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Liste des sujets

Fic : One shot’s own songs

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
21 janvier 2006 à 13:33:44

Nan en fait elle y assiste pas vraiment. Sa mère l´a laissée dans une chambre à l´auberge à l´entrée de la ville. Et en sortant elle a vu Mylène avec Zélos dans ses bras passer juste devant elle.

Plus tard, quand la Garde Royale a cherché à savoir qui était cette femme qui avait failli assassiner le nouvel Elu, ils ont trouvé Sélès.

CiTy-Of-DaMNeD
CiTy-Of-DaMNeD
Niveau 10
21 janvier 2006 à 13:37:21

D´accord!!! Je comprends mieux :)

Et maintenant tu compte écrire sur quel sujet ? :question:

Star-Angel
Star-Angel
Niveau 10
21 janvier 2006 à 13:39:42

La mort de la pauvre Martel? :ange:

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
21 janvier 2006 à 13:45:44

Bin, j´ai un truc en route avec Yggy là (Yggdrasill, lol) et le dernier combat du jeu, mais je pense que ça va me prendre pas mal de temps, alors c´est pas pour tout de suite.

Sinon, j´hésite à faire un passage sur la transformation de Colette en ange. Mais je crois que j´ai un peu tendance à sombrer dans les histoires pathétiques... Ou bien c´est l´univers de TOS qui veut ça ?? lol :rire2:

Un peu de gaité ferait pas de mal ! :)

CiTy-Of-DaMNeD
CiTy-Of-DaMNeD
Niveau 10
21 janvier 2006 à 13:48:50

L´enfance de Regal !! !! :fou:

puis sa rencontre avec Alicia

La vie à Lezénaro

sa vie en prison

son entrainement pour combattre avec le pieds

:fou:

Regal powa ! :fete:

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
21 janvier 2006 à 13:50:31

La mort de Martel ? Ouais, j´aimerais bien, c´est sur !! J´ai même déjà réservé une chanson bien spécifique pour cette fic. :) :cd:

Mais c´est un peu comme pour l´histoire de Mylène : je ne sais presque rien et j´ai peur d´écrire des idioties... lol :rire:

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
21 janvier 2006 à 13:55:06

lol City :d) Regal Powaaaa !! :g)

Bin moi j´accroche pas tellement au personnage. :non: Ni a celui de Presea d´ailleurs.

CiTy-Of-DaMNeD
CiTy-Of-DaMNeD
Niveau 10
21 janvier 2006 à 15:25:46

Pour Préséa dommage... tu auraus pu raconter le soirr où on lui a posé l´exsphère.. et tout cette histoire :o))

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
21 janvier 2006 à 15:58:59

Bien, bien, je garde toutes ces idées sous le coude ! :-) C´est vrai qu´il y a énormément de choses encore à raconter. Il faudrait que je mette le booster et que les journées fassent 48h.

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
21 janvier 2006 à 16:21:04

:merci:

CiTy-Of-DaMNeD
CiTy-Of-DaMNeD
Niveau 10
21 janvier 2006 à 16:29:33

Tout a fait d´accord avec Layandra !! ! :oui:

Mais un one-shot en fait c´est quoi XD

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
21 janvier 2006 à 16:34:01

C´est une histoire en un seul chapitre.
Littéralement écrite "d´un seul coup" (one shot). En gros et en français : une nouvelle. :)

CiTy-Of-DaMNeD
CiTy-Of-DaMNeD
Niveau 10
21 janvier 2006 à 17:20:19

D´accord :) J´ai compris :-d

CiTy-Of-DaMNeD
CiTy-Of-DaMNeD
Niveau 10
22 janvier 2006 à 19:36:12

J´ai un nouveau sujet pour toi !! :fou:
héhé avec moi t´auras du boulot à la pelle :o))

Zélos Vs Sélès :)

Le combat au colisée + les explications touchantes après la défaite de la soeurette :mort:

t´en penses quoi ? :)

