Sphane, mon fatalisme est modéré au sens ou il est éclairé. Je m´explique, et j´invoquerai les stoiciens qui sur ce point ont parfaitement posé le problème. Mon péssimisme n´implique nullement une inactivité ou un renoncement. Je suis juste conscient de ce qui risque d´arriver, avoir la clarté d´esprit de pouvoir prévoir ce qui va advenir ou peut être advenir, n´est qu´une des prémisses à l´action consciente. LE stoicien devait tenter d´accorder sa volonté avec l´ordre du monde, le Logos, tout ce qui doit arriver arrivera, il faut se mettre dans une disposition d´esprit telle que cela arrive de la façon la plus adéquate. Certains repprochaient aux stoiciens que si ce qui doit arriver arrivera de toute façon, alors si par exemple ma femme tombe malade, inutile d´aller chercher un médecin pour la soigner puisque si elle doit guerrir elle guerrira. Mais c´est ça le vrai fatalisme. Le stoicien répondrait, qui si ma femme tombe malade, je dois faire tout ce qui est en mon pouvoir pour la sauver, puisque cela, même si c´est déja écrit d´avance, il faut le faire plainement, puisque le logos est rationnel, et que la volonté doit s´accorder avec lui, il faut donc faire tout ce que la raison nous pousse à faire. Donc, en toute circonstance le stoicien pure, va faire tout son possible pour agir de la façon la plus raisonnée, sage que possible, pour que sa volonté soit en accord parfait avec son acte et ce qui advient.
Dans mon cas présent, bien que pessimiste quant à l´avenir, cela n´implique pas que je n´agisse pas. C´est un peu comme la monade de Leibniz, elle est " grosse de son avenir" mais elle n´en est pas moins libre et responsable. Cette ombre qui plane au dessus de nos tête je la prend plus comme un indice éclairant de mes choix futurs que comme un ciel de plomb qui nous tombera inéluctable sur la tête. La révolte dont tu parle, si elle est le fruit d´une volonté de manifester son mécontentement, ou son dégout, pour faire bouger les choses dans un sens qui nous parait plus juste est plus que légitime. Je sais que, d´après les spécialistes du développement durable, le tri des déchets est une bonne chose, mais quase infime, et que les procéssus de dégradation de l´écosystème sont déja en activité et son inéluctables. Cela n´empeche que je trie mes déchets, même si cela est contraignant, parce que je veux régler ma volonté avec une certaine idée que j´ai du bon et du mauvais, et que malgré la petit participation que cela représente, cela fait moins de mal à l´environnement que de ne pas le faire. La pleine réalisation de soi, dans les concepts et valeurs que l´on a accepté d´autrui parcequ´ils nous parlent ou institué soi-même absolument ou transcendantalement, voila ce que je considère comme un être au monde positif.