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Fanfic : le Secret de l'Arbre

Kratos_Cruxis
Kratos_Cruxis
Niveau 5
02 décembre 2005 à 20:22:10

Yo Wonder t´a fic elle est tros bien je vien juste de finir de la lire et franchement :bravo: chapeaux!!!!!!!!!!!!! Bonne continuation!!!!

Freecs
Freecs
Niveau 8
03 décembre 2005 à 13:24:33

Oui, c´est une bonne fic
Bonne continuation d´ailleurs :)

Soren a pas mal de fan ici! :rire:

Wonder_Chef: Pour ton site, j´ai beaucoup d´artwork de FE7 (c´est bien Rekka no Ken, hein?), de FE: POR et de FE: TSS, donc...

(Yeahh! J´ai battu Layandra question soutien :-p )

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
03 décembre 2005 à 19:40:52

FE8 = un peu décevant...

Le character-design est sympa pour les artworks, mais dans le jeu il n´est pas génial...
La difficulté est ri-di-cule :o))
Les persos sont beaucoup moins attachants que dans FE7 et FE9...

Bons points quand même, le système de double promotion et les balades sur la carte un peu à la FFTA ( mais c´est aussi un mauvais point car tu peux en profiter pour entraîner tes persos et ça rend le jeu encore plus facile... )

Bon pas mal, mais un cran en dessous de ses prédécesseurs...

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
03 décembre 2005 à 19:46:02

Si tu veux un comparatif de difficulté, j´ai commencé Sacred Stones en niveau normal, la difficulté ressemble à celle de Path of Radiance en niveau facile... ( et encore ça m´a l´air plus facile que PoR... )

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
03 décembre 2005 à 19:50:18

Faire du soutien dans FE7... j´en suis à peine à 15%, d´ailleurs c´est dommage qu´on ne puisse pas revoir les soutiens dans PoR parce que j´en ai déjà quelques uns :snif:

Pour ton frère c´est facile, pendant qu´il joue à l´un, tu lui chipes l´autre :o))

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
12 décembre 2005 à 22:07:00

... Rien qu´à voir tout ce flood en première page ça me rend malade :nah:

Sinon juste pour dire que je vous prépare une petite surprise pour Noël :o))

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
13 décembre 2005 à 22:13:57

J´essaierai de faire le cadeau avec quelques jours d´avance :ok: De toute façon la veille et le jour de Noël je suis pas trop devant l´ordi :ok:

Ah tu as eu Path of Radiance ^^ Sinon pour Sacred Stones il est un peu mieux que ce que j´avais dit, même assez bon mais il ne vaut pas Path of Radiance (Ilyana :coeur: :coeur: )
Si tu trouves qu´il commence bien, tu vas être comblée par la suite :o)) ( le chapitre 17 est génial par exemple... )

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
14 décembre 2005 à 13:33:59

Oui, le scénario s´étoffe bien ! (au début ça a l´air d´une banale histoire de mercenaires mais au fur et à mesure de la progression le scénar se dévoile... )

C´est le chapitre 10, où tu dois délivrer 3 gars et une fille (qui est très puissante si tu l´entraînes ^^)
... Shinon... Je DETESTE son caractère... Et Rolf est un bien meilleur archer que lui !

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
14 décembre 2005 à 13:48:18

Fini le jeu une fois et demi :o))
Et faut dire que j´ai une assez bonne mémoire ( sans me vanter naturellement :gni: )

Y en a pas mal qui aiment le caractère de Shinon, mais ça dépend des goûts... Au prochain chapitre, il y a une superbe info avec un des nouveaux personnages que tu as recruté, je n´en dis pas plus :sarcastic:

Je me suis remis un peu à l´artpad ( le temps d´un dessin XD ) : http://artpad.art.com/?ir1b9xn90k8

L´archère de FE8 ^^ ( vive les archers !! !)

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
14 décembre 2005 à 14:11:33

Elle s´apelle Neimi ^^

Le jeu fait 30 chapitres ( enfin 29 pour être plus précis) plus quatre cartes bonus à débloquer. Mais comme dans tous les FE on a envie de le recommencer ^^

Ce que j´ai dit n´était pas vraiment un spoil :rire: tu verras par toi-même :o))

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
14 décembre 2005 à 14:19:55

Je te rassure, le premier tiers est le plus court !

