Harry préférait ne rien savoir sur ce qui avait pu finalement arriver à Lucius Malefoy. Il en avait plus qu’assez d’écouter les histoires abjectes de cette famille.
– Qu’est-ce que vous attendez de nous, exactement ? questionna Mrs Weasley d’une voix glaciale.
– Que vous nous protégiez, répondit Narcissa sans le moindre détour, et que vous couvriez le plus possible mon fils Drago quand il sera jugé.
– Vous êtes sacrément gonflés, murmura George, dégoûté.
– Mais pourquoi nous demander ça à nous plutôt qu’au ministère ? demanda Mr Weasley, les sourcils froncés.
– Parce que le ministère contient beaucoup plus d’espions du Seigneur des Ténèbres, répondit Mrs Malefoy sur un ton d’évidence. Même si au final, il faudra y aller, on devait au moins vous demander à vous de nous protéger. Mais ne vous en faites pas, nous avons quelque chose à vous donner en échange, une information qui pourrait vous intéresser.
– Pourquoi ne pas nous en avoir parlé plus tôt ? demanda McGonagall de son ton sec. Nous aurions gagné du temps.
– Parce que nous pensions, Drago et moi, que vous nous proposeriez plus facilement de l’aide, dit Narcissa avec un regard mauvais. Mais apparemment, la mort de Dumbledore a aussi changé vos manières…
– Ça suffit ! coupa la présidente de l’Ordre, dont les yeux lançaient des éclairs furieux. Et maintenant, donnez-nous cette information soi-disant si importante.
– Vas-y, Drago, dit Mrs Malefoy en serrant l’épaule de son fils d’un air maternel qui donnait une impression bien étrange de la part d’un Mangemort. Mais d’abord, vous devez nous jurer que vous essayerez de protéger mon fils.
McGonagall regarda tour à tour chaque membre de l’Ordre afin qu’il acquiesce. Tout le monde le fit, malgré une hésitation des jumeaux. Harry dut lutter contre lui-même pour ne pas refuser ; Ron et Hermione parurent accomplir un terrible effort sur eux-mêmes, mais ils finirent par hocher la tête en signe d’approbation forcée, et Neville suivit le mouvement.
– C’est d’accord, déclara McGonagall. Et maintenant, révélez-nous cette information si importante.
Malefoy, qui n’avait pas prononcé le moindre mot depuis son arrivée, releva lentement la tête, et Harry reçut un choc. Il l’avait déjà vu fatigué, voire terrifié, l’an dernier, mais cela n’avait rien à voir avec ce qu’il avait maintenant devant les yeux.
Le visage de Drago était presque aussi pâle que celui d’un Inferius, et ses yeux rouges, comme s’il avait pleuré, reflétaient un désespoir trop intense pour ne pas être sincère. Cependant, ses traits exprimaient aussi un profond ressentiment, et Harry devinait aisément que l’ancien élève de Serpentard répugnait à demander la charité – surtout à une assemblée dont Harry, Ron et Hermione faisaient parties.
– Si le Seigneur des Ténèbres nous a envoyés pour éliminer les frères Weasley, c’était à la fois pour que je commette mon premier meurtre, et pour que tout le monde sache qu’on ne s’enfuit pas comme ça de la Capitale, déclara Malefoy d’un ton impassible.
– C’est ça, ton information si importante ? lança Ron sur un ton méprisant. La raison pour laquelle Voldemort voulait tuer mes frères ? Eh bien, navré de te décevoir, mais nous étions suffisamment intelligents pour comprendre par nous-même !
– Laisse-moi finir, Weasley, ou tu t’en mordras les doigts, répliqua Malefoy, devenant tout aussi arrogant.
– C’est une menace ? s’emporta Ron.
– Ça suffit, Ronald ! s’indigna McGonagall.
Mais Malefoy répondit quand même :
– Non, pas une menace. Juste un avertissement. Donc, reprit-il, il voulait que la communauté des sorciers perde le peu de moral qu’elle avait éventuellement pu regagner quand les jumeaux Weasley s’étaient enfuis de Pré-au-Lard, et aussi se venger parce que selon lui, le nom de… Enfin, il risquait de moins inspirer la terreur. Mais il y avait une autre raison, plus stratégique – et c’est là que tu le regretterais amèrement si tu ne me laissais pas finir, Weasley. En les tuant, il voulait commencer à répandre la peur et le désespoir ; il voulait porter un coup puissant au moral des habitants du Chemin de Traverse en détruisant leur seule source d’amusement. Ainsi, il aurait considérablement augmenté les chances de réussite pour l’attaque.
– Quelle attaque ? interrogea Abelforth avec un soudain empressement.
– L’attaque du Chemin de Traverse, répondit Narcissa avant son fils, avec un sourire sans joie. Après avoir pris Pré-au-Lard et Azkaban, il veut le Chemin de Traverse. Bien sûr, avec l’influence qu’il a là-bas, il va commencer par l’Allée des Embrumes, et ensuite, il va s’occuper de son principal objectif… S’il réussit, il n’aura plus qu’à se diriger vers le ministère de la magie et il aura gagné…
Et elle éclata d’un rire mêlé de démence et de tristesse, tandis que chaque membre de l’Ordre du Phénix tentait d’assimiler ce qu’il venait d’apprendre.
– Tu ne dois pas y aller ! répéta Hermione.
– Bien sûr que si ! Je fais partie de l’Ordre du Phénix, objecta Harry ; je dois me battre !
– Tu as oublié ce qu’a dit Abel ? Nous ne devons pas participer aussi activement aux activités de l’Ordre du Phénix avant d’avoir terminé nos études ! Nous devons nous contenter de surveiller Poudlard et de nous tenir informés de la situation.
– Et rester comme ça, passivement, à attendre que l’apocalypse approche sans réagir ? demanda ironiquement Harry.
Ils s’étaient enfermés avec Neville et Ron dans la chambre de ce dernier. McGonagall était partie avec Kingsley et Tonks afin de livrer Malefoy et sa mère au ministère de la magie et d’informer le ministre de la situation. Les autres membres de l’Ordre étaient en train de discuter dans la cuisine des Weasley.
Harry avait demandé à ses amis une discussion en privé. Il ne pouvait pas se résoudre à rester au Terrier sans rien faire, pendant que le reste de l’Ordre défendait le Chemin de Traverse ; mais d’un autre côté, il ne pouvait pas obliger Ron, Hermione et Neville à se battre avec lui.
– Ecoutez-moi, reprit-il d’un ton résolu. Vous avez accepté comme moi quand Abel nous a demandé de terminer d’abord nos études avant de nous lancer pleinement dans le combat contre Voldemort. Vous n’êtes pas obligés d’y aller. Je comprendrais parfaitement que vous ne vouliez pas y aller, mais moi, je veux me battre.
– Idiot ! lança Hermione d’une voix dure. Ce n’est pas nous qui devrions nous cacher et toi te jeter dans le combat, c’est même le contraire ! affirma-t-elle avec force.
– Qu’est-ce que tu… ?
– Hermione a raison, dit Ron d’un air convaincu. Je comprends que tu veuilles faire quelque chose, mon vieux, mais nous ne sommes pas indispensables ; toi, si !
– C’est vrai, approuva vivement Neville. C’est toi la seule personne qui puisse tuer Voldemort – ils avaient pensé à insonoriser la pièce –, donc c’est toi le seul qui pourra mettre fin à tout ça. Si tu le fais, il n’y aura plus jamais d’attaque de Pré-au-Lard, ou du Chemin de Traverse, ou je ne sais quoi d’autre, mais il faut d’abord éviter que tu ne sois tué bêtement parmi des tas d’autres gens.
Clap, clap, clap.
Un bruit régulier venait de retentir. Ils se retournèrent tous les quatre vers la porte et sursautèrent en voyant Abelforth dans l’encadrement, visiblement en train d’applaudir le discours de Ron, Hermione et Neville.
– C’est bien, vous avez pensé à insonoriser la pièce, dit le professeur de défense contre les forces du Mal, non sans un sourire, mais vous avez omis de verrouiller la porte.
Il entra dans la pièce, referma la porte de la chambre de Ron, sortit sa baguette magique et murmura : « Collaporta ! ». Puis il se retourna vers ses quatre élèves.
– Je crois que vos amis ont déjà dit l’essentiel, Harry, dit-il avec satisfaction.
Harry ne répondit rien. Il était trop énervé de savoir que tout ce qu’on venait de lui dire était parfaitement vrai.
– Mais j’ai quand même une petite chose à rajouter, poursuivit Abel. Hermione, vous avez suggéré que vous avez plus de raison d’aller vous faire tuer que Harry ; Ron et Neville, vous avez approuvé. Je dois cependant vous dire que vous avez tort. Il existe d’excellentes raisons pour que vous aussi, vous preniez le moins de risques possibles. A certains abords, on peut même dire que vous êtes aussi important que Mr Potter dans le combat contre Lord Voldemort. Harry, avez-vous compris de quoi je parle ?
– Oui, répondit Harry après d’un court instant de réflexion.
Il se tourna vers ses amis.
– Vous dites que je suis indispensable parce que d’après la prophétie, je suis le seul à pouvoir tuer Voldemort. Mais vous m’êtes aussi indispensable pour que j’aille jusqu’au bout, déclara Harry. Par conséquent, vous êtes tout autant essentiels dans le combat contre Voldemort. D’ailleurs, la prophétie le dit aussi, songea-t-il : « mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore »…
Il y eut un silence gêné. Malgré l’extrême tension qui l’habitait actuellement, Harry parvint à afficher un sourire malicieux.