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
22 janvier 2006 à 20:24:15

J´en pense que tu viens de me spoiler ! lol :(

Nan sérieusement, c´est encore une scène que j´ai pas vue, et je raconte pas ce que j´ai pas vu, ça fait pas des bonnes fic. Mais je recommence une partie alors peut être quand je l´aurai finie, ce sera plus clair tout ça dans ma tête et j´écrirai un truc. Pas pour le moment, désolée. :-p

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
24 janvier 2006 à 23:09:18

MAIN DANS LA MAIN

Sur la musique de :

Tom McRae – You cut her hair
Tom McRae – 2nd law

La nuit tombait sur le campement établi par Kratos. Les étoiles étaient suspendues à la voûte céleste comme autant de pierres précieuses cousues sur un drap de soie bleu. Brillantes, incandescentes, elle brûlaient la rétine et gravaient leur indélébile trace dans l’esprit du voyageur. Le ciel sans nuage dévoilait toute l’immensité de l’univers au-dessus de sa tête. Le Grand Vide. L’Infini.

Colette était allongée dans l’herbe à même le sol, les bras en croix et les yeux grands ouverts. Ses pupilles dilatées discernaient l’extrêmement petit et l’extrêmement loin. Les poussières, les insectes. Les planètes, les étoiles. Elle voyait tout mais ne comprenait rien. La jeune fille se sentait comme un papillon, perdu au milieu de nulle part. Une poussière céleste, un morceau du Grand Tout qui n’aurait pas encore trouvé sa place. L’herbe humide trempait ses vêtements, mais elle ne sentait pas le froid s’infiltrer en elle. Ses longs cheveux blonds s’étalaient, épars, rayonnant sur le sol autour de sa tête, la dotant d’une auréole étincelante, couleur des blés. La jeune fille restait immobile, telle une marionnette dont on aurait coupé les fils, ne sentant rien, ne goûtant rien. Elle ne pouvait dire ce qu’elle ressentait. Son cœur lui envoyait des messages décousus, contradictoires, effrayants. Un poids sur la poitrine l’empêchait de respirer. Elle s’assit dans l’espoir que la sensation d’étouffement cesse et regarda autour d’elle.

Que faisaient les autres ? Comme à son habitude, Kratos était assis un peu en retrait, faisant face à tout le monde, comme pour mieux les observer. Il semblait réfléchir, mais Colette savait qu’il faisait preuve d’une vigilance constante. L’ouïe aux aguets et le regard perçant, il devait certainement surveiller les environs discrètement. Ses cheveux châtains, rendus presque noirs par l’obscurité qui les entourait, lui tombaient sur les yeux, masquant l’expression de son visage. Colette aurait bien aimé savoir si lui aussi était angoissé. Cet homme était très mystérieux, il ne dévoilait jamais ses pensées. Lui arrivait-il de douter parfois ? Ou était-il toujours aussi imperturbable ? Il n’avait montré jusqu’à présent aucun signe de faiblesse ni d’hésitation. Il conservait son sang-froid en toute situation et une aura de force semblait toujours émaner de lui. Habituellement Colette se sentait en sécurité en sa présence, mais ce soir elle se demandait pourquoi il avait accepté de la protéger durant son périple, et s’il avait la moindre idée de ce qui l’attendrait le lendemain à la Tour du Salut… Elle aurait aimé lui poser la question si elle avait pu parler, et surtout si la réponse éventuelle ne lui faisait pas aussi peur.

Frissonnant, elle promena son regard sur ses amis présents. Lloyd était assis près du feu, les jambes allongées sur le sol, bras en arrière. Noïshe lui léchait la main affectueusement. Le feu crépitait, jetant des ombres difformes et terrifiantes sur les buttes et les arbustes qui les entouraient. Une brise légère faisait doucement s’envoler les cheveux du jeune homme. Des reflets rouges glissaient le long de ses mèches brunes et disparaissaient en un claquement, comme si le feu lui-même l’avait choisi pour miroir de son ardente beauté. La lumière dorée du foyer illuminait son visage, accentuant le relief de ses joues et le creux de ses yeux. Colette réprima un pincement au cœur. Ce qui lui manquerait le plus, ce serait certainement les traits fins de ce visage et la douceur de son sourire.

