduisante, comme ça, fit remarquer Ron en se retenant de rire.
- Ce qui veut dire que je le suis, en temps normal, répliqua Hermione, agacée, en faisant réapparaître les parties invisibles de son corps, pas comme certains.
Ce fut au tour de Harry et de Neville de se retenir de rire tandis que Ron affichait un air boudeur.
Harry encouragea les autres à maîtriser le sortilège. Hermione y parvint au bout d’un quart d’heure tandis que les deux autres garçons ne réussirent que lorsqu’une nouvelle heure s’écoula. Pendant qu’Hermione allait dans sa chambre pour continuer la lecture de son livre, et que mystérieusement, Ron la suivait, Harry ne cessait de penser à la lettre envoyée à McGonagall. Il voulait éclaircir au plus vite l’absence de Rogue dans la Gazette, qui signifiait certainement son absence dans une cellule de la prison d’Azkaban. Le sort de cet homme importait beaucoup à Harry. Il faisait partie des trois maudits mages qui étaient responsables de la mort de ses parents, avec Voldemort et Queudver. Il avait tué le sorcier que Harry avait le plus respecté ; un sorcier qui l’avait guidé dans sa mission d’éliminer le Seigneur des Ténèbres, malgré ses cachotteries premières au sujet de la prophétie. Severus Rogue représentait désormais aux yeux de Harry la pire ordure du monde de la magie, en dehors de Voldemort, bien sûr. Il voulait savoir ce qui lui était arrivé…
Mais Harry se remémora soudain que Londres se trouvait au sud du Royaume-Uni alors que Poudlard, là où Hedwige portait son message et d’où la chouette au plumage de neige devait rapporter une réponse, se trouvait au nord du pays. La lettre de la présidente de l’Ordre ne viendrait donc peut-être qu’au bout de plusieurs jours.
Il pensait à tout cela en regardant sans le voir le miroir fixé à l’armoire quand soudain, cette glace lui apparut sous un tout autre jour. Bien sûr, il y avait un moyen de contacter l’Ordre… de communiquer d’une façon beaucoup plus rapide... Harry se précipita au bas de son lit et ouvrit sa grosse malle. Il fouilla avec frénésie sous le regard interrogateur de Neville.
- Harry, qu’est-ce qu’il y a ? demanda celui-ci.
- Euh… Excuse-moi, dit Harry en apercevant dans sa valise le reflet d’un petit miroir de poche, tu ne pourrais pas sortir quelques minutes ?
- Pourquoi ? interrogea Neville avec une expression soupçonneuse.
- Parce que je voudrais être seul quelques instants. S’il te plaît, Neville, rends-moi ce service. Je t’appellerais quand tu pourras revenir.
Sans cesser de regarder Harry avec reproche, Neville sortit de la pièce. Harry entendit un petit bruit contre la porte, ce qui voulait dire que le congédié s’était appuyé contre elle en attendant de pouvoir rentrer. Harry sortit le miroir de poche de sa malle et l’observa longuement. Comment avait-il pu l’oublier…une nouvelle fois ? La dernière fois, c’était plus d’un an auparavant. Ce jour là, il n’avait pas pensé à utiliser un miroir de communication semblable à celui-ci pour savoir si Sirius était toujours en sécurité au 12, square Grimmaurd. Et maintenant, il n’avait pas songé à se servir de celui que Lupin lui avait donné, celui qui avait appartenu à Queudver.
Il le regarda et dit à haute (pas trop quand même pour que Neville ne l’entende pas) et intelligible voix :
- Remus Lupin.
Il attendit, et environ dix secondes plus tard, le visage pâle de son ancien professeur de Défense contre les Forces du Mal lui apparut dans le miroir.
- Harry ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Il avait l’air nerveux et ne cessait de jeter des regards autour de lui.
- Je voulais savoir ce qu’est devenu Rogue, répondit Harry. Je vous ai envoyé une lettre, mais j’ai repensé au miroir…
- Rogue ? répéta Lupin sans comprendre. Pourquoi est-ce que tu me parles de lui ?
Harry entendait maintenant des cris de terreur provenant du miroir.
- Il a été capturé, dit Harry, incrédule. Vous savez qu’Abelforth l’a emmené, non ?
- Quoi ? Abel ? Mais Harry, de quoi tu parles ? demanda Lupin.
En le regardant bien, Harry remarqua qu’il transpirait et qu’il continuait à jeter des regards inquiets de tous les côtés. Il semblait paniqué. Derrière lui, Harry voyait ce qu’il pensait être une maison.
- Qu’est-ce qui se passe, Professeur ? Où êtes-vous ? interrogea-t-il.
- Harry, je te recontac…
Mais tout à coup, le miroir refléta à nouveau le visage de Harry. Ce dernier était interloqué : mais que s’était-il passé ? Pourquoi le Professeur Lupin avait-il l’air si paniqué ? D’où provenaient les cris et d’ailleurs, où se trouvait Lupin ? Pourquoi la communication avait-elle été coupée ? Harry réfléchit. Apparemment, Lupin était dans une ville ou un village, puisqu’il y avait une maison derrière lui. Mais ce pouvait être n’importe où. Mais peut-être pas… Avec de la chance, si Lupin était toujours à proximité de Poudlard, il se pouvait qu’il soit dans un village en particulier : Pré-au-Lard. Il était certes peu probable qu’il se trouve comme par hasard aux environs de Poudlard : il était peut-être en mission pour l’Ordre ailleurs. Cependant, il devait quand même tenter de le retrouver. Sinon, il irait à Poudlard pour avertir les membres de l’Ordre qui seraient restés dans le château.
Il venait de prendre sa décision, quand il entendit à nouveau des cris. Mais cette fois, ils ne provenaient pas du miroir mais de l’extérieur de la chambre. Harry reconnut cette voix : c’était Neville. Il se mit à courir et ouvrit la porte à la volée. Il vit alors un spectacle horrible.
Neville gisait au sol. De petites blessures sur tout son corps laissaient s’échapper des flots de sang. Il s’agissait sans aucun doute des effets du sortilège Sectumsempra. Hermione et Ron sortirent également de la chambre de celle-ci et restèrent figés de terreur. Pris de panique, Harry fouilla dans sa mémoire à la recherche d’un sortilège qui pourrait arrêter l’hémorragie, mais rien ne lui vint à l’esprit. Tentant le tout pour le tout, il sortit sa baguette magique de la poche de son blouson et cria : « Reparo ! ». Aussitôt, les blessures disparurent et le flot de sang cessa. Mais les blessures furent remplacées par des bleus. Neville cessa alors de crier et même de bouger.
- Il faut l’emmener à Ste Mangouste, dit aussitôt Hermione, les larmes aux yeux.
Harry vit des visages choqués apparaître par l’entrebâillement de certaines portes d’autres chambres de l’hôtel. Des moldus avaient été attirés par les cris et ils n’osaient pas sortir, pensant de toute évidence que Harry, Ron, et Hermione, avaient tué Neville qui baignait dans une mare de sang. Harry s’approcha des deux autres et murmura :
- Hermione, emmène-le à Ste Mangouste en transplanant.
- Mais les moldus…
- Justement. Ron, transplane au ministère de la magie et dis leur d’envoyer la brigade de réparation des accidents de sorcellerie, ou je ne sais qui, pour leur faire tout oublier. Moi, je dois impérativement aller quelque part. Ne me posez pas de question, je vous expliquerai tout plus tard.
Sans rajouter quoi que ce soit, il transplana. Il se retrouva presque instantanément à Pré-au-Lard, devant les Trois Balais. Apparemment, il avait vu juste, car le village de sorciers s’était transformé en champ de bataille. Plusieurs maisons étaient en feu, dans la rue, des sorciers encagoulés étaient en plein duel avec d’autres personnes, dont certainement des aurors. Des gens criaient, fuyaient dans tous les sens. Mais ce qui heurta le plus Harry, ce fut l’horrible froid qui lui glaça les entrailles et dont il n’eut aucun mal à identifier l’origine. Une centaine de détraqueurs rampaient dans la grand-rue. Ils n’attaquaient personne et se contentaient de passer à côté, sans que Harry ne sache pourquoi. Mais de toutes façons, il était clair que leur présence suffisait largement : les mangemorts, qui n’étaient qu’une trentaine, arrivaient sans peine à contenir les aurors et les autres qui leur résistaient, et qui étaient deux voire trois fois plus nombreux. Les détraqueurs les vidaient de leurs forces.
Avant que quiconque n’ait pu remarqué son arrivée, Harry cria, en pensant à la fois où il avait embrassé Ginny, c’est-à-dire la veille :
- SPERO PATRONUM !! !!!!!!!!!!
suite tres sombre mais tjr excellente
quelque peu sadique jim ?? ? sinon ,très bonne suite !v ivement la prochaine !! !
Vous me trouvez sadique
Vous n´avez encore rien vu
.
Voici le chapitre 12, bonne lecture
:
12
La terrible réalité
Il courait… courait… courait… Il devait à tout prix lui échapper, il devait la fuir.
Harry ressentait une peur panique. Cette chose le poursuivait. Une ombre, gigantesque, le pourchassait à travers un désert, un horrible et vaste désert, sans vie, sans personne. Un espace infini.
Elle le rattrapait. Harry n’en pouvait plus ; il s’arrêta de courir et tomba à genoux, les mains posées sur le sable brûlant. Elle l’encercla.
- Non… s’il vous plaît… laissez-moi… supplia-t-il.
- Tu as peur ? dirent plusieurs voix familières à Harry.
L’ombre se concentra alors devant lui et prit un aspect matériel. Un homme grand, squelettique, livide comme une tête de mort, se tenait désormais en face de Harry.
- Tu as peur de moi, Potter ?
- Oui, avoua Harry. Je vous en prie, laissez-moi. Je vous jure que je ne ferai rien contre vous.
Lord Voldemort éclata d’un rire sans joie et leva sa baguette.
- Endo… commença-t-il, mais Harry l’arrêta en criant.
- NON ! S’IL VOUS PLAIT ! PAS ENCORE !! !!! hurla-t-il en se protégeant la tête de ses mains.
