- Non.... en fait si, dit Harry. Comment Voldemort a-t-il fait pour s’introduire et vider le Ministère de la Magie?
Soudainement, l’atmosphère devint tendue, comme si l’air autour d’eux c’était glaçée. Ron et Hermione ne se disputaient plus, Fred, George, Ginny et Neville regardaient simultanément Harry et Dumbledore tandis que Kreattur s’était figé sur place comme s’il avait été pétrifié. Harry doutait fort que Dumbledore ait la réponse à sa question mais il continuait de le regarder sans ciller des yeux.
- En fait.... pour le moment, nous n’en savons pas plus que vous, répondit Dumbledore en se servant du bacon. Mais j’ai mon hypothèse sur la manière dont Miss Granger s’y est rendue.
La tension qui règnait doubla d’intensité.
- Miss Granger, puis-je voir votre collier?
Hermione frémit légèrement puis elle détacha le collier bleu de son cou avant de la donner au professeur Dumbledore qui l’examina. Il pointa sa baguette magique dessus et murmura quelque chose d’incompréhensible.
- C’est bien ce que je pensais, murmura-t-il. Miss Granger, pouvez-vous nous dire ce qui s’est passé avant que vous ne soyez enlevée?
Hermione râcla sa gorge puis jeta un regard aux autres.
- Ça s’est passé le soir où tout le monde m’accusait d’avoir volé, dit-elle d’un ton mal-à-l’aise comme si se remémorer cet événement lui était difficile. Je revenais de.... d’une promenade avec Harry lorsque je me suis disputé avec Ron.... J’étais vraiment fâchée.... je devais déjà subir les insultes des autres et maintenant, je me disputait avec Ron. Je suis sortie dans le parc, il était très tard et la pluie tombait comme des clous. À vrai dire, je m’en fichaîs.... il fallait que je respire un peu...Je me suis rendue jusqu’aux installations du professeur Flitwick et puis tout à coup, je me suis sentit comme attirée par la peau du cou et je suis tombée sur un sol humide, Vous-Savez-Qui riant, debout, à côté de moi...
Dumbledore avait écouté son récit sans l’interrompre. Lorsqu’elle finit, il approuva d’un signe de tête.
- Miss Granger, laissez-moi vous apprendre que votre collier est en fait un Portoloin, dit Dumbledore.
Harry fut électrifié. Comment se pouvait-il? Hermione le portait tout le temps.... ou presque tout le temps... songea Harry. Elle ne le portait pas le jour du match de Quidditch, au moment du vol.
- Mais qui, quoi, comment? S’exclama Harry.
Dumbledore ne répondit pas et se contenta de le regarder dans les yeux. Harry réfléchissait à toute vitesse. À moins qu’Hermione ait volontairement voulu se faire enlever par le Seigneur des Ténèbres, ce ne pouvait pas être elle qui ait pénétré dans la tour de Gryffondor pendant le match de Quidditch. Mais alors qui?
- Les Serpentards, s’exclama Hermione. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt? Ajouta-t-elle en se cognant le front. Vous vous souvenez? Certains avaient leurs balais le jour du match et ils n’ont pas assisté à la remise de la coupe alors je crois que c’est à ce moment-là qu’ils ont dû pénétrer dans la tour de Gryffondor mais comment?
Personne ne dit un mot.
- Par les fenêtres! S’écria Hermione. Oui, les fenêtres étaient grandes ouvertes dans le dortoir des garçons! Crabbe et Goyle ont dû se gaver des bonbons de Fred et George pendant que Pansy et les autres allaient.... ensorceller mon collier! Oui, tout se tient!
Elle se tourna vers le professeur Dumbledore qui aquiesça d’un signe de tête.
- En effet Miss Granger, je crois que vous avez raison.... De retour à Poudlard, je leur dirais deux mots.... En parlant de Poudlard, tout le monde a dû remarquer votre disparition donc il va de soit que toutes sortes de rumeurs farfelues doivent à présent circuler. Je vous demanderais donc de rester vigilent et de répondre aux personnes qui vous posent des questions que vous étiez simplement partis voir Mrs Weasley à l’hôpital avec mon autorisation.
Il jeta un coup d’oeil à sa montre à douze aiguilles.
- On ferait bien d’y aller maintenant, vous prendrez le Poudlard Express, dorénavant, il n’y aura plus de Portoloins ni de transplanage sur le territoire de Poudlard. Aller vite!
Il les accompagna jusqu’à la gare King’s Cross et les fit embarquer dans le train à partir de l’habituel quai 9 et 3/4. Harry s’installa dans un compartiment et regarda Dumbledore sur le quai pendant que le train rouge s’ébranlait lentement. Il avait pleins de questions qui lui explosaient dans la tête mais Dumbledore disparut avant qu’ils n’aient pu le voir.
- Ça va Harry? Dit George en s’asseyant à côté de lui. On a le Poudlard Express a nous tous seuls!