– Vous voyez bien : vous aussi il faut vous garder bien au frais, jusqu’à ce qu’on ait besoin de vous, dit-il. Vous avez une meilleure idée de ce que ça fait, maintenant…
– Tu sais, nous le savions déjà. C’était juste pour te convaincre de rester, affirma Hermione d’un air digne.
– Puisque vous êtes d’accord, vous feriez mieux de redescendre, dit Abel.
Une fois qu’ils furent revenus au rez-de-chaussée, Abel prit à nouveau la parole :
– Je pense qu’il serait temps de soumettre notre décision à nos jeunes amis, dit-il. Arthur ?
– Bill, Charlie, Fred et George se sont déjà portés volontaires avec moi-même, annonça Mr Weasley. Il y a aussi Kingsley, Tonks, Dedalus et Elphias.
– Ça ne fait que neuf…, observa sombrement Harry.
– Nous ne pouvons pas demander à Molly, expliqua Mr Weasley, embarrassé. Si jamais ça tournait mal… il faudrait quelqu’un pour pouvoir s’occuper de Ginny.
– Ni à Fleur, ajouta Bill. C’est une très grande sorcière, certes, mais elle n’est pas faite pour les duels…
– Tu crois ça ? répliqua Fleur, offusquée. Je sais aussi bien me défendre que toi, Mister ! Nous n’avons pas encore d’enfant, que je sache ? Rien qui ne justifie que je survive si tu mourais ? Je viens, dit-elle d’un ton décidé à l’adresse de son beau-père.
Bill n’osa pas répondre à sa femme. Mrs Weasley paraissait fière de sa belle-fille, et Mr Weasley, pris de court, dit :
– Très bien… dans ce cas, nous sommes dix.
– Malheureusement, la directrice et moi-même ne pouvons prendre le risque d’ôter un membre au corps enseignant de Poudlard, dit Abel à l’adresse de Harry. En des temps pareils, on ne trouverait personne pour nous remplacer en cas d’accident et il est indispensable que les jeunes sorciers apprennent la magie dans de bonnes conditions si nous souhaitons qu’ils poursuivent le combat après nous – sans compter que la métamorphose et la défense contre les forces du Mal sont des matières très importantes. Je vous informe que nos quatre jeunes amis ont accepté de rester à l’écart, ajouta-t-il en direction des autres.
– Je suis rassurée, déclara alors Mrs Weasley, les yeux brillants.
L’attente était insupportable. Ils étaient tous assis autour de la table de la cuisine (Mrs Weasley avait fait apparaître quelques chaises supplémentaires) et patientaient depuis maintenant cinq longues heures, prêts à recevoir le signal qui devait les avertir que Voldemort avait débarqué sur le Chemin de Traverse. McGonagall, Tonks et Kingsley étaient revenus.
Le ministère de la magie avait pris la menace très au sérieux. Bien que l’avenue sorcière fut déjà extrêmement surveillée depuis la prise de Pré-au-Lard, de nombreux escadrons d’Aurors supplémentaires avait été déployés, ainsi que des volontaires de la Brigade de Police Magique ou parmi les habitants de la célèbre rue.
– L’avantage qu’ont les sorciers sur les Moldus, c’est que tous les sorciers disposent de talents magiques pour se défendre, commenta Tonks avec un triste sourire.
Harry n’avait pas encore ouvert les cadeaux, au pied de son lit. Il était bien trop tendu et anxieux pour penser encore à ces choses-là… Ron, Hermione et Neville ne disaient rien non plus. Il ne toucha pas, ou à peine, à son déjeuner.
Après avoir plus ou moins mangé, les dix qui s’étaient portés volontaires pour défendre le Chemin de Traverse décidèrent, sous l’impulsion d’Abel, de se rendre immédiatement à Londres, sans attendre de signal.
Encore une heure et Mrs Weasley leur suggéra, à bout de nerf, de remonter dans leurs chambres pour ouvrir leurs cadeaux.
– Ça ne sert à rien de rester là sans rien faire à attendre l’attaque, dit-elle sur un ton résolu. De toutes manières, nous n’y allons pas, alors autant essayer de reprendre notre « vie quotidienne ». En tout cas, rester assise comme ça sans bouger ni parler me rend folle !
Pour ne pas la contrarier, ils acceptèrent et regagnèrent les étages en silence. Harry, ne sachant pas quoi faire d’autre, se décida à ouvrir les paquets qui se trouvaient au pied de son lit et il fut imité par Ron. Celui-ci déchira le papier qui recouvrait un gros livre relié de cuir noir intitulé L’arithmancie pour les débutants : trente-six leçons très simples pour comprendre les propriétés magiques de nos amis les nombres.
– Hé ! fit-il. Elle se moque de moi, dit-il avec un étrange sourire – une vague expression amoureuse qui contrastait beaucoup avec Ron. Mais ce n’est pas grave, elle rira moins quand elle verra le cadeau que je lui ai offert.
De toute évidence, il parlait d’Hermione.
– Pourquoi, qu’est-ce que tu lui as offert ? lui demanda Harry en essayant d’avoir l’air intéressé malgré son inquiétude persistante.
– J’ai pris exemple sur elle, déclara Ron : je lui ai offert un livre. Comment savoir jouer convenablement aux échecs version sorcier en un temps record, ajouta-t-il.
– Très bien, répondit Harry sur un ton abattu.
Tandis que, refroidi, son ami découvrait ses autres cadeaux sans faire de commentaire, Harry déballait l’habituel pull-over de laine de Mrs Weasley – cette année, il était noir, mais la mère de Ron avait brodé une chauve-souris d’un blanc brillant qui recouvrait tout le torse et qui réchauffa un peu le cœur de Harry –, des petits pâtés de la même provenance, quatre énormes livres que lui avait offerts Hermione et dont il ne regarda même pas le titre, jugeant qu’ils devaient être assez ennuyeux rien qu’au vu de leur épaisseur, et un autre livre, lui aussi d’un calibre respectable. Mais il était différent de ceux d’Hermione : il s’agissait d’un album photo.
Une lettre l’accompagnait. Il déchira l’enveloppe – il remarqua qu’il ne s’agissait pas de parchemin mais de papier Moldu – et déplia la lettre qu’il lut silencieusement :
Cher Harry,
J’espère que tu vas bien. J’espère aussi que tu seras content de recevoir cet album. Il contient des photos de notre enfance avec ta mère – Lily – et tu pourras y voir tes grands-parents. Je savais que tu n’avais jamais vu leur photo.
Vernon et Dudley vont bien. Moi aussi. Je te souhaite de réussir ta vie et d’être heureux dans ton monde comme nous espérons l’être dans le notre.
Adieu,
Ta tante.
PS : Joyeux Noël.
Harry préféra attendre de pouvoir se retrouver seul avant de jeter un œil à cet album. Pour l’instant, il restait très abasourdi par ce qu’il venait de lire. Sommes toutes, la tante Pétunia lui souhaitait bonne chance dans la vie avant de lui dire… « Adieu ». Elle l’avait toujours autant détesté que l’oncle Vernon, et Harry était certain qu’elle n’avait pas eu besoin de se forcer pendant toutes ces années. Mais elle avait daigné lui faire ce cadeau, elle s’était décidée à lui dire un « au revoir » digne de ce nom, à ne pas nier totalement, de façon absolue, qu’il appartenait à sa famille… Harry se souvint du moment où, cinq mois auparavant, sa tante était sortie de sa maison, les yeux brillants, pour lui dire « Bonne chance »…
Il ouvrit le cadeau de Fred et George – son estomac se noua à nouveau –, qui contenait une boîte remplie de Poudre d’obscurité du Pérou : « Ça a été utile aux Mangemorts l’an dernier, on espère que maintenant ça te sera utile à toi et au reste de l’Ordre (normalement, vous avez tous reçu un échantillon). » était-il écrit au dos. Il les remercia intérieurement, en espérant que les jumeaux puissent vivre suffisamment longtemps pour voir l’utilité de leur cadeau…
Son dernier cadeau était encore une lettre, mais d’aspect officiel, cette fois-ci. Il soupira et l’ouvrit, en espérant peut-être – il ne savait plus vraiment ce qui le préoccupait : le Chemin de Traverse ou la lettre de la tante Pétunia ? Ou bien les deux ? – que Rufus Scrimgeour n’essayait pas de renouer un contact avec lui, avant d’apercevoir les armoiries de Poudlard. Il décacheta l’enveloppe et lut la feuille qui était à l’intérieur : un parchemin bien sorcier, cette fois-ci.
Cher Mr Potter,
Suite aux conseils de Madame la directrice, je souhaiterais m’entretenir avec vous dès votre rentrée à Poudlard.
En vous souhaitant de très joyeuses fêtes,
professeur Wilhelmina Gobe-Planche
Harry se demanda vaguement pourquoi Gobe-Planche pouvait bien avoir besoin de lui écrire. Elle ne lui avait jamais vraiment été antipathique mais la seule fois où il lui avait parlé, en dehors des quelques cours qu’il avait eus avec elle, c’était pour soigner une aile cassée d’Hedwige. A présent, elle s’occupait à temps plein des cours de soins aux créatures magiques et des tâches de garde-chasse qui auraient dû incomber à Hagrid… Harry savait aussi qu’elle prenait soin de Crockdur, le molosse noir du demi-géant, et de Buck – ou plutôt Ventdebout –, son hippogriffe.