Le Seigneur des Ténèbres s’arrêta net. Il resta figé ainsi un instant puis changea d’apparence. Des cheveux poussèrent sur son crâne chauve et son teint vira du blanc craie au jaune cireux.
- Alors ? Qui est le lâche, maintenant, Potter ? interrogea le Prince de Sang-Mêlé. Vous, qui abandonnez alors que tout repose sur vous, ou moi, qui ait accompli ma mission avec brio ?
- Vous… marmonna Harry. Vous… partez. Vous êtes abject, vous n’êtes qu’une ordure.
- Peut-être, mais moi j’assume ce que je suis, railla Rogue. Je suis un mangemort et je sers le Seigneur des Ténèbres. Vous, vous n’assumez pas d’être l’élu. Vous n’avez de toutes manières pas la force nécessaire pour l’être. Vous êtes faible, Potter.
- Taisez-vous…
- Vous vous laissez dominer par vos sentiments, par vos stupides émotions sans intérêt.
- MES EMOTIONS NE SONT PAS STUPIDES !! !!!! hurla Harry. D’ailleurs, qu’est-ce que vous y connaissez, en sentiments ? Vous n’en avez jamais éprouvé. Vous ne pensez qu’à vous-même. Vous ne vous intéressez qu’au pouvoir. Vous ne valez pas mieux que votre maître…
- Je l’ai toujours dit, approuva une voix.
Rogue avait disparu pour faire place à un autre homme au visage émacié. Il portait une robe en lambeaux.
- Sirius ? appela Harry sans comprendre.
- J’ai toujours dit que Rogue ne valait pas mieux que tous les autres mangemorts que ces imbéciles du ministère ont libérés. Il a toujours été un fervent partisan de Voldemort et il a toujours adoré la magie noire. Je ne comprends vraiment pas pourquoi Dumbledore lui a fait confiance.
- Il a ses raisons, Patmol, intervint une autre voix toujours familière.
Un homme très pâle aux cheveux châtains-gris s’avançait aux côtés de Sirius.
- Et quelles raisons ? répliqua Sirius Black d’un air dédaigneux. Il aurait pu nous le dire, à nous ! Nous faisions aussi partie de l’Ordre !
- Je suis sûr que si Dumbledore avait confiance en Rogue, c’est qu’il avait une excellente raison pour cela, répéta Lupin.
- Et bien ça n’a pas empêché que ce lâche nous trahisse.
- Certes…
Les deux amis s’évaporèrent alors dans la nature. Harry ne comprenait pas ce qui s’était passé. Sirius et Lupin avaient discuté, comme si de rien était, comme si son parrain était toujours vivant…
Mais il n’eut pas tellement le temps de réfléchir à tout cela, car un étrange bruit d’air déplacé se fit entendre. Harry leva la tête et aperçut un tuyau en caoutchouc qui tombait vers lui. Et avant qu’il ne puisse admettre l’absurdité de ce qu’il voyait, le tuyau l’enveloppa et l’étouffa.
Il ne pouvait plus respirer, le caoutchouc se resserrait autour de tout son corps mais surtout autour de sa poitrine. Il allait perdre connaissance quand le tuyau se desserra enfin et repartit dans les cieux d’où il était venu.
Harry ne se trouvait plus dans un désert brûlant mais devant une tombe. Une tombe en marbre blanc… Il y était gravé :
Albus Dumbledore
1846-1997
Mais Harry, plus que tout autre chose au monde, ne voulait pas voir ce qui y était écrit. Il ne voulait pas voir cette tombe. Il le refusait tellement que pendant le mois entier qu’il avait vécu à côté, il n’y avait même pas jeté un seul coup d’œil. Mais il n’avait plus le choix. Il n’avait définitivement plus d’autre choix que d’y penser, d’y penser sans cesse, de se remplir de tristesse…
- Tu es enfin arrivé, Harry.
Il se retourna, et vit encore un homme. C’était un homme très vieux, avec une longue chevelure et une longue barbe argentées. Il avait des yeux bleus pétillants.
- Je me demandais quand tu viendrais enfin me voir, dit Albus Dumbledore. Je pensais que tu tenais plus à moi que ça.
- Professeur… balbutia Harry.
- Non, coupa le vieillard. Non, je ne suis pas Albus Dumbledore. Tu ne verras jamais plus Albus Dumbledore de ton vivant, plus maintenant.
- Mais…
- Je sais que je lui ressemble, que je suis comme lui, que je parle comme lui, mais tout comme Voldemort, tout comme Rogue, Lupin, et Sirius, je ne suis qu’un personnage imaginaire issu de tes souvenirs de ces personnes.
- Mais…, répéta Harry, comment…
- Réfléchis : dans quelles circonstances les gens sont-ils issus de la mémoire ? Dans quels moments des évènements aussi improbables que des tuyaux géants en caoutchouc tombant du ciel se produisent-ils ?
- Je suis en train de rêver…, marmonna Harry.
- J’en ai bien peur, approuva Dumbledore.
- Mais qu’est-ce que cela signifie ? demanda le jeune homme.
- Si je le sais, tu le sais forcément, répondit le vieillard.
- Je… Je ne comprends pas ce qu’il se passe, commença Harry en bégayant, j… je…
- De quoi as-tu peur ? interrogea le rêve. Tu n’arrêtes pas de fuir depuis des jours et des jours. Tu n’as fait que ça. Il serait temps de revenir à la réalité, et d’accepter.
- Mais accepter quoi !? demanda Harry avec colère. Je ne comprends rien !
- Oh si, tu comprends. Tu le sais, je te l’ai déjà dit. La réponse à tous tes problèmes se trouve en toi. Je dois te laisser, à présent.
Dumbledore se retourna et s’en alla en direction de la forêt interdite.
Mais Harry ne pouvait pas le laisser partir… une nouvelle fois. Il devait rester et lui expliquer, comme il l’avait toujours fait…
- Attendez ! cria-t-il. Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? Je ne peux rien, tout seul !
- Tu n’es pas seul, Harry, dit la voix lointaine de Dumbledore tandis que ce dernier arrivait à l’autre bout du parc de Poudlard. Et je te l’ai déjà dit, la réponse se trouve en toi.
Il disparut alors dans la forêt interdite et tout autour de Harry se brouilla, le parc, la forêt, le château de Poudlard, tout devint noir et il se réveilla enfin.
Il était allongé dans un lit plutôt confortable et gardait les yeux fermés. Il avait l’esprit embrouillé et tentait vainement de reconstituer les éléments du rêve qu’il venait de faire. Ce dont il était sûr, c’est qu’il s’y était passé quelque chose qui l’avait marqué, mais il ne savait plus quoi. Comme tenter de se rappeler son rêve lui donnait un épouvantable mal de crâne, il essaya alors de se remémorer la réalité et ce qui lui était arrivé avant qu’il n’atterrisse dans ce lit.
Il se souvint. La première chose qui lui revint fut le souvenir d’une douleur atroce. Il avait vu Voldemort… Il avait vu les mangemorts, aussi. Ils s’étaient réunis comme au cimetière autour des deux adversaires. Harry avait lutté, mais Voldemort l’avait tout de suite mis à terre…
Il se rappela également de Neville, gisant dans une mare de sang ; Hagrid, étendu, formant une bosse au loin, mort… Lupin, déchiqueté, lacéré, mort également… et des gens, des aurors, des villageois innocents, tous tués par le sortilège de déflagration des mangemorts.
Il ouvrit les yeux, et poussa alors un cri, mais pas aussi perçant que celui du petit être au long nez et aux oreilles de chauve-souris que Harry n’eut aucun mal à reconnaître : Dobby, qui était penché sur lui, avait sauté du lit quand Harry avait ouvert les yeux. Il portait plusieurs chapeaux empilés les uns sur les autres, un pull-over violet avec une cravate et deux chaussettes de couleurs différentes qui lui recouvraient toutes les jambes. Bref, Dobby n’avait quasiment pas changé depuis la dernière fois que Harry l’avait vu.
- Harry Potter ! dit-il ses yeux de la taille de balles de tennis remplis de larmes brillantes. Vous êtes enfin réveillé ! Dobby a eu tellement peur que vous ne vous réveilliez pas !
Harry regarda le visage souriant et pleurant de l’elfe de maison, puis il observa l’endroit où il se trouvait. Son lit était recouvert de draps blancs sur lesquels il y avait une serviette mouillée qu’il avait fait tomber de son front en se redressant. A sa droite il y avait une fenêtre qui donnait sur la façade d’un immeuble et de toute évidence, il faisait nuit. Il se retourna vers Dobby.
- Dobby… Qu… Qu’est-ce que je fais ici, où sommes-nous ?
- Harry Potter est à Ste Mangouste Monsieur, répondit l’elfe, l’hôpital pour les maladies et blessures magiques au quatrième étage où sont traités les pathologies des sortilèges.
Il avait dit tout cela sans s’arrêter et il haletait d’une façon étrange.
- Ca va, Dobby ? demanda Harry.
- Oh, oui, Monsieur ! assura immédiatement l’elfe. Très bien ! Si vous saviez à quel point nous étions inquiets ! Les amis de Harry Potter ne voulaient pas vous laisser, ils voulaient rester pour attendre que vous rouvriez les yeux ! Mais ils devaient aller… Enfin Dobby s’est proposé pour veiller sur Harry Potter, Monsieur.
Harry remarqua qu’il avait un regard fuyant et gêné. Il avait cessé de haleter et semblait maintenant triste.
- Qu’est qu’il y a ? questionna-t-il, soupçonneux. Ils devaient aller où ?
- Ils devaient simplement aller se reposer, s’empressa de répondre Dobby.
Mais Harry sentait qu’il mentait. Il savait qu’il y avait quelque chose de louche derrière le comportement étrange de Dobby. Mais il n’avait pas la force de mener un interrogatoire, il voulait rester tranquille, il voulait qu’on le laisse seul. Il se sentait fatigué, las, mais il savait qu’il ne pourrait pas dormir : il était trop préoccupé par les récents évènements.
