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Liste des sujets

Harry Potter et la Guerre des Sages

cyclone2tg
cyclone2tg
Niveau 5
22 mars 2007 à 14:30:05

dit soltek, tu ne pourrais pas me donner le lien de la traduction de hp6? j´ai le tome, mais il n´est pas chez moi, il est chez des amis, qui habite dans une autre ville, je ne peut pas le recuperer tout de suite, je n´irais chez eux que vers juin ou juillet... mci d´avance...

soltek
soltek
Niveau 10
22 mars 2007 à 17:04:33

etant donné que ca remonte a plus de un an et que l´adresse je l´avais trouvé sur un forum j´aurai du mal a te la donné lol

cyclone2tg
cyclone2tg
Niveau 5
23 mars 2007 à 04:14:54

j´ai trouvé, mci de me l´avoir dit...

cyclone2tg
cyclone2tg
Niveau 5
30 mars 2007 à 02:17:49

hé jim! je ne te vois plus, ça avance ta fic?

soltek
soltek
Niveau 10
30 mars 2007 à 10:06:10

non ca recule :rire2:

soltek
soltek
Niveau 10
30 mars 2007 à 20:52:06

pas mal du tout la suite j´aime bocoup

cyclone2tg
cyclone2tg
Niveau 5
30 mars 2007 à 23:02:38

très bien jim! mais, malheureusement, je vaus devoir attendre pour vérifier mes hippotèse... je ne parle plus, tu gagnera quelques secondes a écrire!

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
01 avril 2007 à 18:49:29

Bonne lecture :ange:

30
Runes et Riséd (suite)

Les vacances de Pâques s’écoulèrent assez tranquillement, dans une ambiance satisfaisante de travail ponctué de repos réguliers. Certes, Harry aurait préféré passer plus de temps avec Ginny, mais il ne pouvait pas se plaindre. La reprise des cours signifiait le début du troisième trimestre de sa septième et dernière année à Poudlard, et l’échéance avant les ASPIC approchait dangereusement. Il lui paraissait également très étrange de se dire qu’il n’avait plus que trois mois à passer dans l’enceinte de l’école de sorcellerie.
Non seulement ils devaient s’affranchir de ce qu’on pouvait maintenant appeler une « chaîne de montagnes » de devoirs mais, en plus, ils commençaient déjà les révisions draconiennes de chaque matière qu’ils avaient poursuivie après leur cinquième année. Ils passaient souvent des heures à la bibliothèque ou dans la salle commune – et ils étaient loin d’être les seuls –, à revoir sept ans – ou cinq pour l’arithmancie et l’étude des runes – de notes sur cinq matières pour Harry et Ron, trois seulement pour Neville, même si cela lui semblait très difficile malgré tout, et sept pour Hermione. Ce n’était heureusement pas encore à ce point-là, mais Harry pressentait déjà le retour de l’ambiance tendue des BUSE.
En tout cas, il trouvait déjà légèrement agaçant le fait de ne jamais avoir la sensation d’avoir terminé son travail scolaire. De temps à autres, pour se détendre, il faisait une petite sieste au pied du hêtre sous lequel ils avaient passé tant d’heures, avec Ron et Hermione. Quand il y songeait, cela lui rappelait que la situation entre ses deux meilleurs amis était plus ou moins encourageante. En tout cas, désormais, ils se parlaient ; mais toujours sans aucun signe d’amitié, plutôt comme deux étrangers qui discutaient d’un ton courtois. Ce n’était donc pas parfait, mais Harry, Ron, Hermione et Neville pouvaient de nouveau marcher et parler comme un groupe d’amis ordinaire, et sans la moindre gêne, sans le moindre refroidissement de l’atmosphère.
Harry savait que cette légère évolution avait quelque chose à voir avec ce qu’Hermione avait vu dans le miroir du Riséd ; et il n’y avait pas de doute que cela concernait Ron, vu le regard qu’elle lui avait jeté à ce moment-là. Mais il n’avait pas demandé à Hermione ce qu’elle avait vu dans le miroir, et il ne comptait pas le faire. Il avait l’impression que cela aurait été trop indiscret, même pour sa meilleure amie.
En tout cas, Harry remarqua vite que le comportement de cette dernière n’avait pas changé qu’avec Ron, surtout après la reprise des cours. Au debut, il avait eu l’impression qu’Hermione éprouvait moins de plaisir à répondre aux lettres d’Anthony Goldstein, qui était rentré chez lui pour les vacances et qui tenait absolument à rassurer quotidiennement sa petite amie en lui écrivant qu’il était toujours en vie. Mais Hermione semblait se lasser lentement de cette correspondance. Et lorsqu’elle revint dans la salle commune de Gryffondor, la veille de la rentrée – d’après ce qu’elle avait raconté, Anthony avait insisté pour qu’ils passent l’après-midi de son retour ensemble –, on aurait vraiment dit, à son visage brusquement fatigué – et ce juste après un dernier sourire rayonnant pour Anthony, à travers le trou du portrait de la Grosse Dame –, qu’elle s’était forcée à paraître de bonne humeur au cours des dernières heures. Mais elle avait alors simplement dit qu’elle avait besoin d’une bonne nuit de sommeil.
Les cours reprirent donc, après deux semaines plus ou moins paisibles. Le troisième trimestre commença avec un cours de défense contre les forces du Mal qui annonçait des choses fort intéressantes. Ils avaient terminé le trimestre sur les créatures maléfiques, ainsi que celui sur la magie noire, et ils allaient maintenant passer à l’étude, théorique et pratique, des méthodes de défense magique les plus poussées que devait connaître tout sorcier sortant de sept années complètes au collège Poudlard. Abel leur annonça qu’ils allaient apprendre des maléfices, des contre-maléfices, ainsi que certains rituels et potions – avec l’appui des cours du professeur Slughorn, pour ceux qui étudiaient toujours les potions magiques. Mais le plus intéressant, aux yeux de Harry, fut lorsque le professeur de défense contre les forces du Mal déclara que dans les prochains jours, il pratiqueraient intensivement les duels de sorciers, afin de pouvoir se défendre et utiliser avec une efficacité maximale les sortilèges qu’ils avaient déjà appris, ainsi que ceux qu’ils allaient bientôt apprendre.
Harry en était ravi pour deux raisons : d’abord, ces entraînements supplémentaires lui permettraient d’améliorer sa technique, sa rapidité et ses réflexes, pour ce qui était de jeter les sorts qu’il fallait au bon moment, et pour tout ce qui relevait d’une action intelligente ; mais en plus de cela, ces séances de duels lui permettraient peut-être d’affronter Théodore Nott, voire Blaise Zabini ou Pansy Parkinson – Crabbe, Goyle et Millicent Bulstrode avaient tous trois un an de retard –, dans un combat régulier, à l’issue duquel personne ne pourrait lui reprocher de les avoir battus à plate couture par une série de maléfices appris en cours… Cette idée le réjouissait d’avance, même s’il n’était pas du tout certain qu’Abel lui en donnerait jamais l’occasion.
Les jours et les semaines passaient dans un rythme de travail très soutenu, et ce pour tous les septième année. Les Gryffondor de dix-sept ans ou plus se laissaient maintenant entraîner par Hermione et suivaient ses conseils, dans la crainte d’échouer à leurs examens. Désormais, les bandes d’amis ou les couples qui souhaitaient passer du temps ensemble le faisaient non plus en s’amusant dans le parc ou dans la cour, mais bien en révisant, faisant leurs devoirs, s’appuyant et se faisant réciter sans cesse les grandes lignes de leurs sept années d’études. Et Harry découvrit avec un certain plaisir que ce rythme de vie lui convenait.
