Et voilààà ! Il n´est pas très long mais j´avais hâte de le poster ^^
Petit Rappel : je suis dans la chambre d´une auberge et j´ai volé la corne d´abondance d´un vieillard saoul.
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Allongé sur le matelas moelleux, le vieillard dormait d’un sommeil paisible. Il empestait le rhum, sa barbe maigrichonne était emmêlée et ses vêtements miteux, mais je ne pus m’empêcher d’éprouver du remord. Après tout, ce n’était qu’un vieil homme faible et sans défense. J’hésitai même à lui rendre son bien. Je me penchai au-dessus de lui et scrutai son visage, parcouru de rides joyeuses. Ses sourcils blancs et broussailleux lui donnaient un air faussement fâché, comme lorsque mon père me surprenait, autrefois, en train de faire une bêtise. Je ris légèrement. Un rire de mélancolie et de bonheur à la fois. Un rire de trop. Le vieillard se réveilla. Il grommela, ouvrit les yeux, et sursauta lorsqu’il me vit, penchée sur lui.
- Qu’est-ce que . . . marmonna-t-il, tout ensommeillé.
Je m’éloignai de lui, sans pour autant parvenir à m’enfuir. Il se redressa et bailla. Affolée, je priai pour qu’il ne découvre pas que je lui avais volé son objet si rare et si précieux. Malheureusement, mes prières ne furent pas exaucées ; à peine se leva-t-il du lit que le vieillard jeta un œil à sa taille. La cordelette était toujours présente, mais la corne n’y était plus. Il me lança un regard accusateur. Trop paniquée, je n’avais pas retiré la corne d’autour de mon cou. Le vieillard l’aperçut et se rua vers moi, les traits déformé par une étrange rage. Son attitude avait mystérieusement changé : il n’était plus saoul, alors qu’il sentait l’alcool il y a deux minutes encore ; ses lèvres s’étaient contorsionnées en un rictus qui le rendait horrifiant ; ses yeux semblaient vide de toute émotion.
Habile, je l’évitai sans difficulté. Il manqua de s’écraser contre le mur de la chambre. J’en profitai pour lui faire un croche-pied ; il s’étala de tout son long sur le sol. Je courus vers la porte pour m’en aller au plus vite, mais la main ridée du vieil homme m’attrapa la cheville. Dubitative, je ne savais que faire. Il était hors de question que je me laisse battre par un vieux shnoc. D’un autre côté, j’avais des scrupules à tabasser un homme du troisième âge, voire du quatrième . . .
- Au diable les scrupules ! pensai-je.
C’est alors que je lui décochai un superbe coup de pied dans la figure, et ma lourde botte vint écraser son nez. Il hurla de douleur et me lâcha. Je repris ma course vers la porte, qui ne se trouvait désormais plus qu’à trois mètres de moi. Je posai ma main sur la poignée métallique et la tournai. Du moins, j’essayai de la tourner, mais la porte était fermée ! Derrière moi, le vieillard ricana :
- Hahaha ! Tu ne comptais pas t’en tirer aussi facilement, en me volant ma corne d’abondance ?
Il s’était à présent relevé et ses yeux brillaient d’une lueur farouche. Je tentai à nouveau d’ouvrir la porte. Elle était bel et bien fermée : impossible. Personne n’avait pu fermer cette porte, étant donné qu’il n’y avait ni serrure ni verrou !
- Tes efforts sont vains, me dit le vieillard, ma magie est infaillible.
Un mage ! Il fallait que je tombe sur un mage ! Je pestai contre ma propre stupidité : voler un mage !
- Maintenant, continua-t-il, permettez, jeune demoiselle, que je récupère mon bien ?
- Qui êtes-vous pour me donner des ordres ? crachai-je.
Le danger me rendait téméraire et arrogante. Il rit de mon insolence et répondit :
- Je suis Fervac, Fervac le mage.
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