Soudain, son regard se posa sur une vieille télévision qui datait d’au moins une vingtaine d’années.
- Est-ce que votre télévision marche? Demanda-t-il précipitamment.
- Bien sûr, tu voudrais écouter des dessins ani....
- Est-ce que je peux écouter les nouvelles?
Mme Figg hésita un bref instant. Elle semblait analyser la situation mais elle finit tout de même par accepter. Harry se précipita devant la télévision et l’alluma. Il changea rapidement les postes, passant d’un channel publicitaires à celui des nouvelles locales. Un présentateur barbu semblait légèrement nerveux, tandis que derrière lui défilait une dizaine d’images d’un immeuble détruit. L’image n’était pas très bonne et la couleur passait souvent du vert au mauve et du mauve au bleu. Mme Figg se leva, ajusta les antennes puis donna un bon coup sur le dessus du téléviseur. L’image redevint à peu prêt normale. Harry retourna s’asseoir sur le divan et écouta attentivement ce que le présentateur barbu disait.
« . ..après avoir mené une enquête qui a durée plusieurs mois, les autorités connaissent enfin les raisons exactes de la déflagration du BigBen, l’hiver dernier. Le porte-parole de la police a confirmé les rumeurs selon lesquelles l’explosion serait dû à un bris mécanique dans les rénovations qui étaient en cours et dénit les rumeurs selon lesquelles des terroristes, venus du ciel, auraient perpétrés cette explosion qui a fait plusieurs morts. »
Cette dernière phrase se répéta en écho dans la tête de Harry. « . ..des terroristes, venus du ciel.... ». Un vidéo, tourné au moment de l’explosion par un caméraman amateur, défilait à l’écran. Harry vit clairement des jets de lumières rouge fusés d’une ruelle sombre juste avant l’explosion puis plusieurs silhouettes filer vers le ciel. Mais ce qui attira encore plus son attention, fut un mur qui s’effondra sans aucune raison. Rien ne l’avait touché. Harry se retourna vers Mme Figg mais celle-ci semblait impassible, comme si le souvenir de cet événement ne l’affectait en aucun cas.
« . ..plusieurs témoins qui étaient présents au moment de l’incident affirment encore qu’ils ont vu des silhouettes partir dans le ciel juste après la déflagration mais selon le Docteur Weasley, de l’institut psychiatrique de Londres, ce ne sont que des hallucinations provoquées par la chaleur intense des flammes. »
Harry ruminait dans sa tête tout ce qu’il avait appris en retournant chez les Dursleys, à l’heure du souper. Il s’engagea sur Magnolia Crescent et marcha lentement, comme s’il était porté par le vent. Non loin devant lui, il pouvait entendre des voix, des ricanements. Dudley et sa gang marchaient à côté de leurs bicyclettes à parlant à voix haute. Harry n’écoutait pas vraiment ce qu’ils disaient parce qu’il était trop occupé à mémoriser ce qu’il avait vu chez Mme Figg. Mais bientôt, il remarqua que leurs voix s’étaient tûs et que le bruit de leurs roues ne faisait plus leurs cliquetis réguliers. Harry releva la tête et remarqua qu’il était devant le 4, Privet Drive. Mais, il n’était pas seul, Dudley et ses amis le regardaient en se chuchotant des mots à l’oreille et Harry n’aima pas le sourire malicieux qu’afficha Piers. Il glissa lentement une main dans sa poche, prêt à se défendre.
- PotPotter, tu n’es pas capable de te battre sans ton machin? Lança un des amis de Dudley.
La main de Harry se crispa dans sa poche. Est-ce qu’ils savaient ce qu’il était vraiment? Il en eut bientôt la réponse.
- Ouais, bats-toi comme un homme, dit Piers en s’approchant. Dudley nous a révélé ce que tu es vraiment.... un monstre.
La main de Harry saisit sa nouvelle baguette magique dans sa poche, l’ancienne étant cassée en deux par Lucius Malefoy, l’année précèdante. Les amis de Dudley l’entourèrent rapidement mais Harry se refusa de sortir sa baguette s’il pouvait l’éviter. Il jeta des coups d’oeil rapide autour de lui. Dudley craquait ses jointures, prêt à frapper.
- Aller, donnes-moi ton joujou, dit-il.
Deux immenses mains saisirent les bras de Harry et les retenèrent par en-arrière. Harry entendit alors la voix de Piers s’élever derrière ses oreilles.
- Aller, montres-lui ton nouveau crochet droit Big D, dit-il. Comme tu l’as de nouveaux montré à Mark.
Le cercle se reserra un peu plus autour de lui. Harry avait lâché sa baguette magique et elle restait hors-de-porté.
- DUDLINOUCHET NOOOOON! S’écria la voix de la tante Pétunia.
Harry détourna la tête et vit sa tante sortir par la porte d’entré et courir dans leur direction.
- Mais qu’est-ce que tu fais? Fulmina-t-elle. Aller retournez chez vous! Ajouta-t-elle à l’adresse des amis de Dudley.