Mais il ne se souciait guère des animaux, en ce moment – non pas qu’il n’avait aucune affection pour ces deux-ci, mais il avait la tête ailleurs. Il n’y avait plus rien à faire ; rien qui puisse écarter appréciablement la pensée de ce qui allait sûrement bientôt arriver, ni de tout ce qui était déjà arrivé. Harry se sentait d’une humeur morose et, même s’il avait appris avec le temps que s’y laisser aller était inutile et même, au fond, horriblement douloureux, qu’il fallait essayer d’aller de l’avant et de se dire, aussi difficile soit-il, que la vie continuait, il savait avec certitude que son état ne changerait pas jusqu’à ce que les choses bougent enfin.
Il s’étendit donc dans son lit avec une inertie déprimante, et se laissa aller ainsi à ne rien faire pendant un temps qui lui sembla incroyablement long, comme si des siècles s’étaient écoulés. Ron n’osait pas tenter de lui faire la conversation. D’ailleurs, Ron se trouvait loin, très loin, vraiment très loin…
Et soudain, Harry entendit un cri perçant, un hurlement de douleur tel qu’il n’en avait que très rarement entendu dans sa vie. Il s’aperçut alors qu’il était debout. Il ne s’était pas levé de son lit, il n’avait rien fait, même pas bougé d’un pouce, mais il était complètement et fièrement redressé.
Horrifié, Harry s’aperçut alors que l’air touchait directement son cuir chevelu : il était chauve. Mais le pire, c’était qu’il n’avait plus aucune sensation au niveau du nez… De plus, malgré le fait qu’il était parfaitement conscient et éveillé, bien qu’il avait toutes les sensations issues des cinq sens – il voyait, il entendait, il sentait, etc. –, Harry n’avait plus aucun contrôle sur son corps. Il pouvait essayer de bouger, rien n’y faisait.
Complètement ahuri et affolé, Harry sentit son corps se déplacer de lui-même dans une rue pavée. Il faisait nuit. Des flashs de lumières de diverses couleurs zébraient l’horizon ; il y avait aussi ces cris : des hurlements terrifiés, désespérés… et suppliants. Harry voyait des dizaines de sorciers, pour la plupart vêtus de robes noires, certains étant masqués par des cagoules, lutter avec acharnement.
C’est alors seulement qu’il comprit avec stupéfaction qu’il se trouvait sur le Chemin de Traverse. Ce qu’il avait devant les yeux n’était ni plus ni moins que la bataille entre les Mangemorts, les Aurors, ainsi que tous ceux qui s’étaient portés volontaires : celle qui venait de hanter sa journée. Ses lèvres, sans qu’il ne le veuille, s’étirèrent alors en un sourire… et Harry sut qu’il ne se trouvait pas dans son corps.
Il habitait l’enveloppe charnelle de Lord Voldemort – et il avait la quasi-certitude que Voldemort avait lui-même choisi de faire assister Harry…
« Au spectacle… » dit dans sa tête une voix goguenarde et cruelle ; suraiguë… Harry sentit aussitôt une vague de haine l’envahir… et le Seigneur des Ténèbres éclata de son terrible rire glacial.
Il regarda alors vers le ciel. Harry vit avec abattement que quelques Détraqueurs y flottaient, avant de se dire que s’il ne restait plus qu’un nombre restreint de ces créatures, c’était que le camp adverse avait su en chasser la plupart. De plus, les Aurors et leurs alliés résistaient sans faiblir à la masse des Mangemorts.
Malgré ce sentiment encourageant, Harry se sentait de plus en plus angoissé par les cris de toutes sortes qui résonnaient entre les murs des magasins : en plus des premiers, il percevait maintenant les cris de rage des combattants, mais en bruit de fond, il entendait toujours cet horrible hurlement qui l’avait comme « appelé » pour l’amener dans l’avenue…
C’est alors que les yeux rouges de Voldemort lui dévoilèrent l’origine ces exclamations de douleur. Le Seigneur des Ténèbres s’avança d’un pas imperturbable entre l’anarchie de duels de sorciers qui se déroulaient sur le Chemin de Traverse. Chaque seconde, un jet de lumière sifflait vers lui et il le parait avec nonchalance. Il traversa ainsi toute la rue sans être atteint par les multiples pulsions meurtrières manifestées à son égard et finit en revanche par atteindre ce qu’il semblait chercher.
Plus il avait avancé, plus les cris avaient monté d’intensité, et ils étaient désormais devenus assourdissants. Harry vit alors quelque chose qui lui fit l’effet d’un coup de poing dans l’estomac.
Juste en face de la banque de Gringotts, un des Mangemorts pointait sa baguette magique sur le sol sur lequel se convulsait sans cesse une silhouette recroquevillée qui poussait des hurlements de douleur : c’était Mme Guipure, la patronne d’un magasin de vêtements. Le Mangemort torturait la pauvre femme, et lui infligeait les pires souffrances sans la moindre pitié, sans s’arrêter… Harry voulut de toutes ses forces apporter son secours, mais le corps de Voldemort ne lui obéit évidemment pas…
Le Seigneur des Ténèbres jeta un regard derrière lui, vers le champ de bataille magique, et Harry constata que les Aurors, furieux, donnaient toute la force et l’habileté dont ils étaient capables pour tenter de franchir la dernière ligne des Mangemorts, qui les empêchait d’arrêter le bourreau de Mme Guipure.
Harry eut l’impression que cela durait des heures… Chaque seconde s’écoulait très lentement, avec les cris de douleur insupportables de Mme Guipure… Il commençait à avoir mal à la tête… et étrangement, Voldemort finit par se porter lui-même la main sur le front.
– Allons, calme-toi, Harry…, murmura-t-il sur un ton narquois, ce sera bientôt fini…
Et au même moment, un des Mangemorts les plus proches fut illuminé de lumière verte puis s’effondra sur le sol pavé, et un Auror parvint à s’extraire du combat. Il décocha un éclair de Stupéfixion vers le Mangemort bourreau qui s’effondra à son tour tandis que Mme Guipure, toujours recroquevillée et secouée de convulsions, avait cessé de hurler. L’Auror se retourna vers Voldemort, qui n’avait pas essayé de l’empêcher de faire ce qu’il venait de faire, et Harry vit avec stupeur qu’il s’agissait d’une femme : Tonks.
Et il savait que Voldemort avait compris qu’il s’agissait d’une personne proche de Harry… Celui-ci tenta de toutes ses forces de crier à Tonks de s’enfuir, mais rien n’y faisait : il ne pouvait rien, strictement rien…
Les traits du visage de la jeune Auror se creusèrent d’une haine d’une intensité identique à celle de la veille, et elle leva sa baguette magique. Voldemort éclata de son rire suraigu, et Tonks s’écria avec rage :
– Avada Kedavra !
Le sortilège franchit les quelques mètres qui les séparaient, et Voldemort, d’un geste très rapide, brandit sa baguette magique et un second éclair mortel jaillit en sens opposé au premier, qui s’évanouit immédiatement. Tonks poussa un dernier cri, faible, désespéré, triste… puis elle chuta sur le sol, morte.
Avant que Harry n’ait pu assimiler la nouvelle horreur de ce qui venait de se produire, Voldemort, qui semblait maintenant pressé, jeta un autre sortilège de Mort en direction de Mme Guipure qui s’immobilisa aussitôt. Il visa ensuite le bourreau stupéfixé qu’il souleva et projeta sans ménagement dans l’Allée des Embrumes, qui paraissait d’ailleurs étrangement calme.
Puis il pointa sa baguette vers la porte d’un magasin – qui se trouvait devant la dernière ligne de Mangemorts – et celle-ci s’ouvrit.
Harry vit alors une petite silhouette timide, maigre, frêle, sortir de la boutique et s’avancer vers Voldemort.
– Dépêche-toi, idiote ! ordonna-t-il d’un ton glacial.
Il agita sa baguette et Harry regarda sans le vouloir le professeur Trelawney s’envoler littéralement jusqu’à eux avant de se poser devant Voldemort qui la prit par le cou et la retourna, en position d’otage. Puis il regarda le ciel et y leva sa baguette magique avant de s’exclamer :
– Morsmordre !
Mais ce n’est pas une tête de mort qui apparut dans le ciel.
Avec la même lumière que la Marque des Ténèbres, ces mots railleurs se dessinèrent au-dessus du Chemin de Traverse et de l’Allée des Embrumes :
Joyeux Noël
Aussitôt, comme si cela avait été un signal, les Mangemorts se replièrent et fuirent le combat, en laissant un large espace autour de leur maître pour que les Aurors puissent bien voir ce qui arriverait à Trelawney s’ils tentaient quoi que ce soit. Quand toute son armée eut rejoint l’Allée des Embrumes, Voldemort rejeta Trelawney à terre, fendit l’air de sa baguette, et les Aurors et autres combattants tombèrent comme des dominos. Voldemort agita une dernière fois le bâton de bois et trois cadavres s’élevèrent aussitôt au-dessus des bâtiments, et leurs visages éclairés par la lueur verte se révélèrent soudain comme si Harry les avait regardé juste en face.
Il y avait Mme Guipure et Tonks… ainsi que le Mangemort que cette dernière avait dû… tuer… pour parvenir jusqu’à Voldemort. Le visage sans vie de l’homme avait été découvert : c’était Lucius Malefoy…
Harry se sentit soudain arraché à tout cela, arraché du corps de Voldemort, puis ramené dans le sien…
Il rouvrit les yeux. Pour la seconde fois ce jour-là, il vit des visages pâles, inquiets, le regarder.
Il n’avait pas trop mal à sa cicatrice, mais il aurait de loin préféré subir la pire des migraines plutôt que de voir ce qu’il avait vu.
c´est trop triste ![]()
le sadisme à son paroxisme ! jim tu te lâches....à mort ! tu sais quoi ? : c´est une de mes suites préférées !
à vous deux
.