C´est vrai que ce n´est pas beaucoup... mais c´est comme la plupart des FE :snif2:

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
14 décembre 2005 à 14:28:58

Minimum 4 pages sans compter celle là :rire2: (je ne devrais pas rire moi qui n´aime pas trop le H-S mais quand c´est FE... c´est différent XD )

Sinon ce n´était pas ton anniv´ récemment :o)) ?( je savais que c´était en fin d´année et puis tu as FE :-p )

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
14 décembre 2005 à 14:30:08

:snif: :bye:

Ps: Pas de crise de Colettisme, c´est pas la peine de s´excuser ^^

supervangaa
supervangaa
Niveau 10
14 décembre 2005 à 18:52:43

Hep! Hep! Hep! On parle de FE ici! :coeur:
Une petite question, qui a joué a FEIV?

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
14 décembre 2005 à 20:15:53

Vang :d) Moi ! je suis arivé au chapitre 4 et je me suis rendu compte que je n´avais pas fait assez de Boss leveling... ( 2 persos promus :honte: )

Du coup j´ai recommencé et j´en suis au chapitre 2

Layandra :d) c´est sur super nintendo, il est considéré par les fans comme le meilleur FE ( et à juste titre je trouve !)

http://www.lemondedect.lmdp.net/fr-fe4/acceuil.htm

Sur ce site tu as plein d´infos, une rom et un patch anglais ( pas encore de patch français...)

Une citation du webmaster à propos de l´émulation :

" Mais entre nous, c´est un jeu tellement vieux (donc ne pourrait rien rapporter vu comme les prix des jeux Super Nintendo sont tellement infimes, sauf si ce jeu venait à sortir sur GBA) et pratiquement impossible à trouver en original, d´autant plus qu´il n´est jamais sorti en France...
Si des gars de Nintendo passaient par ici, qu´ils sachent que je serais prêt à acheter une GBA SP rien QUE pour ce jeu (et pour Pokémon Rubis ^^), s´ils se décidaient à le sortir sur GBA (en anglais ou en français bien sûr)...
Je tiens à prevenir aussi, que c´est la SEULE ROM que je mettrai sur ce site. Ne m´en réclamez pas d´autre. "

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
16 décembre 2005 à 19:14:04

Une idée m´est passée pat la tête hier... Comment serait Nephenie sans son casque ? :o))

http://img501.imageshack.us/img501/3889/nephenie1hg.jpg

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
17 décembre 2005 à 13:38:32

... C´est dommage :-(

Au fait, bonne nouvelle, je suis sûr d´avoir ma tablette graphique à Noël ^^

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
17 décembre 2005 à 16:21:27

je ferais ce que je pourrais ^^ Mais j´essaierai de m´appliquer... Entre deux je ne vais pas m´ennuyer, j´ai la surprise à préparer ( et ça va mettre assez longtemps !) et mes devoirs de vacances( :-(( )...

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
20 décembre 2005 à 13:17:14

Chapitre 2 : Les désians

Alvec, Klart et Klara arrivèrent désespérés au village. Ils se rendirent directement à la maison du maire. Ils savaient déjà que leur tentative était vouée à l’échec : ce maire ne voulait jamais accepter des idées – même si elles étaient bonnes – susceptibles d’apporter un infime changement dans le village. De plus, il n’avait aucune considération pour les jeunes – peut-être parce qu’il avait à peu près soixante ans – et les adolescents furent étonnés qu’il accepte de les faire entrer dans son bureau.
La demeure du maire était assez luxueuse : les principaux meubles étaient faits d’ébène, avec des poignées en argent et la table de réunion était taillée avec une précision hors normes. Accrochés au mur, deux grands tableaux achevaient la décoration de la salle de réunion : le premier représentait le héros Lloyd, qui faisait face au seigneur Yggdrasil, prêt à l’attaquer, et à l’arrière plan, on voyait les autres héros qui arrivaient à sa rescousse. Le second était une représentation parfaite d’une ferme humaine : sur la totalité du tableau, à travers toute la machinerie magitechnologique, des désians montaient la garde ; la peinture était tellement réaliste que l’on aurait dit que certains étaient en train de marcher.