Il était poussé et entraîné dans la masse du travail, des cours, des devoirs, des révisions ; mais aussi des entraînements de Quidditch, deux fois par semaine. Tout ceci ne lui laissait guère de temps libre dans la semaine, ni pendant le week-end. Il voyait exclusivement Ginny lorsqu’il pouvait se permettre de relâcher un peu son propre travail, pour l’aider dans le sien, s’autorisant un petit baiser de temps à autres. La nuit, dans le court laps de temps qui s’écoulait entre le moment où il se mettait en position de dormir, dans son lit à baldaquins, et celui où il s’endormait pour de bon, il rêvait vaguement d’une plage isolée, loin de tout, où il ne ferait ni trop chaud, ni trop froid, et sur laquelle ils pourraient rester allongés aussi longtemps qu’ils le voudraient avec Ginny, et s’embrasser… D’un autre côté, il devait reconnaître que la rareté des instants qu’ils pouvaient passer ensemble, et profiter réellement l’un de l’autre, renforçait le bonheur qu’il pouvait éprouver dans ces moments-là. Finalement, il se sentait parfaitement heureux dans cette situation – ou plutôt, cela aurait été vraiment parfait si les nouvelles sinistres du monde extérieur ne leur rappelaient pas la réalité chaque matin.
La situation ne changeait pas réellement ; elle restait identique à ce qu’elle était – le travail actif de chaque subdivision du ministère de la magie, en particulier des Aurors, le renforcement incessant de la protection du Chemin de Traverse, de Londumor, de Ste Mangouste, du ministère (on ne parlait pas beaucoup de Poudlard, ce qui laissait penser que Scrimgeour comptait beaucoup sur les défenses mystérieuses dont avait parlé le professeur McGonagall) et, bien sûr, malgré cela, la fréquence des meurtres, disparitions, baisers de Détraqueurs, et autres attaques de l’armée de Voldemort –, c’était la même atmosphère, mais en pire… Harry se tenait tout prêt, prêt à acquérir les dernières connaissances que Poudlard pouvait encore lui procurer, à faire preuve de ses capacités durant ses ASPIC, puis à accomplir totalement la prophétie qui avait tant marqué sa vie. Mais il l’avait bien compris, il ne le ferait pas parce que la prophétie le disait, il le ferait pour lui-même, parce que lui le voulait ; il voulait tuer Voldemort de sa main autant que ce dernier souhaitait la mort de Harry…
Celui-ci savait déjà, depuis plusieurs mois maintenant, où il trouverait la force de le faire. Il lui manquait seulement la technique, la technique pour pouvoir combattre et toucher efficacement son adversaire avec cette puissance… Désormais, presque à chaque cours de défense contre les forces du Mal – car ce cours était encore loin de se résumer à un seul domaine –, Abel regroupait ses élèves deux par deux pour une séance de duels. Il les observait tout d’abord, puis les stoppait (parfois difficilement), leur expliquait comment corriger tous les défauts qu’il avait repérés, et leur demandait de recommencer, et ainsi de suite.
Même si la puissance des sorts de Harry dépassait sans aucun doute celle de tous les autres, il s’aperçut rapidement qu’il lui arrivait d’être battu par la méthode de certains – notamment d’Hermione et, à sa grande surprise, de Ron. A chaque cours, Abel semblait vouloir à tout prix obliger ces deux derniers à se mettre ensemble, et on pouvait dire que cela portait ses fruits. Au début, Ron, bien que se défendant jusqu’au bout, se faisait toujours battre à plate couture par la rapidité d’une Hermione très enflammée et agressive. Mais il se mit à progresser très vite, avec, au fond du regard, le même ressentiment qu’Hermione ; et après quelques semaines, ils rivalisaient furieusement tous les deux, ne parvenant jamais à se départager réellement – chaque victoire de l’un étant toujours compensée par une de l’autre –, et provoquant ce qui aurait pu ressembler, de loin, à un feux multicolore. A côté de cette concurrence ouverte, Harry profitait des duels qu’il faisait tour à tour avec ses deux meilleurs amis pour progresser lui aussi à une vitesse de plus en plus fulgurante.
A la fin du mois de mai, une véritable élite de quatre personnes, d’un niveau plus ou moins égal, s’était formée dans la classe : Harry, Ron, Hermione… et Nott. Derrière eux, il y avait une demi-douzaine d’élèves, pour la plupart d’anciens membres de l’A.D., dont Ernie Macmillan et Neville, qui étaient sans aucun doute les plus travailleurs du groupe. Et enfin, il y avait les autres (dont Pansy Parkinson), qui éprouvaient encore quelques difficultés pour assimiler correctement certains conseils pratiques du professeur Abel. Blaise Zabini, lui, représentait une sorte « d’élément inclassable », situé entre le groupe de Harry et celui de Neville.
– Vous pouvez être fiers de vous, déclara solennellement Abelforth, le dernier vendredi de mai. Même pour ceux qui ont encore des difficultés, vous avez un niveau en défense contre les forces du Mal qui dépasse largement celui des autres années. Je ne dis pas non plus que ce sera suffisant ces temps-ci, mais… ça pourra toujours être utile, au cas où, dit-il d’un ton très sérieux. En tout cas, vous avez tous le niveau de sorciers qui vont se lancer dans la vie magique active. Nous avons donc terminé le programme d’étude de défense contre les forces du Mal que j’avais prévu pour vous cette année, annonça-t-il après un court silence. La semaine prochaine, je vous laisserai réviser à votre guise, et vous pourrez me poser toutes les questions et me demander toutes les précisions dont vous aurez besoin. Si vous le souhaitez, nous pourrons essayer de jeter le sortilège du Patronus – il y eut des exclamations enthousiastes – mais ce ne sera bien entendu pas la priorité de ces dernières heures de cours. Vous avez vos ASPIC à préparer, et je vous souhaite bonne chance pour vos dernières révisions.
Il y eut quelques « Merci, professeur », prononcés par politesse.
– Je voudrais également souhaiter bonne chance aux équipes de Quidditch de Gryffondor et de Serpentard, ajouta-t-il avec un accès de gaieté inhabituel. Pour le dernier match de la saison, j’attends un affrontement régulier, n’est-ce pas ? Que le meilleur gagne ! dit-il joyeusement.
En effet, le lendemain matin, à onze heures, aurait lieu la finale de Quidditch de l’année, qui opposerait de nouveau Serpentard à Gryffondor, comme cela s’était produit quatre ans auparavant. La semaine dernière, Serdaigle était passé en tête du championnat, en battant l’équipe de Poufsouffle par deux cents points à cent vingts. D’après ses calculs minutieux, Harry savait que pour que sa maison remporte la coupe de Quidditch pour la quatrième année consécutive, l’équipe de Gryffondor devrait remporter au moins cent soixante points, et ce avec au moins cent points d’avance sur le score de Serpentard. Cela ne devrait heureusement pas être trop difficile, vu l’excellent niveau que tous ses joueurs – et lui-même – avaient maintenu lors des derniers entraînements. Il était, bien entendu, particulièrement fier du talent de Ginny ; et Ron lui-même ne semblait pas ressentir de réelle appréhension
Après le match, ils n’auraient plus qu’une semaine de cours et de révision, et il prévoyait que le rythme de travail serait plus intensif que jamais et ce, avec de très courtes pauses… Ensuite, viendraient les deux semaines sur lesquelles s’étaleraient les épreuves d’ASPIC, mais Harry préférait penser à l’instant présent plutôt que de se laisser envahir par un stress inutile. Il se coucha en se concentrant sur les stratégies qu’il avait mises en place, avec ses joueurs, pour le match contre Serpentard.
Le lendemain matin, il était levé à huit heures, même s’il s’était réveillé bien plus tôt, tout comme Ron, Dean, ainsi que le reste de l’équipe. Ils prirent leur petit déjeuner en silence, puis rejoignirent les vestiaires pour revêtir leur robe rouge. Harry se tourna alors vers ses six coéquipiers.
– En tant que Capitaine, dit-il, je devrai faire un discours, mais… il sera court… je crois.
Tous se turent et le regardèrent, attentifs.