- Dobby, pourquoi est-ce que je suis à Ste Mangouste ? demanda-t-il. Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Des sorciers du ministère de la magie vous ont entendu crié dans votre chambre d’hôtel pendant qu’ils jetaient des sortilèges d’amnésie à des moldus, Monsieur. Ils vous ont retrouvé évanoui avec…
Dobby frissonna. Apparemment, la chose dont il n’osait pas prononcer le nom était particulièrement effrayante. Harry n’eut pas beaucoup de mal à comprendre de qui il s’agissait, il commençait à se souvenir…
- Voldemort, acheva Harry.
L’elfe trembla de plus belle.
- Désolé, s’excusa Harry, mais il faudrait que tu t’habitues à dire ou à entendre son nom.
Dobby ne répondit pas.
Un autre évènement venait une fois de plus assombrir le tableau. Il était vrai qu’il ne venait pas de perdre à nouveau quelqu’un de cher, mais on ne pouvait pas dire que deux morts supplémentaires n’avaient aucun effet sur lui : combien de morts y avait-il encore eu et y aurait-il encore à cause de cette guerre ? Il y avait déjà la mort de Cedric, de Sirius, de Dumbledore, l’ensorcellement de Fred et George, les attaques successives contre Ron, contre Hermione, contre Neville, la mort de tous ces gens à Pré-au-Lard, la mort de Lupin… la mort de Hagrid… Et maintenant la mort des parents d’Hermione. De plus en plus, il comprenait ce qu’avait pu ressentir la communauté sorcière la première fois que Lord Voldemort avait tenté de prendre le pouvoir. Tout le monde était touché, désormais. Ron, torturé au mariage de son frère aîné, avec ses deux autres frères soumis à l’Imperium ; Hermione, d’abord ensorcelée puis torturée à son tour, même si Harry l’avait tout de suite libérée, et désormais orpheline, comme lui ; Neville, avec ses parents devenus fous à force de torture, et presque vidé de son sang simplement parce que Harry avait eu la mauvaise idée de lui demander de rester seul quelques minutes, hors de la « sécurité » de la chambre d’hôtel, seulement quelques instants seul dans un couloir…
Il ne pourrait pas supporter de recevoir encore une fois ce genre de choc, il lui fallait tout demander et tout savoir sur les évènements, aussi terribles soit-ils. Il devait rattraper la réalité et non plus être rattrapé par elle.
- Que… Qu’est-ce qui s’est passé, à Pré-au-Lard ? questionna Harry, abattu. Qu’est-ce qui est arrivé après… après le massacre ?
Il voyait au visage des deux femmes qu’il venait d’aborder un nouveau sujet sensible.
- Nous ne le savons pas vraiment, avoua la mère de Ron, attristée. Depuis mercredi soir, à minuit précise, personne,- de notre camp, en tout cas -, n’a pu rentré dans le village.
- Quoi ? s’étonna Harry. Mais pourquoi ?
- Nous l’ignorons, admit Mrs Weasley. Tout ce que nous savons, c’est qu’un champ de force entoure le village tout entier et qu’aucun sorcier du ministère ou de l’Ordre n’a réussi à le franchir.
- Mais alors… Ca voudrait dire que…
Molly Weasley resta silencieuse, ce fut sa fille qui reprit la parole :
- Il semblerait que Pré-au-Lard soit devenu la nouvelle base officielle – et impénétrable – de Voldemort et de tous ces partisans, déclara-t-elle.
- Une base officielle ? répéta lentement Harry, incrédule.
- C’est ce que craint le plus le ministère et l’Ordre aussi, d’après ce que j’ai compris.
Mrs Weasley, habituellement si réticente à révéler quoi que ce soit sur l’Ordre du Phénix, acquiesça d’un signe de tête.
- Ce que Maman a oublié de te dire c’est que, en plus du champ de force qui est certainement une protection magique créée par les mangemorts, une marque des ténèbres géante reste vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans le ciel et illumine tout le village. Hier, la gazette du sorcier parlait déjà de « Capitale des Ténèbres ». C’est pour ça que je t’ai dit base « officielle ».
- Une capitale… répéta Harry.
Il leva les yeux et croisa le regard de sa petite amie. Ils pouvaient se comprendre grâce à se simple regard. Il savait que Ginny se rendait compte tout comme lui de ce que signifiait une telle chose. Si Voldemort disposait d’un village entier comme quartier général, s’il était suffisamment sûr de lui pour ne pas s’en cacher, et s’il arrivait avec ses mangemorts à créer une protection suffisante pour déjouer les sorts des aurors du ministère et des membres de l’Ordre, cela signifiait que les choses allaient très, très, très, très, très, très bien pour lui. Il avait un avantage certain car il pouvait préparer beaucoup de choses contre le monde des sorciers dans un espace aussi grand, et ce sans être gêné. Et une autre pensée vint en lui…
- Mais s’il a pu créer une telle protection magique, il doit avoir réuni beaucoup de partisans aux pouvoirs puissants, non ?
- C’est ce que craint McGonagall, répondit Mrs Weasley avec un air sombre que Harry ne lui avait jamais vu.
La gravité des faits était bien plus grande que Harry ne l’aurait crue, mais il n’avait pas terminé, il y avait encore un sujet à aborder avant de pouvoir tout digérer…
- Mais si Pré-au-Lard est devenu inaccessible depuis deux jours, est-ce qu’il y a eu des survivants ?
Il venait de toucher un point sensible, encore une fois, car les deux femmes clignèrent plus fréquemment des yeux.
- Oh, Harry, commença Mrs Weasley, d’un ton de plus en plus gémissant, tu viens juste de te réveiller, on ne devrait pas parler de tout ça, on devrait plutôt se réjouir de te revoir guéri au lieu de te raconter toutes ces horribles choses…
- Non, Mrs Weasley, je veux savoir, je dois savoir, répliqua Harry d’un ton catégorique. Je ne pourrais pas dormir tranquille tant que je ne saurai pas tout. Vous croyez que j’ai envie d’avoir d’autres surprises du genre « les parents de ta meilleure amie sont morts » ? demanda-t-il d’un ton ironique.
- Je… bredouilla la mère de Ron. Très bien, tu as raison, je n’ai pas le droit de tout te cacher, comme si tu n’étais qu’un enfant… Très bien, répéta-t-elle, et bien… la moitié des habitants du village ont été enfermés dans le village avant de pouvoir être soignés, donc nous pensons qu’ils sont morts, ce qui représenterait environ cent cinquante sorciers et sorcières, soit cinq pour cent de la population sorcière du pays.
Harry demeura abasourdi.
- Beaucoup se sont enfuis mais de ceux de la Grand-rue, il n’y a que Hagrid qui soit rev…
- Hagrid est vivant !? s’exclama le jeune homme, encore plus abasourdi.
Mais cette fois, son incrédulité était d’une toute autre nature.
- Oui, répondit Mrs Weasley, les sourcils levés, bien sûr. Je pensais que Kingsley te l’avait dit.
- Non, je ne savais pas…
Et malgré tout ce qu’on venait de lui annoncé, malgré tous les terribles évènements survenus depuis mercredi après-midi, il ressentit une vague de soulagement. Il était absolument persuadé que son ami géant était mort, comment aurait-il pu en être autrement, après tout ce qu’il venait d’apprendre ? Mais Hagrid était quand même en vie, il avait réussi à s’échapper, Harry ne l’avait pas perdu…
- Je… bredouilla-t-il, Je l’avais vu… Il était étalé avec tous les autres…
- Comment ça, tu étais là-bas ? s’étonna Mrs Weasley.
- Vous le savez bien, dit Harry, surpris. Sinon, comment voulez-vous que je sache pour…
Mais il fut interrompu par une autre voix, une voix de femme.
- Harry, il faut que je te parle.
C’était Tonks. Elle avait les cheveux châtains clair alors qu’ils étaient habituellement de couleurs vives et variées, Tonks étant une métamorphomage, une sorcière ayant la capacité de changer d’apparence à volonté. Elle semblait extrêmement préoccupée et ses yeux étaient rougis et soulignés de cernes. La dernière fois que Nymphadora Tonks s’était retrouvée dans un état semblable, Remus Lupin avait refusé ses avances (Harry avait pensé qu’elle était amoureuse de Sirius avant de se rendre compte que le patronus de la jeune femme représentait un loup et non un chien), et Harry se doutait que le loup-garou était une nouvelle fois responsable de ses tourments.
Mrs Weasley, qui avait brusquement tourné la tête lorsque sa « collègue » de l’Ordre du Phénix était rentrée dans la chambre, se leva et tapota légèrement l’épaule de cette dernière.
- Tonks, murmura-t-elle d’un ton apaisant, il vaut peut-être mieux attendre, tu ne crois pas ? Le temps qu’il reprenne plus de forces…
- Non.
Harry avait interrompu Mrs Weasley d’une voix calme et ferme. Il ne pouvait pas la laisser le couver éternellement, il devait la vérité à Tonks et attendre davantage n’aurait servi à rien.
Molly Weasley jeta un coup d’œil embué à celui qu’elle tentait désespérément de protéger et sans un mot, sortit de la pièce. Ginny, quant à elle, se pencha pour embrasser Harry puis partit à son tour. Tonks tira la chaise vide de Mrs Weasley et s’assis en baissant les yeux. Au bout d’une minute, elle rompit son silence :
- Harry, commença-t-elle, Hagrid a dit… Hagrid a dit que tu étais là quand… quand ça s’est passé…
- C’est vrai, confirma Harry.
Il avait peur et se sentait terriblement gêné… et peiné.
- Je sais, je… je t’avais entendu derrière la porte, avoua-t-elle. Je me suis arrangé pour être affecté ici. Au début, ils pensaient que Hagrid avait pris un gros coup sur la tête parce qu’il n’a pas arrêté de répéter que tu avais jeté un sortilège multiple du patronus. Il a dit que tu en avais envoyé sept qui auraient chassé les détraqueurs dans la grand-rue.
Elle eut un petit rire nerveux ; Harry, lui, ne dit rien. Ce n’était vraiment pas le moment pour lui de se vanter…
- Si je voulais te parler, c’est parce que si tu étais également dans la grand-rue à ce moment-là, donc Hagrid n’était pas le seul témoin de ce qui s’est passé, comme nous le croyions.
Elle s’approchait de plus en plus du sujet qui la préoccupait, et ses yeux semblaient s’humidifier davantage. Harry persista dans son mutisme, en attendant l’instant où Tonks lui poserait la question qu’il redoutait.