Les larmes ne montaient plus aux yeux de la jeune fille depuis sa transformation en ange, mais elle sentit son cœur se serrer. Beaucoup de choses allaient lui manquer ou lui manquaient déjà. Le chant des oiseaux quand elle se levait chaque matin, l’arôme du café fraîchement moulu, la voix de Lloyd taquinant Génis. Elle se mit à penser aux cours de Raine qu’elle suivait à Isélia, à l’odeur de la craie sur le tableau humide, aux bruits de pas de Lloyd sur le parquet du couloir de l’école, les jours où il arrivait en retard. Colette sentit une boule se former dans sa gorge. Mais elle ne pouvait déjà plus goûter les merveilleux plats de Génis, ni sentir le parfum sucré des épices qu’il transportait partout avec lui. Comme tout cela allait lui manquer ! L’herbe verte et fraîche sous ses pieds nus, la couleur toute particulière des yeux de Lloyd quand il était en colère, la morsure du froid en hiver et la douce chaleur de la main de Lloyd dans la sienne. Le bruit de la pluie sur les carreaux, et l’odeur de la terre retournée, le craquement du feu, et le bruits des semelles sur les dalles de pierre. Et le rire de Lloyd. Et l’odeur de Lloyd. Et …

Colette croisa le regard de Lloyd et se détourna vivement. Pourtant aucune larme ne roulait sur son visage. Elle se leva brusquement et s’éloigna du groupe. Le garçon fit mine de se lever, mais d’un signe de la tête, elle refusa qu’il la suive. Penaud, il la regarda partir sans esquisser un geste, la fixant avec tristesse. Quand elle eut disparu dans l’obscurité, il soupira et se rassit. Kratos n’avait pas perdu une miette de la scène. Il se leva discrètement et s’éclipsa sans que personne ne s’en aperçoive.

Colette étouffait. Elle ne savait pas trop où elle se dirigeait, mais elle avait besoin d’un peu de solitude pour respirer. L’obscurité ne la gênait pas pour marcher, mais où qu’elle aille, elle entendait encore la voix de ses amis discutant autour du feu, et elle distinguait parfaitement chacune de leurs paroles.

« - Que se passe-t-il Lloyd ? Où est Colette ? Questionnait Génis, s’apercevant qu’elle n’était plus là.
- Euh. Elle… elle s’est absentée, répondit Lloyd en hésitant.
- Absentée ? Mais où est-elle allée ?! C’est dangereux, elle ne doit pas rester seule !! »

Ça c’était la voix du Professeur. Colette pouvait deviner qu’elle était inquiète et furieuse. Pourvu qu’elle ne s’en prenne pas à Lloyd, il n’y était pour rien. Tout était de sa faute à elle. Elle ne pourrait jamais s’excuser suffisamment pour tous les tracas qu’elle apportait à ses amis.
La jeune fille continuait de marcher, perdue dans ses pensées, quand soudain son pied glissa sur une racine humide et la fit tomber dans une petite crevasse en contrebas. Elle grimaça par réflexe, mais aucune douleur ne transperça sa cheville foulée. Elle vérifia qu’elle pouvait se tenir debout et leva la tête vers le sentier où elle se trouvait une seconde plus tôt. Ce n’était pas haut, elle pourrait remonter toute seule. Heureusement, car elle aurait été bien en peine d’appeler à l’aide.
Colette se mit en devoir d’escalader la pente, s’aidant des racines des arbres qui dépassaient du sol. Mais celle-ci était trop abrupte et le sol mouillé se dérobait sous les pas de la jeune fille. Ses vêtements blancs étaient maintenant maculés de boue et des débris de feuilles mortes étaient emprisonnés dans ses cheveux sales. Colette se sentit prise au piège. La situation était ridicule. Elle allait encore inquiéter les autres si elle ne revenait pas vite. Elle n’était qu’un poids pour eux, incapable de même se sortir seule d’une mauvaise passe comme celle là.