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
01 avril 2007 à 18:51:08

– Ces dernières semaines, notre équipe est devenue très forte, poursuivit Harry, et pour cela, nous devons déjà être fiers de nous, et nous dire que nous pouvons le faire, déclara-t-il d’un ton solennel. Malgré cela, je voudrais que nous gardions tous à l’esprit que le match pourrait être bien plus difficile que prévu. L’équipe de Serpentard peut être redoutable quand elle le veut vraiment, et nous savons qu’ils ne reculent pas devant les coups bas (il y eut des chuchotements approbateurs). Alors ne vous dites pas d’avance « C’est du gâteau ». Je ne dis pas ça pour vous démoraliser, au contraire. Nous avons un très bon niveau, c’est vrai, et gagner la coupe ne devrait a priori pas être trop difficile – il suffit de marquer au moins un but et que j’attrape le Vif d’Or avant que Serpentard ne prenne trop d’avance –, mais ce que je veux vous dire c’est que, même si nous sommes favoris… Donner le meilleur de vous-même dans ce match ! lança-t-il d’une voix forte en balayant son équipe d’un regard flamboyant.
Ginny, qu’il regarda en dernier, lui rendit ce regard avec un grand sourire radieux. Les visages étaient enthousiastes, et tous semblaient prêts à montrer ce que les Gryffondor avaient dans le ventre.
– Allez Gryffondor ! s’exclama Harry en levant le poing, emporté par une frénésie qui n’était pas du tout désagréable.
– ALLEZ GRYFFONDOR ! répondirent ses joueurs à s’en casser la voix, et ils eurent du mal à ne pas être tous pris de fou rire dans cette ambiance quasi-euphorique.
Harry était plutôt satisfait de son discours, même s’il n’avait peut-être pas été très adroit… En réalité, il avait essayé de répéter ce qu’il se disait à lui-même en pensant au jour, peut-être prochain, où il devrait affronter Lord Voldemort pour la dernière fois. Bien sûr, pour ça, il n’y avait aucun doute que ce serait très difficile… mais qu’est-ce que cela pouvait bien faire ? Il n’aurait qu’à suivre son propre conseil, et donner le meilleur de lui-même jusqu’au bout.
Très déterminé, il entra sur la pelouse sous les cris de la foule en effervescence. Au centre du terrain, douze joueurs firent cercle autour de Mme Bibine, la boîte qui contenait les quatre balles de Quidditch, et les deux Capitaines – Harry, et Miles Bletchley, le gardien de Serpentard.
– Serrez-vous la main, ordonna sèchement Mme Bibine.
Harry et Bletchley échangèrent une longue – et douloureuse – poignée de main. Le gant de gardien de Bletchley lui écrasaient les doigts, mais Harry tint bon et ne relâcha sa propre pression que lorsque Bletchley, voyant sans doute au regard sévère et appuyé de Mme Bibine qu’il ne fallait pas en faire trop, desserra lui-même ses doigts.
Les joueurs enfourchèrent leurs balais. Mme Bibine ouvrit alors la boîte d’un grand coup de pied, et libéra le Vif d’Or et les Cognards ; puis elle enfourcha son balai à son tour, et lança le Souaffle dans les airs. Les quinze balais décollèrent aussitôt.
– Ça, y est, le match commence enfin ! Et Ginny Weasley s’empare déjà du Souaffle et fonce vers les buts de Serpentard ! dit Michael Corner, qui avait été de nouveau choisi comme commentateur. Non, attention ! s’exclama-t-il soudain.
Tout en ratissant le terrain à la recherche du Vif d’Or, Harry se retourna vers les buts adverses et vit avec horreur un Cognard se diriger droit vers le visage de Ginny, qui lança la balle juste à temps en direction de Dean, avant de recevoir le Cognard au niveau de la poitrine, sans avoir pu l’éviter. Mais au même instant, le second Cognard faillit atteindre Dean, qui laissa retomber la balle rouge, que Demelza Robbins rattrapa au dernier moment, de façon inespérée. Les supporters de Gryffondor poussèrent d’abord une plainte, puis des cris admiratifs – et inversement dans les tribunes de Serpentard.
– Ça va ? cria Harry, qui s’était approché de Ginny, immobilisée dans les airs.
– Cherche le Vif d’Or ! lui répondit celle-ci avec colère. ATTENTION !
Harry parvint juste à temps à éviter un Cognard envoyé par Crabbe, puis il donna un grand coup d’accélération dans son balai pour revenir dans le jeu. Ginny, bien que l’air mal en point, fit de même, et Harry n’en était pas du tout rassuré.
– Serpentard ouvre le score ! s’écria alors Michael Corner, sous les huées des trois quarts de la foule. Dix à zéro en faveur de Serpentard !
Apparemment, l’action de Demelza avait échoué. Au bout d’une minute, Harry remarqua que les deux Cognards, qu’ils aient été envoyés par des batteurs de Gryffondor – qui semblaient pourtant bien viser leurs cibles – ou de Serpentard, attaquaient toujours des joueurs de son équipe, et jamais ceux de l’équipe adverse. Et à cause de cela, malgré la résistance farouche des Gryffondor, Serpentard avait marqué quatre nouveaux buts.
– Serpentard mène, cinquante à zéro ! disait Corner. Allez, Peakes et Coote, il serait temps que vous leur envoyiez quelques Cognards, à eux aussi !
Harry donnait toute la puissance de son Eclair de Feu et toute sa concentration, pour repérer une trace du Vif d’Or. Il jetait également de temps à autre un coup d’œil à Harper, l’attrapeur de Serpentard. Il écoutait aussi vaguement le commentaire.
Apparemment, c’était de nouveau Ginny qui avait le Souaffle… mais elle fut encore atteinte par un Cognard, et il y eut des cris terrifiés. Mais avant d’avoir eu l’idée de regarder dans quel état se trouvait sa petite amie, Harry aperçut un éclat doré, au loin… le Vif d’Or… Non, c’était trop bête, pensa-t-il pendant une fraction de seconde, ils pouvaient encore gagner la coupe si jamais ils marquaient ne serait-ce qu’un petit but…
– Urquhart marque ! Soixante à zéro pour Serpentard !
A l’instant même où il entendait cette annonce, qui lui paraissait terrible en cette seconde, il vit Harper se diriger tout droit vers le centre du terrain, où se trouvait le Vif d’Or… Il ne pouvait plus attendre, c’était trop tard…
Harry donna alors toute la puissance de son Eclair de Feu. Tout allait bien, il était encore le plus près… Mais il entendit un son de fusée derrière lui. Il savait ce que cela signifiait : un Cognard le poursuivait.
Harry arriva alors à son but, et parvint à saisir le Vif d’Or ; mais il sentit alors une douleur fulgurante au niveau de son avant bras droit qu’il sentit se casser… Le Cognard l’avait frappé, et le Vif d’Or s’échappait de sa main droite inerte. Mais il le rattrapa à temps de sa main gauche, puis se sentit basculer vers le sol… Il saisit le manche de son balai avec son pouce et son index, ses autres doigts serrant toujours fermement la balle dorée qui se débattait, et donna toutes ses dernières forces pour redresser son balai avant d’atterrir très brutalement sur la pelouse.
Il se trouvait maintenant face contre terre, son balai sous lui. Il avait l’impression qu’un de ses genoux s’était ouvert en heurtant le sol, et il avait également mal au nez. Il entendit alors des cris, ainsi que le coup de sifflet de Mme Bibine, signe que ce court mais pénible match était bien fini.
Tandis que la masse des élèves et des professeurs descendait des gradins pour envahir le terrain, Harry se retourna difficilement sur le dos et se redressa, sous l’œil préoccupé de Mme Bibine, qui avait atterri, tout comme les autres joueurs.
Mais il ne voyait pas Ginny.
– Comment vous sentez-vous, Potter ? demanda Mme Bibine d’une voix inquiète.
– Moi, ça va, répondit faiblement Harry. J’aurai juste besoin que Mme Pomfresh me rafistole un peu…
– Ca va, alors, elle était déjà sur le stade au cas où, dit Dean Thomas. Elle est en train de soigner Ginny.
– Comment va-t-elle ? demanda immédiatement Harry, que Mme Bibine obligea à rester assis d’une ferme pression sur l’épaule. Qu’est-ce qui lui est arrivé pour que les gens crient comme ça ?
– Eh bien… elle a failli tomber de son balai quand elle a été touchée par le deuxième Cognard, lui répondit Dean, d’un ton un peu embarrassé. Mais elle s’est rattrapée avant, s’empressa-t-il de rajouter en voyant le regard horrifié de son capitaine, et elle était en train d’atterrir quand tu es tombé. Mais ne t’en fais pas, ça va aller, elle a juste quelques côtes fêlées. Ce n’est rien pour Mme Pomfresh… Ah, regarde ça ! Elle arrive avec Ron !
Et une demi-heure plus tard, ils se trouvaient tous dans la salle commune de Gryffondor à fêter la victoire. Le baiser que Harry avait échangé avec Ginny n’avait certes pas pu être aussi spectaculaire que celui de l’an dernier, mais l’ambiance n’en était pas moins chaleureuse et euphorique. Et pourtant, ce matin-ci, la coupe de Quidditch ne fut pas emmenée dans la salle commune de Gryffondor. En effet, même s’ils avaient gagné le match, le score était de cent cinquante à soixante, avec quatre-vingt-dix ponts d’avance sur Serpentard. Or, pour gagner la coupe, l’équipe de Gryffondor aurait dû l’emporter avec un score minimal de cent soixante, et ce, avec cent points d’avance sur Serpentard…
Après des calculs minutieux, le professeur McGonagall avait alors annoncé dans la stupéfaction générale que trois équipes, Gryffondor, Serdaigle et Serpentard, avaient gagné exactement le même nombre de points si l’on additionnait les scores de tous leurs matches. Cette année, ces trois maisons remportaient donc la coupe de Quidditch en même temps, et comme Gryffondor avait conservé le trophée pendant cinq ans d’affilée, et Serpentard les neuf années précédentes, c’était Serdaigle qui s’était finalement vu accorder le privilège de garder la coupe, jusqu’à la fin de cette année scolaire, et durant tout le premier trimestre de l’année prochaine. Viendraient ensuite les tours de Serpentard, puis de Gryffondor.
Les Serpentard avaient voulu discuter – sans succès – cette décision mais, bien qu’abasourdi, Harry l’avait tout de suite acceptée, et Abel, le directeur des Gryffondor, avait encouragé tous les autres élèves de sa maison à en faire de même. Cette situation paraissait plutôt étrange – cela devait faire des siècles que plusieurs maisons n’avaient pas remporté la coupe de Quidditch en même temps –, mais ils s’en accomodaient, et la fête fut aussi bruyante que si Gryffondor avait été la seule équipe victorieuse du championnat.
– C’est quand même bête. Un seul petit but et on était les seuls à gagner la coupe…, répéta pour la troisième fois Ron, dont le visage euphorique contredisait totalement les paroles.
– C’est à cause de ces…, dit Jimmy Peakes en prononçant un flopée de jurons.
– … de Cognards, acheva-t-il. On pouvait les envoyer dans n’importe quelle direction, ils attaquaient toujours notre équipe et jamais les Serpentard. Il était impossible que vous jouiez correctement avec ça ! s’exclama-t-il avec colère, en regardant Ginny, Demelza et Dean.
– J’avais failli marquer, pourtant, répliqua Ginny, piquée au vif. Si seulement cette saleté de Cognard ne m’avait pas frappée à ce moment-là, on aurait pu avoir une victoire totale, au lieu de partager avec Serpentard…
– Personne ne sait ce qui est arrivé aux Cognards ? demanda Hermione, assise à côté de Harry.
Anthony lui avait proposé de faire la fête dans la salle commune des Serdaigle, mais elle avait catégoriquement refusé, prétextant qu’il était du devoir d’un préfet-en-chef de donner l’exemple, et qu’aucun élève n’était sensé se rendre dans les salles communes des autres maisons.
– Non, répondit Harry qui, en tant que capitaine, tenait directement ses informations du professeur de vol. Mme Bibine à dit qu’ils n’avaient apparemment subi aucun sortilège…
– Impossible, dit immédiatement Seamus Finnigan, à côté de Dean.
– Je sais, c’est très bizarre…, marmonna Harry. Mais bon, reprit-il soudain d’un ton plus enjoué, même si nous devons partager la coupe, nous l’avons quand même gagnée, et n’oubliez pas que nous n’avons pas fait de match nul contre Serpentard. Alors, fêtons la victoire ! s’exclama-t-il en levant bien haut son verre de bièraubeurre.
Les mines des joueurs devinrent alors plus joyeuses, et la fête battit son plein toute l’après-midi, puis jusque tard dans la soirée. Les cinquième et septième année avaient complètement oublié leurs révisions. Finalement, Anthony Goldstein avait convaincu Hermione de passer le reste de la journée avec lui, dans des recoins inconnus du château…
Harry, lui, malgré ce qu’il avait dit, continuait de penser au comportement inexplicable des Cognards. Bien sûr, il avait déjà connu une situation semblable, en deuxième année ; mais il n’y avait alors eu qu’un seul Cognard ensorcelé, qui avait poursuivi uniquement Harry, et que Dobby avait trafiqué pour le protéger… Mais cette fois-ci, c’étaient les deux Cognards qui s’étaient acharnés sur tous les joueurs de Gryffondor. Et il ne pouvait plus s’agir de Dobby : quelqu’un en voulait véritablement à son équipe, il le savait.
Bien entendu, Harry avait déjà un coupable tout trouvé, le même qu’il tenait pour responsable de la décharge qu’il avait subie pendant le match contre Poufsouffle. En rentrant au château, dans la foule des élèves, il avait aperçu Nott, de loin, en train de discuter avec Zabini. Tous les élèves de Serpentard avaient paru de très mauvaise humeur après l’annonce de McGonagall, mais pendant une fraction de seconde, Harry avait croisé le regard de Nott, et il aurait juré avoir décelé un tressaillement de sourire sur ce visage qu’il détestait…
Il avait déjà décidé qu’il en parlerait à McGonagall lors de la réunion de l’Ordre du lendemain, mais il savait pertinemment qu’il n’avait toujours pas la moindre preuve, et que ce serait donc probablement inutile… En s’enroulant sous sa couverture, ce soir-là, il se fit la promesse qu’un jour, il coincerait Nott.