- Tu comprends, reprit-elle, quand je lui ai demandé…certaines choses, il a été incapable de se souvenir, il disait que c’était trop flou, ou peut-être qu’il ne se trouvait tout simplement pas dans son champ de vision, ou même qu’il n’était pas là…
- Vous voulez parlez de…, commença Harry, mais il ne pouvait pas continuer, ou même prononcer son nom.
Mais il devait le faire…
- Lupin ? acheva-t-il.
Son interlocutrice acquiesça d’un signe de tête. Puis elle se retourna brusquement vers Harry, le regardant enfin dans les yeux. Elle affichait une figure grave.
- Est-ce qu’il était là-bas, Harry ?
- Oui.
- Alors… il est…
- Je pense, oui, répondit-il difficilement.
Tonks enfouit son visage dans ses mains.
- Est-ce que t…t…tu en es ab…b…bsolument sûr ? demanda-t-elle de sa voix agitée de tremblements dus, comme Harry le savait parfaitement, à des sanglots qu’elle s’efforçait de cacher.
- Je l’ai vu à une dizaine de mètres de moi, raconta Harry. Bien sûr, si Hagrid a pu s’enfuir…
- Hagrid était éloigné des mangemorts au moment où ils ont lancé leur sortilège, coupa Tonks en levant la tête. Il s’est levé quelques secondes plus tard, d’après ce qu’il nous a dit, et il a transplané. Est-ce que c’était le cas de Remus ?
- Je ne sais pas, admit Harry. Il était plus éloigné que les autres personnes qui étaient présentes et il n’avait pas les mêmes blessures, dit-il en se rappelant ces détails.
- Qu’est-ce que tu veux dire ? interrogea la jeune femme.
En voyant son regard plein d’espoir, Harry s’en voulut immédiatement. Il venait de lui donner un faux espoir.
- Enfin, il était gravement blessé, s’empressa-t-il d’ajouter. Mais je voulais dire qu’on aurait plutôt dit qu’il s’était fait attaquer par une bête sauvage que souffler par l’explosion comme les autres. Je suis désolé, Tonks, dit-il, chaque mot lui demandant un terrible effort, mais il n’était pas en état de s’enfuir et…
Il se tut en clignant des yeux à plusieurs reprises, et se tourna vers la fenêtre pour cacher le plus possible son visage. Il n’aurait jamais cru que ce serait aussi dur.
- Je te demande pardon, Harry, dit Tonks. Je sais que c’était un ami de ton père et que tu l’aimais beaucoup.
Puis, brusquement, elle se leva et sortit précipitamment. Quelques secondes plus tard, un peu plus loin dans le couloir, qulequ’un éclata en sanglots déchirants.
Harry était bouleversé, c’était comme si on venait également de lui annoncer la mort de son ancien professeur de défense contre les forces du mal…et ami. Entendre parler de lui au passé l’avait ramené à la réalité, qui l’avait finalement rattrapée, comme il voulait l’éviter.
Ca commence à devenir plus long, comme vous le voyez
.
90ème message ![]()
ouai ca devient du xxl
bon la suite tjr aussi excellente bien que c´est plus de la transition ou ont fait le bilan des morts
salut mon petit : coeur: soltek
jim je suis trop fan j´attends la suite avec impatience
SUPER !! !!!! Das ist sehr gut !! ! une suite !! !
chouette j´ai une fan
kit kat ta du soucis a te faire pour le titre de fan girl numero 1 de soltek ![]()
OUIN !! C´est trop triste !! mais la suite etait exellente Jim, mais c´est d´un triste !!
- Il m’a pris par derrière, le lâche, raconta Neville avec une once de haine dans la voix. J’ai juste eu le temps de me retourner que je perdais déjà tout mon sang. Il a dit que « ça donnerait une bonne leçon à Potter ».
- C’est à cause de l’an dernier, murmura Harry plus pour lui-même que pour son interlocuteur.
- Ce n’est pas de ta faute, assura son ami au visage joufflu, ce n’était qu’un accident.
- Ce n’est pas ma faute à cause de l’année dernière, déclara Harry en colère contre lui-même, mais ça l’est parce que je t’ai fait sortir de la chambre.
- Tu ne pouvais pas savoir.
- D’accord, mais vu ce que je voulais faire, je n’avais pas besoin de te le cacher.
- Ah… Mais justement, qu’est-ce que tu as fait ? Qu’est-ce qui s’est passé quand tu as laissé Ron et Hermione ?
Harry hésita. Mais après tout, il venait de dire lui-même qu’il n’avait pas besoin de le cacher. Donc, il raconta tout. Sa courte conversation avec Lupin, comment il avait pensé le trouver à Pré-au-Lard, comment il avait chassé les détraqueurs avec son « septuple patronus »…
- Alors c’était vrai ? s’étonna Neville, impressionné.
- Euh… Oui, répondit Harry en sentant ses joues s’empourprer.
- Ben dis donc, on pensait que Hagrid avait peut-être pris un coup sur la tête…
- Je lui ai dit devant toi qu’il ne s’était pas trompé, fit remarquer Harry.
- Oui, mais je sais bien qu’avec Ron et Hermione, vous avez parfois tendance à lui mentir pour lui faire plaisir.
- C’est vrai, admit l’alité en se sentant encore plus gêné (l’ancien professeur de Soins aux créatures magiques se trouvait derrière la porte).
…comment les aurors avaient coincé les mangemorts au beau milieu de la grand-rue, comment ceux-ci avaient jeté un sortilège de déflagration qui avait probablement tué tous ceux qui luttaient dans ce secteur, comment Voldemort l’avait protégé pour se charger lui-même de « l’élu » et de ses « prodigieux pouvoirs », et comment il avait effectivement retrouvé Remus Lupin à Pré-au-Lard avant de devoir mener un duel plus qu’inégal avec Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom… A ce stade, il s’interrompit, car la peur lui nouait l’estomac, une peur qu’il s’efforçait de combattre depuis son réveil et qui commençait sérieusement à reprendre le dessus…
- Tu as encore dû l’affronter ? questionna son ami, encore plus impressionné. Et tu lui as encore échappé ?
- Je n’y suis pour rien, j’ai simplement eu…
- Ah non, l’interrompit Neville, ne me dis pas encore que tu as eu de la chance !
- C’est pourtant vrai, il m’a tout de suite terrassé…
Il lui raconta la façon dont Voldemort l’avait mis à terre, et aussi comment il avait soudainement décidé de ne pas tuer Harry pour s’occuper du médaillon.
- Comme ça, sans raison ? s’étonna Neville.
- Il a parlé d’un « petit problème de baguette ». Quand j’ai essayé de parer son sort, le sortilège s’est brisé sans raison sur ma baguette. Ah moins que…
- Quoi ?
- Normalement, ma baguette ne peut pas combattre celle de Voldemort, expliqua Harry.
Il lui parla brièvement de la plume du même phénix que contenaient les baguettes de Voldemort et de Harry.
- C’est pour ça que j’ai pu survivre, quand il est revenu. Bien sûr, ça ne se produit que quand nos sorts se touchent, donc nous pouvions quand même livré un duel. Mais maintenant que j’y pense, c’est vrai que quand j’ai utilisé le charme du bouclier, nos baguettes n’ont pas été réunies comme la dernière fois.
Comment avait-il pu ne pas s’en apercevoir ?
- Je me demande si… s’il n’a pas découvert un moyen d’annuler ce lien. Ou plutôt s’il a essayé, parce que si son sort s’est brisé, c’est qu’il n’a pas réussi… Mais attends, peut-être que…
Il était vrai que ça expliquerait pourquoi il avait disparu… Il se tourna vers son ami.
- Et si c’était pour ça qu’il a enlevé Ollivander, il y a un an ? Il aurait pu lui demandé pourquoi ce phénomène s’était produit et comment y remédier ! Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il en voyant l’expression incrédule de Neville.
- Harry, ça doit être pour ça qu’on a pas retrouvé ta baguette !
- Bien sûr ! Et…
Mais quelque chose n’allait pas.
- Une seconde, c’est quoi, cette histoire ? interrogea-t-il, les sourcils froncés.
- Tu sais bien qu’on n’a pas retrouvé ta baguette magique ?
- Quoi ?
C’était impossible…
- On a retrouvé toutes tes affaires dans la chambre d’hôtel mais il n’y avait pas moyen de mettre la main sûr ta baguette. Je croyais qu’on te l’avait dit.
- Non…
Pour Harry, qui ne s’était jamais séparé de sa baguette dans le monde des sorciers, c’était un coup dur. Sa peur refoulée s’intensifia.
Il poursuivit cependant son récit et raconta comment il avait remis un faux médaillon à Voldemort qui s’en était visiblement rendu compte puisqu’il avait infligé à Harry un Doloris de trop.
- Ce que je ne comprends pas, conclut-il, c’est pourquoi il ne m’a pas tué tout de suite. C’est vrai, il aurait pu récupérer le médaillon par ses propres moyens, comme il me l’avait lui-même dit, et puisqu’il tenait tant à me tuer dans un duel, il lui suffisait de prendre une autre baguette. Et aussi : pourquoi est-ce qu’il s’est enfui devant les oubliators ? Il aurait pu les tuer facilement ! Ce n’est pas que ça me dérange mais c’était stupide de sa part…
Neville, qui était devenu légèrement blême en entendant Harry raconter « l’interrogatoire » du Seigneur des Ténèbres, haussa les épaules et dit :
- Moi j’aimerais bien savoir comment il a pu savoir que son médaillon n’était plus en sécurité dans sa grotte. Tu m’as bien dit qu’il n’y était plus lié ?
- J’imagine que s’il veut le savoir, il peut se connecter de la même manière qu’il pouvait être connecté avec mon esprit par l’intermédiaire de ma cicatrice, dit simplement Harry, haussant les épaules à son tour.
- Mais dans ce cas, il aurait pu le retrouver tout seul ?
Tous deux restèrent perplexes. Le comportement de Lord Voldemort semblait en effet bien étrange, vu sous cet angle…
Ils parlèrent de Ron et Hermione, non pas en poursuivant la petite conversation qu’ils avaient eue sur les chances du couple de survivre, mais pour discuter de la jeune femme.