Désolé si c´est triste
. Mais n´oubliez pas, je suis le
.
![]()
c´etait une excellente suite pleine d´action a souhait et la mort de tonks ne ma pas parus triste j´etait plutot heureux pour elle car elle va retrouver remus enfin truc bien marrant c´est la fin avec le joyeux noel ^^
Non mais quel psycopathe
.
Merci quand même
...
c´est la cas de le dire xd l´autre jour en englais je lache comme phrase d´exemple
I going to kill a lot of people.
mdr tt la classe
et ça a donné quoi? non, c bon, c quand la prochaine suite? jim, je te voit plus, tu devient quoi?
bah la prof la resorti et ma dit aimablement rapelé que l´année derniere javais deja des idées aussi noire
enfin ya que les imbecile qui change pas d´avis bien que cette prof je la haie cette ****** nous prend a l´heure de geo paske on avait heure blanche et elel nous prend a son heure habituelle alors que si elel nous prennait seulement a l´heure de geo on rentrai une heur eplus tot grrrrrrrrrr je la haie
Mais si, Cyclone, je suis toujours là
. Soltek, toi, je te trouve très marrant
.
Voici le début du chapitre 25 : Inertio, qui n´a rien d´extraordinaire pour l´instant (je trouve) mais qui devrait vous intéresser par la suite^^.
Bonne lecture
:
25
Inertio
Harry ne fut guère surpris d’apprendre que tout ce qu’il avait vu dans son « rêve », tout sans exception – les Aurors et les volontaires luttant de façon égale contre les Mangemorts, l’Allée des Embrumes, extraordinairement calme, la dernière ligne de Mangemorts qui empêchaient les Aurors, en face de Gringotts, de stopper la torture à mort de cette malheureuse Mme Guipure, finalement froidement assassinée par Voldemort… Tonks, elle aussi, était bel et bien morte, et d’après l’examen de sa baguette, elle avait réellement commis le meurtre de Lucius Malefoy pour s’approcher de Voldemort… –, tout était vrai, tout jusqu’aux quelques Détraqueurs qui survolaient le Chemin de Traverse, éclairés aux derniers instants par le terrible message de Voldemort : « Joyeux Noël », aux couleurs vertes de la Marque des Ténèbres…
Tout, jusqu’à l’inexplicable présence, prise en otage, puis libération du professeur Trelawney, qui avait disparu depuis près de six mois… Elle avait été transportée à Ste Mangouste, à un niveau réservé aux personnes plutôt destinées à rester pour longtemps, pour des dommages causés par des sortilèges – il s’agissait de cette même salle où vivaient les parents de Neville. Apparemment, l’ancien professeur de divination avait complètement perdu l’esprit, proférant parfois des paroles dénuées du moindre sens, pour rester muette, les yeux grands ouverts, le reste du temps. En outre, elle avait tellement maigri qu’elle n’avait plus que la peau sur les os.
Harry s’était rendu avec le reste de l’Ordre du Phénix et de la famille Weasley à l’enterrement de Tonks, le dimanche suivant, ainsi que des quatre autres Aurors tués. La cérémonie en leur honneur et la mise en terre s’étaient déroulées à Londumor. A part ces cinq Aurors, trois « civils » volontaires avaient été tués dans le combat, et deux autres, dont la pauvre Mme Guipure, « qui n’avaient rien demandé à personne », avait déclaré Scrimgeour sur un ton extrêmement grave.
Dix pertes humaines, cela représentait un nombre non négligeable pour la communauté des sorciers, qui ne représentait même pas un millième de la population moldue ; mais comme l’avait souligné la Gazette du Sorcier, cela aurait pu, et même dû être bien pire. Voldemort n’avait pas remporté une victoire totale, il n’avait même pas gagné grand-chose… l’Allée des Embrumes se trouvait désormais dans la même situation que Pré-au-Lard et Azkaban, mais après tout, ce n’était que la concrétisation d’un fait déjà « avéré » depuis très longtemps. Le Chemin de Traverse, bien qu’ayant subi un coup mortel d’un point de vue moral, se trouvait toujours sous le contrôle du ministère… mais pour combien de temps ?
C’était la question que se posaient la plupart des sorciers et sorcières du pays – et même des autres pays, qui commençaient à s’inquiéter pour leur propre sécurité. Les Aurors s’étaient certes admirablement défendus, mais un seul Mangemort était mort : Lucius Malefoy. Et l’Allée des Embrumes, sous la coupe des Mangemorts, était collée au Chemin de Traverse qui semblait ne demander qu’à être absorbé à son tour par la folie conquérante de Lord Voldemort.
Ils passèrent le reste des vacances dans une ambiance morose, dépourvue de toute notion de joie, de bonheur, de gaieté… Ron et Hermione ne s’embrassaient plus, Harry n’osait plus ne serait-ce que penser à Ginny et lui, et la vigueur de Mrs Weasley paraissait s’être éteinte. Tous ne pensaient qu’à la disparition de Tonks.
Harry se demanda brièvement comment Drago avait bien pu réagir en apprenant la mort de son père, mais au fond, il s’en moquait… ou plutôt, il ne voulait pas y songer suffisamment longtemps pour éprouver la moindre compassion pour Malefoy.
Il préférait – plus exactement, il devait – se concentrer sur le tableau de Dumbledore. Il se préparait mentalement à être de nouveau confronté seul à seul avec le professeur McGonagall, et à lui faire ses excuses, tête baissée. Il serait également sans doute obligé d’avoir une nouvelle conversation avec le portrait, et la discussion ne pourrait alors que tourner autour de Rogue, et de cette éternelle phrase qui frappait et malmenait le cerveau de Harry depuis trois semaines…
Charlie était reparti en Roumanie, Fred et George dans leur boutique, sur un Chemin de Traverse soumis à une surveillance et une tension permanentes. Finalement, le dernier dimanche des vacances arriva et à quatre heures de l’après-midi, ils prirent la poudre de Cheminette qui devait les ramener en quelques secondes à Poudlard. Mrs Weasley parut très éprouvée de devoir à nouveau quitter ses enfants, mais elle fit de son mieux pour rester digne quand elle les serra affectueusement dans ses bras, ainsi que Harry, Hermione, et Neville, qui eut droit à sa première étreinte maternelle de Mrs Weasley.
– Appliquez-vous bien en cours. Je veux vous voir tous revenir avec vos ASPIC. Ne faites pas comme Fred et George, ne partez pas sur vos balais en cours d’année ! les avertit-elle avec un faible et triste sourire avant qu’ils ne s’infiltrent chacun leur tour dans la cheminée du Terrier pour scander : « Poudlard ! ».
Tandis qu’il voyait des dizaines de décors à travers diverses cheminées du monde des sorciers, Harry eut à peine le temps de songer que le conseil de Mrs Weasley n’était pas tout à fait hors de propos, compte tenu de son désir de plus en plus fréquent de quitter sa vie d’étudiant pour combattre Voldemort à plein temps. Mais Abel, avec qui il se retrouva nez à nez la seconde d’après, ne le laisserait pas partir si facilement…
Il se releva dans le bureau du directeur de Gryffondor en époussetant sa robe noire couverte de cendres, et s’écarta pour laisser Neville, Hermione, Ron puis Ginny s’écraser à leur tour sur le plancher de bois. Abelforth, déjà debout en face de l’âtre, les accueillit avec un des premiers sourires francs qu’ils voyaient depuis des jours. Apparemment, revoir ses quatre élèves particuliers l’enchantait.
– Bonjour, mes jeunes amis ; je suis heureux de vous revoir dans cette école, déclara-t-il d’un ton paternel. J’ai comme l’impression que vous retrouver dans le rythme des cours et des devoirs sera une excellente chose pour vous. Ces temps-ci, prendre des vacances, ce n’était pas une bonne idée…, ajouta-t-il en hochant sombrement la tête.
Aucun ne répondit. Cette remarque assez directe d’Abel les prenait au dépourvu. Harry savait que son professeur avait raison, mais pour le moment, il lui semblait que tout entrain l’avait quitté à tout jamais. Aussi mit-il un certain temps avant de réagir lorsque Abel s’adressa à lui :
– Harry, dit-il, j’aimerais vous voir dans mon bureau vers six heures. Ayez dîné à ce moment-là, s’il vous plaît.
Surpris, Harry finit par acquiescer silencieusement.
A défaut de dire bonjour, ils dirent au revoir à leur professeur et regagnèrent la tour de Gryffondor pour s’écrouler dans les fauteuils défoncés. Au bout d’un long moment de détente flegmatique, Ginny rompit le silence :
– Pourquoi est-ce qu’Abel veut te voir en privé ? demanda-t-elle, les sourcils froncés.
Considérant qu’elle était déjà au courant au sujet de la prophétie et des Horcruxes, Harry jugea qu’il pouvait sans risque supplémentaire répondre à Ginny :
– J’imagine qu’il veut continuer à m’enseigner des sorts ou des techniques de duel…
Il lui expliqua brièvement les « leçons » qu’Abel leur avait données avant Noël. Ginny ne parut pas du tout étonnée.
– Et il ne veut plus donner de cours particuliers qu’à toi ? Ça veut dire que ça va se rapprocher de la notion de duels… avec Voldemort, non ? demanda-t-elle, impassible.
– Sans doute, répondit Harry, qui sortait légèrement de sa torpeur en discutant de combattre Voldemort avec Ginny.
– J’espère que ça se passera bien pour toi, dit-elle simplement. Je vais voir si mes amis sont là, annonça-t-elle en se redressant brusquement. A plus tard.
Et elle fila vers le dortoir des filles. Hermione soupira ; Harry, Ron et Neville se retournèrent vers elle.