soltek
soltek
Niveau 10
01 avril 2007 à 20:49:49

j´aime tres bocoup la suite :lol: et le match bien q´un peu court etait assé bien décris sinon harry va se venger et assé mechament :sournois:

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
07 avril 2007 à 13:10:08

Vous l´attendiez peut-être, la voici, la fin du plus long de tous les chapitres que j´ai écrits jusqu´à présent.

Bonne lecture :ange:

30
Runes et Riséd (suite et fin du chap)

Dimanche, lorsque Harry, Ron, Hermione et Neville entrèrent dans la Grande Salle pour prendre leur petit déjeuner, Harry fut surpris de voir Hermione les emmener tout au bout de la table des Gryffondor, le plus loin possible d’Anthony Goldstein – il savait que c’était pour l’éviter lui, car il avait vu Hermione repérer la place de son petit ami en pénétrant dans la Salle, et ce dernier les regardait s’éloigner d’un regard désespéré.
– Hermione…, dit Harry, hésitant. Je ne me trompe pas, tu évites Anthony ?
Hermione ne lui répondit pas. Elle se contenta de se verser un grand verre de jus de citrouille glacé. Harry remarqua que Ron s’était comme figé.
– Hermione…, continua Harry, gêné de donner ce genre de conseil, qui ne relevait pas trop de son domaine de prédilection, tu ne crois pas que si tu en as marre de lui… tu ferais mieux d’être franche et de lui dire que tu le laisses tomber ?
Hermione l’observa un instant d’un oeil inexpressif. Neville avait l’air impressionné par l’audace de Harry, et Ron ne bougeait toujours pas.
– Déjà fait, dit alors Hermione, et ce sans la moindre émotion.
Ron releva si brusquement la tête que Harry crut entendre un craquement.
– Comment ? bredouilla Harry, stupéfait. Sérieusement, tu… ?
– Oui, dit Hermione, coupant la pitoyable réplique que Harry avait tenté de formuler. Tu as raison, j’en avais un peu marre de cette relation, il prenait ça plus au sérieux que moi.
– Mais pourquoi maintenant ? demanda Harry, qui avait remarqué le regard fuyant de la jeune femme.
Celle-ci s’immobilisa à son tour.
– Eh bien… Hier soir, nous étions près de la Salle sur Demande et… et il a essayé… Enfin, reprit-elle plus fermement, disons plutôt qu’il a cru qu’il allait se passer quelque chose de… Est-ce que tu vois ce que je veux dire ? finit-elle par dire, devenue rouge comme une tomate.
– Oui, je crois…, marmonna Harry, la voix pâteuse, qui tenta d’effacer l’image horrible qui essayait de parvenir à son esprit.
Ron parut soudain scandalisé.
– Attends une seconde… Qu’est-ce qu’il t’a fait ? demanda-t-il, les sourcils froncés, en tournant son regard furieux à l’autre bout de la table des Serdaigle.
– Rien du tout, qu’est-ce que tu crois ! répliqua vivement Hermione, l’air offensé. Je lui ai bien fait comprendre que je n’en avais pas du tout l’attention ! Il n’avait rien fait de mal, en fait ; mais ça a été l’occasion pour moi de mettre les choses au clair et de lui dire que c’était fini. Et, pour être franche… c’est moi qui ait été violente, pas lui. Il n’a rien fait de mal, répéta Hermione en dardant d’un regard noir Ron, qui semblait toujours autant outré. Et franchement, je ne vois vraiment pas en quoi ça te regarde, ajouta-t-elle d’un ton énervé.
Ni Ron ni Hermione ne s’adressèrent plus la parole de la journée. Neville en paraissait inquiété, mais Harry, même s’il ne l’avouait pas ouvertement, en était plutôt content… et même pour ainsi dire ravi. Le différend qui opposait Ron et Hermione, ainsi que leur comportement, avait tout des disputes qu’ils avaient déjà eues lorsqu’ils étaient encore amis. La seule chose qui manquait encore pour que tout redevienne comme avant – d’un point de vue amical –, c’était la réconciliation… Mais, même s’il ne voulait pas jouer les entremetteurs, d’un point de vue amoureux, la rupture d’Hermione et Anthony lui semblait d’excellent augure.
Malheureusement, en dépit de l’ambiance festive de la veille, les révisions pour les ASPIC avaient repris de plus belle. Les jours suivants, ils passèrent chaque instant de temps libre à revoir des notes prises tout au long de leur scolarité à Poudlard, pour connaître à fond la théorie, ou à s’entraîner aux sortilèges – de métamorphose, de défense, enchantements, maléfices et contre-maléfices – afin de maîtriser le plus parfaitement possible la pratique. Ils le faisaient même en cours, car la plupart des professeurs avaient achevé leur programme de l’année, et ce, malgré le mois de septembre qu’on leur avait enlevé. Désormais, les enseignants passaient l’intégralité de leurs cours à répondre aux dernières questions des élèves, à redonner les explications les plus complexes, ou encore à rassurer les plus nerveux, qui menaçaient souvent de perdre tous leurs moyens.
Face à cette tension grandissante, Harry tentait de se rassurer intérieurement. Il estimait – même si cela ne l’empêchait de ressentir une certaine nervosité à l’approche d’examens aussi importants – avoir un bon niveau, à ce stade de l’année ; un niveau qui correspondait à ses projets futurs. Même si sa vision de ce métier avait subi de nombreuses désillusions ces quatre dernières années – et tout particulièrement ces derniers mois –, Harry envisageait toujours, et ce, plus sérieusement que jamais, de devenir un Auror, un chasseur de mages noirs. C’était ce combat dans lequel il voulait engager sa vie, que ce fût avant ou après qu’il ait tué Voldemort – en imaginant, bien sûr, que les choses se passent ainsi… Pour cela, il devait décroché au minimum cinq ASPIC comportant la mention « Effort Exceptionnel », ce qui revenait à dire qu’il devait se débrouiller pour avoir cette mention pour chacune des matières qu’il avait choisies de poursuivre, l’an dernier. En sortilèges, et même en métamorphose, son niveau actuel frisait l’« Optimal » au niveau pratique, et atteignait E à l’écrit. En défense contre les forces du mal, il se trouvait exactement au niveau E, et Harry éprouvait une vague déception à l’idée que sa moyenne en pratique n’atteigne pas un O – mais ça ne voulait rien dire pour l’examen, car s’il ne se trompait pas, c’était bien cette mention qu’il avait méritée lors des toutes dernières séances d’entraînement aux duels. En botanique, il pensait obtenir un E sans problème ; quant aux potions, les progrès qu’il s’était acharné à faire tout au long de l’année devraient lui permettre d’obtenir plus qu’un simple « Acceptable »… du moins, c’était ce qu’il espérait.
Harry avait de bons espoirs pour Neville, qui avait travaillé très dur lui aussi, et Ron devrait passer sans plus de problèmes que lui. Il ne se faisait bien entendu aucun souci pour Hermione, malgré son agitation qu’il connaissait bien, et qui ne l’avait jamais empêchée d’obtenir chaque année les meilleurs résultats de toute la classe. Le seul regret de Harry, hormis le nouveau refus de McGonagall d’agir immédiatement, lorsqu’il lui avait fait part de ses soupçons sur Nott au sujet du Quidditch, lors de la dernière réunion de l’Ordre, fut finalement de constater que le refus de communiquer entre eux – aimablement, en tout cas – de ses deux meilleurs amis s’était prolongé du dimanche matin jusqu’au vendredi midi, à l’heure du déjeuner.
Il ne restait plus que deux jours et demi avant les premières épreuves, et ils avaient déjà commencé de déjeuner depuis dix bonnes minutes lorsque Hermione les rejoignit d’un pas vif et s’assit entre Neville et Ginny. Très rapidement, elle se servit alors une saucisse, ainsi qu’une poignée de frites, et se mit à manger très vite, sans un mot, ni même un regard pour eux.
– Où est-ce que tu étais passé ? demanda Harry, hésitant. On t’a attendue, à la bibliothèque. Tu devais nous y rejoindre, rappela-t-il.
Les seules fois où il avait vu Hermione manger de cette façon, à l’extrême limite de l’impolitesse, c’était lorsqu’elle avait eu une idée bien précise en tête, une idée qui lui tenait vraiment à cœur – la défense des elfes de maison, par exemple.
– Si je ne me trompe pas, ton cours d’étude des runes s’est terminé depuis deux heures, non ? continua Harry, en échangeant un regard perplexe avec Ginny, qui ne semblait pas comprendre plus que lui.
– Justement, dit Hermione en levant brusquement la tête vers lui. En fait, beaucoup sont restés dans la salle pour continuer à réviser, expliqua-t-elle. Mais moi, j’avais quelque chose de plus important à faire.
– Et qu’est-ce que c’était ? demanda Ginny en haussant légèrement les sourcils.
– Le professeur Sands m’a rendu… ce que je lui avais donné, répondit Hermione à voix basse, après avoir jeté un œil autour d’elle. Ou plutôt, ce que McGonagall lui avait donné, rectifia-t-elle pour être plus clair.
Mais Harry avait déjà très bien compris dès le début, et les visages de Ron et de Neville parurent tout d’un coup beaucoup plus réveillés et attentifs à ce qui se passait. Mais Hermione se contenta de murmurer :
– Dépêchez-vous de mangez.
Encore dix minutes, et ils s’étaient enfermés dans une salle de classe vide du premier étage. Ginny, que Harry mettait au courant de tout ce qui concernait les Horcruxes – et tout ce qui allait avec –, était venue avec eux.
– Vas-y, dit Harry d’un ton pressé dès qu’ils eurent insonorisé la pièce. Fais-nous voir ce que tu as.
Immédiatement – même si elle jeta un regard redoutable à Harry, n’appréciant peut-être pas le ton sur lequel il lui avait parlé –, Hermione sortit de la poche de sa robe une feuille de parchemin sur laquelle Harry reconnut les caractères runiques de la grotte. Mais en dessous, il aperçut également un texte qui semblait bien anglais, et il en trépignait d’impatience. Il allait peut-être bientôt savoir si son intuition était juste…
– Le professeur Sands m’a dit qu’elle avait eu beaucoup de mal à traduire ces runes en moins de trois mois, avec seulement ses connaissances personnelles, déclara Hermione. D’après elle, ce sont des caractères d’un style très ancien, et ils sont formulés dans un ancien langage anglo-saxon, qui n’a pas grand-chose à voir avec l’anglais actuel.
– C’est pour ça que tu n’es pas venu nous prévenir tout de suite ? lança Ron. Tu as passé deux heures à admirer avec Sands tous les caractères particuliers de ces runes ?
– Et alors ? répliqua sèchement Hermione, dont le teint soudain rose vif indiquait que Ron avait deviné juste. Je ne vois pas en quoi ça te regarde.
– Ça ne me regarde pas, répondit Ron d’un ton neutre qui relevait peut-être un tantinet de l’excuse, c’est juste que tu aurais pu venir tout de suite nous prévenir, pour quelque chose qui peut être aussi important.
– Si tu la laisses parler, elle va peut-être le faire, fit remarquer Ginny.
Tout en faisant mine d’ignorer Ron, Hermione étala le parchemin sur la table la plus proche.
– Allez-y, dit-elle sèchement. Lisez et dites-moi ce que vous en pensez.
Harry se pencha avec Ginny. Ron et Neville lisaient par-dessus leurs épaules. Juste en dessous des runes inscrites par Hermione, il y avait le second texte, écrit d’une manière encore plus nette et ordonnée par le professeur Sands. Il disait :

