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chapitre 4 : souvenir douloureux.
Aerys était là, immobile, incapable de bouger tellement la fatigue se faisait ressentir. Il ne sentait plus son corps, et quelque chose lui disait que ça valait mieux pour lui. Le jeune piaf n’avait même plus assez de force pour ouvrir l’œil. Il entendait des sons, comme des personnes qui parlaient sans qu’il parvienne à comprendre un traitre mot de ce qu’il se disait. Les voix ressemblaient plus à des cris stridents qu’autre chose. Cela avait pour conséquence de lui donner mal au crâne.
Les sensations lui revenaient peu à peu. Il commença par ne sentir que le froid de l’eau dans laquelle il baignait. Puis vint le mouvement des vagues qui déferlaient sur le sable. Il était sur une plage.
Aerys fut prit d’une toux soudaine et cracha un filet d’eau, directement expulsé depuis ses poumons. Il entrouvrit un œil pour tenter de regarder autour de lui. Le soleil l’éblouissait, il voyait trouble et n’arrivait qu’à distinguer les silhouettes qui l’entouraient. Elles étaient surement la source de ces cris stridents. A en juger par les sons émis, il s’agissait probablement d’un groupe de nervys discutant dans leur langue natale.
Le jeune piaf tenta de lever son bras pour se donner un appui afin de se relever. Mais il sentit une intense douleur qui lui traversa le membre. La douleur se répandit ensuite dans tout le corps. C’est à ce moment là que le jeune pirate réalisa à quel point il devait être en mauvais état, trouvé inconscient et blessé sur une plage.
Sa vue, déjà très troublée, sembla se dérégler d’avantage. Tout s’assombrit et il perdit de nouveau connaissance…
Il se réveilla au sec, confortablement installé dans un lit. La première chose qu’il fit fut de regarder son bras : ce dernier semblait intact. Il se redressa alors en position assise et regarda frénétiquement autour de lui. La pièce était petite et peu décorée. Hormis la présence du lit, seul un petit tabouret en bois se trouvait dans un coin de la pièce. En face, pas très loin de la porte, se trouvait une fenêtre donnant directement sur une étendue de sable fin qui disparaissait sous l’eau peu agitée de l’océan.
Instinctivement, Aerys voulu se lever pour rejoindre la mer. Mais au moment de poser pied au sol, une douleur lui traversa la jambe ce qui attira son attention sur cette dernière. Son membre inférieur gauche était recouvert de bandages. Voyant que ses bras étaient intacts, il n’avait pas pensé à regarder ce qu’il en était de ses jambes…
Il se résigna donc à se contenter de regarder par la fenêtre l’étendue bleue, berceau de son enfance. Il se sentait étrangement mélancolique : c’était la première fois qu’il voyait la mer sans pouvoir la rejoindre. Il poussa donc un profond soupir, essayant de se rassurer en songeant que la situation aurait pu être bien pire après ce qu’il s’était passé.
Il profita donc de cet instant de répits pour se remémorer l’évènement qui lui avait valu de se faire briser un membre…
L’elfe, obéissant au signal d’Octis, venait de décocher une minuscule boule de feu sur Minos. Cela n’était guère suffisant pour blesser significativement un Tauren, mais juste assez pour l’agacer et ainsi déclencher sa furie de berzerk. Minos dont la musculature avait augmenté en volume de manière quasi-instantanée suite à cela, poussa un puissant hurlement et se jeta sur le vaisseau adverse, brisant quelques planche du pont principal par la même occasion. D’un seul et unique coup de hache, il trancha le mat et décapita deux soldats de la marine. Le mat s’effondra sur un groupe de 5 autres elfes qui n’eurent pas le temps de réagir.
Les autres, surpris et apeuré de cet assaut aussi violent que soudain, n’avaient toujours pas décoché une seule flèche pour tenter de stopper le Tauren furieux. Il fallait dire que la force de Minos était impressionnante : Octis avait hésité d’utiliser les canons de peur qu’ils ne soient inefficaces sur le matériau magique du vaisseau adverse, et le Tauren venait pourtant de briser le mat avec une facilité déconcertante.
Des flèches commencèrent à fuser de toutes les directions mais Minos fit tournoyer son arme, qui faisait tout de même le double de la taille du capitaine Octis, et dévia la majorité des projectiles. Les quelques flèches qui avaient traversé la défense s’étaient pour la plupart brisées sur la peau du Tauren. Quant à celles qui étaient parvenues à se planter dans l’épiderme du buffle, elles n’avaient fait que l’énerver d’avantage, augmentant ainsi sa force d’attaque.
Minos ne cherchait même plus à viser qui que ce soit, il se contentait de donner des coups sur tout ce qui lui passait sous la main, qu’il s’agisse d’un elfe, d’une rambarde ou même du plancher du pont principal. Des éclats volaient dans tout les sens, les elfes finissaient à la mer, jetés par Minos ou suite à un plongeon pour tenter de lui échapper. Cependant il arrivait que des malheureux se fassent rattraper par le berzerk avant d’atteindre la surface de l’eau. Ces derniers avaient le droit à un coup de hache mortel les tranchant en deux. L’arme n’était pourtant pas bien aiguisée, mais la force de frappe qui l’accompagnait suffisait à découper n’importe quoi. Si Minos avait eu un simple bout de bois à la place de son arme, le résultat aurait certainement été le même.
Tout dégénéra lorsqu’un mage adverse lança un sort d’embrasement sur le Tauren. Ce dernier prit alors feu et poussa un hurlement de douleur. Il il entreprit alors de dévaster tout le navire de la marine à main nue, délaissant son arme. Puis, toujours en flamme, il grimpa sur le Spined Octo et se dirigea à toute vitesse vers la calle, détruisant quelques planches sur son passage.
Octis ordonna à un mage d’aller éteindre les flammes sur le corps de Minos avant que ce dernier n’embrase tout le navire. Puis il regarda sombrer les restes du vaisseau adverse.
« Euh… capitaine, s’aventura Aerys, où est installé Minos avec précision dans la calle ?
- On devait l’éloigner des provisions pour éviter qu’il ne dévore tout, expliqua Octis sans réellement prêter attention à son second, on l’a donc placé près des réserves de poudre… »
Devant l’expression d’horreur que venait de prendre le visage du piaf à cette nouvelle, le nervys se mit à réfléchir à ce qu’il venait de dire et sembla soudainement se rendre compte de son erreur : Minos était encore en flamme lorsqu’il est partit s’abriter dans la calle.
« Abandonnez le navire ! » cria-t-il à son équipage avant de se jeter à l’eau.
Aerys voulu le suivre, mais le Spined Octo explosa à cet instant…
C’était la dernière chose dont il se souvenait. Après il se rappela de l’épisode un peu flou où il avait été trouvé sur la plage, mais rien d’autre.
Le son d’une porte s’ouvrant en grinçant le sortit de ses rêveries…