Harry haussa des sourcils et regarda le paysage par la fenêtre. Il se demandait ce que fabriquait Voldemort en ce moment. Était-il heureux, ou au contraire, était-il furieux? Soudain, Harry se souvint de quelque chose. Voldemort avait dit qu’ils allaient chercher le talisman je-ne-sais-pu-quoi à Poudlard mais il avait oublié d’avertir Dumbledore. S’il n’arrivait pas à temps.... qu’allait-il arriver? Il sentit un poing dans son ventre à l’idée de retrouver Poudlard en ruine à leur arrivée. Au dehors, le soleil montait peu à peu à l’horizon en couvrant le flanc des montagnes de sa lumière. Harry, Ron, Hermione, Fred, George, Ginny et Neville s’étaient regroupé dans un compartiment du premier wagon et discutaient. Mise à part le machiniste, ils étaient seuls. Ils passèrent la majeure partie de l’avant-midi à tester les jeux de Fred et George puisqu’ils n’avaient rien d’autre à faire. Même Hermione joua. L’après-midi, ils préférèrent relaxer et profiter au maximun du Poudlard Express vide. Harry, Ron et Hermione se cachèrent dans un compartiment à l’arrière du train. Il n’y avait rien à manger et le ventre de Harry gargouillait. Il regrettait vivement de ne rien avoir manger le matin même. Lorsque la vitesse du train ralenti, Harry jeta un coup d’oeil dehors. Le soleil se couchait derrière les immenses et lointaines tours de Poudlard qui dominaient le lac. Harry était soulagé de les voir.
- On ferait mieux de rejoindre les autres, dit Ron.
Harry approuva d’un signe de tête avec l’idée horrifiante de retrouver tous les élèves de Poudlard morts dans le hall d’entré. Le train s’immobilisa alors complètement dans la gare de Pré-au-Lard et le machiniste leur ouvrit la porte. Harry sauta à terre puis regarda autour d’eux. Il n’y avait personne, il n’y avait rien. Seulement une diligence les attendait sur la route menant au château. Hermione, Ron, Fred, George et Ginny sortirent après lui et poussèrent un cri. C’était la première fois qu’ils voyaient des sombrals. Il y en avait quatre attelés à la diligence qui devait être au moins deux fois plus grosse que les normales. Ils entrèrent dedans et se dirigèrent lentement vers le château. Plus ils s’approchaient, plus Harry tremblait. Les torches accrochées à l’entrée du château semblaient même le narguer en brûlant d’une manière étrange. Enfin, la diligence s’arrêta devant l’immense porte de chêne et ils sortirent tous. Une légère brise leur caressa les joues et Harry redoutait le pire. Il escalada les marches d’entré puis poussa la porte. À sa grande surprise, plusieurs élèves parlaient dans le hall d’entré en se dirigeant vers la Grande Salle. Certains remarquèrent leur arrivée mais la plupart était plongé sérieusement dans une discussion. Harry passa à côté de deux élèves de Poufsouffles.
- Tout le monde dit qu’ils sont morts, murmura l’un à l’autre.
- Tu dis n’importe quoi! Répondit le deuxième.
Harry accéléra le pas, suivit de ses amis, puis ils pénétrèrent dans la Grande Salle. Leur arrivée ne passa pas inaperçu. Toutes les conversations s’arrêtèrent brusquement et Harry sentit les yeux se tourner vers eux. Il voyait l’expression ahurie de Pansy en les voyant entrer et les visages flasques de Crabbe et Goyle qui n’avaient pas encore compris ce qui se passait. Ils s’assirent à leurs places puis commencèrent à manger comme si de rien n’était. Même certains professeurs semblaient étonnés de les voir mais ils ne firent rien. Les conversations reprirent quelques minutes plus tard et les rumeurs sur ce qu’ils avaient fait doublèrent. Harry faisait de son mieux pour ignorer les regards subtils que les autres élèves leur lançaient mais apparamment, ils n’étaient pas le seul à en avoir la difficulté. Ron mangeait carrément le visage dans son plat pour éviter le regard des autres.
- Où étiez-vous? Demanda Seamus en s’approchant d’eux.
- Nous sommes... euh.... allé voir la mère de Ron à l’hôpital, répondit maladroitement Harry.
Toute la semaine se passa ainsi, chaque fois que Harry croisait un élève dans le couloir, celui-ci n’hésitait pas à lui poser la même question que les autres. Harry était plus que tanné et envisageait même d’aller à ses cours sous sa cape d’invisibilité. Pourtant, malgré tout ce qui se passait, Hermione n’avait eue aucun mal à retrouver la routine de l’école. Elle rappelait sans cesse à Harry et à Ron de l’arrivée imminante des examens qui devaient avoir lieu la semaine suivante. Fred et George, quant à eux, ne s’en préoccupaient guère puisqu’ils avaient déjà leur boutique de farces et attrapes.
Harry fut soulagé de voir la fin de semaine arrivée mais cette sensation le quitta très vite en pensant à toute l’étude qui l’attendait. Il se réfugia, pour la première fois qu’il était à Poudlard, dans la bibliothèque pour étudier les examens avec Ron, Hermione et Neville. Ils avaient prit deux jours de retard et ils devaient rattraper toute la matière qu’ils avaient manquée. Hermione n’irait même pas manger si Harry et Ron ne lui obligeaient pas. Elle était trop obsédée à l’idée de rater une question d’examen qu’elle voulait laissez tomber l’heure du dîner et même les heures pour dormir.
- Tu devrais prendre une pause, Hermione, dit Ron à l’heure du petit déjeuné le dimanche matin. Tu seras trop épuisée pour faire les examens.
- Nonnnnnn, répondit Hermione en baîllant. Je dois.....mémoriser. Je dois étudier...
- Elle agit comme un zombie, murmura Ron à l’oreille de Harry qui éclata de rire.