La Pierre peut-être fendue, mais du Sang sera versé. Une fois vaincu le chevalier noir, tu pourras alors me toucher, moi, la chose Sainte.
Seulement après m’avoir appelé, la clef qui mène à moi est l’Epée de la Légende, que seul l’Elu peut manier. Son pouvoir diffère du mien, mais leurs sources restent la même.
La Pierre et le Sang seront mêlés, car seuls le Sang et la Pierre mènent à moi, la chose Sainte.
Avec l’Epée de la Légende,
La Pierre
Le Sang
Le Saint .

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Niveau 10
07 avril 2007 à 13:11:54

Harry releva la tête, et échangea des regards avec les quatre autres. Après un long moment de silence, Ron finit par demander d’un ton interdit :
– Est-ce que l’un de vous a une idée de ce que ça veut dire ?
– A mon avis… ça veut au moins dire qu’il y a encore quelque chose que nous n’avons pas vu chez Voldemort, répondit Neville d’un air ton incertain. Et ça doit se trouver quelque part derrière le mur de pierre où ces runes sont apparues.
– C’est ce que je pense aussi, approuva Hermione, mais la véritable énigme – parce que je pense que c’est bien une énigme –, c’est de savoir ce qui se trouve derrière ce mur.
– Parce que tu as compris comment le franchir ? demanda Ron, l’air sincèrement étonné.
– Oui… en tout cas je crois, répondit Hermione. Pour fendre le mur de pierre, il faut une épée particulière. Mais d’après ce texte, si on y arrive, on devrait se faire attaquer… et brutalement, dit-elle d’une voix qui faiblit légèrement
– Par quelque chose comme un « chevalier noir », c’est ça ? dit Harry. Sûrement une autre monstre qui va essayer de nous tuer, j’imagine, ajouta-t-il d’un ton qu’il s’efforça de rendre neutre.
– Hermione, intervint Neville, si tu penses avoir compris comment on ouvre ce mur, ça veut dire que tu sais aussi ce qu’est cette épée particulière ? « L’Epée de la Légende » ?
– Non, répondit immédiatement Hermione. Enfin disons que je n’en suis pas certaine… Mais…
– Attends une seconde, l’interrompit Ginny. C’est marqué : « Seulement après m’avoir appelé, la clef qui mène à moi est l’Epée… » Ça doit vouloir dire qu’avant de pouvoir briser le mur, il faut donner un mot de passe, fit-elle observer. Et ce mot de passe, c’est…
– Le nom de l’objet qui se trouve derrière le mur, coupa Hermione à son tour, passablement irritée. Ce qui revient donc à ce que je disais tout à l’heure : le plus important d’après ce qui est écrit là-dessus, c’est de découvrir le nom de cet objet. A mon avis, Voldemort a écrit ce message parce qu’il veut qu’on comprenne la nature de ce qu’on va essayer de lui voler.
Cette déclaration fut suivie d’un court silence.
– La nature de ce qu’on va essayer de lui voler…, répéta Harry.
Il se sentait un peu troublé. Mais après avoir acouté Hermione, une idée lui venait à l’esprit.
– Et si c’était « Horcruxe » ? suggéra-t-il.
Tous les quatre le regardèrent. Ron et Neville avaient l’air de trouver son idée étrange, mais Ginny et Hermione semblaient seulement intriguées. Harry hésita, puis leur avoua brièvement les doutes qu’il avait eus en revenant de leur dernière excursion en dehors de Poudlard, ainsi que sa dernière intuition inexplicable en date.
– Donc, tu ne penses pas que cette potion était le dernier Horcruxe de Voldemort ? récapitula Ginny.
– Non, lui répondit Harry. A mon avis, c’est plutôt cet objet dont parlent les runes… Et c’est plutôt logique, non ? dit-il avec plus de conviction. Quand j’ai lâché l’Inertio dans la potion, elle a perdu toute sa lumière, et c’est seulement à ce moment-là que les runes se sont gravées dans la pierre.
– Oui, dit Hermione en hochant lentement tête, c’est vrai que ça paraît plus logique comme ça. Mais, Harry…
– C’est bien toi qui as dit que tu sentais l’âme de Voldemort dans ce liquide, non ? dit Ron sur un ton raisonnable. Et maintenant, tu nous dis que tu sens que finalement, l’Horcruxe n’est pas cette potion verte mais l’objet qui se cache derrière le mur aux runes…
– Ecoutez, coupa Harry d’un ton agacé, je sais bien qu’on ne peut pas forcément faire une confiance absolue dans mon intuition, aussi forte soit-elle, d’accord ? Mais tout ce que j’ai dit sur cette potion, c’est que j’avais l’impression… qu’une petite partie de l’âme de Voldemort était diluée à l’intérieur. Je n’ai jamais pensé que c’était vraiment un Horcruxe, mais sur le coup, surtout avec ce qu’a dit Abel, je me suis dit que c’était l’hypothèse la plus logique… Mais maintenant, le plus logique, c’est que l’Horcruxe se trouve derrière ce mur de pierre.
– D’accord, d’accord, d’accord ! dit Hermione d’un ton impatient, avant que quiconque n’ait pu répondre quoi que ce soit. De toutes façons, si jamais nous allons chercher cet objet, c’est précisément au cas où c’est un Horcruxe, non ? Mais le fait est que je ne pense pas que le mot « Horcruxe » suffise pour passer, déclara-t-elle. J’ai lu et relu la traduction du professeur Sands pendant presque deux heures, et j’ai déjà quelques idées sur la question, mais j’aurai d’abord besoin de faire quelques recherches à la bibliothèque. Je vous ai montré ce bout de papier simplement parce que je devais bien aller déjeuner à un moment ou à un autre, mais il vaut mieux en reparler plus tard…
Et sans demander l’avis de qui que ce soit, elle saisit le rouleau de parchemin, l’enroula et le rangea dans une poche de sa robe, avant de déverrouiller la porte et de sortir de la salle sans un mot.
Pendant le double-cours de potions, Hermione parla à Harry et à Ron sur un ton qui signifiait clairement qu’il valait mieux ne pas réaborder le sujet, et attendre jusqu’à ce qu’elle les informe de ses découvertes. Une heure et demie plus tard, lorsqu’ils ressortirent des cachots dans le Hall d’entrée, Hermione se contenta de dire qu’elle se rendait à la bibliothèque avant de monter l’escalier de marbre à toute vitesse.
Elle avait déjà disparu depuis quelques secondes dans les étages quand Ron déclara soudain d’un ton résolu :
– Je vais l’aider.
Et un instant plus tard, il se trouvait hors de vue lui aussi. Dans la salle commune, Harry se prépara donc à réviser seul durant les deux heures de trou qu’il avait avant le cours de défense contre les forces du Mal – le tout dernier cours de l’année, car ensuite, il n’y aurait plus que le week-end, les ASPIC, ainsi qu’une bonne semaine de libre. Il se demanda vaguement de quelle façon Hermione allait tolérer l’aide de Ron dans ses mystérieuses investigations, mais il fut très vite absorbé par les lois du cours de potion qu’il n’avait pas encore tout à fait assimilées.
Pendant le cours de défense contre les forces du Mal, il retrouva ses deux meilleurs amis, ainsi que Neville. Ron et Hermione, impassibles – bien que leurs visages semblaient un peu tendus –, leurs demandèrent entre les dents de ne rien révéler à Abel tant qu’ils n’auraient pas trouvé ce qu’ils cherchaient. En sortant de la salle, Ron et Hermione repartirent aussitôt en direction de la bibliothèque. Harry et Neville descendirent dans la Grande Salle tout de suite après avoir déposé leurs affaires dans la salle commune et dînèrent avec Ginny, Colin, et d’autres élèves de sixième année. Après quoi ils remontèrent tous ensemble dans la salle commune de Gryffondor pour réviser de nouveau. En effet, dans les semaines suivantes, pendant que les septième année passeraient leurs ASPIC, les sixième année allaient devoir passer les habituels examens de fin d’année.
Au bout d’un temps qui lui parut très long, Harry jeta un coup d’œil à sa montre. Il n’était que sept heures du soir mais, penché sur ses notes de métamorphose, son cerveau était déjà trop engourdi pour traiter et retenir correctement les informations du cours. Ce genre de panne lui arrivait de temps à autres, lorsqu’il avait passé une trop longue période à faire travailler intensément son cerveau avant un examen… et il n’avait jamais réviser avec autant d’acharnement sur une période aussi longue depuis son entrée à Poudlard, même avant les BUSE. Sachant qu’il était inutile de continuer avant au moins plusieurs heures, Harry leva le nez de ses notes et regarda Ginny avec… envie.
Il se laissa doucement aller à l’observer pendant un temps qui lui sembla à la fois très long et trop court – jusqu’à ce que la jeune fille émerge elle aussi de ses livres de défense contre les forces du Mal et pousse un long soupir de fatigue. Harry eut alors la bonne idée de se lever, de s’approcher d’elle et de l’embrasser, ce qui lui procura un grand plaisir, après tout ce temps passé sur les cours. Il proposa à Ginny de sortir dans le parc, histoire de se détendre un peu – ou beaucoup –, et elle n’eut pas le courage de refuser.
Même à cette heure, le ciel était encore très clair ; le mois de juin avait commencé en même temps que la semaine. Ils se reposèrent contre le hêtre, près du lac. Harry avait enlacé Ginny à la taille et ils se tenaient les mains au-dessus de son nombril. Trop fatigués pour avoir une vraie conversation, ils discutèrent de tout et de rien, jusqu’au moment où quelque chose revint à la mémoire de Harry, qui raconta alors à Ginny le comportement de Ron et Hermione depuis qu’ils s’étaient séparés après le déjeuner.
– Je me demande ce qu’ils vont devenir, ces deux-là, dit-il d’une voix basse et songeuse. On ne sait jamais vraiment s’ils vont se réconcilier ou non. J’aimerais bien qu’ils se réconcilient enfin, et que tout redevienne enfin comme avant – même si ce ne sera plus jamais comme avant.
– Ron a été vraiment horrible avec Hermione, objecta Ginny avec une certaine dureté. Même avec ce qui est arrivé à papa et maman, ça n’excuse pas la façon dont il s’est comporté… On ne peut pas reprocher à Hermione de refuser de lui parler.
– Non, c’est vrai, admit tristement Harry, mais elle avait déjà commencé à lui reparler… presque normalement.
Un autre souvenir remonta brusquement à la surface.
– C’est parce qu’elle a vu quelque chose dans le miroir du Riséd…, déclara-t-il. Mais je ne sais pas ce que c’est.
– Moi, je le sais, dit Ginny au bout d’un instant.
Harry s’efforça de ne pas manifester de surprise.
– Ah, bon…, dit-il simplement.
– C’est Ron qu’elle a vu, révéla brusquement Ginny. Ron qui la tenait elle dans ses bras.
– Quoi ? fit Harry, qui ne parvenait plus à dissimuler son étonnement. C’est pour ça qu’elle s’est mise dans un état pareil ?… demanda-t-il après un instant de silence.
– Oui, répondit Ginny. Elle me l’a dit il y a quelques semaines. Mais tu dois comprendre que c’est très difficile pour elle. Ron s’était montré de plus en plus mature et gentil avec elle, surtout à la mort de ses parents. Et quand… la situation s’est inversée, non seulement elle s’est fait jeter comme une vieille chaussette, mais en plus, Ron l’a beaucoup blessée en disant qu’elle ne savait pas ce que c’était que de perdre ses parents… Et tout d’un coup, alors qu’elle essayait d’oublier son comportement odieux, ce miroir lui a rappelé que malgré tout, ce qu’elle désirait le plus au monde, c’était de se retrouver de nouveau avec Ron. Tu n’imagines pas le choc que ça a pu être pour elle.
– Non, admit Harry. Mais vu sous cet angle, c’est quand même plus facile à comprendre, ajouta-t-il, dépité. Seulement… Ron avait grillé un fusible, ou je ne sais quoi, à ce moment-là… Il est redevenu normal, maintenant – ou en tout cas, aussi normal qu’il peut l’être en ce moment.
– Je sais, répondit Ginny d’un ton neutre. On verra bien…
Ils restèrent ainsi pendant un temps très long, jusqu’à tomber dans un demi-sommeil.
Harry rouvrit brusquement les yeux. Il avait l’impression qu’une lueur verte l’avait tiré de son sommeil, mais il avait du rêver. Il réveilla doucement Ginny, et ils se levèrent tous les deux en s’étirant. Harry remarqua alors que le soleil était déjà à moitié couché sur la Forêt interdite. Il ne pouvait pas connaître l’heure, car il avait laissé sa montre dans la salle commune, à côté de ses notes de métamorphose. Ils se hâtèrent de rentrer au château et de remonter dans la salle commune. Ils retournèrent dans le coin où ils avaient révisé mais, tout en rassemblant ses affaires, Harry fut stoppé par une vision saisissante.

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Niveau 10
07 avril 2007 à 13:14:37