Soudain, Colette entendu un crissement et aperçu une ombre en haut de la crevasse. Elle sursauta, effrayée, puis reconnu le visage du mercenaire qui se penchait vers elle.

« - Besoin d’aide ? » Lui dit-il simplement.

Remise de sa peur, Colette aurait voulu lui sauter au cou. Mais ne pouvant parler, elle inclina vigoureusement la tête en signe d’assentiment.

« - Bien. Attrape ça et laisse-toi tirer. Ne pose surtout pas ton pied au sol, il a l’air d’être blessé. Inutile d’aggraver ça. »

Le ton de Kratos ne souffrait aucune réplique et Colette fit ce qu’il lui dit. Elle empoigna fermement la branche qu’il lui tendait et se laissa hisser hors du trou boueux.

« - Assied-toi maintenant. » fit-il avec autorité.

Soulagée bien qu’un peu honteuse, Colette s’assit par terre et Kratos s’agenouilla devant elle. Son visage sérieux ne laissait filtrer aucune émotion. Il prit sa cheville blessée entre ses mains et lui demanda de bouger son pied. Obéissante, la jeune fille remua son pied avec difficulté. Le mercenaire tâta l’articulation et remonta le long du mollet pour vérifier qu’il n’y avait pas trace de fracture. Satisfait, il sortit un linge blanc d’une des ses poches, ainsi qu’un petit sac contenant des plantes et des fioles. La cheville commençait à enfler légèrement.

Colette le regarda d’un air interrogatif, la tête penchée sur le côté. Se sentant observé, Kratos releva la tête et dévisagea la jeune fille.

« - C’est une foulure. J’imagine que tu ne veux pas montrer tes exploits à Raine pour qu’elle te soigne ? » dit-il d’un ton un peu sec.

C’était bien plus une affirmation qu’une question, mais Colette secoua quand même négativement la tête. Si elle pouvait éviter de les inquiéter tous, elle le ferait. C’était sa faute, elle aurait dû faire plus attention. Elle n’aurait pas dû s’éloigner.

Kratos étendit le linge par terre et effrita quelques feuilles séchées au-dessus. Il ajouta un onguent couleur crème qu’il étala sur toute la longueur du tissu. Puis il banda fermement la cheville de la jeune fille avec cette préparation.

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
24 janvier 2006 à 23:10:43

Colette se sentit mal. Si Kratos n’avait pas été là, elle aurait passé la nuit dans cette crevasse et ils auraient perdu un temps précieux à la chercher. Baissant la tête, elle se mordit la lèvre. Elle s’en voulait d’être aussi bête. Elle était née Elue. C’était elle qui devait protéger les autres et non l’inverse. Elle devait se montrer forte et affronter son destin avec plus de courage. C’était son rôle que d’être sacrifiée à la Tour du Salut. Pour le bien de tout Sylvarant. Et elle allait le faire !

Kratos remarqua que la jeune fille, plongée dans ses pensées, serrait les poings à présent. Il se releva et rangea ses affaires.

« - Bien ! Ne touche pas à ce bandage, et demain il n’y paraîtra plus. »

Colette ne répondit pas. Elle serrait les dents pour ne pas pleurer et n’osait plus lever les yeux pour ne pas croiser le regard légèrement condescendant de Kratos. Celui-ci remarqua que la jeune fille ne faisait pas mine de vouloir se lever. Il devinait en partie ses pensées, et soupirant, il s’assit à côté d’elle.

