Introduction
Vous vous souvenez peut-être des critiques qu’avait reçu Operation Flashpoint, Fallout ou encore Hidden and Dangerous lors de leur sorties ? Non ? En gros, c’était moche, injouable et buggé. Mais ça ne les a pas empêchés de devenir des jeux de références adorés par des millions de joueurs.
Boiling Point est en train de subir le même sort.
Fiche
Titre : Boiling Point : Road to Hell
Développeurs : Deep Shadows
Editeur : Atari
Plate-forme : PC
Sortie : 20 mai
Version testée : 1.0 textes en français et voix anglais
Configuration de la machine : CPU P IV 2GHz, 512 Mo RAM DDR, carte graphique 400 MHz 256 MB
Configuration recommandée : Idem
Site officiel : www.atari.com/boiling point
Gameplay
Définir le gameplay de Boiling Point est plutôt difficile, mais on va essayer : il se présente comme un mélange de Deus Ex pour l’aspect Jeu de Rôle avec un zeste de Postal 2 pour la liberté d’action ( rien ne vous empêche de tuer tout le monde dans la rue ou d’insulter les gens). Vous êtes libre de faire ce qu’il vous plait, vous pouvez même abattre des personnages importants, à vous d’assumer les conséquences de vos actes comme dans la vraie vie.
Avec 7 factions sur une carte de 650 km², on a de quoi foutre un beau bordel, pour l’instant, j’ai réussi à me mettre à dos les Bandits, la Mafia et les Guérilleros, par contre je suis en très bon terme avec le Gouvernement et les Indiens. La CIA quant à elle se cache bien. Les relations entres factions sont très bien conçue et surtout très bien implantées dans le jeu, si vous travailler contre la Mafia, il ne faudra pas vous étonner de vous faire traquer par un hélicoptère de combat.
Je dois aussi vous parler des effets liés aux drogues, à l’alcool et aux médocs. La consommation augmente vos capacités, mais plus vous consommez, moins ça marche. Gare à la dépendance. Si vous êtes complètement accro, il faudra passer chez le docteur qui vous proposera une cure de désintox moyennant payement. Les intempéries vous feront vous enrhumer et éternuer comme un idiot en pleine mission d’infiltration. Si vous portez de temps en temps des charges lourdes, votre capacité d’emport augmente, mais plus vous êtes chargés plus vous êtes lent. Un bon conseil : éviter de conduire bourré, histoire de ne pas faucher un enfant dans la rue.
La conduite des véhicules n’est pas évidente au début, mais elle devient très fluide après quelques heures. Le comportement des voiture est réaliste : un pneu crevé doit être changé sinon c’est l’embardée ( répétez plusieurs fois pour mémoriser), braquez à pleine vitesse et vous partez en tête à queue, une rafale de mitrailleuse d’hélico et il prend feu… On peut aussi les réparer, refaire le plein et charger le coffre comme les bonnes vielles mules.
La voiture de départ est immonde à conduire, un veau absolu. Mais acheter une nouvelle voiture coûte cher, vous pouvez en voler une, seulement elle ne vous appartient pas et si vous vous éloignez, elle disparaît comme tous les autres véhicules qui ne sont pas à vous pas. Le comportement des véhicules varie en fonction des modèles.
Aux armes Réaliens !
Les armes sont variées et bien conçues, on peut juste souligner quelques erreurs comme le levier d’armement sur la gauche ou des détails du genre. Mais en règle générale, l’aspect FPS est assez agréable, la prise en main est identique et même avec peu d’expérience on peut faire très mal.
Les armes peuvent être achetées assez cher chez des armuriers et des munitions peuvent être achetées chez des marchands au bord de la route. En plus on peut ramasser toutes les armes qu’on trouve sur les cadavres pour les revendre, car elles sont rarement en bon état pour être employées et s’enrayent tous les 3 coups.
Des améliorations sont disponibles, encore faut-il les trouver pour les faire monter par un technicien. En tout cas si vous n’avez pas assez d’expérience. Quand je vous dis que c’est un RPG.
Intelligence artificielle
L’intelligence artificielle est assez nulle au début : les ennemis ne bougent pas vraiment, ne se mettent pas à couvert… Plus vous progressez dans le jeu, plus vous avez à faire à une IA élaborée : les tireurs bougent sans arrêt, ils restent à distance, appellent des renforts comme un hélico de combat, vous balancent des grenades si vous restez au même endroit plus de 2 secondes, etc.