Assises dans un canapé défoncé, à quelques mètres de son fauteuil, légèrement penchées l’une sur l’autre, deux personnes s’embrassaient tendrement, avec une grande douceur. Harry fit un signe de tête à Ginny, dont le léger sourire indiquait qu’elle avait déjà remarqué le couple avant. Il rangea ses affaires, prit son sac et fit quelques pas sur la droite pour être certain de l’identité des deux personnes. Et il n’eut alors plus aucun doute : cette chevelure brune et épaisse, et ces cheveux roux vifs étaient ceux de Ron, qui tenait délicatement la jour droite d’Hermione entre le pouce et l’index.
Harry s’éloigna pour ne pas les déranger. Il se sentait envahi d’un sentiment très soudain de chaleur, un sentiment très agréable. C’était comme s’il venait de retrouver quelque chose, une force perdue depuis longtemps. Mais pendant son absence, cette force semblait avoir bien grandi, et aussi mûri. Cette sensation augmenta encore un peu d’intensité lorsqu’il embrassa Ginny une dernière fois, avant de monter dans son dortoir, dans lequel il se déshabilla pour enfiler un pyjama.
Personne n’était encore couché, mais il avait vraiment l’impression qu’une journée complète s’était achevée, et qu’il ne pourrait reprendre le cours de son existence que le lendemain matin… La lueur verte qui l’avait réveillé, au bord du lac, se remit alors à briller de plus belle.
Il rouvrit les yeux. Il n’était plus allongé dans son lit, à l’intérieur du dortoir, mais debout, les pieds nus sur un sol de pierre glacée. Il se trouvait dans une grotte, une immense grotte, mais il ne voyait que la lumière, droit devant lui, une lumière verte de plus en plus intense… Elle provenait d’une sorte d’autel, fait d’une roche terne, grise, identique à celle qui composait la grotte, et qui semblait n’être qu’une excroissance du sol. Sur cet autel, il y avait une magnifique coupe de bronze, dépourvue d’anse.
Une brillance magnifique et surnaturelle, presque céleste, se dégageait de l’objet, en particulier du gros rubis de la taille d’un œuf, incrusté dans son pied métallique. Harry s’en approchait sans sentir ses pieds bouger sur le sol… comme si cela avait été la coupe de bronze qui s’était avançée vers lui, où plutôt, comme s’il avait flotté dans la brume verte étincelante qui semblait maintenant remplir l’air…
Il se trouvait désormais au-dessus de la coupe, et voyait très nettement le liquide fluorescent d’où provenait la lumière. Cette lumière, c’était celle de la Mort… Mais soudain, tout à coup, sans la moindre phase intermédiaire, la lueur verte fut remplacée par une intense lumière argentée, qui l’éblouit au point de lui brûler les yeux – ses yeux qu’il ne parvenait plus à fermer, et qu’il sentit fondre dans une douleur abominable…
Il se mit à hurler de toute la force de ses poumons, qu’il sentait se déchirer également ; et il sentit ainsi tout son corps partir en lambeaux, puis en poussière, puis en vapeur, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucune trace. Il se trouvait dans le néant total, mais une image lui vint alors à l’esprit, une scène extrêmement nette, comme s’il s’y était trouvé lui aussi…
C’était une petite pièce sombre, vide, dépourvue de fenêtre, et dont les murs noirs et le parquet terni étaient éclairés par des torches fixées aux murs. Lord Voldemort attendait, debout, parfaitement immobile. Son visage blafard était froid, placide, mais ses narines dilatées en forme de fentes laissaient toutefois entrevoir une certaine excitation.
Au bout de quelques minutes d’une attente qui parut très longue, à Harry comme à Voldemort, l’unique porte s’ouvrit en face du Seigneur des Ténèbres et Severus Rogue entra. Il retira immédiatement le tissu qui recouvrait sa main gauche, ce qui révéla l’objet qu’il y tenait. Harry reconnut tout de suite la coupe de bronze, de part son aspect, mais surtout à cause de la lumière argentée qui se dégageait de l’intérieur. Sans un mot, Rogue s’avança vers son maître, posa un genou à terre, à la manière d’un chevalier, et, tout en baissant la tête, il tendit l’objet à Voldemort, qui le prit avec un tressaillement imperceptible sur sa bouche sans lèvres.
Très lentement, le Seigneur des Ténèbres porta la coupe à ses lèvres, puis vida tout son contenu d’un trait. La tête inclinée, il respira profondément puis, après un long silence, il rejeta en arrière son visage de serpent qui s’étira cette fois-ci en un sourire franc et sauvage. Une profonde exhaltation se lisait sur ses traits décolorés.
– Quel goût tu viens de me faire découvrir, Severus…, murmura-t-il de sa voix glaciale et suraiguë. Le goût du pouvoir… Ce n’est pas la première fois que j’en jouis, évidemment, mais c’est en revanche la toute première fois que je le goûte au sens propre du terme. Et je suis le seul qui pourra jamais en dire autant… Ce soir, grâce à toi, j’ai enfin achevé une évolution commencée il y a très longtemps, Severus, déclara-t-il en redressant son échine. Ces dernières années, malgré tes erreurs, je dois dire que tu m’as rendu un service bien plus important qu’aucun Mangemort ne m’en rendra jamais. Tu mérites donc sans nul doute une récompense très importante, à la hauteur de ce que tu as fait pour moi… Mais… malheureusement… j’ai bien peur que ça me soit impossible, Severus, annonça-t-il en sortant sa baguette magique qu’il fit nonchalamment tourner entre ses doigts longs et fins.
Parfaitement immobile, Rogue était toujours à demi agenouillé, tête baissée, et il ne manifesta pas la moindre réaction en entendant les paroles de son maître.
– Lève-toi, Severus, ordonna celui-ci d’une voix doucereuse. Et regarde-moi en face.
Rogue obéit, tout en faisant un grand pas en arrière, pour placer quelques mètres entre lui et Voldemort. Mais son visage restait d’une impassibilité totale. Après un long moment de silence, durant lequel les deux hommes se regardèrent froidement, dans le fond des yeux – ceux de Rogue étaient vides de toute expression –, Voldemort reprit :
– Tu es vraiment quelqu’un d’extraordinaire, Severus…, murmura-t-il. Le plus grand, le plus puissant, le plus doué… celui, de tous mes Mangemort, qui aura sans doute possédé le plus grand potentiel, dit-il sur le ton d’un artiste qui admirait toutes les nuances subtiles de son œuvre. Tu es celui que je voudrais le plus gardé à mes côtés, mais… tu dois comprendre mieux que quiconque que je suis obligé de me séparer de toi, n’est-ce pas ?
Rogue ne répondit pas.
– Il est trop dangereux pour moi de te garder dans mes rangs, continua Voldemort. En fait… il est trop dangereux pour moi de te garder en vie, déclara-t-il en levant calmement sa baguette qu’il pointa droit sur le cœur de son serviteur. Tu es celui à qui j’ai confié mes secrets les plus intimes ; tu es le seul à avoir été au courant au sujet de mes Horcruxes, hormis ce traître de Black, dont tu as su nous débarrasser. Mais peu importe : grâce à toi, je n’ai plus à avoir la moindre crainte à ce sujet, n’est-ce pas ? Mais je sais que si je te garde encore, tu finiras par ne devenir qu’une entrave pour moi, et je préfère me débarrasser de toi avant que tu ne perdes tout ce qui fait ton intérêt… Tu sais pourquoi je dis ça, n’est-ce pas, Severus ? C’est, ça a toujours été, et ce sera toujours ton plus grand défaut…
Rogue ne remua pas un muscle. Il ne tressaillit même pas.
– Adieu, Severus…, murmura Voldemort avec un sourire cruel et goguenard.
Il s’écoula encore quelques secondes. Lord Voldemort semblait attendre une éventuelle réaction de son serviteur, qu’il regardait toujours droit dans les yeux, mais Severus Rogue ne battit pas d’un cil. Puis…
– Avada Kedavra !
Il y eut le brusque et puissant bruit de vent, et le jet de lumière verte éblouissante. Et, soudain, pendant une fraction de seconde, le visage baigné d’une lueur verte de Severus Rogue sembla s’étirer dans un sourire de dément, et ses yeux parurent s’exhorbiter ; mais, lorsqu’il fut frappé de plein fouet en pleine poitrine, quand il s’écroula, les bras en croix, mort, ses traits avaient retrouvé leur expression totalement indéchiffrable. Et ses yeux étaient redevenus de simples puits sans fond, désormais irrémédiablement dénués de toute vie.
Brutalement arraché de cette scène incompréhensible, Harry se réveilla en sursaut, se redressant d’un coup, les yeux grands ouverts, sentant des sueurs froides couler sur son visage. Il sentait également des picotements le long de sa cicatrice, et il savait que tout ce qu’il venait de voir, ou d’entendre, était une représentation exacte de la réalité.
– Harry !
D’un geste, Harry prit ses lunettes sur sa table de chevet, les mit sur son nez, et regarda le visage terrifié de Neville, derrière qui Dean et Seamus affichaient des mines très semblables. Il comprit alors qu’une bonne partie du cri qu’il avait poussé dans son rêve – ou plutôt son cauchemar – avait dû réellement s’échapper de sa bouche alors qu’il dormait. Dehors, il faisait complètement noir, hormis toutes les étoiles qui constellaient le ciel. On devait être au beau milieu de la nuit.
Harry tenta vainement de rassurer ses trois condisciples, prétendant qu’il avait simplement fait un cauchemar… ordinaire, mais ils ne parurent pas convaincus. Heureusement, il n’eut pas à aller plus loin, car au même moment, la porte s’ouvrit très lentement, laissant entrer Ron, qui sursauta en les voyant.
– Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il en remarquant les visages toujours tendus de Harry, Neville, Dean et Seamus.
– Harry a fait un cauchemar, répondit Dean après un instant de silence pesant.
Ron échangea un regard avec Harry et Neville, et une compréhension mutuelle et implicite passa entre eux.
– Où étais-tu ? demanda soudain Seamus, l’air intrigué. Il est presque deux heures du matin, je te signale.
– Ça ne te regarde pas, répondit sèchement Ron.
Mais un accent étrange trahissait une sorte de panique dans sa voix. Harry remarqua alors que, curieusement, son meilleur ami était très pâle. On aurait dit qu’ils étaient aussi choqués l’un que l’autre – mais pour des raisons visiblement différentes.
– D’accord, ne t’énerve pas, dit Seamus, les sourcils froncés. C’était juste de la curiosité…
– Tant qu’on y est, dit Harry en observant tour à tour Ron et Neville, maintenant qu’on est réveillés, est-ce qu’on pourrait descendre dans la salle commune ?
Ces deux derniers acquiescèrent. Avant que Neville ne referme la porte, Harry entendit Seamus dire d’un ton un peu énervé :
– Essayez de ne pas faire trop de bruit en revenant. Il y en a qui ont besoin de dormir pour réviser, demain matin.
– Qu’est-ce qui ne va pas ? interrogea Harry en se tournant vers Ron, lorsqu’ils se retrouvèrent dans la salle commune, bien évidemment vide à cette heure.
– Ça ne te regarde pas non plus, répliqua Ron, sur la défensive. Et de toutes façons, c’est toi qui as des choses à nous expliquer. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de cauchemar ? Vous faisiez de ces têtes…
Bien que toujours en état de choc, Harry ne pouvait pas s’empêcher de se tracasser en voyant la tête d’enterrement que faisait son ami. Mais avant qu’il n’ait pu lui répondre, Neville parla d’un ton autoritaire qui ne lui était pas habituel :
– Je suis d’accord avec Ron. Tu as encore fait un rêve sur Voldemort, sinon tu ne ferais pas cette tête et tu ne nous aurais pas demandé de descendre avec toi. Alors… quelle catastrophe tu as vue, cette fois-ci ? demanda-t-il d’un ton anxieux.
Harry hésita encore une seconde avant de se décider. Il devait reprendre ses esprits et tout leur raconter, c’était primordial.
– Rogue, dit-il – il inspira un grand coup avant de reprendre. Rogue est mort.
– Quoi ? s’exclama Ron, ahuri, tandis que Neville affichait une mine interdite.
– Oui… Voldemort l’a tué, déclara-t-il devant les visages stupéfaits de ses deux amis. Et je sais où est le dernier Horcruxe.

soltek
soltek
Niveau 10
07 avril 2007 à 15:08:39

tres longue suite mais excellente^^ et vu l´heure a laquelle ron es rentré c´est quil a du faire mumuse avec hermy :rire:

Hokage-sama_2
Hokage-sama_2
Niveau 10
07 avril 2007 à 15:49:31

et Mcgonagall est apparu et les a engueulé :o))

super suite jim j´ai adoré (comme toutes les autres) j´ai hâte de voir ce qui se cache derrière le mur à moins qu´ils n´y aillent jamais

cyclone2tg
cyclone2tg
Niveau 5
08 avril 2007 à 01:01:46

:lol: , je du meme avis

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
08 avril 2007 à 11:36:53

Soltek, ta perspicacité dans cette affaire ne m´étonne pas vraiment :o)) .

:merci: pour vos coms :-))) .

:ange:

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
09 avril 2007 à 13:51:22

Bonne lecture :ange: :