Un silence épais les entourait. La lune, décroissante, apparut derrière un nuage qui s’effilochait, dardant ses rayons sur le plateau où ils se trouvaient. La lumière blafarde éclaira un instant le visage soucieux du mercenaire, dessinant de grandes cernes grises sous ses yeux. Kratos regardait droit devant lui. Il ouvrit la bouche, hésita une seconde et la referma. Puis fermant les yeux d’un air excédé, il se décida :

« - Alors ? Tu crois que tu es vraiment l’Elue finalement ? » finit-il par dire très directement.

Colette fut prise de court. Bien sûr qu’elle était l’Elue ! Elle avait le cristal. Mais elle comprit immédiatement après ce à quoi Kratos faisait allusion.
L’Elue ne devait-elle pas être courageuse et généreuse ? Deux qualités qui lui faisaient défaut en ce moment crucial. La jeune fille rentra la tête entre ses épaules, honteuse et craintive comme une enfant réprimandée. La tête baissée, elle fixait ses mains qui ramassaient machinalement des feuilles mortes et les brisait en petits morceaux, s’éparpillant sur ses genoux.

Kratos cessa de contempler la lune pour se tourner vers Colette. Il la dévisagea sans aucune gêne. Puis il soupira ostensiblement et d’un geste ferme, il prit la main gauche de la jeune fille dans la sienne et dessina un point d’interrogation sur sa paume.
Colette leva les yeux et se rendit compte que le mercenaire avait ses yeux tout droit plantés dans les siens et qu’il attendait une réponse à cette question rhétorique. Elle prit à son tour la main de l’homme entre les siennes. Elle était tellement plus grande et plus puissante. La peau semblait épaisse et calleuse, certainement à cause des frottements de la poignée de son arme. Colette lui retira son gant et du bout de l’index, elle traça des mots dans l’obscurité.

« - Je suppose que ce n’est pas vraiment le moment idéal pour se poser la question ? », écrivit-elle.

La tête baissée, elle fixait ses petites mains blanches qui tenaient toujours cette immense main d’adulte.

« - Au contraire, c’est la dernière fois que tu en auras l’occasion », répondit Kratos très posément.

Colette le regarda du coin de l’oeil. Il n’avait pas l’air de se moquer d’elle. Il paraissait aussi sérieux et réfléchi que d’habitude. Elle l’observa attentivement. Ses yeux brillaient comme ceux d’un chat dans l’obscurité. Il ne semblait pas souffrir du vent ni du froid, pourtant intenses à cette altitude. Colette sentit qu’il dégageait à nouveau cette aura de force et de sécurité qui le caractérisait. Il se détourna d’elle et fixa à nouveau le ciel.

« - Si tu n’es pas prête à te sacrifier pour Sylvarant, alors ne va pas à la Tour du Salut. »

Il ne plaisantait pas. Son ton était catégorique. Il ne s’agissait pas d’une simple hypothèse formulée pour la rassurer. Il comprendrait si elle n’y allait pas… Colette était stupéfaite.
Essayait-il de lui dire de ne pas y aller ? Après ce long périple ? Après toutes ces épreuves ? Etait-ce seulement envisageable ?

Colette réfléchit à la question un instant, le cœur plein d’espoir. Mais elle ne pouvait pas faire ça. Trop de monde comptait sur elle. S’il existait seulement une autre possibilité, Raine ou Phaidra l’auraient su et ne l’auraient jamais poussée dans cette aventure. D’autres Elus étaient passés par là avant elle, et ils avaient dû tenir le même raisonnement qu’elle. Si la vie d’un seul pouvait sauver tout un peuple, alors il n’y avait pas à hésiter ! C’était grâce à eux que Sylvarant vivait en paix avant le retour des Désians. Maudits Désians qui revenaient sans cesse…

Qu’aurait dit Lloyd dans pareille situation ? Que n’importe quelle vie était aussi importante que toutes les autres bien sûr… Mais avait-il raison ?

