Cette fois, la foule fut plus bruyante et l’ovation dura beaucoup plus longtemps. Dumbledore prit le trophé et le tendit à Harry qui le saisit fermement et le montra au reste de l’école. Il se sentait fier, il avait accompli quelque chose de très grand. C’était sa première année en tant que capitaine de l’équipe et il avait réussi à la mener à la victoire. Il prit son Éclair de Lumière et fit un tour rapide du terrain avant de remettre le trophé à Ron qui fit son tour d’honneur. Chacun des membres de l’équipe eut son moment de gloire puis l’école entière entra au château. La plupart des élèves venaient féliciter l’équipe de Gryffondors et le capitaine de Poufsouffles vint leur serrer la main. Tous les élèves se retrouvèrent dans la Grande Salle pour le dîner puis, les Gryffondors remontèrent dans leur tour pour fêter. Fred et George ramenèrent quelques plats de la cuisine même s’ils venaient tous de s’empiffrer de mets délectables. La fête dura plusieurs heures. Tous les élèves sans exception restèrent dans la salle commune à faire le plus de bruit possible. Lorsque minuit sonna, Harry, fatigué, se détacha de la foule et monta se coucher en compagnie de Ron. Hermione leur souhaita bon soir puis monta dans son dortoir. Harry et Ron atteignirent le haut de l’escalier de pierre puis ouvrirent la porte. Leur dortoir était plongé dans le froid. Harry donna un coup de baguette magique et les lumières s’allumèrent aussitôt. Ils furent alors abasourdis. Les fenêtres étaient grandes ouvertes, plusieurs parchemins s’envolaient de temps en temps en se perdant dans les profondeurs du parc tandis que le reste du dortoir était sans dessus dessous. Les valises avaient toutes été vidées de leurs contenus qui étaient étalés sur les lits dont les couvertures avaient été retournées. Les tiroirs des commodes étaient tous ouverts et leurs manuels scolaires traînaient un peu partout sur le sol. Harry se dirigea vers les fenêtres et les referma avant de constater les dégâts. Apparemment, quelqu’un était venu fouiller dans leur dortoir. Harry regarda Ron qui semblait horrifié lorsqu’un cri attira leur attention. Ils sortirent rapidement de leur dortoir et dévalèrent les escaliers jusqu’à la salle commune. Tous les élèves s’étaient tus et regardaient autour d’eux d’un air perplexe. Hermione descendit quelques secondes plus tard, avec son collier autour du cou.
- Quelqu’un a fouillé notre dortoir! S’exclama-t-elle paniquée.
- C’est pareil pour nous, dit Harry. Quelqu’un est entré et il a mis le bordel dans le dortoir.
La foule d’élèves éclata en cri puis tout le monde essaya de monter les escaliers pour constater les dégâts. Harry fut plaqué contre le mur tandis que Colin Crivey essayait de monter avant les autres en passant par desus leurs têtes. Personne ne semblait comprendre ce qui était arrivé et tous les élèves se rejoignirent dans la salle commune avec le professeur McGonagall. L’ambiance de fête avait fait place à une ambiance proche de celle d’un enterrement.
- Que s’est-il exactement passé, Miss Granger? Demanda le professeur McGonagall derrière ses lunettes.
- Je ne sais pas professeur! Je suis retournée dans mon dortoir et toutes nos valises étaient vidées!
- C’est pareille pour nous, dit Harry. Je ne comprends pas, c’est forcément un élève de Gryffondors!
Toutes les personnes se regardèrent d’un air confus puis reportèrent leur attention au professeur McGonagall.
- Quand pensez-vous que cela s’est produit?
- Je ne sais pas..... du moment où j’ai quitté le dortoir, donc juste avant le match de quidditch, au moment où j’y suis retournée, répondit Hermione.
- Cela me semble étrange, intervint une élève de quatrième année. Hermione est la dernière a avoir quitté le dortoir et la première a y être retourné car personne n’a quitté la fête avant elle. Donc, nous pouvons présumer que c’est peut-être elle la coupable.
Plusieurs élèves approuvèrent d’un signe de tête.
- NON! Répliqua Harry. Ce n’est pas Hermione, c’est impossible! Le dortoir des garçons a aussi été fouillé.
- Je me rappele qu’Hermione était déjà montée dans le dortoir des garçons il y a trois ans, dit un élève de septième année. Je l’avais croisée lorsque je descendais.
La plupart des élèves se regardèrent en chuchotant. Hermione se trouvait au milieu d’un cercle et commença à pleurer.
- Non! Ce n’est pas moi! Je vous le jure, sanglota-t-elle. Je n’ai rien fait.
- Mais tout laisse croire que c’est toi la coupable....
- NON!!!! Cria Harry. Je vous dis que ce n’est pas Hermione.
Mais quand il y repensait, c’était vrai qu’Hermione était la dernière à avoir quitté le dortoir et personne ne pouvait témoigner en sa faveur. Il ressentait une étrange douleur en voyant Hermione sangloter au milieu des élèves qui la regardaient d’un air supçonneur.
- Bien..... dit le professeur McGonagall. Est-ce que certains d’entre vous ont été volés?
Tous les élèves hochèrent de la tête. Le ou les voleurs n’avaient rien pris.
- Si, nous! Dit Fred. On a perdu tous les nouveaux bonbons que nous avions fabriqués!
- C’est un scandale! S’exclama George.
- C’est Hermione, s’exclama un autre élèves de quatrième année. Tout le monde sait qu’elle déteste les inventions de Fred et George.
La foule d’élève lança plusieurs commentaires mais le professeur McGonagall les calma.
- Retournez vous coucher, j’aviserai le professeur Dumbledore de la situation, maintenant il est tard, aller, tout le monde au lit!
Les élèves montèrent les escaliers en commentant la situation. Certains disaient que c’était la faute de Peeves mais la plupart supçonnait Hermione. Bientôt, la salle commune fut vide et il ne restait plus qu’Harry, Ron et Hermione qui sanglotait encore à genoux. Harry s’approcha d’elle et s’agenouilla à ses côtés.
- Hermione, est-ce que ça va? Demanda-t-il.
- Est-ce que j’ai l’air de bien aller? S’exclama-t-elle en relevant sa tête vers lui. Bien sûr que non! Tout va mal, dit-elle.
Des coulis de larmes apparaissaient sur ses joues rosies.
- Hermione, nous, on te crois, dit Ron en les rejoignant.
- Oui, tu es la dernière personne à qui je penserai pour l’auteur du vol, ajouta Harry. Aller, ils vont nous croire, dit-il en la prenant dans ses bras.
Hermione serra fortement Harry contre lui qui sentait son collier contre sa poitrine.
- Il est tard, on devrait aller se coucher, dit Ron d’un air distrait.
Hermione approuva d’un signe de tête, essuya ses larmes d’un revers de manche puis donna un baiser sur le joue d’Harry avant de remonter dans son dortoir.