31
Légende, Epée,
Pierre et Sang

Le lendemain matin, Harry, Ron et Neville attendirent qu’Hermione descende dans la salle commune. Elle arriva en même temps que Ginny. Comme à son habitude, celle-ci embrassa Harry en guise de bonjour. Ron et Hermione, eux, se regardèrent pendant un instant, gênés. Puis, prenant les choses en main, Hermione s’approcha de lui et l’embrassa franchement. Quelques secondes plus tard, quand ils se relâchèrent, malgré les oreilles rouges de Ron et le sourire embarrassé d’Hermione, l’atmosphère fut beaucoup plus détendue. Harry pensa avec soulagement que le mystérieux problème de Ron, hier soir, était donc sans doute plus ou moins réglé. Ils descendirent dans la Grande Salle, avalèrent rapidement leur petit déjeuner, puis remontèrent dans les étages jusqu’à s’enfermer une nouvelle fois dans une salle vide du cinquième étage.
Harry raconta alors aux filles le rêve qu’il avait fait la nuit précédente.
– Voldemort a tué Rogue ? murmura Ginny après un long silence, incrédule. Et tu dis que Rogue n’a pas essayé de se défendre ?
– Oui, répondit Harry. Et ce n’est pas tout… Voldemort avait l’air très heureux. Après avoir bu la potion, il a dit que Rogue lui avait permis de goûter le pouvoir au sens propre du terme… Et puis il lui a fait une série de compliments. Il a dit que Rogue était au courant pour les Horcruxes, et même que c’était lui qui avait tué Regulus Black quand il a pris le médaillon de Serpentard… Et enfin, il a dit qu’il serait trop dangereux pour lui de garder Rogue en vie – pour une raison que Rogue connaissait, d’après ce qu’il a dit. Mais on aurait dit que Rogue n’entendait rien de ce qu’il disait… Le seul moment où il a bougé…
Il leur parla de l’expression démente sur le visage de Rogue, qu’il avait aperçue pendant une fraction de seconde. Il y eut un nouveau silence.
– Si je comprends bien, dit lentement Hermione au bout d’un moment, tu penses que cette coupe qui contenait la potion était l’Horcruxe ?
Harry hocha la tête.
– Oui. La potion n’était pas un Horcruxe : elle était tirée de l’Horcruxe. C’est pour ça que j’ai senti l’âme de Voldemort diluée à l’intérieur. Maintenant, il faut qu’on retourne tous les quatre dans l’ancien repère de Voldemort, pour aller le chercher.
– Mais on ne sait pas si elle est toujours…
– Si, Hermione, coupa Harry d’un ton sans réplique. On le sait.
Personne ne chercha plus à discuter là-dessus.
– Alors, reprit Harry d’un ton moins rigide, qu’est-ce que vous avez trouvé, à la bibliothèque, tous les deux ?
Ron et Hermione échangèrent un bref regard.
– Des choses très intéressantes, répondit Ron.
– Et peut-être de quoi appuyer ta théorie, ajouta Hermione. En tout cas, si nos déductions sont justes, il est possible que nous connaissions et le mot de passe – et donc la nature de l’objet caché là-bas – et l’identité de l’épée dont on a besoin pour franchir le mur de pierre, d’après les inscriptions.
Elle se tut un instant.
– Alors ? s’impatienta Harry.
– Alors, commençons par le début, dit simplement Hermione. Quand j’ai lu la traduction du professeur Sands, hier matin, ça m’a tout de suite évoqué quelque chose, mais je n’étais encore sûre de rien. J’ai passé un bout de temps à la bibliothèque à chercher dans divers bouquins, avant de me rappeler enfin où j’avais vu si souvent ces mots : « pierre », « sang », « saint ». Je les avais souvent lus dans les livres de Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard que je t’ai offerts à Noël, déclara-t-elle. Alors je suis montée dans votre dortoir et, comme il n’y avait personne, j’ai pu les prendre dans ta valise. Ensuite, je suis allée dans mon dortoir et je les ai feuilletés. Et toi aussi, quand tu es venu m’aider à la bibliothèque, dit-elle en se tournant vers Ron.
– Oui… c’est vrai, dit celui-ci. Donc, je les ai feuilletés aussi, et Hermione m’a fait remarquer… Enfin bref, dans chacun de ces livres, il y a un thème secondaire, et aussi un mot qui sont régulièrement répétés. Gryffondor mentionne souvent la qualité de la pureté du cœur et, par extension, de la sainteté. Helga Poufsouffle, euh… je n’ai pas très bien compris. En tout cas, elle parle souvent de ceux qui travaillent dur en sculptant la pierre. Et bien sûr, Serpentard parle de la pureté du sang, dit-il succinctement sur un ton dégoûté. Et à la fin de chacun de ces trois livres, le tout dernier mot est « saint », « pierre » ou « sang ». Ça reprend les derniers mots du texte gravé sur le mur.
– Et le livre de Rowena Serdaigle ? demanda Harry, intrigué. Il ne parle de rien, lui ?
– Si, justement, répondit Hermione, dont le ton indiquait que l’on rentrait dans le vif du sujet. Je ne sais pas si tu l’as remarqué, mais dans le texte des runes, il y a un espace entre le mot « Saint » et le dernier point. Je l’ai recopié sur la feuille et le professeur Sands a reproduit l’espace en traduisant. Ça m’a laissé penser qu’il y avait quatre mots importants dans ce texte, quatre mots qui provenaient chacun de l’un des livres des fondateurs de Poudlard. Et le quatrième, qui n’est pas gravé sur le mur de la grotte, c’est probablement le nom de l’Horcruxe.
– Et Serdaigle le donne dans son livre, c’est ça ?
– Pas exactement, marmonna Ron.
– Serdaigle est plus énigmatique, dit Hermione. Elle fait souvent référence à de vieilles légendes du Moyen-Âge ou de l’Antiquité, en particulier des légendes qui sont liées à deux objets bien précis.
– Quels objets ? questionna Ginny, qui semblait maintenant aussi impatiente que Harry.
– Elle ne les nomme jamais directement, mais elle y fait beaucoup d’allusions et en donne beaucoup de caractéristiques qui ne prêtent pas vraiment à confusion. Le dernier mot de son texte est simplement « objet », et elle parle donc sûrement de l’Horcruxe. L’autre, c’est une épée, et j’ai de bonnes raisons de penser que c’est « l’Epée de la Légende » dont parlent les runes.
– Quelle épée ? demanda Harry, presque surexcité.
– Tu as déjà entendu parler d’Excalibur ? le questionna Ron.
– Euh… oui, répondit Harry. J’en ai entendu parler dans certains livres, quand je vivais chez les Dursley, et aussi les rares fois où ils m’ont laissé regarder la télévision assez longtemps pour voir une émission entière… Mais attends une minute… ça n’aurait pas encore un rapport avec Merlin ? interrogea-t-il, les sourcils froncés.
– Si, répondit Hermione. D’après les livres d’histoire de la sorcellerie – qui sont plus fiables que les légendes moldues –, Excalibur est une épée que Merlin a planté dans le roc grâce à un procédé magique spécial, qui lui a permis de choisir le futur roi de la Grande-Bretagne. C’est un Moldu, Arthur Pendragon, qu’il a désigné pour pouvoir retirer l’épée – ce qu’il a fait. D’après certaines légendes du monde des sorciers, Excalibur avait des pouvoirs magiques donnés par Merlin, qui ont permis à Arthur de vaincre de nombreux ennemis. Mais en réalité, Merlin manipulait ce roi moldu pour retrouver un objet bien plus précieux – et c’est cet autre objet qui devrait être le dernier Horcruxe que nous cherchons.
– Attendez une seconde, tous les deux, marmonna Ginny en observant tour à tour les visages de Ron et d’Hermione. Vous ne parlez tout de même pas du… ?
Ils hochèrent la tête en signe d’approbation. Apparemment, ils se comprenaient, tous les trois – même Neville, à son visage stupéfait, bouche bée, avait l’air de savoir de quoi ils parlaient. Mais Harry, lui, n’en avait aucune idée.
– De quoi vous parlez ? demanda-t-il, agacé. C’est quoi, cet objet si extraordinaire ?
Ginny se tourna vers lui avec impatience et le regarda d’un œil mêlé d’exaspération et d’autre chose, qui ressemblait horriblement à de la pitié. Puis elle se décida à lui répondre.
– Harry, dit-elle sur un ton calme et posé, percé toutefois d’une certaine excitation. Ron et Hermione sont en train de te dire que l’objet qui est caché derrière ce mur aux runes, l’objet que vous cherchez – l’Horcruxe… c’est le Saint Graal !
Au visage impressionné qu’affichaient Ginny et Neville, Harry aurait dit qu’il s’agissait d’une révélation de poids. Mais même si ce nom lui évoquait vaguement quelque chose, Harry n’avait pas la moindre idée de ce que signifiait le mot « Graal ».
– Désolé, je… je ne sais pas vraiment ce que c’est, avoua-t-il, gêné de cette ignorance manifestement due à son enfance passée dans le monde des Moldus.
Son inculture magique ne s’était plus manifestée avec une telle importance depuis un temps qui lui paraissait assez long, à présent, mais c’était toujours aussi désagréable de passer pour un ignorant.
– Tu as entendu parler de Jésus, j’imagine ? dit Hermione.
– Oui, quand même…, répliqua Harry, irrité.
– Le Graal est une coupe qui aurait recueilli le sang de Jésus au moment de son dernier repas, expliqua-t-elle. Et aussi quand il était sur la croix. Après, il semblerait qu’on en ait perdu toute trace mais, de nombreuses personnes, Moldus ou sorciers, l’ont cherché dans les siècles qui ont suivi. Parce que, d’après une légende, celui qui boirait dans cette coupe retrouverait sa jeunesse et aurait la vie éternelle, voire bien d’autres pouvoirs. Cet objet est considéré comme le plus puissant, le plus précieux de tous les objets magiques légendaires. Ce ne serait pas très étonnant que Voldemort ait voulu en faire son dernier Horcruxe…
– C’est vrai mais… il y a quelque chose que je ne comprends pas. Quel est le rapport avec les fondateurs de Poudlard ? demanda Harry, les sourcils froncés.
– On y a pensé, nous aussi, répondit Ron. Il y a deux possibilités : soit Dumbledore – en supposant que ce soit bien lui qui ait laissé ces quatre livres à la bibliothèque à ton intention – avait déjà fait des découvertes à ce sujet qu’il n’a pas eu le temps de transmettre avant de mourir, soit…
– … soit Voldemort connaissait déjà ces livres avant, acheva Hermione. En fait, on dirait que le Graal est un objet qui a beaucoup intrigué les fondateurs de Poudlard de leur vivant, et ils en ont donc parlé chacun à leur manière dans leurs livres sur les sources du pouvoir magique. Dans ce cas, le Graal était un objet lié aux quatre fondateurs en même temps, ce qui expliquerait que Voldemort y donne un attachement plus particulier que les autres sorciers, et qu’il ait voulu en faire un Horcruxe. Ensuite, pour symboliser le lien avec les quatre fondateurs, Voldemort a dû créer cette énigme en reprenant le thème propre à chaque fondateur.
– Et bien sûr, ces deux hypothèses peuvent très bien se superposer…, murmura Harry. Mais il y a encore une chose que je ne comprends pas. Le Sang de Serpentard, le Saint de Gryffondor, et l’énigme du Graal de Serdaigle, d’accord. Mais pourquoi Poufsouffle et les runes parlent-elles de la « Pierre » ? Quel est le rapport avec le Graal ?
– Aujourd’hui, la plupart des gens s’imaginent le Graal comme une coupe, c’est vrai, expliqua Hermione avec patience. Mais certaines légendes le décrivent plutôt commme une pierre précieuse, une sorte d’émeraude qui aurait recueilli le sang de Jésus et qui aurait reçu, grâce à ça, des pouvoirs magiques extraordinaires.
– Mais pourtant, c’est bien une coupe, objecta Harry. Je l’ai bien vu dans mon rêve, c’était… mais une minute… Si, il y avait bien une pierre incrustée dans le pied de la coupe…, se rappela-t-il soudain à voix basse. Mais ce n’était pas une émeraude : c’était un rubis.
– Dans ce cas, ça expliquerait tout, dit Hermione avec un enthousiasme qui sonnait un peu faux.
– Qu’est-ce qu’il y a, tu n’es pas contente ? s’étonna Ron.
– Ce n’est pas ça, mais… Déjà, nous n’avons aucune idée de comment on va bien pouvoir se débrouiller pour retrouver Excalibur – en admettant que cette épée existe encore aujourd’hui. Et nous n’avons aucune idée de la nature de ce « chevalier noir » qu’on devra affronter si jamais on franchit le mur. Mais surtout… Harry a bien dit que Voldemort avait bu dans la coupe et, si jamais il s’agit bien du Saint Graal, je ne pense pas que ce soit vraiment un bon présage…

cyclone2tg
cyclone2tg
Niveau 5
09 avril 2007 à 19:04:01

oula! tu as avalé du super carburant hier et aujourd´hui? c´est la première fois qu´en deux jours tu nous fais une si longue suite si bien!
ou bien, c les vacanses, c pour ça?

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
10 avril 2007 à 16:16:54

Oui, Cyclone, je me dope :o)) . D´ailleurs... Bonne lecture ! :ange: :