Elle saisit plus fermement la main du mercenaire et écrivit :

« - Si je n’y vais pas, Sylvarant sera condamné. »

Un silence suivit, où on n’entendit pas même le souffle du vent, comme si la planète retenait sa respiration. Le monde était suspendu, attendant une solution oubliée dans les tréfonds d’un esprit inspiré, telle une délivrance de sa souffrance. Et la réponse tomba, tranchante :

« - oui, répliqua-t-il aussi froidement qu’il était possible. Oui, si tu ne te sacrifies pas, Sylvarant périra. »

Il n’y avait aucun regret, ni aucune tristesse dans sa voix. Il continuait de fixer un point dans le ciel, sans sourire. Le ton parfaitement détaché sur lequel il prononça ces mots pétrifia Colette. Il ne paraissait pas se sentir concerné par le sort du monde. C’était tellement ahurissant, déstabilisant, effrayant !! Il vivait sur cette terre pourtant. Il y connaissait des gens. Comment pouvait-il se montrer aussi froid, aussi insensible ? Que cachait-il derrière cette façade de glace ?

Plus que tout, Colette était déçue. Un espoir fou, irraisonné, s’était emparé d’elle. Elle avait cru, l’espace d’une seconde, qu’il lui proposerait une alternative à son destin. Un vrai choix. Et la tension avait chuté d’un coup, entraînant son moral avec elle. Elle se sentait frustrée et trompée. Elle avait voulu un miracle et il lui jetait l’affreuse réalité en plein visage, comme une gifle.

Sous l’effet de la stupeur, Colette pinçait la paume de l’homme plus violemment entre ses doigts crispés. Elle ne savait que répondre. Elle regardait le mercenaire, ahurie, en proie à des sentiments de haine qu’elle ne connaissait pas. Elle restait figée, incapable de se contrôler.
Le sang ne parvenant plus jusqu’à ses doigts, la main de Kratos vira au blanc puis au violet. Les ongles à moitié rongés de la jeune fille s’enfonçaient lentement dans la chair, dessinant de petits arcs de cercle rouges, puis de minuscules gouttes de sang perlèrent le long de la griffure. Tous deux restèrent ainsi un moment en silence, puis Kratos baissa les yeux vers sa main bleuie et la retira lentement. Colette le lâcha en rougissant et paniquée, elle mima quelques excuses, portant ses mains à son visage en signe de remord.

« - Bien… », murmura-t-il pour lui-même.

Il lécha la plaie superficielle, puis ferma et ouvrit plusieurs fois de suite la main, tendant la peau endolorie. Il ajouta ensuite presque gentiment, mais sans la regarder :

« - Si tu n’as rien de plus à dire, nous pouvons peut être retourner au campement. Les autres doivent se poser des questions. »

Il enfila son gant tel quel sur sa main blessée, ramassa ses affaires et se leva sans un bruit avec l’aisance d’un chat. Il aida Colette à se mettre debout à son tour, et lui conseilla de regarder plus attentivement où elle posait les pieds dorénavant, ça pourrait lui éviter certains désagréments. Puis il ajusta son arme à sa ceinture et s’épousseta rapidement. Enfin, il fit quelque pas en direction de campement, et tournant le dos à la jeune fille, il conclut :

« - Tout repose entre tes mains… C’est ton choix. Mais réfléchis bien. Il ne sera plus temps de revenir en arrière ensuite.»

Sans lui accorder un regard, il se dirigea vers la lueur du feu de camp qu’on distinguait au loin et disparu dans l’obscurité, abandonnant la jeune Elue à ses doutes et à ses inquiétudes.