Le maire, assis sur une chaise en ébène à la finition parfaite, faisait face aux trois amis. Il avait vraiment une allure de paresseux : affalé sur sa chaise, des yeux à moitié ouverts, des cheveux broussailleux qu’il devait coiffer approximativement une fois par mois, des vêtements miteux ; il offrait un fort contraste avec la richesse de sa demeure.
Ils lui racontèrent toute ce qu’ils avaient entendu, et compris, de la conversation qu’ils avaient surprise.

« Tout ceci est faux ! s’exclama le maire. Mais voyons, réfléchissez un peu, les désians ont disparu depuis neuf cent soixante-dix ans, ils ont été coriaces, mais ils ont disparu.
- Neuf cent soixante-neuf ans, deux mois et une semaine, si je puis me permettre, répondit Klara d’une voix mielleuse. Enfin – elle reprit une voix normale – les désians que nous avons vu étaient bel et bien réels !
- Si nous avions été adultes, vous nous auriez cru sans problème ! » ajouta Alvec.
Il trépignait devant le maire, tel un prédateur qui s’apprêtait à bondir sur sa proie.
« Peut-être, mais qui vous dit que vous n’avez pas été trompés, rétorqua le maire.
- Vous, les adultes, vous êtes presque tous pareils, s’exclama Klart. Presque tous avec la même logique : « ils ne sont pas adultes, ils ne racontent que des conneries ». De toute façon, nous n’avons pas besoin de vous pour convaincre le village ! »

Sans laisser au maire le temps de répondre, ils sortirent de la demeure du maire, non sans claquer la porte. Ils décidèrent de convaincre un maximum d’habitants de quitter le village pour se rendre à Triet.
Dans un premier temps, la plupart les prenaient pour des imbéciles. Cependant, avec l’appui de leurs familles, assez influentes au sein du village, on les écouta plus attentivement.
« C’est le pouvoir des adultes ! » ironisa Klart.

A la fin de la journée, vingt Isélians – soit un peu moins de la moitié des habitants – étaient rassemblés sur la place du village et se préparaient à s’en aller.
Les trois amis s’étaient volontairement mis en retrait, chacun observait les maisons de bois, les cheminées qui commençaient à fumer, quelques personnes qui se promenaient… Comment tout ce monde pouvait-il être si inconscient ? Alvec avait du mal à s’imaginer qu’il partirait bientôt pour un long voyage, laissant vingt-deux personnes trembler en entendant les pas des désians, se tordre de douleur sous leurs fouets…
Soudain, la voix de sa mère le tira de ses pensées :
« Alvec, allez, il faut partir ! »
Klart et Klara s’étaient déjà un peu avancés en traînant les pieds, Alvec les suivit sans enthousiasme…
Il s’arrangeait pour avancer le plus lentement possible, à chaque pas il repensait aux désians, à la conversation qu’ils avaient surprise, à leur évasion et surtout à la future attaque du village. Comment en était-on arrivé là ? Et qui était à l’origine de tout ça ?… Alvec n’avait entendu qu’un seul nom – ou prénom – : Fornius. Il avait l’air de s’imposer comme le chef présumé de l’organisation, mais le jeune homme ne savait pas grand chose de lui… D’après ce qu’ils avaient entendu, c’était un fervent adepte de toute forme de violence. Une brute sans cervelle peut-être… Non, c’était trop beau pour être vrai ; Alvec imaginait plutôt quelqu’un de calculateur, de machiavélique. Cet homme ne devait pas non plus ressentir de pitié… Vouloir massacrer un village juste pour faire son entrée… Ce Fornius devait être complètement fou ! Et il ne fallait pas le laisser s’acharner sur les villageois !