31
Légende, Epée,
Pierre et Sang (suite et fin du chap)

Ils volèrent pendant quelques minutes avant de retrouver la clairière au terrain parfaitement plat, au milieu duquel siégeaient toujours les restes de l’imposant manoir aux murs et au toit d’un rouge tout aussi vif que lorsqu’ils les avaient quittés. Ils se posèrent et dissimulèrent encore une fois leurs balais dans un buisson épais, en bordure de la clairière, avant de se diriger vers la porte d’entrée. Depuis leur dernière visite, la poignée d’or avait retrouvé sa forme de départ, qui ne permettait pas d’ouvrir quoi que ce soit. Hermione dut répéter la même manipulation qu’il y a deux mois et, en un rien de temps, elle redonna à la poignée d’or sa forme de lion altier, identique à celui des Gryffondor. Ils pénétrèrent ensuite à l’intérieur de la ruine.
Rien n’avait changé. Il n’y avait toujours qu’une seule pièce pour tout l’étage, dont les murs et le sol étaient toujours recouverts de poussière. Les fenêtres permettaient une visibilité très correcte et le même drap vert sale, au centre de la pièce, laissait deviner la silhouette imposante du miroir du Riséd. Ils ne s’attardèrent pas et traversèrent rapidement l’endroit pour s’engager dans l’escalier qui menait à la cabane aux dimensions confortables, suspendue dans les arbres, aux fenêtres dépourvues de vitres.
Avant de franchir la porte qui menait à la grotte montagneuse, Harry remarqua que l’ancien repère de Voldemort, à l’image du Graal, semblait avoir un lien avec chacun des quatre fondateurs. La maison rouge avec une poignée d’or en forme de lion altier rappelait bien entendu Gryffondor ; la grotte sous-marine qui dissimulait une armée de serpents sauvages symbolisait Serpentard ; la cabane dans les arbres lui évoquait légèrement Helga Poufsouffle, à cause de certains couplets qu’il avait un jour entendu chanter par le Choixpeau magique ; des couplets qui lui faisaient également faire un rapprochement entre les ruines de la tour, sur la montagne, et Rowena Serdaigle.
Et c’était dans un prolongement souterrain de cette tour qu’était probablement caché le Graal, protégé par un mur sur lequel était gravée une énigme, quand, comme par hasard, c’était dans le livre de Rowena Serdaigle que des allusions énigmatiques étaient faites sur les légendes existant autour de cet objet. Il était surprenant de voir à quel point Voldemort tenait à l’aspect symbolique des choses, à leur grandeur…, pensa Harry avec amertume.
Une fois dans la grotte, cependant, il chassa ces pensées sombres de sa tête et se concentra sur l’important. Le moment était venu d’agir. En traversant l’espace avec les autres, Harry vérifia au passage que rien d’anormal, par rapport à la dernière fois, n’était venu s’installer entre temps. Mais là encore, strictement rien n’avait changé. Le mur d’aspect circulaire n’avait pas bougé d’un caillou. Au fond, le chaudron d’argent contenait toujours le même liquide, devenu transparent après l’intervention de Harry, qui se tourna vers la paroi rocheuse où les incriptions runiques étaient restées profondément gravées.
– Allons-y, dit-il à voix basse.
Il respira profondément, puis prononça à haute et intelligible voix :
– Graal !
Mais rien ne se produisit. Il s’y était attendu, toutefois, et il sortit sa baguette qu’il pointa sur le mur de pierre. Et une seconde fois, comme s’il jetait un sortilège, il s’écria :
– Graal !
Cette fois-ci, il y eut un sifflement suraigu, si fort que Harry, ses amis et son professeur se bouchèrent immédiatement les oreilles. Une faible lumière blanche apparut alors, un peu au-dessous des inscriptions runiques. Son éclat s’affermit puis s’étendit, jusqu’à former un trait lumineux, qui dessina un rectangle d’un demi-mètre de hauteur, sur un mètre de longueur. La portion de roche délimitée par la lumière se dégagea alors du mur de la grotte en produisant un bruit d’enfer, et s’avança encore d’un bon mètre avant de s’immobiliser.
Il y eut encore un sifflement suraigu lorsqu’une lumière semblable à celle qui avait tracé le carré dessina une mince fente au centre du rectangle de pierre lisse qu’ils avaient maintenant à leurs pieds. Puis tout bruit cessa. Harry, Ron, Hermione, Neville et Abel se débouchèrent les oreilles et observèrent en silence le pavé de pierre grise.
Au bout d’un moment, Abel, qui avait porté l’épée de Gryffondor sur lui, soigneusement rangée dans un fourreau à la provenance mystérieuse, s’avança vers Harry et lui tendit l’arme par le fourreau.
– A vous l’honneur, dit-il simplement.
Harry ne répondit pas. Il saisit la poignée incrustée de rubis de l’épée et la tira de sa gaine. Comprenant ce qu’il avait à faire, il empoigna plus solidement la lourde épée et, de ses deux mains, il enfonça Excalibur dans la fente. Avec un bruit métallique, la lame d’argent se laissa glisser de moitié dans la pierre, jusqu’à ce qu’elle soit complètement bloquée.
A l’instant même où il lâchait l’épée, tout le pan de mur qui leur faisait face se volatilisa sur une dizaine de mètres de large, ne laissant que le rectangle de pierre où l’arme était toujours solidement encastrée. De l’autre côté, il y avait une seconde grotte, réplique parfaite de la première.
Harry s’avança d’un pas surexcité, suivi par ses quatre compagnons. Il était là, au centre de l’espace circulaire, exactement comme dans son rêve… L’autel de pierre, qui semblait ne faire qu’un avec le sol, se dressait à la hauteur d’un homme adulte. Au-dessus, il pouvait voir la coupe de bronze étincelante, à laquelle il ne manquait que l’éclat de la potion ingurgitée par Voldemort la nuit précédente : le Saint Graal.
Arrivé à quelques mètres, Harry leva sa baguette, visa l’Horcruxe et, commençant par le plus simple, s’exclama :
– Reducto !
Mais comme il s’y attendait, le sortilège de Réduction fut sans effet : le jet de lumière se contenta de ricocher sur le métal et s’écrasa sur le sol, creusant un cratère de bonne taille un peu plus loin. Harry s’apprêtait à se retourner vers ses amis et Abel, pour qu’ils réfléchissent ensemble à un moyen plus habile de détruire l’objet, quand quelque chose retint son attention. Une volute de fumée noire commençait à s’échapper de l’intérieur du Graal pour se stabiliser devant l’autel.
– Qu’est-ce que c’est que ça ?… murmura Hermione d’une voix peu rassurée.
Les autres se trouvaient à côté de lui et observaient le phénomène. Ron et Hermione restaient près l’un de l’autre. Ils avaient tous les cinq sorti leurs baguettes magiques, prêts à s’en servir à tout instant.
La fumée se condensait, à présent, prenant un aspect de plus en plus solide, formant une silhouette de plus en plus précise… Harry vit alors avec horreur que le gaz se solidifiait pour de bon ; et, un instant plus tard, une armure, apparemment vide, mais tenant fermement une épée tout aussi noire et solide, s’était matérialisée devant eux.
Provenant de l’intérieur de son heaume, une voix glaciale et très grave s’éleva, accompagnée d’un sifflement rauque. Cette fois, Harry comprit tout de suite qu’il s’agissait de fourchelang.
– Je vais vous tuer.
Harry, Ron, Hermione, Neville et Abel se reculèrent immédiatement, tandis que le chevalier noir, levant son arme au-dessus de sa tête, s’avançait d’un pas lent et régulier, avec un terrible calme, froid comme la mort. Ils firent pleuvoir sur lui une flopée de sortilèges, mais ils furent tous absorbés par l’armure noire, qui ne subit aucun dommage et continua se s’approcher dangereusement, à une vitesse inchangée.
Harry se retourna, prêt à s’enfuir, et vit l’épée de Gryffondor, plantée à quelques mètres de lui… Bien sûr, c’était cela… la solution paraissait tellement évidente… Il se mit à courir à toute vitesse jusqu’au rectangle de pierre sur lequel il se hissa d’un bond, puis il saisit la poignée incrustée de rubis et tira de toutes ses forces, mais l’épée ne bougea pas d’un centimètre.
Il entendit les pas de ses compagnons, ainsi que le son des multiples sortilèges inefficaces qui ne ralentissaient apparemment pas la marche de l’armure. Pris de panique, Harry serra et tira l’arme de toutes ses forces, jusqu’à s’en déchirer les mains. Désespéré, il abandonna la méthode manuelle et leva sa baguette, même s’il savait d’avance que ce serait inefficace pour tirer l’épée Excalibur…
– Poussez-vous !
Il sentit quelqu’un le bousculer et Abel le dépassa, manquant de le faire tomber au sol. Harry vit alors son professeur saisir à son tour la poignée de l’épée. Le rubis de la taille d’un œuf se mit alors à rutiler d’une intense lumière rouge et pure et, cette fois-ci, la lame d’argent se laissa dégager de son socle de pierre.
Étourdi par ce qu’il venait de voir, Harry fut alors violemment projeté au sol, tandis que l’armure noire attaquait Abel. Mais ce dernier para le coup mortel de son assaillant, et ils sautèrent au sol avant d’entamer un duel furieux.
Le chevalier noir et Abel faisaient chacun siffler leur épée avec la même rapidité, la même fluidité, la même aisance. C’était un combat extrêmement serré, d’une virtuosité et d’un niveau probablement bien supérieurs à tout ce que Dudley pourrait jamais voir à la télévision. Il semblait maintenant évident qu’Abelforth n’avait pas menti, en parlant des pouvoirs d’Excalibur entre les mains des descendants de Merlin ; mais ce qu’il y avait d’évident également, c’était que Harry, lui, n’avait jamais pu utiliser une once de ce pouvoir – pas même dans la Chambre des Secrets, cinq ans plus tôt.
Pendant un temps que Harry n’aurait pas su déterminer, les quatre élèves observèrent à l’écart le combat entre leur professeur et l’armure noire, immobiles et impuissants. Les deux adversaires luttaient d’un niveau parfaitement égal mais, chaque coup, chaque mouvement semblait pouvoir être mortel.
Ils ne pouvaient pas rester comme ça… A tout instant, Abel pouvait se faire tuer, transpercé ou même décapité… et dans ce cas, ils se feraient tous tuer, car aucun ne saurait se battre avec un tel talent, même s’ils parvenaient à reprendre Excalibur. Ils devaient l’aider, même indirectement, procurer à Abelforth un avantage qui lui permettrait de prendre le dessus, et de détruire ce chevalier de fumée… ce chevalier de magie noire…
Harry regarda longuement sa baguette. Et si c’était ça ?… La fumée qui avait constitué le chevalier noir provenait du Graal, de l’Horcruxe… Si c’était une force magique directement issue de l’âme ou plutôt, de ce morceau de l’âme de Voldemort… Aucun sortilège n’avait fait effet, mais peut-être qu’une fois encore, celui-ci pourrait…
Décidé à tenter le tout pour le tout, Harry leva une nouvelle fois sa baguette magique et visa l’armure noire, qui s’acharnait toujours à essayer de trancher le corps d’Abelforth.
– Inertio ! s’exclama-t-il
Un rayon de lumière blanche jaillit du bout de sa baguette. Le chevalier noir, qui ne cessait de bouger – tout comme Abel –, n’était cependant déjà plus dans sa trajectoire. Mais par un effort de volonté, Harry parvint à modeler le jet de lumière qui changea de direction et finit par atteindre sa cible dans le dos. Alors, le chevalier noir se figea et, Abel, profitant de l’occasion, abattit l’épée de Gryffondor de haut en bas, tranchant l’armure noire en deux aussi facilement que de la fumée.
Pendant une fraction de seconde, Harry crut qu’ils avaient gagné, que le chevalier noir était vaincu, qu’ils étaient hors de danger et qu’ils allaient pouvoir prendre et détruire l’Horcruxe. Mais tandis que les deux morceaux de l’armure noire se séparaient en deux, un flash de lumière verte illumina toute la grotte. Harry ferma les yeux et, quand il les rouvrit quelques secondes plus tard, il eut tout juste le temps de se jeter sur le côté pour éviter un coup d’épée noire qui s’abattit sur le sol dans un bruit sourd.
Harry se leva d’un bond et brandit sa baguette. Il modula de nouveau le sortilège Inertio et se créa un bouclier d’énergie magique, contre lequel le chevalier noir frappa son épée à plusieurs reprises. A chaque coup, le bouclier perdait un peu plus de sa puissance… A sa droite, Harry apercevait les visages apeurés de ses amis, reculés dans un coin de la grotte, sachant qu’ils ne pouvaient absolument rien faire même si, à leur visage crispé, on aurait dit qu’ils cherchaient désespérément un moyen auquel ils n’auraient pas encore pensé. A sa gauche, il y avait Abel, de nouveau pris dans un duel d’épéistes avec un second chevalier noir… au lieu de mourir, le premier avait dû se dédoubler quand Abel l’avait coupé en deux…
Celui qui attaquait Harry porta encore un dernier coup et le bouclier s’évanouit totalement, laissant Harry sans défense. Celui-ci fit un bond en arrière et décocha un jet de lumière magique dans le « ventre » de l’armure qui fut projetée au sol. Cédant à une soudaine inspiration, Harry modula un fouet de lumière qu’il enroula comme un serpent autour du chevalier noir, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une silhouette lumineuse. Concentrant toutes ses forces, Harry resserra à fond le fouet lumineux tout en serrant sa baguette magique de toutes ses forces.
Petit à petit, la silhouette diminua, régressa… jusqu’à devenir un point de lumière qui se volatilisa. Cette fois-ci, il avait réussi, il était parvenu à détruire le chevalier noir… Puis il entendit soudain un horrible et écœurant bruit de succion. Il se retourna alors vers sa gauche, tandis qu’Hermione poussait un cri étouffé, et que Ron et Neville hurlaient : « NON ! »… Et ce qu’il vit le pétrifia d’horreur.
Tout s’était figé. L’autre chevalier noir était debout. Il tenait fermement son épée de ses deux mains de métal noir, son épée qui venait de transpercer Abelforth, un peu au-dessous du plexus… Abel resta ainsi debout, immobile, pendant une fraction de seconde. Pourtant, il sembla rester figé ainsi durant un temps infiniment long, jusqu’à ce qu’il soit secoué d’une horrible convulsion… Il lâcha son épée, qui retomba lourdement sur le sol, et du sang coula lentement d’un coin de sa bouche, tout comme il en coulait de sa blessure mortelle… Le chevalier noir retira alors son épée, et Abelforth Dumbledore s’écroula, face contre terre, une mare de sang se formant lentement autour de lui.
Le « regard » de l’armure tomba alors sur Ron, Hermione et Neville, toujours immobiles. Mais quand il leva son épée et se mit à avancer vers eux d’un pas vif, s’apprêtant à les attaquer, Harry, furieux, pointa sa baguette sur l’épée de Gryffondor, qui se souleva lentement du sol. Puis, dans un rapide mouvement de gauche à droite, il fendit l’air de son bras, et l’épée, tranchant l’air dans un sifflement aigu, vint alors se planter dans ce qui correspondait à la poitrine du chevalier noir.
Ce dernier se figea une nouvelle fois, avant de se volatiliser dans une volute de fumée qui se décomposa dans l’air. Harry se précipita alors vers le corps d’Abelforth, qu’il retourna sur le dos.

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