Celle-ci tremblait comme une feuille, bien qu’elle ne sentait pas le vent glacial qui s’engouffrait à présent dans ses cheveux et sous ses vêtements. Sa cheville n’enflait plus, mais elle avait le cœur gros. Ses pensées tourbillonnaient et s’entrechoquaient dans sa tête, jetant le trouble dans son esprit. Elle devait pourtant prendre une décision. Elle avait toute la nuit pour ça, mais ce ne serait pas facile. Depuis qu’elle ne dormait plus, chaque nuit s’étirait infiniment, apportant son cortège de pensées parasites, de désespoir, de cauchemars éveillés. Il faudrait pourtant bien qu’elle se ressaisisse, avant que Lloyd et les autres ne voient clair en elle. S’ils lui demandaient eux aussi, de ne pas se sacrifier, elle n’aurait jamais la force, elle s’effondrerait. Il fallait qu’ils ne se doutent de rien. Surtout Lloyd. Oui, si elle parvenait à sauver au moins une chose, ce serait ce monde dans lequel vivait Lloyd. Elle souhaitait qu’au moins lui, soit heureux.
Cette pensée lui redonna du courage et elle se redressa. Elle leva fièrement le menton et lissa ses longs cheveux en arrière. Il fallait qu’elle ait l’air présentable, pour qu’ils ne se doutent de rien. Elle parvint même à esquisser un sourire, ce qui lui redonna un peu de chaleur au ventre. Prenant appui sur sa cheville blessée, Colette fit un premier pas en avant et tangua légèrement. Elle recommença, plus sure d’elle-même, et s’obligeant à mettre un pied devant l’autre, elle s’avança en direction du campement.

    • *************

PAROLES

Tom McRae – 2nd law

Tell all my friends
I have gone to the moon
Tell all my friends
I will write them soon
And tell them
If you see them
That I am better left alone

´Cause I´m living up here where the air is thin
And where gravity don´t bring you down
I´m living up here and I´m watching your universe cooling down

I spend my days beneath a perspex dome
I think that I have finally come home

So tell them
If you see them
That I am better left alone

´Cause I´m living up here where the air is thin
And where gravity don´t bring you down
I´m living up here and I´m watching your universe cooling down
Yeah I´m living up here where the air is thin
And where gravity don´t bring you down
I´m living up here and I´m watching your universe cooling down.

________________________

TRADUCTION

Dis à tous mes amis
Que je suis parti sur la lune
Dis à tous mes amis
Que je leur écrirai bientôt
Et dis leur
Si tu les vois
Que je préfère qu’on me laisse seul

Parce que je vis ici, en haut, où l’air est léger
Et où la gravité ne vous tire pas vers le bas
Je vis ici, en haut, et je regarde votre univers se calmer

Je passe mes journées sous un dôme de plexiglas
Je pense que je suis enfin arrivé chez moi

Alors dis-leur
Si tu les vois
Que je préfère qu’on me laisse seul

Parce que je vis ici, en haut, où l’air est léger
Et où la gravité ne vous tire pas vers le bas
Je vis ici, en haut, et je regarde votre univers se calmer
Oui, je vis ici, en haut, où l’air est léger
Et où la gravité ne vous tire pas vers le bas
Je vis ici, en haut, et je regarde votre univers se calmer

CiTy-Of-DaMNeD
CiTy-Of-DaMNeD
Niveau 10
25 janvier 2006 à 10:08:25

:coeur: Génial........ :bave:

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
25 janvier 2006 à 18:58:03

Bon, hé bien s´il n´y a rien à dire (encore que moi j´y trouve des défauts, mais bon :sarcastic: )...

:d) :d) :d) Just Enjoy ! :g) :g) :g)

StudioKamui
StudioKamui
Niveau 7
26 janvier 2006 à 18:19:37

:pacg: :pacg: :pacg: :pacg: :pacg: KAMARCANE :pacd: :pacd: :pacd: :pacd: :pacd:

Yessss!!!
Kamui Powaaaa !! ! Par le pouvoir des 100 Posts ancestraux ! Je détiens la force toute puissante !! !

... En même temps ici, on se bat pas vraiment pour poster. T-T

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