– Moi, dans l’immédiat, c’est pour vous deux que j’aimerais que ça se passe… mieux, déclara-t-elle en fixant Harry d’un regard hermionesque.
Elle soupira à nouveau et suivit Ginny dans le dortoir.
– Je vais défaire mes valises, dit soudain Neville qui se hâta de prendre la direction du dortoir des garçons.
– Apparemment, personne n’a envie de parler, remarqua Harry sur un ton morne et ironique.
– Attends qu’on retrouve un peu Poudlard, dit Ron sur le ton de la sagesse. Comme l’a dit Abel, il faut qu’on se replonge dans les devoirs et qu’on puisse penser à autre chose qu’à Voldemort et à… tout ça.
Il se tortilla d’une étrange façon dans son fauteuil, comme s’il avait voulu se lever à son tour avant de se rétracter. Irrité sans savoir pourquoi, Harry bondit de son siège.
– Ne te donne pas cette peine, c’est moi qui vais partir, dit-il d’un ton emporté. De toutes façons, je dois voir Gobe-Planche.
Et il se retourna, marcha d’un pas pressé puis franchit l’ouverture dissimulée par le portrait de la Grosse Dame. C’était comme s’il avait pris une bouffée d’air frais. De se retrouver à marcher seul, librement dans ce château, avec un but banal, mais précis, lui redonnait l’impression de vivre.
C’était vrai, Abel avait entièrement raison, il devait reprendre sa vie quotidienne… Soudainement animé, il dévala en courant les marches du château et se sentit revigoré par l’air pur du parc de Poudlard. Il prit la direction de la cabane de Hagrid. Mais lorsqu’il fut à quelques mètres de la maison de bois, il se rappela que la cabane n’était pas le bureau du professeur de soins aux créatures magiques, ni du garde-chasse : c’était une habitation construite par Hagrid, et donc certainement réservée pour le demi-géant.
A priori, Gobe-Planche ne devait donc pas y habiter ; mais Harry avait toujours ignoré où se trouvait son bureau. La seule fois où il avait eu besoin de la voir – pour soigner Hedwige –, il l’avait trouvée dans la salle des professeurs. Avec un peu de chance, peut-être s’y trouvait-elle en ce moment ?
Il se décida à retourner dans le château pour tenter sa chance mais une voix dure et forte – qui avait toujours été synonyme de l’absence de Hagrid – le retint.
– Vous voilà, Potter !
Il se retourna vers la forêt interdite. Le professeur Gobe-Planche s’avançait vers lui, sortant apparemment de la cabane de Hagrid, suivie par Crockdur qui se précipitait en aboyant joyeusement à la vue de Harry.
– Bonjour, professeur, dit celui-ci d’une voix un peu éteinte.
Il se sentait soudain beaucoup moins vigoureux, par rapport à la minute précédente.
– Bonjour, Potter, répondit poliment Gobe-Planche. Vous avez passé de bonnes vac… ? Non, bien sûr, s’interrompit-elle, embarrassée. Vous avez bien reçu ma lettre ?
Harry, en train de caresser légèrement la tête de Crockdur, se releva. Le molosse eut un aboiement de protestation, mais il n’en tint pas compte.
– Oui. Pourquoi vouliez-vous me voir ? questionna-t-il. Professeur ? rajouta-t-il en se souvenant qu’il ne parlait pas non plus à n’importe qui.
Le professeur Gobe-Planche parut encore plus gênée.
– Je voulais vous parler au sujet de l’héritage du professeur Hagrid, déclara-t-elle.
Harry fut un peu surpris. Il n’avait jamais envisagé un testament de Hagrid au même titre que pour Sirius ou Dumbledore. Harry avait toujours pensé que Hagrid n’avait pas grand-chose à léguer, hormis ses animaux. D’ailleurs, en principe, même s’il n’y avait quasiment aucun espoir, Hagrid n’était officiellement pas considéré comme mort mais comme disparu.
– Comment ça ? demanda-t-il.
– Eh bien, je m’occupe du chien et de l’hippogriffe du professeur Hagrid depuis trois mois…, dit Gobe-Planche.
– … c’est ce que j’avais entendu dire…, dit Harry.
– … et j’en ai profité pour « réaménagé » un peu l’intérieur de sa cabane, et ne pas la laisser à l’abandon. Désormais, j’ai été nommée garde-chasse et professeur de soins aux créatures magiques à plein temps. J’ai un bureau et un logement à Poudlard, comme les autres professeurs, mais pour mes fonctions, j’envisage une solution depuis quelques temps… Madame la directrice me l’a elle-même proposé pendant les vacances.
Elle marqua une pause en examinant Harry de son regard hésitant, puis reprit :
– Je pense à m’installer et habiter dans la cabane où vivait le professeur Hagrid – et du même coup devenir propriétaire de Crockdur et Ventdebout.
Elle se tut à nouveau et attendit la réaction de Harry, qui se demandait un peu pourquoi elle prenait tant de précautions.
– C’est une bonne idée, commenta-t-il d’une voix passive.
Il pensait en effet qu’il s’agissait de la meilleure solution, pour que le professeur Gobe-Planche puisse à la fois assumer ses fonctions d’enseignante et de garde-chasse, et s’occuper de Crockdur et de Buck. Il aurait toutefois préféré ne pas avoir cette impression si désagréable : le sentiment que Poudlard remplaçait totalement et définitivement Hagrid, en allant jusqu’à conférer au professeur Gobe-Planche les animaux et créatures propres au feu garde-chasse, et même sa célèbre cabane de bois…
– Vous trouvez ? demanda Gobe-Planche. C’est vrai que je me suis attaché à Crockdur, et même à Ventdebout, maintenant que je le connais mieux. Et j’adore enseigner dans cette école. La cabane peut aussi être aménagée sans problème et devenir un excellent bureau pour la matière que j’enseigne… Mais pourtant…
– Sans vouloir vous manquer de respect, professeur, est-ce que vous comptez enfin me dire en quoi tout ça me concerne ? s’impatienta Harry, qui en avait assez que l’on lui remue ainsi le couteau de la plaie de la mort de Hagrid.
– Normalement, à vous, ça aurait dû paraître beaucoup plus évident qu’à moi, répliqua Gobe-Planche, perdant ses airs hésitants et embarrassés pour froncer les sourcils. C’est le professeur McGonagall qui m’a demandé de vous en parler avant de décider quoi que ce soit. Comme le professeur Hagrid n’est pas officiellement mort, il n’y a pas de testament et de toutes manières, la plupart de ses biens appartiennent à Poudlard, mais Madame la directrice a jugé bon de vous demander votre avis sur la question car, selon elle, le professeur Hagrid vous aurait sans doute légué sa maison et ses animaux – pour être franche, c’est plutôt des animaux dont il est question. C’est une obligation purement morale à laquelle la directrice tenait absolument à se conformer, et comme je n’ai pas non plus un cœur de pierre, j’ai accepté de commencer par vous en parler. Et maintenant, je vous le demande : est-ce que vous souhaitez vous occuper de Crockdur ou de Ventdebout à ma place ?
Interloqué, Harry mit un bon moment avant de concevoir, fabriquer et finalement donner sa réponse très simple, évidente et courte :
– Non merci. J’aime beaucoup Crockdur et B… Ventdebout, mais je ne serais pas très doué pour m’occuper d’eux… Quant à la cabane de Hagrid, je suis certain que vous en ferez un bien meilleur usage que moi… Je suis… touché que le professeur McGonagall ait pensé à moi mais c’est vous qui succédez à Hagrid à Poudlard, pas moi. Au revoir, professeur.
Il retourna au château, complètement perdu dans ses pensées, laissées dans un drôle d’état. Après une conversation aussi étrange… ou plutôt, déprimante, sans intérêt autre que celui de se morfondre dans cette ambiance de mort perpétuelle à donner la nausée, à ressasser encore et encore les malheurs causés par Voldemort et leurs conséquences – c’était en tout cas l’effet que lui avait fait cette simple discussion avec Gobe-Planche –, Harry comprit qu’il était temps pour lui de retrouver une vie active et non passive et dépressive comme celle des onze jours passés après le Chemin de Traverse : il commençait à se faire peur à lui-même, et il venait d’avoir le « déclic » qu’il lui fallait.
Il se mit à errer en quête d’une activité constructive.
C´était à peine tros gros pour tenir en un post
.
bah chouette suite rien de spec paske c une suite de transition mais vivement la suite ![]()
bah voilà : soltek a tout dit ! bonne transition et vivement la suite ( mais on est sage : on sait que tu bosses ! )
tu a vu , soltek , j´ai dit soltek trois fois ! ![]()
ouai c´est bien minerva prochain mess tu fere (3soltek)² ![]()
, je sais bien que ce n´est pas extraordinaire cette fois-ci mais comme vous dîtes, c´est plus une transition
.
Cette fois-ci, j´espère que vous ne prendrez pas ça pour une simple transition
.
Bonne lecture
:
25
Inertio (suite)
Il se mit à errer en quête d’une activité constructive. Il s’immobilisa au beau milieu d’un escalier, entre les deux premiers étages, et réfléchit.