Arrivé à la hauteur de ses parents, Alvec dit avec beaucoup d’assurance :
« On ne peut pas abandonner les autres. Ils vont tous mourir si nous ne faisons rien !
- En vous croyant sur parole, répondit le père du jeune homme, les désians vont envoyer une armée détruire le village. Si vous restez, vous n’aurez aucune chance de survie ; si vous partez, vous pourrez rester vivants. Les autres ont déjà choisi leur voie : nous avons fait tout ce que nous avons pu pour les convaincre, ça n’a pas marché. Plus rien susceptible de les aider n’est en notre pouvoir… Tout ce que nous pouvons faire – et ce que nous allons faire – c’est tenter de sauver notre peau. »
Alvec respectait et admirait son père, et il se pliait souvent à son opinion. Il ne fit pas exception à la règle. De plus, il était plutôt d’accord avec ce que son père avait dit ; sauver la vie de plus de personnes leurs était impossible, alors ils devaient sauver la leur.
« Tu dois avoir raison… » dit-il d’une petite voix. Il aurait tant voulu sauver Isélia…
Juste derrière le jeune homme, ses amis, qui avaient préféré rester passifs pour ne pas affronter leurs parents, échangeaient quelques paroles à voix basse.

Peu de temps après, les exilés se mettaient à partir… Deux parents traînaient leur enfant qui devait avoir six ou sept ans ; ceux-ci lui prétendaient qu’ils partaient en vacances…
« De bien longues vacances… commenta Klart. Ce serait peut-être mieux de lui révéler la vérité.
- Tu rigoles ? Il serait très choqué ! répondit Klara.
- Au contraire… je pense qu’il encaisserait bien mieux la nouvelle que ce que nous croyons ! Et au moins il comprendrait…
- Et on pourrait avancer un peu plus vite ! plaisanta Alvec.
- Si nous lui disons la vérité, il réagira exactement comme vous dans un premier temps, reprit le père du jeune homme, le plus sérieusement du monde. Il voudra rester à Isélia. Les hommes ont tendance à perdre tout leur courage et toute leur générosité quand ils deviennent adultes. Notre vocation est de devenir des personnes qui pensent à leur petite personne avant de penser aux autres… »
Sa remarque jeta un froid dans l’atmosphère, les adolescents n’avaient pas envie de protester ; même si la remarque les indignait, car ils ne savaient pas quoi répondre.

Ils passèrent leur première nuit dans un bosquet assez proche du village, à la belle étoile. Alvec dormait paisiblement et profondément quand…
« Réveille-toi, Alvec » chuchota une voix féminine qui lui était familère.
Il entrouvrit les yeux, reconnut Klart et Klara et bafouilla :
« Hein ? Quoi ? … Dormais bien, moi…
- On va sauver le village, expliqua Klart.
- Mais, souviens-toi de ce qu’a dit mon père… ça ne sert à rien ! reprit Alvec d’une voix léthargique.
- Mais rien ne t’oblige à nous suivre, l’ami, répondit Klara. Nous en tout cas, on s’en occupe coûte que coûte. »
Le jeune homme s’étira, bâilla puis se leva. Il passa nerveusement la main dans ses cheveux avant de se frotter les yeux.
« Je serai de la partie » annonça-t-il ; d’un ton déterminé.
Malgré les mises en garde de son père, l’évocation d’Isélia avait suffi à le convaincre. Il avait repensé au sort des habitants, envisageant le pire et la mise en garde de son père lui était sortie de l’esprit.

Ils traversèrent le campement, à pas de loup, récupérèrent leurs armes, tout en bravant la vigilance des deux personnes « éveillées » qui gardaient le camp. Une fois sortis du bois, ils accélérèrent le pas vers Isélia, sous l’effet de l’excitation et de l’appréhension. Dans le ciel, on ne distinguait pas mes étoiles, et la lune était un petit peu voilée. De fines gouttes tombaient, et leur contact rafraîchissant était agréable, car l’air semblait anormalement lourd cette nuit.
Après quelques minutes de marche, ils s’arrêtèrent brusquement : une vaste masse sombre se dirigeait vers Isélia. Elle était assez facile à identifier : il s’agissait des désians.
« Déjà là ? Mais, c’est demain qu’ils devaient attaquer le village, s’étonna Klara.
- Il doit être une heure du matin, expliqua son frère.
- En tout cas la patience n’est pas une vertu de ce Fornius » constata Alvec.

Le_Wonder_Chef
Le_Wonder_Chef
Niveau 10
20 décembre 2005 à 13:17:47

Les désians étaient en marche vers Isélia, leur allure était régulière, on aurait dit une véritable procession. Un homme des plus étranges marchait en tête, il portait une longue cape noire à capuchon qui ondulait légèrement. C’était assez bizarre car le vent était presque inexistant. Il était assez grand ; il devait mesurer près de deux mètres. Les trois amis se rapprochaient des désians par à coups, se montrant les plus discrets possible. Ils devaient descendre une petit colline, progressant de cachette en cachette – des arbres, des rochers ou des buissons – jusqu’à arriver enfin à hauteur de l’armée qui continuait sa marche. Le regard des désians et de leur chef était braqué vers le village qu’ils allaient détruire.

