L’équipe de France a été éliminée vendredi soir d’un Euro qu’elle a globalement raté. Faible défensivement, mal à l’aise au milieu, souvent déstabilisée par le positionnement aléatoire de ses stars, l’équipe de Jacques Santini sort - logiquement - par la petite porte.
Toutes les personnes croisées depuis France-Suisse offraient la même prévision : face à la Grèce, les Bleus ne risquaient rien. Pourtant, ces Grecs avaient donné du fil à retordre lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 2002 à l’Angleterre, avant de devancer l’Espagne lors des qualifications pour l’Euro. Encore pris à la légère, les joueurs helléniques avaient surpris les Portugais à Porto en début d’épreuve, avant de tenir en échec l’Espagne. Malgré une défaite face à la Russie, les hommes de Rehhagel avaient passé ce tour sans encombre. Mais cela n’avait pas suffit à engendrer la crainte dans les rangs de l’effectif tricolore, ni dans celui de ses suiveurs. Après tout, même en jouant mal, la France gagnait.
Mais vendredi, à Lisbonne, les Bleus sont tombés dans le panneau. Apathiques en première mi-temps, ils ont été piégés en seconde par un déboulé de Zagorakis suivi d’un bon coup de boule de Charisteas, deux des révélations de ce tournoi. Malgré un Thierry Henry sur le chemin d’une bonne forme mais très malheureux devant la cage, les Bleus n’ont jamais pu mettre en danger un Antonios Nikopolidis qui n’est pourtant pas vraiment le meilleur portier du monde. Mais voilà, la cuvée 2004 des Bleus n’était pas aussi consistante qu’on l’espérait. Et après des éliminatoires faciles, les Français ont sans doute pensé trop tôt être au niveau. Une erreur.
Car ce n’était pas le cas. Défensivement, les incessants changements opérés depuis deux ans par Jacques Santini, changeant les habitudes, a eu l’effet inverse de celui escompté. Au lieu de créer des options supplémentaires, il a fragilisé l’édifice à sa base : « Ca ne favorise pas les automatismes et les ententes derrière mais c’est facile de dire ça après », nous a expliqué Mikaël Silvestre. Au milieu, avec un Vieira au top, ça tenait. Mais dès qu’il a été diminué puis absent, la récupération a peiné. Quant à l’animation offensive, les libertés accordées à Zidane et Pires n’ont apporté qu’un peu de troubles supplémentaires. Enfin devant, David Trezeguet, jamais servi dans de bonnes conditions, ne pouvait pas faire de miracle. Thierry Henry, lui, en avait peut-être les moyens. Mais il s’est montré maladroit devant le but. Bref, rien ne tournait vraiment rond. L’ère Santini est terminée. Ce n’est peut être pas si mal…