Ron, Hermione et Neville semblaient peu enclins à se lancer dans la moindre activité. Harry avait certes des choses à faire, pour lui-même… mais Ginny avait été la première à se réfugier dans son dortoir. Le bureau d’Abel se trouvait à l’étage du dessus, auquel il grimpa finalement ; mais son professeur de défense contre les forces du Mal ne l’attendait que dans plus d’une heure et demie…
Il entendit une porte s’ouvrir, pas très loin de l’endroit où il se trouvait, et il perçut un bruit très caractéristique. Deux ou trois élèves de Gryffondor avaient dû arriver par la poudre de Cheminette dans le bureau de leur directeur. Il sortit sa baguette magique et se tapota le sommet du crâne en pensant « Cameleo », puis se plaqua contre un mur de façon silencieuse et regarda passer Romilda Vane et deux de ses amies en pleine crise de gloussements. Il n’avait pas du tout envie de s’occuper avec elles… Il eut alors une idée, une dernière chose qu’il avait à faire, même si c’était celle qui lui plaisait le moins…
Toujours fondu dans le décor par le sortilège de Désillusion, Harry marcha sans bruit jusqu’à se retrouver devant une gargouille de pierre. Il vérifia que personne n’était suffisamment proche de lui pour pouvoir l’entendre puis murmura à l’adresse de la statue :
– Fraternité magique.
La gargouille fit un pas de côté, ce qui permit à Harry de se hisser sur l’escalier mobile en colimaçon qui le mena jusqu’au sommet de la tour directoriale. Il frappa à la porte et la voix sèche du professeur McGonagall l’autorisa à entrer, ce qu’il fit sans un mot. Au bout d’un moment, la directrice daigna lever les yeux des papiers sur lesquels elle s’était penchée pour regarder son visiteur.
Elle haussa les sourcils.
– Que venez-vous faire ici, Potter ? interrogea-t-elle.
Harry avait jeté un coup d’œil au portrait du professeur Dumbledore, qui faisait certainement semblant de dormir. Il ne se laissa pas désarçonner par la froideur que McGonagall manifestait à son égard.
– Je viens pour plusieurs choses, déclara-t-il sur un ton sérieux et ferme. Tout d’abord, pour m’excuser de ce que j’ai dit le soir du réveillon… Je m’en excuse et je le retire, ajouta-t-il raisonnablement ; je ne sais pas ce qui m’a pris, je suis désolé… Mais je… c’était une discussion privée entre moi et le prof… le portrait du professeur Dumbledore. Tout ce que je peux vous donner comme explication, c’est que je me suis emporté et que j’ai refusé d’admettre ce qu’il m’avait dit, sans essayer de comprendre… Enfin bref, professeur, j’espère que vous m’excuserez pour vous avoir parlé ainsi et pour avoir… dit ce que j’ai dit la dernière que nous avons parlé, et…
Mais il s’interrompit, pensant qu’il valait mieux commencer par attendre l’approbation de McGonagall. Il fut aussi surpris par la sagesse de ses propres paroles ; il se sentait soudain très adulte. Cependant, l’expression du visage de la directrice ne laissait pas paraître ce qu’elle avait pensé du discours d’excuses de Harry.
– Vous m’avez l’air sincère, Harry, répondit-elle d’un ton grave ; mais j’espère que vous mesurez la gravité de votre acte. En me parlant de la sorte, même en dehors de Poudlard, vous auriez dû être renvoyé, ou au minimum recevoir une belle retenue. Si je n’avais pas su quelles épreuves vous subissiez en ce moment, et si le professeur Dumbledore – son portrait – ne m’avait pas demandé avec insistance d’être indulgente, je ne me serais pas contentée d’une gifle, lui certifia-t-elle avec une sincérité qu’il ne valait mieux pas remettre en cause.
Harry acquiesça silencieusement, les yeux bas.
– Et j’imagine très bien la nature de votre seconde demande : vous souhaitez vous entretenir de nouveau avec le portrait du professeur Dumbledore, n’est-ce pas ? questionna McGonagall.
– Oui, professeur…, répondit Harry, si vous le voulez bien.
McGonagall ne répondit pas. Elle se contenta de se lever de son fauteuil, de se retourner et de lever les yeux vers le tableau de Dumbledore.
Le sujet de ce dernier ne faisait plus semblant de dormir, à présent, et affichait une expression des plus sérieuses. Il hocha la tête dans ce qui semblait être un signe d’approbation et la directrice sortit de son bureau sans le moindre mot.
Elle ferma la porte à clef, peut-être pour éviter le même genre de fuite précipitée que la dernière fois, pensa Harry.
– Bonjour, Harry, dit Dumbledore de sa voix douce. Je suis heureux de voir que tu as réfléchi et que tu as finalement décidé de revenir me voir.
Harry acquiesça, toujours sans ouvrir la bouche.
– Et aussi que tu as cessé de penser de moi que je suis un vieil imbécile…
Harry retrouva sa langue :
– Je n’ai jamais pensé ça de vous, Monsieur ! protesta-t-il vivement. Je…
Mais le portrait l’interrompit d’un geste de la main.
– Je comprends très bien, Harry, assura-t-il, et je ne te reproche rien, ne t’en fais pas. En fait, je comprendrais très bien que toi, tu m’en veuilles, vu ce que je t’ai dit la dernière fois que nous nous sommes vus.
– Je ne vous en veux pas, dit Harry, sans vraiment savoir s’il mentait ou pas, c’est juste que… J’aimerais comprendre pourquoi vous m’avez dit que…
Il n’eut pas le courage de finir sa phrase mais, une fois encore, Dumbledore parut comprendre parfaitement ce que ressentait Harry. Son visage exprimait la sagesse, et une peut-être aussi la gravité.
– C’est tout à fait normal, dit le tableau avec un air compatissant, et je dois reconnaître que tu mérites des réponses, Harry, mais je… Albus Dumbledore ne t’a rien dit de son vivant, et ce pour une bonne raison. Cette raison est malheureusement toujours autant valable aujourd’hui. Tu es malheureusement obligé de considérer Severus Rogue en tant que Mangemort ; et je ne peux pas te demander de lui pardonner ; mais si jamais, dans ton combat contre les forces du Mal, tu te retrouves face à Severus, et que tu te trouves en position de décider de son sort… n’oublie pas ce qu’Albus Dumbledore t’a dit en rêve, et ce que son portrait t’a confirmé, déclara-t-il sur un ton étrangement triste. Mais mis à part le cas où tu te retrouverais dans une situation semblable, il n’est pas nécessaire que tu te tracasses avec cette phrase qui t’a tant tourmenté. Même si ça te paraît incroyable, inconcevable… pour la dernière fois de ta vie, tiens t’en à ce que je t’ai dit. Suis mon conseil.
Harry fut surpris par les paroles du portrait de l’ex-directeur de Poudlard. Sommes toutes, on lui demandait de vivre comme avant : en considérant Rogue comme un ennemi – à cela près qu’il ne devait pas concrétiser toutes ses pulsions de haine à son encontre… Cela lui paraissait très difficile, surtout que Harry aurait beaucoup aimé savoir pourquoi Dumbledore tenait tant à s’obstiner à défendre cet assassin… Mais pour une fois dans sa vie, il décida de ne pas aller chercher plus loin. Il se débrouillerait pour ne pas avoir affaire à Rogue, voilà tout…
– Très bien, Monsieur, dit-il alors. J’essaierai…
– Merci, Harry, dit Dumbledore avec un sourire sincèrement reconnaissant – et soulagé. J’espère sincèrement que tu pourras vivre avec moins de soucis, un jour… Mais en attendant ce jour, je ne pense pas qu’il soit nécessaire pour toi de revenir me voir : ce serait même une mauvaise idée, à mon avis. Termine tes études en paix – si je puis dire – ; et ensuite, mène à bien ton combat contre Voldemort. Détruis les deux Horcruxes restants et pourchasse-le jusqu’à ce que tu puisses enfin accomplir ta mission, qui je pense, doit te tenir à cœur. Pour cela, tu n’as pas besoin de moi. Albus Dumbledore est mort, et même si j’ai l’impression de ne faire qu’un avec lui, je sais que ce n’est pas le cas : je ne suis qu’un portrait, affirma-t-il avec une vigueur qu’il semblait dégager difficilement. Je ne te serai pas d’une grande utilité ; en revanche, Abel, lui, le sera grandement.
Il marqua une longue pause pendant laquelle il fixa Harry d’un regard pénétrant… il était difficile de croire qu’il ne s’agissait pas d’Albus Dumbledore en personne… Puis il dit enfin…
– Bonne chance à toi.
Harry dit au revoir à Ron, Hermione et Neville, puis remonta l’escalier de marbre pour retourner au deuxième étage.
Après sa conversation avec le portrait de Dumbledore, il était remonté dans la salle commune où il avait retrouvé de nombreuses connaissances de Gryffondor revenues de leurs vacances. Outre Seamus et Dean (avec qui il était de nouveau en bons termes), Parvati et Lavande – cette dernière lui avait fait un discours hystérique, en donnant toutes les raisons excentriques pour lesquelles selon elle, Hermione n’était pas une fille pour Ron (Harry avait échangé un regard exaspéré avec la pauvre Parvati) –, il avait pu retrouver son enthousiasme en discutant du prochain match de Quidditch contre Serdaigle avec son équipe, dans laquelle il avait réussi à happer Ron et Ginny ; ils avaient ensuite rejoint Hermione et Neville, et Colin s’était incrusté comme il savait si bien le faire. Harry avait été très déçu de voir Colin emmener si vite Ginny vers leur bande d’amis de sixième année.
Ron avait proposé de faire une partie d’échecs, Hermione avait répliqué qu’elle ne jouerait plus à ce jeu tant que Ron n’essaierait pas de comprendre un peu l’arithmancie. Finalement, ils étaient restés à flâner dans la salle commune – Hermione était tout de même allée chercher un livre dans son dortoir, ce que Ron vit d’un très mauvais œil – jusqu’à ce que Harry estime qu’il était temps d’aller dîner. Il suivait les directives d’Abel.