Les passants sont assez convaincants, mais une fois en voiture, c’est la catastrophe, les voitures se télescopent, emboutissent les murs, les réverbères, écrasent les gens sur la route… C’est vraiment pathétique.
D’un autre coté, si on se balade en ville avec un flingue en main il ne faudra pas s´étonner si on me tire dessus.
Ambiance sonore
Musique : de qualité assez moyenne, la musique contribue pourtant à renforcer l’ambiance Amérique Latine du jeu. Elle n’est pas omniprésente, on peut jouer plusieurs heures en se contentant de l’ambiance sonore de la ville ou de la jungle. Certains morceaux accompagnent l’action d’autres meublent un peu entre deux bastons.
Son : on n’a jamais l’impression d’être dans une cellule insonorisée, il y a toujours toutes sortes de son qui vous entourent et qui dépendent de l’environnement afin de renforcer l’immersion.
Dialogue : là, c’est du pure bonheur. Ceux qui ont joué à Postal 2, pourront comprendre l’expression « héro charismatique ». Il vous permet, lors des dialogues, d’insulter les gens, de se foutre d’eux, de les flatter…Vous avez la possibilité de placer des répliques cinglantes du style « Dégage mamy » ou encore « Tu vas me dire où est ma fille, sale con ! », aller encore une « Si tu continues je vais refaire la déco de ton bar ». En voiture, vous pouvez même gueuler « Dégage » en klaxonnant comme un bon parigot que vous êtes.
Certaines fenêtres de dialogue vous offre le choix entre onze répliques. En fonction de vos choix, vous obtiendrez ou non ce que vous désirez.
Esthétique
La jungle est bien rendue, même si elle n’est pas très dense, par contre les villes sont plutôt mornes et les personnages sont corrects mais auraient pu être plus détaillés. Encore une fois, vous avez le choix entre un jeu qui exige une config de bourgeois ou un jeu pas très beau qui tourne sur une config moyenne. Les personnages ne sont pas très variés, mais on ne s’en aperçoit pas puisqu’on l’habitude dans les FPS de n’avoir qu’une dizaines de modèles de PNJ.
Scénario
La quête principale consiste à retrouver votre greluche de fille qui n’a rien trouvé de mieux que d’enquêter sur les agissements d’un mafieux en plein pays des Barons de la Drogue.
Mais à coté de la quête principale se greffent des centaines de missions sans rapport avec l’intrigue qui vous permettent d’obtenir de l’argent, des objets ou des informations. L’argent vous sert à acheter du matériel, des armes, des véhicules, des renseignements, des fruits, des médicaments, des services… C’est vous qui fabriquez votre propre scénario.
Technique
Après avoir lu des dizaines de postes sur le site de Deep Shadows, sur Boiling-Point.net et sur Jeuvideo.com, j’ai pu constater que 50 % des joueurs avaient de gros problèmes alors que l’autre moitié n’en avait absolument aucun. Apparemment, les bugs apparaissent sur les configs les plus balèzes alors que les petites configs n’ont que de rares ralentissements.
Le code n’est pas vraiment optimisé, mais les développeurs bossent sur un premier patch réglant les problèmes vitaux prévu pour le 7 juin et ont déjà prévu un second pour les détails. S’il y a des joueurs de jeu de rôle sur ZeDen, ils doivent savoir que tous les RPG ont se genres de tares à la naissance.
Bref avec la config minimale, de bon réglages des paramètres vidéo et audio ( sans oublier une bonne défragmentation), je n’ai eu à subir que des ralentissements de l’affichage.
Multijoueur
Puisqu’il s’agit d’un jeu de rôle, il n’y a aucun mode multijoueur, même si un mode coopératif aurait été le bienvenu.
Conclusion
Si comme moi, vous en avez assez de parcourir des couloirs truffés de scripts, alors BP est un bon jeu de rôle avec des armes à feu ( et non un FPS avec progression du personnage). Je le déconseille aux amateurs de couloirs qui se sentent incapables d’assumer les conséquences de leurs actes ou de prendre une décision.
La variété du gameplay et la diversité des quêtes donnent une durée de vie absolument énorme ( plusieurs centaines d’heures pour 45€, qui dit mieux ? ).
Même si BP a des défauts et semble un véritable nid à bugs sur certaines configs parce qu’il est sorti trop tôt, il conserve un sacré potentiel ludique.
Alors si vous craignez d’avoir des problèmes, attendez peut-être le patch avant d’acheter et lisez le fichier readme joint au test pour vérifier la compatibilité de votre matériel.