- Je ne sais pas vraiment comment elle va, déclara Neville. Je l’ai juste vue quand elle a appris la nouvelle en lisant La Gazette. Elle était toute pâle et elle s’est effondrée, mais Ron l’a empêchée de tomber. Il n’y a qu’à lui qu’elle accepte vraiment de parler, en ce moment. A nous, elle ne dit que « bonjour » et « bonsoir ».
- Ca recommence…
- Oui. Mais là, je dois dire que je comprends parfaitement qu’elle soit bouleversée en pensant à ses parents…
Harry approuva d’un signe de tête : il y a quelques jours, Hermione craignait de ne plus revoir ses parents, et maintenant, ils étaient fixés sur les chances qu’avaient la famille Granger de se retrouver un jour à nouveau réunie.
- En tout cas, reprit Neville, Ron se montre beaucoup plus mur et compréhensif qu’il ne l’a jamais été.
- Je crois qu’on l’est tous depuis l’an dernier, dit Harry. Est-ce que tu sais quand ils doivent rentrer ? questionna-t-il.
Neville fit non d’un signe de tête. Ils restèrent silencieux quelques instants, puis Hagrid, percevant sans doute l’absence de bruit, rentra dans la chambre. Il était suivi de près par une petite sorcière trapue qui portait un nœud noir dans ses cheveux châtains…
- Vous ! s’écrièrent aussitôt les deux parleurs.
- Bonjour, Mr Potter, dit-elle avec une voix haut perchée de petite fille. Je suis Dolores Ombrage, j’imagine que vous vous souvenez de moi ?
- Qu’est-ce que vous faîtes là ? s’indigna Harry. Sortez immédiatement d’ici ! Je ne veux pas vous voir ! Pourquoi est-ce que vous l’avez emmenée avec vous, Hagrid ? interrogea-t-il en regardant le garde-chasse de Poudlard avec fureur.
Mais Hagrid, qui avait l’air de devoir sérieusement se retenir pour ne pas frapper la nouvelle venue, ne répondit rien. Ombrage le fit à sa place :
- Je suis ici en qualité de Sous-secrétaire d’état auprès du ministre de la magie, dit-elle avec un sourire de crapaud. Mr Scrimgeour n’a malheureusement pas pu venir lui-même car il était trop occupé. Il m’a donc chargé d’interroger Mr Potter moi-même. Sortez, Mr Londubat, et c’est également valable pour vous, Mr Hagrid.
- Je n’ai plus d’ordre à recevoir de vous, vieux crapaud ! répliqua Neville, fulminant de rage. Je suis majeur et je ne suis heureusement plus votre élève.
- Peut-être, répondit calmement Ombrage, sans se départir de son sourire, mais je suis Sous-secrétaire d’état auprès du ministre et vous devriez vous estimer heureux si vous n’êtes pas poursuivis pour insulte à un haut représentant du ministère. Alors sortez, je vous pris.
Pendant plusieurs secondes, Neville sembla lutter contre lui-même, comme Hagrid, mais il finit par dire :
- Très bien.
Il se pencha ensuite sur Harry et lui fit la bise. Harry aurait pu juger ce comportement étrange (il n’avait pas l’habitude de faire la bise à ses amis, plutôt à leur dire simplement « bonjour », ou à leur serrer la main) s’il n’avait pas senti quelque chose se glisser sous son drap.
- Ca pourra servir, murmura-t-il.
Tandis que Neville sortait sur les talons de Hagrid, Harry sentit en mettant ses mains sous ses draps un objet dont la forme lui donna un sentiment de sécurité.
- Bien, Mr Potter, dit Dolores Ombrage en s’asseyant, vous avez des choses à me dire.
- Ah oui, quoi, par exemple ? demanda Harry avec un air faussement interrogateur.
- Par exemple, comment vous êtes-vous retrouvé en compagnie de Vous-Savez-Qui dans cet hôtel ?
Harry s’était certes attendu à de telles questions de la part du ministère, mais il ne voyait pas comment répondre à toutes leurs questions sans mentir.
- Il m’a attaqué quand je suis arrivé à Pré-au-Lard, expliqua Harry.
- Dans ce cas, pourquoi étiez-vous dans cet hôtel ? répéta Ombrage.
- Parce qu’il voulait me torturer dans un coin plus tranquille, dit Harry d’un ton dégagé.
- Avec tous ces moldus autour ? Ne me mentez pas, Mr Potter. Je sais très bien que vous n’étiez pas à Pré-au-Lard. Le témoignage de cet hybride ne vaut rien. Je suis sûr et certaine que vous prépariez quelque chose !
- Qu’est-ce que vous voulez que je prépare !? s’emporta Harry. Voldemort a utilisé le sortilège Doloris contre moi et vous pensez que je prépare quelque chose avec lui, peut-être ?
- J’imagine que vous ne deviez pas avoir réussi votre mission.
Harry n’en cru pas ses oreilles. On l’accusait d’être un mangemort ? Alors que c’était lui, la victime ? La haine et la fureur montèrent en lui, il avait une très forte envie de frapper Ombrage, à présent…
- Je ne suis pas à son service ! dit-il, et contrairement à ce qu’il avait prévu au départ, il disait bien entendu la vérité.
- J’en ai assez, Potter ! hurla Ombrage, avec un air de démente. Je vais moi-même m’assurer que vous ne pourrez plus me mentir comme vous l’avez toujours fait, murmura-t-elle.
Brusquement, elle se leva et pointa sa courte baguette magique sur la porte. Un cliquetis se fit entendre, puis une lumière illumina brièvement les interstices.
- Personne ne pourra ni nous entendre, ni entrer, annonça-t-elle, plus démente que jamais. Maintenant je vais vous arracher les vers du nez…
Elle leva son arme et s’écria :
- ENDOLORIS !! !!!
Mais Harry se tenait prêt.
jim veux-tu me faire mourir?tant de suspens pourrait être mauvais pour mon coeur alors vite la suite !j ´adore!
je te ferais du bouche a bouche et un massage poitrinale heu cardiaque
la suite excellente enfin surtout la fin le debut c´etait un peu resumé
Désolé,je suis découragé,je rattrazpperais monretard sur Endoloria
Ah le con,j´ai prisle 100 message.Désolé :s
à ceux qui ont lu^^.
Pas de problème Vegeto
Voici maintenant le chapitre 14, bonne lecture
:
14
L’Elu en cavale
Tout se passa en une seconde. Pendant qu’Ombrage avait hurlé la formule du sortilège de torture, il avait sorti la baguette magique de Neville de son drap et en concentrant toute sa colère, toute sa détermination, toutes ses forces, il leva sa baguette en direction de celle de son ennemie, sentit la puissance du Doloris, et parvint à dévier le sortilège qui termina sa course sur le mur qui se trouvait à la droite de Harry, celui qui comportait une fenêtre. Un cratère se creusa dans la pierre au moment où il pensait « STUPEFIX !! ! ». Un éclair rouge jaillit de la baguette qu’il tenait fermement mais fut renvoyé de justesse par la sorcière-crapaud qui avait prononcé la formule « Protego » au tout dernier moment. L’éclair de stupéfixion frôla la chevelure de jais de Harry pour venir creuser un autre cratère dans le mur de derrière. Celui-ci avait bondi de son lit et crié « Expelliarmus ! ». Cette fois, Ombrage n’avait pas eu le temps de réagir : sa baguette lui sauta des mains et sa propriétaire tomba sous le choc.
Harry s’avança lentement vers l’ignoble femme, la menaçant de sa baguette magique.
- Vous avez perdu, Ombrage, murmura-t-il avec hargne. Cette fois, je me ferais un plaisir de vous faire envoyer et enfermer à Azkaban. Incarcerem.
Elle se retrouva soudainement attachée par des cordes surgies de nulle part.
- C’est vous qui allez être envoyé à Azkaban… p… pour avoir séquestré une haute représentante du ministère ! dit-elle d’un ton percé par la peur.
- Je n’ai fait que me défendre, répliqua Harry dont la voix tremblait non pas de peur mais de haine pour la sorcière à terre devant lui. Vous, vous avez tenté de m’arracher des informations sous la torture. Vous n’avez décidément jamais rien compris. Même après que le retour de Voldemort se soit avéré bien réel, vous continuez à prétendre que je mens, c’est pitoyable ! Et en plus, vous avez le culot de rester au ministère après ça ! Ca suffit, je vais tout de suite vous livrer aux autorités. Alohomora, prononça-t-il en visant la poignée de la porte, mais rien ne se produisit.
- J’ai ensorcelé la porte, vous n’arriverez pas à l’ouvrir avec un simple Alohomora, dit Ombrage d’un ton méprisant.
Cependant, elle semblait toujours terrifiée.
Harry, lui, fit semblant de ne pas écouter. S’il ne pouvait pas ouvrir la porte, il ne pouvait pas non plus demander comment faire à Ombrage : elle ne répondrait pas et s’il tentait de l’y forcer, il savait qu’elle se débrouillerait pour lui attirer des ennuis. Il décida donc d’employer les grands moyens…
- Plosium ! s’exclama-t-il.
Il y eut une forte détonation, une lumière, et la porte de la chambre explosa, répandant ses morceaux dans le couloir à l’extérieur. Dans ce couloir il vit Hagrid et Neville, affolés, puis un auror qu’il avait déjà vu du nom de Dawlish.
Il y eut une nouvelle détonation et un éclair de lumière rouge jaillit vers Harry à peine une fraction de seconde après qu’il eut détruit la porte. Il tenta de le parer mais n’eut pas le temps de se concentrer : sa baguette fut projetée en l’air sous le choc et il fut ébloui…
Lorsqu’il rouvrit les yeux, il comprit que peu de temps avait dû s’écouler depuis qu’on l’avait stupéfixé : il se trouvait toujours au même endroit dans la même chambre (sauf qu’il était étendu sur le sol dur), il voyait toujours Ombrage ligotée, et Hagrid plaquait au sol un Dawlish qu’on avait du mal à discerner. Neville, la baguette pointée sur Harry, ce qui indiquait que c’était lui qui l’avait ranimé, lui tendit le bras. Harry l’attrapa et se releva, aidé par son ami.