Ils filèrent rapidement, pris de panique, en laissant Harry tomber par-terre. Ses lunettes lui échappèrent du bout du nez et Harry entendit clairement un bruit de verre cassé. Il chercha à tâtons ses lunettes sur le sol tandis que la tante Pétunia sermonait Dudley.
- PLUS........JAMAIS........FRAPPER........HARRY..
.., beugla-t-elle de fureur.
Un instant plus tard, quelqu’un saisit Harry par le bras et l’aida à se relever.
- Est-ce que tout va bien? Demanda-t-elle d’une voix saccadée.
Harry hocha rapidement de la tête. Tout devenait confus. La tante Pétunia agissait vraiment bizarrement. Elle entraîna Harry par le bras dans la maison et lui remit sa baguette dans sa poche.
- Garde bien ton..... ton truc, dit-elle en chuchotant.
Elle marchait rapidement et le rythme de sa respiration allait tout aussi rapidement que ses pas. Harry trébucha contre le perron mais la tante Pétunia l’aida à se relever et le fit asseoir sur un divan. En plus d’être confus par ce qui se passait, Harry ne voyait pas grand chose car ses lunettes étaient en mille morceau dans la rue. Il entendit la tante Pétunia s’éloigner, la voix de son oncle Vernon beugler, et Dudley refermer la porte d’entrer avant de monter dans sa chambre.
- Qu’est-ce qui se passe? Rugit la voix de son oncle. Il a... il a utilisé son truc contre Dudley? C’est bien ça? Oh il va le payer...
- Non, ce n’est pas ça du tout, répliqua la tante Pétunia. Dudley et ses amis ont voulu jouer avec lui mais je pense qu’ils étaient allés un peu trop loin.
Harry entendit l’eau du robinet couler puis des bruits de pas qui indiquaient que la tante Pétunia revenait vers lui.
- Tiens, bois ça, dit-elle, et prend ces verres de contacts.
Elle fourra un verre entre les mains de Harry et deux petits morceaux semblables à de la soie dure et fragile. Harry renifla la surface du liquide, c’était de l’eau. Il but une longue gorgée avant de déposer son verre sur une table et entreprit de mettre ses verres de contact avec une grande difficulté. Lorsqu’il eut surmonté cette difficulté et qu’il eut retrouvé l’usage de la vue, Harry cligna des yeux à plusieurs reprises puis regarda autour de lui. La tante Pétunia le regardait d’un air inquièt tandis que l’oncle Vernon restait dans la cuisine et semblait ne pas vouloir lui accorder un seul regard. Harry chercha Dudley des yeux mais celui-ci était parti se réfugier dans sa chambre. Il tourna alors la tête vers sa tante qui le regardait toujours.
- Ça va? Demanda-t-elle d’une voix à la fois inquiète et rude.
- Oui, répondit Harry d’une voix rauque.
Sa tête explosait de questions à présent et il ne pouvait s’empêcher de les poser.
- Euh.... est-ce que je pourrais savoir pourquoi vous faîtes tout cela? Demanda-t-il à l’adresse de sa tante.
Les traits de son visage plissèrent légèrement.
- Faire quoi? Dit-elle.
- Eh bien.... j’ai remarqué que depuis le début des vacances, votre attitude envers moi s’est légèrement..... disons a beaucoup changé.
- Je fais ce qu’une tante doit faire avec ses neveux, répondit-elle.
Sur ce, elle quitta la pièce et Harry soupçonna le fait qu’elle ne veuille plus répondre à ses questions. Il resta assit un instant à contempler le plafond d’un air rêveur tandis que les voix de sa tante et de son oncle provenèrent de la cuisine.
- Qu’est-ce qui te prend? Dit l’oncle Vernon. Le protéger? Lui? Son expèce?
- Nous sommes obligés, dit-elle à voix basse mais suffisamment fort pour que Harry puisse l’entendre.
Il détourna son regard vers la cuisine mais la tante Pétunia le surpris et fit semblant d’aller chercher quelque chose dans le frigidaire. Harry se leva et monta rapidement les escaliers. Lorsqu’il eut atteint le dernier palier, la porte de la chambre de Dudley, qui était légèrement entrouverte, se referma brusquement. Harry passa devant puis s’enferma dans sa chambre. Il regretta d’avoir envoyé Hedwige le matin-même. Il aurait voulu écrire une lettre à Ron et à Hermione à propos de l’attitude bizarre des Dursley. Il s’écrasa sur son lit et regarda l’horizon lointain du soleil couchant. Il entendit alors la tante Pétunia les appeler pour le souper mais Harry n’avait pas faim. Il resta immobile sur son lit à écouter le bruit des voitures par la fenêtre et Dudley dévaler les escaliers comme un éléphant après s’être assuré que Harry ne descendait pas. La luminosité de sa chambre diminua au fur et à mesure que le soleil disparaissait derrière l’étendue infinie des maisons et Harry sombra légèrement dans le sommeil, imprêgné d’une odeur de spaghetti.