Heu, bon là les gars il me faudrait écrire un essai de 758 pages pour tout vous dire ce que m´inspirent vos nombreux écrits depuis mon absence. Je vois en tout cas que le sujet ne vous a pas laissé de marbre, ça me fait plaisir… Je tiens aussi à dire que vos propos sont pour moi assez complexes, me paraissent très intelligents, et que je ne suis pas toujours apte à comprendre leurs implications ! Je vais donc juste réagir sur certains points et rester muet sur d´autres, non pas que je veuille fuir le problème ou que ça ne m´intéresse pas, mais plutôt que je ne sais qu´en dire pour l´instant.
Akko : " Dire que seule l´évolution de la société a conditionné le comportement humain est un peu limité tout de même..."
Tout à fait, je viens de me relire et je ne suis pas du tout d´accord avec moi !
Je voulais simplement évoquer une certaine forme de délinquance qui est entretenue. Dans le temps, les gens très pauvres volaient et avaient souvent le soutien des couches populaire, il y avait comme une lutte des classes. Avec l´avènement de la prison moderne ( je ne fais que réciter ce que j´ai lu dans " Surveiller et punir" de Michel Foucault, mais bon, il m´a beaucoup marqué) on a regroupé les délinquants entre eux et favorisé la création de bandes organisées, très hiérarchisées ( caïd) et coupées des milieux populaires. Comme ça, au lieu d´avoir une flopé chaotiques d´illégalismes, on a affaire à une délinquance identifiable, peu dangereuse pour le pouvoir en place et qui permet d´occuper les masses pour détourner leur regard des " patrons-voyous" et autres délinquances ne col blanc que tu évoquais. Avant on volait souvent pour vivre, maintenant pour s´enrichir et enrichir son chef, le capitalisme a récupéré l´illégalisme ( comme il récupère à peu près tout, d´où sa dangerosité).
Il est clair que la société n´est pas la cause des mauvais comportements humains, je ne suis pas un Rousseauiste adepte du mythe du bon sauvage, mais certaines tendent à en favoriser l´extension ( en donnant la réussite aux plus magouilleurs, en développant la compétition au détriment de la solidarité) et d´autres moins en essayant de faire en sorte que ce qui est bon pour soi corresponde le plus possible à ce qui est bon pour les autres ( autogestion). L´humain en tant qu´espèce dont tu parles n´a pas de sens pour moi, l´humain à cette caractéristique d´être à l´origine de son essence ( pour moi Tenebris, je ne te dis pas que tout le monde est d´accord ou que je détiens la vérité absolu, c´est juste mon sentiment
) .
Nuit_blanche : " la marginalisation n´est-elle pas plutôt un rempart qu´a l´homme pour se proclamer individu en tant que tel"
Heu peut-être, mais je ne vois pas où tu veux en venir, désolé, par contre je suis assez d´accord avec ce que tu dis de la société…
" rien ne changera l´homme"
Je pense au contraire que l´homme est en perpétuel changement et qu´il n´y a pas de nature humaine, que c´est une des multiples excuses que l´homme trouve pour fuir sa responsabilité.
Tu dis que des beaux discours ne modéliseront jamais un monde parfait, c´est vrai, mais ce n´est pas une raison pour ne pas chercher mieux, nous sommes d´accord je pense ! D´ailleurs, je perçois des contradictions entre le dirigisme et le fait de favoriser l´anarchie, je ne te suis pas bien. 
Les théories anarchistes autogestionnaires n´impliquent nullement la perfection de l´individu. Par exemple, dans un système de démocratie directe, s´il était tombé du ciel d´un coup quand Robert Badinter proposait d´abolir la peine de mort, on l´aurait conservée car une majorité de français était, si l´on en croit les sondages, favorable à cette peine. Par contre, si les gens sentaient que leurs décisions avait réellement une influence sur le cours de la politique l´abstention serait je pense moindre. Comment vouloir aller voter quand tu sais que tu n´as aucun contrôle sur la personne élue ( non révocabilité des mandats) et que rien ne n´oblige le candidat à tenir ses promesses ( d´où le développement de la com´ car ce qui compte c´est l´emballage, on te vend les candidat comme des yoghourts) ? De plus, devant ce qui va mal on ne pourrait se réfugier derrière d´autres que soi et les gens apprendraient de leurs erreurs. Dire que les gens ne sont pas aptes à se gouverner est un argument utilisé par les monarchistes en leur temps ! !! Encore une fois, rien de parfait dans cette idée de société, juste une autre répartition différente de ce pouvoir si corrupteur.
Tenebris : sur l´écrasement obligatoire de l´individu par la société utopique et la nécessité de la perfection de chaque personne pour la réaliser, voir au dessus. Sinon, tu développes toute une théorie qui me semble cohérente et que je ne comprends pas toujours à fond. Cela dit, certaines choses semblent nous séparer radicalement. En effet, quand tu dis que le fait que l´homme ait perdu fois en une transcendance, je crains fort de ne pas être d´accord, du moins si tu parles de transcendance extérieure. Le fait de ne plus croire en des valeurs transcendantes de bien et de mal oblige l´homme a toujours se remettre en question et ne pas sombrer dans la facilité d´agir non pas suivant la raison mais suivant une croyance ( voir l´incompréhensible, par moi en tout cas, " Ainsi parlait Zarathoustra" de Nietzsche). De plus, l´homme peut ainsi chercher en lui-même sa propre transcendance, ce qui est une manière d´assumer la responsabilité inhérente à sa liberté. Et vive Sartre !
Sephirium : l´amour ne suffit pas, on peut tuer par amour ( crimes passionnels) il faut aussi de la raison... Bon je sais, ça fait moins poétique...
Bon, ça passe ou pas un message de cette longueur ?