- Ca va ? demanda ce dernier.
- Oui.
- Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Elle a recommencé, expliqua Harry en montrant Ombrage d’un signe de tête.
- Je m’en doutais, c’est pour ça que je t’ai glissé la nouvelle baguette qu’on t’a achetée. Tiens, dit-il en sortant une autre baguette magique de sa poche.
Harry la prit et la contempla un instant en regrettant l’ancienne.
- Oui, c’était une très bonne idée, finit-il par dire.
- Vous êtes complice ! s’exclama soudain Ombrage, les yeux exorbités. Londubat, vous êtes complice d’une attaque sur des représentants du ministère !
Ils lui jetèrent un regard des plus méprisants.
- Votre ministère ne sera pas très content de vous, si vous voulez mon avis, fit remarquer Neville.
Son expression était si menaçante que la haute représentante du ministère n’osa plus rien dire. Mais Harry n’était pas si sûr de la vérité des paroles de Neville, et ce dernier non plus, d’après le regard qu’ils échangèrent dans la seconde qui suivit. Harry se doutait qu’ils pensaient à la même chose : si Dawlish avait tout de suite stupéfixé Harry, les premières réactions du ministère n’iraient sans doute pas dans leur sens. Il faudrait leur expliquer la situation, mais les écouteraient-ils ?
- Je crois qu’on se fait un peu trop remarquer, ici, annonça Hagrid.
Harry leva les yeux et sortit dans le couloir. Et en effet, des figures apeurées les observaient. Ce n’était d’ailleurs pas très étonnant : Dawlish étouffait toujours sous le poids du demi-géant à qui personne n’osait dire de libérer le malheureux auror. Ce fut donc Harry qui le fit :
- Heu… dit-il, hésitant. Hagrid, il faudrait peut-être le lâcher.
- Qui ? Ah ! dit Hagrid en apercevant la face violacée du plaqué. Lui…
Et il se leva en prenant bien soin de prendre (et de casser en deux) la baguette de l’auror. Ce dernier s’éloigna en regardant l’homme qui venait de lui faire une prise de catch.
- Tout à l’heure, des guérisseurs se sont enfuis dans l’escalier, déclara Neville. Je crois qu’ils sont allés prévenir le ministère. Qu’est-ce qu’on va leur dire ?
- Rien du tout, répondit Hagrid. Ils nous attaqueraient tout de suite, sans même chercher à comprendre que nous nous sommes défendus. Non, il faut partir le plus vite possible. On leur expliquera tout plus tard.
- Mais…
- Je vous assure que c’est la meilleure solution ! s’emporta Hagrid. Faites-moi donc un peu confiance ! A moins que vous ne préfériez faire confiance à ces gens.
- Non, Hagrid, assura Neville. Ce n’est pas ça, mais…
- Si nous les attendons ici, sagement, sans faire d’histoire, et que nous leur expliquons tout, peut-être qu’ils ne nous attaqueront pas, acheva Harry d’un ton très sérieux malgré le fait qu’il ne croyait pas en ses propres paroles et qu’il ne savait pas très bien pourquoi il tentait de convaincre son ami.
- Tu parles ! s’exclama Hagrid. Ils ne se sont pas gênés, la dernière fois, pour agresser McGonagall…
Il ne savait plus que penser. Les conseils de Hagrid n’étaient pas toujours très avisés. D’un autre côté, connaissant son ami depuis de nombreuses années, Harry était certain que jamais il n’aurait donné un conseil aussi déraisonnable sans une bonne raison, une raison autre que la réaction trop précipitée mais compréhensible de Dawlish. Mais en réfléchissant, il semblait clair que la réaction des membres du ministère de la magie pourrait être tout aussi précipité. Il fallait donc peut-être partir avant de tout expliquer, en effet…
- Très bien, finit-il par dire, partons.
- Content que tu aies enfin compris, grogna le demi-géant.
Neville parut vouloir dire quelque chose, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Ils se dirigèrent donc vers les escaliers au bout du couloir. Ils descendirent les marches quatre à quatre (Hagrid huit à huit). Ils parvinrent au rez-de-chaussée et coururent vers la porte.
Mais ils furent interrompus par un cri :
- Ce sont eux ! disait un guérisseur en montrant le trio du doigt. Ce sont eux qui ont agressé Mrs Ombrage et son auror !
Un groupe de six aurors les attendaient à l’entrée de l’hôpital et leur barrait le chemin. L’un d’eux s’écria : « Attrapez-les ! ». Des éclairs de stupéfixion jaillirent dans leur direction mais ils furent soit renvoyés, soit déviés, soit absorbés par la peau épaisse de Hagrid.
Aussitôt, Harry, Neville et Hagrid repartirent dans l’autre sens. Tandis qu’ils remontaient toutes les marches qu’ils avaient inutilement descendues, Hagrid leur dit d’aller sur le toit.
Ils se hâtèrent donc en direction du dernier étage. Cependant, une fois parvenus au salon de thé, ils ne virent aucune marche menant plus haut. Mais cela ne déstabilisa pas Hagrid qui ouvrit une porte, plus petite que celle de l’étage, et qui se fondait presque dans le mur.
Ils y découvrirent de nouvelles marches qu’ils grimpèrent jusqu’à une nouvelle porte. Au-delà, ils se retrouvèrent à ciel ouvert.
- Qu’est-ce qu’on fait ? interrogea Harry.
- Ils vont bientôt nous rattraper, annonça le demi-géant, dépêche-toi, fais venir ton balai.
Sans attendre, Harry leva sa baguette et s’exclama : « Accio Eclair de feu ! ».
- On ne peut pas transplaner ? demanda-t-il ensuite.
- Non, répondit Hagrid, depuis le retour de Tu-Sais-Qui, il ne reste plus beaucoup d’endroits où on peut transplaner libre…
« CRAC !! ! »
La porte s’ouvrit à la volée et les aurors se précipitèrent.
- Allez-vous en ! s’écria-t-il en s’interposant. Je vais les retenir !
Il y eut plusieurs détonations et lumières et deux aurors parvinrent à se dégager, l’un poursuivant Harry, l’autre Neville. Ils s’enfuirent en esquivant les sorts envoyés par les chasseurs de mages noirs mais se retrouvèrent coincés à l’un des bords du toit. Ils étaient perdus…
Mais tout à coup, une vitre se brisa à l’étage du dessous et Harry, commandé par son instinct, s’élança dans le vide. Le sol se rapprochait dangereusement, mais un balai de course haut de gamme passa au dessous de lui et il l’agrippa. Il remonta en chandelle et vit avec horreur que Neville tombait également… Il allait s’écraser sur la route…
Mais il pivota et disparu avec un petit « Pop ! ».
Harry s’éleva alors dans le ciel en accélérant au maximum et disparu derrière les gratte-ciels de Londres.
Il se dirigeait vers le Nord, en espérant de toutes ses forces retrouver Neville à Poudlard.
Il avait cherché pendant quelques minutes la gare de King’s Cross puis il avait suivi les rails qui l’avaient mené pendant si longtemps dans son ancienne école. Craignant d’être repéré et suivi, il s’était jeté le sortilège de désillusion.
A présent, il avait peur pour ses amis. Neville avait réussi à transplaner une fois sorti de l’hôpital, mais il ne savait pas où il avait bien pu se rendre… Harry avait pensé à Poudlard parce que Hagrid l’avait accompagné, ce qui indiquait qu’ils étaient venus ensembles. Peut-être lui avait-on montré, comme à Ron et à Hermione, le quartier général de l’Ordre. McGonagall aurait pu le faire, maintenant qu’elle savait pour la prophétie… Oui, c’était très probable. De toute évidence, ses trois amis étaient retournés à Poudlard après ce qui s’était passé à Pré-au-Lard. Il avait donc de fortes chances de retrouver Neville là-bas.
A Poudlard, on ne pourrait pas le retrouver. Le problème, c’était le ministère de la magie. Arriverait-il à les convaincre de le laisser se défendre avant qu’ils ne tentent de l’arrêter ? Arriverait-il à leur faire comprendre que c’étaient leurs aurors qui les avaient forcés, lui, Neville et Hagrid, à s’enfuir ainsi ? Comprendraient-ils, cette fois, qu’Ombrage était une horrible sorcière indigne du poste qu’elle occupait ? Accepteraient-ils de libérer Hagrid qui n’avait plaqué Dawlish que pour l’empêcher de les attaquer ? Si Ombrage s’en mêlait, non seulement elle pourrait parvenir à se faire innocenter (surtout que pour l’instant, elle n’était accusée de rien par ses supérieurs), mais en plus elle pourrait faire croire que Hagrid était dangereux pour les autres du fait de sa parenté avec les géants. En s’enfuyant, ils s’étaient tous trois mis dans une position délicate…
Heureusement pour Harry, le ciel était plutôt ensoleillé, cet après-midi là, contrairement à sa dernière excursion en balai au cours de laquelle il avait été littéralement frigorifié, et où Maugrey Fol Œil avait eu l’idée saugrenue de se cacher dans un nuage, où même de retourner en arrière par soucis de sécurité. Mais à cette époque, Lupin était toujours en vie, ainsi que Dumbledore et Sirius… A cette époque, il avait encore plus ou moins le courage de continuer, mais maintenant… Il était complètement anéanti. Il pensait s’être fait à l’idée de ne plus avoir de protecteur ; cependant, il avait vu récemment à quel point il s’était trompé…
Il avait mené un duel avec Voldemort, et il n’avait même pas tenu une minute… Voldemort était beaucoup trop fort pour lui, bien trop puissant, bien trop destructeur… Il avait été fou d’avoir pensé pouvoir le tuer. Il n’avait pas l’ombre d’une chance face au plus grand mage noir de tous les temps. Sa colère contre Ombrage lui avait redonné momentanément confiance en lui et en ses capacités de duelliste, mais il était revenu à la réalité, une réalité qui ne cessait de le harceler, ces temps-ci…
Il ne savait plus depuis combien de temps il volait, à présent. Il commençait à faire moins chaud. Et puis, soudain, comme le soleil s’apprêtait à atteindre la ligne d’horizon, sur sa gauche, il la vit. Une éblouissante lumière verte brillait au loin et s’intensifiait au fur et à mesure qu’il avançait. Il aperçut alors une sorte de dôme, un dôme de lumière verte qui encerclait le village de Pré-au-Lard. Harry savait qu’il ne pouvait pas se tromper : la ligne de chemin de fer se perdait dans ce dôme de lumière. Au dessus du village, une gigantesque Marque des Ténèbres brillait du même éclat : une tête de mort avec un serpent qui lui sortait de la bouche. Seulement cette fois, la tête du serpent se trouvait de l’autre côté du dôme, à l’intérieur de la capitale de Lord Voldemort.