A six heures moins cinq, il se retrouva donc devant la porte du directeur de Gryffondor. Il se demandait avec appréhension ce qu’Abelforth allait tenter de lui enseigner – tout en se jurant de faire le plus d’efforts possibles – quand il toqua.
Abel lui ouvrit et eut un léger sourire :
– Vous êtes un peu en avance, Harry. Mais ce n’est pas grave, ajouta-t-il.
Il lui fit signe d’entrer, puis referma la porte en la verrouillant d’un geste de sa baguette.
– Je voulais simplement que tous les élèves qui devaient revenir à Poudlard par l’intermédiaire de ma cheminée ne viennent pas nous déranger, et que nous n’ayons pas à nous interrompre pour dîner – vous avez bien dîné ? interrogea-t-il brusquement.
– Oui, Monsieur, répondit Harry, décontenancé.
– Abel, rectifia Abelforth. Bien, dit-il ensuite, satisfait, il n’y a donc pas de raison d’attendre ; nous pouvons commencer tout de suite.
Il marqua une pause et fixa Harry droit dans les yeux, intensément, d’un regard digne de son frère – mais différent malgré tout.
– J’imagine, Harry, que vous avez dû vous demander, pendant vos vacances, pour quelle raison j’avais demandé à Ron, Hermione et Neville de ne plus revenir ?
Harry hocha la tête, prêt à écouter.
– Et, par conséquent, vous avez dû vous interroger sur la nature de ce que je comptais vous enseigner – à vous seul, dit Abel en accentuant fortement ce dernier mot. Vous en avez déduit – je pense et j’espère – qu’il devait s’agir de sortilèges particuliers, qui serviraient à détruire Voldemort en personne ?
Harry acquiesça de nouveau, de plus en plus impatient.
– Eh bien, dans ce cas, vous avez en partie raison. Pour l’essentiel, en tout cas, assura Abel. Ce que je veux vous « enseigner », à vous, Harry, est bien plus important que tous les sorts que je vous ai appris dernièrement. En réalité, c’est la chose la plus essentielle que vous aurez jamais à retenir jusqu’à la fin de votre vie… Tout ce que vous avez appris jusqu’à aujourd’hui en matière de magie n’est rien comparé à cela… et j’oserais même affirmer que si vous parvenez à le maîtriser, vous serez de taille à affronter le tout puissant Lord Voldemort.
Le cœur de Harry battait plus vite dans sa poitrine. Le ton d’Abelforth avait quelque chose de solennel, à présent.
– En réalité, il s’agit d’un seul et unique « sortilège », faute d’un meilleur terme, déclara-t-il. Un sortilège qui surpasse tous les autres… En ce qui vous concerne, c’est le but final de vos séances d’entraînement avec moi.
– Mais si ce sortilège dépasse tous les autres, pourquoi ne pas l’enseigner aussi à Ron, Hermione et Neville ? demanda Harry. Cela pourrait leur être utile s’ils se retrouvaient en situation dangereuse. Ils font partie de l’Ordre, eux aussi, même s’ils n’ont pas à tuer Voldemort, déclara-t-il avec force.
– C’est vrai, admit Abel. Le problème, c’est qu’ils seraient sans doute incapables de jeter un jour un tel sortilège, ou alors ils en mourraient.
Harry se surprit à frissonner. Abel souhaitait lui enseigner un sortilège qui risquait de le tuer ?
– Il ne s’agit pas du tout d’un sortilège ordinaire, au sens ou nous l’entendons, poursuivit Abelforth. Si j’ai dit qu’il surpassait tous les autres sortilèges, c’est pour une raison simple : il est la source de tous les autres sortilèges et actes magiques : enchantements, maléfices ou sorts… D’ailleurs, « acte magique », est bien le mot exact pour définir ce sortilège… On l’appelle le « sortilège de Pure Magie », ou « sortilège d’Inertie Magique »… ou encore « sortilège de Vérité Spirituelle »… Mais au moins, en dehors de tous ces mystères, il se pratique avec une baguette et une formule magique : Inertio.
– Inertio…, répéta Harry, de plus en plus intrigué.
Il pressentait une immense difficulté, comme un énorme obstacle à franchir avant de repousser les limites de la magie ordinaire… Mais auparavant, il devait éclaircir un point.
– Abel… En quoi consiste ce sortilège, exactement ? Qu’est-ce qui le… caractérise ? demanda-t-il, en observant son professeur avec attention. Qu’est-ce qu’il a de si spécial ?
– C’est le sortilège de Pure Magie, répéta Abelforth. L’acte magique à l’état le plus pur qui soit.
– Mais… quels sont ses effets ? insista Harry.
– Ses effets… Il n’en a aucun, et en donne une infinité en même temps, déclara Abel. C’est tout et rien à la fois.
pas de problème : ça sent le bon bout ! la quintessence de la magie : waouh ! là , ma patience va être à rude épreuve...
les origines de la magie la magie de sa forme la plus pure ahaa l´envi me gagne vivement la suite ![]()
Tant mieux, parce que je suis en forme, ces temps-ci
:
25
Inertio (suite et fin du chap)
Devant le regard totalement hébété de Harry, Abelforth précisa :
– Ce sortilège n’a pas d’effet… précis. En lui-même, il ne fait rien ; c’est le sorcier qui lui donne les effets qu’il désire. Mais je vais cesser de vous faire mariner. Inertio est la formule d’un sortilège qui n’a pas de but particulier : son seul but, c’est de libérer la magie elle-même, déclara Abelforth d’un ton des plus sérieux. Il ne s’agit pas de projeter un éclair qui aura pour unique effet de tuer la personne qu’il atteindra ; il ne s’agit pas non plus de prononcer une formule magique dans le but de déverrouiller une porte, de faire voler un objet, d’allumer un feu… Il s’agit de faire jaillir l’énergie magique à l’état brute.
Un court silence suivit ces paroles.
– A l’état… brute ? répéta Harry, sans comprendre.
Il était totalement déconcerté. Il n’avait jamais entendu parler, même dans les légendes les plus stupides dont pouvaient parler les autres élèves (ou Ron), d’un moyen de faire sortir la magie d’un être… du moins, pas comme cela.
– Oui, acquiesça cependant Abelforth. On jette un sortilège, et ce qui sort du bout de la baguette n’est rien d’autre que de la magie… Mais très peu de gens en sont capables. Je dirais même que dans toute l’histoire de l’humanité, ceux qui étaient capables de jeter ce sortilège se comptent sur les doigts de la main. Et c’est parfaitement normal, ajouta Abel d’un ton grave, parce que pour la plupart des sorciers, user d’un tel sortilège entraînerait la mort : toute l’énergie magique qui se trouve en eux s’échappera s’ils n’en ont pas le contrôle absolu ; or, ceux qui sont réellement capables de maîtriser parfaitement la magie qui est en eux sont des exceptions…
« Seuls ceux qui se connaissent eux-mêmes, qui savent quels sentiments, quelles émotions, quelles motivations font leurs forces sont capables d’utiliser le sortilège Inertio sans en mourir, car ceux qui se connaissent aussi bien sont capable de dégager une énergie qu’ils ne pourront jamais dépasser dans les sortilèges qu’ils maîtrisent. En apprenant à maîtriser le sortilège Inertio – en supposant que vous en soyez potentiellement capable –, vous évoluerez comme vous n’aurez jamais évolué, vous grandirez plus que vous n’avez jamais grandi intérieurement, et quand vous jetterez un sortilège ordinaire – dont vous maîtrisez la technique, bien sûr –, vous en dégagerez une puissance magique qui est… la votre. Votre maximum. Votre force. Vous vous connaîtrez vous-même, parce que vous saurez quelles idées, quelles émotions font de vous ce que vous êtes au plus profond de votre âme…
« Et d’un point de vue technique, en plus de vous permettre d’exécuter des sortilèges avec plus de talent que vous ne pourrez jamais le faire autrement, l’usage maîtrisé du sortilège Inertio – un usage qui ne vide pas de toute magie – permet de manipuler l’énergie magique et d’en faire ce que vous souhaitez : c’est à partir de cela qu’ont été inventés les sortilèges ordinaires.
Il y eut un silence très pesant. L’estomac de Harry s’était contracté progressivement tout en écoutant les explications d’Abel.
– Alors… si je maîtrise ce sortilège…
– En principe, vous deviendrez un des plus puissants sorciers de l’histoire de l’humanité, déclara Abelforth sans le moindre détour. Au même titre que Merlin… ou Lord Voldemort. Ces sorciers d’exception, l’élite de l’élite, ont tous un point commun, selon des rumeurs que j’estime très fiables : ils sont capables de jeter le sortilège Inertio, capables de maîtriser parfaitement leur magie, parce qu’ils sont spirituellement en phase avec eux-mêmes ; ils se concentrent sur les sentiments, les pensées qui les rendent les plus forts quand ils usent de la magie. Dans des livres très rares et anciens – les mêmes où il est encore fait mention de l’existence du sortilège d’Inertio –, ces sorciers sont appelés des Sages.
Harry resta silencieux. Il réfléchissait à tout ce qu’Abel venait de lui dire, à la signification de tout ce qu’il venait d’entendre, mais surtout… Un détail le chiffonnait. Non, maintenant qu’il y réfléchissait, deux détails…
Abel avait parlé de sorciers tels que… Merlin… Des Sages…
« Et de sa descendance jailliront sept Sages d’une envergure au moins presque égale à la sienne. »
Les paroles qu’il avait lui-même proférées sans le vouloir, le 2 septembre, lui revenaient en mémoire. Cette mystérieuse prophétie datant d’un autre millénaire et pour laquelle il n’avait pas envisagé de faire des recherches plus poussées, n’y voyant pas l’utilité et ayant d’autres soucis en tête… Mais selon Hermione, parmi tous les sorciers connus de l’histoire de la magie, c’était Merlin le mieux placé pour être « le sorcier le plus puissant de tous les temps »…
Complètement dans la lune, il oublia complètement qu’il se trouvait en face d’Abelforth qui finit par demander d’une voix inquiète :
– Vous allez bien, Harry ?