Encore plus déprimé, il poursuivit sa route jusqu’à l’endroit où devait se trouver le portail de chêne du château de Poudlard. Mais il n’y avait rien, ou plutôt, il ne pouvait pas le voir, pensa Harry. Il décida donc d’atterrir et de transplaner. Avec une certaine appréhension, en serrant avec force son Eclair de feu et sa baguette dans sa main droite, il pivota et se retrouva dans le couloir qui devait le mener dans le parc de Poudlard. Il fut légèrement soulagé : il avait craint que le champ de force qui entourait Pré-au-Lard n’entoure également les restes de la Cabane hurlante, en dessous desquels il se trouvait.
Une fois parvenu à la fraîcheur du parc, il courut vers les portes du château et remarqua au passage que les fenêtres de la Grande salle dégageaient de la lumière. Il franchit donc les portes du Hall d’entrée, puis de la Grande salle et vit Minerva McGonagall, Arthur, Molly, Bill, Fleur, Ronald et Ginny Weasley, Hermione Granger, Nymphadora Tonks, Kingsley Shacklebolt, à son soulagement, Neville Londubat, et à sa grande surprise, Abelforth Dumbledore, tous réunis à l’ancienne table des professeurs, tout au bout, visiblement en train de dîner.
Il entendit le murmure d’une conversation avant que tous ne tournent la tête vers lui au moment où il se précipitait vers eux.
- Harry ! s’exclamèrent certains d’entre eux.
Mais il remarqua que, contrairement à son habitude, Mrs Weasley n’était pas venu l’étreindre en lui disant à quel point elle était contente de le voir, signe qu’elle avait enfin compris ce que Harry lui avait répété le matin même.
- Harry, vous êtes là ! dit McGonagall. Venez vous asseoir !
Il prit donc place sur la seule chaise qui restait, à gauche de la présidente de l’Ordre du Phénix. Il vit que tout le monde le regardait avec un air anxieux, tout le monde sauf Hermione qui regardait fixement le bout de table qui lui faisait face, les yeux rougis.
- Harry, qu’est-ce qui s’est passé, où étiez-vous ? questionna le professeur McGonagall.
- Je me suis enfui de l’hôpital avec mon balai, expliqua Harry. Mais Neville vous l’a déjà dit, non ?
- Moi, je t’ai juste vu sauter, contesta Neville. J’ai transplané tout de suite, je ne savais pas ce qui t’était arrivé.
- Ah…
- Nous étions tous très inquiets, dit Mr Weasley. Nous avions peur qu’ils ne t’aient attrapé. Kingsley a tenté de recueillir des informations mais nous n’avons rien pu savoir.
- Scrimgeour tient à ce que cette affaire reste très secrète, expliqua l’auror à la voix apaisante. Il soupçonne mes liens avec l’Ordre du Phénix.
- Et pourquoi est-ce qu’il serait gêné par l’Ordre ? demanda Harry.
- Parce qu’il sait plus ou moins que des gens qui sont de ton côté se trouvent dedans, dit Tonks.
- De mon côté ? répéta Harry sans comprendre. Alors lui aussi croit que je suis avec Voldemort ?
- QUOI !! !? s’exclama Ron.
- Harry, qui pense que tu es un mangemort ? interrogea Mr Weasley, le regard aussi incrédule que les autres.
- Ombrage.
Mrs Weasley laissa échapper une exclamation furieuse, accompagnée de nombreux autres membres de l’assemblée, dont le professeur McGonagall.
- Qu’est-ce qui s’est passé avec elle ? demanda cette dernière.
- Elle a voulu reprendre les mauvaises habitudes… elle a voulu agir elle-même, comme d’habitude, et ce, comme toujours, sans résultat. Elle voulait que j’avoue être un mangemort en me jetant le sortilège Doloris…
Un flot de juron et d’insultes fusa contre Ombrage.
- Elle n’a pas osé ! s’écrièrent en cœur, Mrs Weasley, Kingsley, Tonks, Bill et Fleur.
- Si, poursuivit Harry dont l’esprit poussait tout autant de jurons furieux que les autres, mais je l’ai paré grâce à la baguette de Neville.
- Vous avez paré un sortilège Impardonnable, Potter ? interrogea McGonagall.
Il avait la très nette impression qu’il venait de faire une gaffe. En effet, les autres le regardaient avec intérêt et semblaient attendre attentivement la réponse. Il se demandait s’il venait encore d’accomplir un exploit, du genre jeté sept patronus en un seul sort, sans s’en rendre compte.
- Euh… Oui, finit-il par dire.
Elle resta un instant silencieuse et semblait réfléchir ; puis elle annonça :
- Quand vous aurez fini de dîner, pourriez-vous venir dans mon bureau ? Accompagné de Ron, Hermione et Neville, si possible.
Harry se demandait ce que cette invitation, ou plutôt cette convocation, signifiait. Il acquiesça cependant d’un signe de tête, ainsi que Ron, Hermione et Neville. Le professeur McGonagall se leva et quitta la Grande salle tandis qu’une assiette remplie par un bon repas bien chaud apparaissait devant lui, sans doute envoyée par un elfe des cuisines.
Il passa le dîner à discuter avec les autres de la situation dans laquelle ils se trouvaient, du ministère, de Hagrid, mais aussi de lui et de Neville qui s’étaient enfuis et risquaient également d’être recherchés.
- Nous en discuterons avec McGonagall, dit Arthur Weasley. Normalement, vu que tu n’as fait que te défendre, tu dois être innocenté. Je ne pense pas que quiconque puisse t’en vouloir pour avoir refusé d’être capturé alors que tu n’avais rien fait. Le problème…
- C’est qu’ils croiront certainement plus Ombrage que toi, acheva Kingsley Shacklebolt, vu qu’elle est Sous-secrétaire d’état auprès du ministre. Ils devront ouvrir une enquête, mais l’affaire sera sûrement bâclée, comme cela arrive souvent en ce moment. En attendant d’y voir plus clair, il vaut mieux te cacher ici.
Le quatuor termina son dîner et Harry, Ron, Hermione et Neville se rendirent au deuxième étage, dans le bureau du professeur McGonagall. Ils franchirent l’ouverture libérée par la gargouille de pierre, grimpèrent les marches de l’escalier mobile en colimaçon, Harry frappa à la porte avec le heurtoir de cuivre et la voix de la présidente de l’Ordre les invita à entrer dans la pièce.
Trois chaises à l’aspect peu confortable avaient été installées, sans doute créées par l’ancien professeur de métamorphose. Cette dernière leur présenta les sièges et ils y prirent place.
Elle les regarda attentivement.
- J’ai pensé qu’il faudrait que nous parlions tous les cinq, dit-elle. Je… Je crois que le moment est venu pour vous de prendre une part plus importante dans le combat contre Vous-Savez-Qui.
Harry et ses amis échangèrent des regards éloquents. Ne prenaient-ils pas une part déjà largement suffisante en cherchant à détruire les fragments détachés de l’âme de Voldemort et Voldemort lui-même ? Mais Harry savait quelque chose de plus, à savoir que le professeur McGonagall était au courant au sujet du fait qu’il était le seul à pouvoir tuer le Seigneur des Ténèbres. Les paroles du professeur étaient-elles la marque de son ignorance au sujet des horcruxes ou allaient-ils réellement jouer un rôle encore plus grand ?
- Je sais que vous avez une mission d’une haute importance, reprit McGonagall. C’est même la bataille la plus importante de cette guerre. Et même si je désapprouve un tantinet le fait que vous soyez tous les trois entraînés par Mr Potter, dit-elle en regardant tour à tour Ron, Hermione et Neville, je vous connais désormais suffisamment pour savoir que rien ne vous fera changer d’avis. Cependant, vous n’avez pas à votre disposition les moyens d’accomplir de ce que vous avez à faire. Vous pouvez vous tirer de situations dangereuses in extremis, comme vous l’avez maintes fois prouvé, mais vous n’avez pas l’expérience nécessaire pour cela. Donc je voudrais vous faire une proposition à tous les quatre.
Il y eut un silence, puis…
- Que diriez-vous d’intégrer l’Ordre du Phénix ?
A présent, il avait peur pour ses amis. Neville avait réussi à transplaner une fois sorti de l’hôpital, mais il ne savait pas où il avait bien pu se rendre… Harry avait pensé à Poudlard parce que Hagrid l’avait accompagné, ce qui indiquait qu’ils étaient venus ensembles. Peut-être lui avait-on montré, comme à Ron et à Hermione, le quartier général de l’Ordre. McGonagall aurait pu le faire, maintenant qu’elle savait pour la prophétie… Oui, c’était très probable. De toute évidence, ses trois amis étaient retournés à Poudlard après ce qui s’était passé à Pré-au-Lard. Il avait donc de fortes chances de retrouver Neville là-bas.
A Poudlard, on ne pourrait pas le retrouver. Le problème, c’était le ministère de la magie. Arriverait-il à les convaincre de le laisser se défendre avant qu’ils ne tentent de l’arrêter ? Arriverait-il à leur faire comprendre que c’étaient leurs aurors qui les avaient forcés, lui, Neville et Hagrid, à s’enfuir ainsi ? Comprendraient-ils, cette fois, qu’Ombrage était une horrible sorcière indigne du poste qu’elle occupait ? Accepteraient-ils de libérer Hagrid qui n’avait plaqué Dawlish que pour l’empêcher de les attaquer ? Si Ombrage s’en mêlait, non seulement elle pourrait parvenir à se faire innocenter (surtout que pour l’instant, elle n’était accusée de rien par ses supérieurs), mais en plus elle pourrait faire croire que Hagrid était dangereux pour les autres du fait de sa parenté avec les géants. En s’enfuyant, ils s’étaient tous trois mis dans une position délicate…
Heureusement pour Harry, le ciel était plutôt ensoleillé, cet après-midi là, contrairement à sa dernière excursion en balai au cours de laquelle il avait été littéralement frigorifié, et où Maugrey Fol Œil avait eu l’idée saugrenue de se cacher dans un nuage, où même de retourner en arrière par soucis de sécurité. Mais à cette époque, Lupin était toujours en vie, ainsi que Dumbledore et Sirius… A cette époque, il avait encore plus ou moins le courage de continuer, mais maintenant… Il était complètement anéanti. Il pensait s’être fait à l’idée de ne plus avoir de protecteur ; cependant, il avait vu récemment à quel point il s’était trompé…
Il avait mené un duel avec Voldemort, et il n’avait même pas tenu une minute… Voldemort était beaucoup trop fort pour lui, bien trop puissant, bien trop destructeur… Il avait été fou d’avoir pensé pouvoir le tuer. Il n’avait pas l’ombre d’une chance face au plus grand mage noir de tous les temps. Sa colère contre Ombrage lui avait redonné momentanément confiance en lui et en ses capacités de duelliste, mais il était revenu à la réalité, une réalité qui ne cessait de le harceler, ces temps-ci…
Il ne savait plus depuis combien de temps il volait, à présent. Il commençait à faire moins chaud. Et puis, soudain, comme le soleil s’apprêtait à atteindre la ligne d’horizon, sur sa gauche, il la vit. Une éblouissante lumière verte brillait au loin et s’intensifiait au fur et à mesure qu’il avançait. Il aperçut alors une sorte de dôme, un dôme de lumière verte qui encerclait le village de Pré-au-Lard. Harry savait qu’il ne pouvait pas se tromper : la ligne de chemin de fer se perdait dans ce dôme de lumière. Au dessus du village, une gigantesque Marque des Ténèbres brillait du même éclat : une tête de mort avec un serpent qui lui sortait de la bouche. Seulement cette fois, la tête du serpent se trouvait de l’autre côté du dôme, à l’intérieur de la capitale de Lord Voldemort.
Encore plus déprimé, il poursuivit sa route jusqu’à l’endroit où devait se trouver le portail de chêne du château de Poudlard. Mais il n’y avait rien, ou plutôt, il ne pouvait pas le voir, pensa Harry. Il décida donc d’atterrir et de transplaner. Avec une certaine appréhension, en serrant avec force son Eclair de feu et sa baguette dans sa main droite, il pivota et se retrouva dans le couloir qui devait le mener dans le parc de Poudlard. Il fut légèrement soulagé : il avait craint que le champ de force qui entourait Pré-au-Lard n’entoure également les restes de la Cabane hurlante, en dessous desquels il se trouvait.
Une fois parvenu à la fraîcheur du parc, il courut vers les portes du château et remarqua au passage que les fenêtres de la Grande salle dégageaient de la lumière. Il franchit donc les portes du Hall d’entrée, puis de la Grande salle et vit Minerva McGonagall, Arthur, Molly, Bill, Fleur, Ronald et Ginny Weasley, Hermione Granger, Nymphadora Tonks, Kingsley Shacklebolt, à son soulagement, Neville Londubat, et à sa grande surprise, Abelforth Dumbledore, tous réunis à l’ancienne table des professeurs, tout au bout, visiblement en train de dîner.
Il entendit le murmure d’une conversation avant que tous ne tournent la tête vers lui au moment où il se précipitait vers eux.
- Harry ! s’exclamèrent certains d’entre eux.
Mais il remarqua que, contrairement à son habitude, Mrs Weasley n’était pas venu l’étreindre en lui disant à quel point elle était contente de le voir, signe qu’elle avait enfin compris ce que Harry lui avait répété le matin même.
- Harry, vous êtes là ! dit McGonagall. Venez vous asseoir !
Il prit donc place sur la seule chaise qui restait, à gauche de la présidente de l’Ordre du Phénix. Il vit que tout le monde le regardait avec un air anxieux, tout le monde sauf Hermione qui regardait fixement le bout de table qui lui faisait face, les yeux rougis.
- Harry, qu’est-ce qui s’est passé, où étiez-vous ? questionna le professeur McGonagall.
- Je me suis enfui de l’hôpital avec mon balai, expliqua Harry. Mais Neville vous l’a déjà dit, non ?
- Moi, je t’ai juste vu sauter, contesta Neville. J’ai transplané tout de suite, je ne savais pas ce qui t’était arrivé.
- Ah…
- Nous étions tous très inquiets, dit Mr Weasley. Nous avions peur qu’ils ne t’aient attrapé. Kingsley a tenté de recueillir des informations mais nous n’avons rien pu savoir.
- Scrimgeour tient à ce que cette affaire reste très secrète, expliqua l’auror à la voix apaisante. Il soupçonne mes liens avec l’Ordre du Phénix.
- Et pourquoi est-ce qu’il serait gêné par l’Ordre ? demanda Harry.
- Parce qu’il sait plus ou moins que des gens qui sont de ton côté se trouvent dedans, dit Tonks.
- De mon côté ? répéta Harry sans comprendre. Alors lui aussi croit que je suis avec Voldemort ?
- QUOI !! !? s’exclama Ron.
- Harry, qui pense que tu es un mangemort ? interrogea Mr Weasley, le regard aussi incrédule que les autres.
- Ombrage.
Mrs Weasley laissa échapper une exclamation furieuse, accompagnée de nombreux autres membres de l’assemblée, dont le professeur McGonagall.
- Qu’est-ce qui s’est passé avec elle ? demanda cette dernière.
- Elle a voulu reprendre les mauvaises habitudes… elle a voulu agir elle-même, comme d’habitude, et ce, comme toujours, sans résultat. Elle voulait que j’avoue être un mangemort en me jetant le sortilège Doloris…
Un flot de juron et d’insultes fusa contre Ombrage.
- Elle n’a pas osé ! s’écrièrent en cœur, Mrs Weasley, Kingsley, Tonks, Bill et Fleur.
- Si, poursuivit Harry dont l’esprit poussait tout autant de jurons furieux que les autres, mais je l’ai paré grâce à la baguette de Neville.
- Vous avez paré un sortilège Impardonnable, Potter ? interrogea McGonagall.
Il avait la très nette impression qu’il venait de faire une gaffe. En effet, les autres le regardaient avec intérêt et semblaient attendre attentivement la réponse. Il se demandait s’il venait encore d’accomplir un exploit, du genre jeté sept patronus en un seul sort, sans s’en rendre compte.
- Euh… Oui, finit-il par dire.
Elle resta un instant silencieuse et semblait réfléchir ; puis elle annonça :
- Quand vous aurez fini de dîner, pourriez-vous venir dans mon bureau ? Accompagné de Ron, Hermione et Neville, si possible.
Harry se demandait ce que cette invitation, ou plutôt cette convocation, signifiait. Il acquiesça cependant d’un signe de tête, ainsi que Ron, Hermione et Neville. Le professeur McGonagall se leva et quitta la Grande salle tandis qu’une assiette remplie par un bon repas bien chaud apparaissait devant lui, sans doute envoyée par un elfe des cuisines.
Il passa le dîner à discuter avec les autres de la situation dans laquelle ils se trouvaient, du ministère, de Hagrid, mais aussi de lui et de Neville qui s’étaient enfuis et risquaient également d’être recherchés.
- Nous en discuterons avec McGonagall, dit Arthur Weasley. Normalement, vu que tu n’as fait que te défendre, tu dois être innocenté. Je ne pense pas que quiconque puisse t’en vouloir pour avoir refusé d’être capturé alors que tu n’avais rien fait. Le problème…
- C’est qu’ils croiront certainement plus Ombrage que toi, acheva Kingsley Shacklebolt, vu qu’elle est Sous-secrétaire d’état auprès du ministre. Ils devront ouvrir une enquête, mais l’affaire sera sûrement bâclée, comme cela arrive souvent en ce moment. En attendant d’y voir plus clair, il vaut mieux te cacher ici.
Le quatuor termina son dîner et Harry, Ron, Hermione et Neville se rendirent au deuxième étage, dans le bureau du professeur McGonagall. Ils franchirent l’ouverture libérée par la gargouille de pierre, grimpèrent les marches de l’escalier mobile en colimaçon, Harry frappa à la porte avec le heurtoir de cuivre et la voix de la présidente de l’Ordre les invita à entrer dans la pièce.
Trois chaises à l’aspect peu confortable avaient été installées, sans doute créées par l’ancien professeur de métamorphose. Cette dernière leur présenta les sièges et ils y prirent place.
Elle les regarda attentivement.
- J’ai pensé qu’il faudrait que nous parlions tous les cinq, dit-elle. Je… Je crois que le moment est venu pour vous de prendre une part plus importante dans le combat contre Vous-Savez-Qui.
Harry et ses amis échangèrent des regards éloquents. Ne prenaient-ils pas une part déjà largement suffisante en cherchant à détruire les fragments détachés de l’âme de Voldemort et Voldemort lui-même ? Mais Harry savait quelque chose de plus, à savoir que le professeur McGonagall était au courant au sujet du fait qu’il était le seul à pouvoir tuer le Seigneur des Ténèbres. Les paroles du professeur étaient-elles la marque de son ignorance au sujet des horcruxes ou allaient-ils réellement jouer un rôle encore plus grand ?
- Je sais que vous avez une mission d’une haute importance, reprit McGonagall. C’est même la bataille la plus importante de cette guerre. Et même si je désapprouve un tantinet le fait que vous soyez tous les trois entraînés par Mr Potter, dit-elle en regardant tour à tour Ron, Hermione et Neville, je vous connais désormais suffisamment pour savoir que rien ne vous fera changer d’avis. Cependant, vous n’avez pas à votre disposition les moyens d’accomplir de ce que vous avez à faire. Vous pouvez vous tirer de situations dangereuses in extremis, comme vous l’avez maintes fois prouvé, mais vous n’avez pas l’expérience nécessaire pour cela. Donc je voudrais vous faire une proposition à tous les quatre.
Il y eut un silence, puis…
- Que diriez-vous d’intégrer l’Ordre du Phénix ?