– Oui, répondit immédiatement celui-ci.
Il réfléchit pendant une fraction de seconde puis demanda à son tour :
– Abel, à part Merlin, qui sont les sorciers connus pour être des… Sages ?
– Eh bien, étant donné que seules des personnes très… cultivées en matière de magie connaissent l’existence d’un sortilège tel que l’Inertio – je ne suis même pas certain que ce soit un objet d’étude du département des Mystères –, on ne peut pas parler de sorciers connus pour avoir su le pratiquer. Néanmoins, il y a de vieilles rumeurs, oubliées et presque exclusivement écrites, qui racontent que les quatre fondateurs de Poudlard auraient également maîtrisé ce sortilège, mais je ne sais pas si l’on peut s’y fier. Merlin, qui est l’un des plus grands sorciers que l’histoire de la magie – à l’échelle planétaire – ait jamais comptés, était plus que probablement un Sage. Cependant, il n’y a que deux sorciers pour lesquels je peux t’affirmer qu’ils sont, ou étaient des Sages. Lord Voldemort, bien que l’adjectif « sage » lui convienne peu, en est un ; mon frère en était un également.
Après un nouvel instant de silence, Abel reprit vigoureusement :
– « Mage » est un titre que l’on attribue aux sorciers d’une certaine renommée, « Sage » en est un que l’on donne à l’élite du monde de la magie – même si presque tout le monde l’ignore aujourd’hui. Harry, il existe une prophétie qui vous désigne comme étant « Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres », déclara-t-il. Voldemort étant un Sage, qui connaît l’usage du sortilège Inertio, c’est que vous devez également avoir la capacité de le maîtriser et de devenir un Sage. J’ignore ce qui vous rend si spécial, mais je pense que vous l’êtes bel et bien. C’est un secret que mon frère a emporté dans la tombe et ce n’est pas si mal : vous devez vous-même trouver ce qui, en vous, a le pouvoir de venir à bout de Voldemort. C’est un travail mental que vous seul pouvez effectuer sur vous-même.
Harry se rappela ce que Dumbledore lui avait dit dans sa lettre d’adieux : « la réponse se trouve en toi ». Réussir ce qu’Abel lui demandait – et il commençait à comprendre que penser à vaincre Voldemort n’avait plus beaucoup de sens sans ce sortilège Inertio – était de loin bien plus facile à dire qu’à faire, mais il devait le faire malgré tout. Il se sentait plus que déterminé.
– Je crois que vous pouvez commencer, dit Abel.
Harry sortit sa baguette magique, sans savoir très bien où la pointer, ce qu’Abelforth devina.
– Levez simplement votre baguette, sans vous soucier de viser, lui dit-il sur un ton confiant. La Pure Magie ne fera rien sans que vous le lui commandiez – à moins, bien entendu, que vous n’en mourriez en vous vidant de toute magie, mais n’ayant pas encore un niveau suffisant pour jeter un tel sortilège sans y être prédisposé émotionnellement, vous ne risquez pas grand-chose de ce point de vue-là, je pense. Si vous y parvenez, vous ne verrez, je pense, que la manifestation de votre… propre nature magique apparaître au bout de votre baguette, mais je ne pense pas que votre nature magique soit de faire de mal à autrui, donc aucun dommage ne devrait être causé à cette pièce. Contentez-vous de penser aux raisons qui vous font combattre, et soyez le plus sincère possible lorsque vous prononcerez la formule.
Harry acquiesça. Il pensait comprendre le principe, à présent. Il leva sa baguette magique dans une direction quelconque (celle du mur qui faisait face à la porte, en l’occurrence) et réfléchit.
Les raisons pour lesquelles il combattait… Il voulait tuer Voldemort, c’était certain. Il voulait détruire les forces du Mal, les empêcher de répandre la terreur encore et encore… Il était prêt à tout pour que Voldemort ne couvre pas le monde… de ténèbres.
Il se concentra sur toutes ces idées, puis s’exclama :
– Inertio !
Mais rien ne se produisit. Il leva une seconde fois sa baguette, pensant qu’il n’y avait pas mis assez de cœur ; il repensa à tout ce mal que Voldemort avait fait autour de lui, depuis ce jour maudit où il avait été mis au monde dans un orphelinat moldu de Londres…
– Inertio !
Il sentit la colère l’envahir… Une troisième fois :
– Inertio ! Inertio !! INERTIO !…
Une quatrième… Une cinquième… mais rien.
Et ce fut ainsi pendant une bonne partie de la soirée, jusqu’à ce que Harry prenne une chaise et s’assoie, furieux. Il n’avait encore jamais éprouvé autant de colère, ni de haine à l’égard de Lord Voldemort, Severus Rogue, Bellatrix Lestrange, et d’autres Mangemorts, et il ne les avait encore jamais exprimées avec tant de fougue. Mais cela ne donnait aucun résultat… Ses nerfs étaient à vifs, et son corps complètement tendu, contracté.
– Difficile, n’est-ce pas ? dit Abel, qui s’était depuis longtemps assis derrière son bureau pour observer tous les efforts inutiles de Harry. Vous avez encore beaucoup de progrès à faire…
Harry, qui en avait oublié la présence de son professeur, sursauta, puis regarda ses pieds, la mine renfrognée. Il ne voulait pas jeter le regard noir et dégoûté que lançaient ses yeux à son professeur de défense contre les forces du Mal.
– Vous vous êtes entraînés ici aujourd’hui uniquement parce que je devais vous expliquez le principe du sortilège qui doit faire de vous le sorcier qui pourra combattre Voldemort, reprit Abel. Vous deviez également comprendre qu’il ne suffisait pas de vous mettre en colère et de crier la formule avec ce qu’on pourrait appeler la « rage de la justice » pour réussir. Si c’était aussi simple, beaucoup de gens auraient pu le faire et survivre, et Voldemort ne serait pas un problème… Il s’agit de quelque chose qui vous caractérise vous. Peut-être que d’autres l’ont aussi, mais c’est chez vous que ça rend plus fort… C’est en vous, Harry…
Harry ne répondit rien. Toutes les paroles d’Abelforth étaient bien belles, mais en quoi cela lui était-il utile ?
– Voilà pourquoi, au même titre que Ron, Hermione et Neville, vous ne reviendrez plus vous entraîner dans mon bureau, déclara Abel. Je ne vous sers plus à rien, puisque c’est vous et uniquement vous qui devez chercher la réponse à votre problème.
Pris de court, Harry voulut protester :
– Mais Monsieur… Abel… Je ne pourrai jamais y arriver seul ! Ça ne produit aucun effet quand j’essaye ! Rien du tout ! Peut-être que j’ai mal compris quelque chose et dans ce cas…
– Vous avez très bien compris, coupa sèchement Abel, et contrairement à ce que vous pensez, c’est précisément seul que vous y parviendrez. Je ne sais pas si vous en êtes capables, je ne sais pas non plus pourquoi vous en seriez capable : je ne sais rien de plus qui puisse vous aider en l’état actuel des choses.
Il se leva et ouvrit la porte devant un Harry plus qu’exaspéré, et pour la seconde fois ce jour-là, on lui souhaita :
– Bonne chance à vous.
– Vous-Savez-Qui a pris un pouvoir considérable, déclara Kingsley avec gravité. Le ministre est de plus en plus inquiet : jamais les sorciers du Royaume-Uni n’avaient connu une situation aussi critique. Et les Aurors ne peuvent presque plus contenir les activités des Mangemorts. Il y a des morts tous les jours, maintenant, et l’ennemi dispose d’un village, d’une forteresse, et d’une rue pour abriter de nouveaux Mangemorts et créatures maléfiques comme les Détraqueurs…
Harry assistait à la réunion de l’Ordre du Phénix. Chacun leur tour, ceux qui devaient rapporter des renseignements sur la situation à l’extérieur de Poudlard rapportaient des faits de plus en plus abattants : Voldemort semblait se rapprocher inexorablement du pouvoir absolu qu’il avait toujours cherché à prendre dans le pays depuis près de trente ans.
– Quand il aura le Chemin de Traverse, il ne restera plus beaucoup d’espoir pour le monde anglais des sorciers…, dit tristement Dedalus Diggle.
– Vous parlez comme s’il l’avait déjà ! s’offusqua Mrs Weasley. Vous-Savez-Qui a pris beaucoup de pouvoir, c’est vrai, beaucoup plus que la dernière fois ; il a aussi tué Tonks ! Mais ça ne doit pas nous appeler à l’abattement, mais à la vengeance, vous m’entendez ! rugit la petite femme replète, qui semblait hors d’elle, un peu comme lorsqu’elle se mettait en colère contre ses enfants.
Il semblait qu’elle avait beaucoup de choses sur le cœur.
– S’il y a une chose que j’ai comprise ces derniers temps, c’est qu’il faut se battre ! Le fait que Vous-Savez-Qui n’ait pas encore le Chemin de Traverse en est une preuve : la preuve qu’il peut ne pas connaître une victoire totale, et qu’il pourrait sûrement même subir des défaites !
Puis elle se tut, toute rouge. Il y eut un silence prolongé et très embarrassé, que la présidente finit par rompre :