Soudain, le meneur s’arrêta, le cortège l’imita aussitôt. Le chef se tourna vers ses hommes de main et prit la parole.
« Tout événement historique mérite des témoins ! »
Sa voix était très forte et elle parvenait aisément à Alvec, Klart et Klara, qui étaient à hauteur du milieu de la procession. La phrase qu’il avait prononcée intriguait les adolescents. Etaient-ils les fameux témoins ? Ça semblait absurde : comment aurait-il pu les remarquer alors qu’il n’avait pas pointé son regard dans leur direction.
« Il semble que notre chance a tourné, je nous ai trouvé quelques témoins tout près d’ici. »
Les trois amis se regardaient, perplexes. Qui d’autre qu’eux étaient dans les environs ? A priori, personne. Le chef désian se tourna vers les buissons derrière lesquels ils étaient tapis.
« Allez me chercher les trois gosses, là-bas, derrière la broussaille, exécution ! »
Pendant que l’homme parlait, Alvec et Klart dégainèrent leurs armes ; et Klara prépara un sortilège. A ce stade là, il était impossible de fuir ; alors autant défendre chèrement leur peau…

Les trois premiers agresseurs furent accueillis par les boules de feu de Klara. Les deux garçons se trouvaient de part et d’autre de la magicienne, tenant tant bien que mal les désians à distance. Des arbalétriers tirèrent quelques flèches, mais leur précision laissait à désirer. Pour les combattants au corps à corps, la technique se révélait plutôt efficace, mais tôt ou tard ils trouveraient une faille à exploiter. Ils semblaient prendre un malin plaisir à retarder l’assaut final : ils étaient très nombreux, et leurs pertes étaient minimes.
« Alors comme ça on joue avec des gamins, ricana le meneur qui s’était légèrement approché de la scène. Je m’attendais à plus d’efficacité de votre part, vous me contraignez à m’y mêler personnellement. »
L’homme tourna sa main, recouverte d’un gant noir, vers ses adversaires et cria : « Indignation ! »
Un grand dôme translucide d’une couleur violette se forma au-dessus des trois adolescents, les désians à l’intérieur du dôme filèrent instantanément.
« Pourquoi fuient-ils ? questionna Alvec.
- Le sort indignation est l’un des plus puissants existants, il est à retardement, répondit calmement Klara. Vu l’état du sommet du dôme – elle leva brièvement la tête – CA VA EXPLOSER DANS QUELQUES SECONDES !! ! » s’écria-t-elle.
Dans une atmosphère de panique, les trois amis se dégagèrent comme ils le purent.
« Ça explose f… ? » demanda Alvec après s’être éloigné de la zone du sort.
Un énorme éclair qui tomba brusquement dans un bruit tonitruant le convainquit immédiatement de la puissance du sortilège. Tous les autres restaient béats, y compris Klara. D’après ce qu’elle avait lu, l’explosion était censée être deux fois moins intense…

Le chef désian profita de la situation pour se glisser derrière Alvec. Il dégaina un poignard à la lame acérée et le plaça devant la gorge du jeune homme. L’otage sentait une sensation étrange qui lui glaçait le sang de la tête aux pieds.
« Maintenant, un peu de coopération, s’il vous plaît, mes… amis »
Il mima une expression de dégoût en prononçant le dernier mot, tous ses subordonnés rirent bêtement.
« Vous, au lieu de rester plantés là, allez donc ratisser le village, brûlez tout, massacrez tout, tuez la totalité des habitants, et n’en oubliez pas, tuez les femmes, les enfants et même les chiens si vous en avez l’occasion.
- A vos ordres, Lord Fornius » répondit un désian, qui arborait un sourire de satisfaction.
Alvec pâlit. Les hommes de main du dénommé Fornius étaient tous bâtis sur le même modèle : bêtes – ce qui était assez rassurant – et totalement dévoués. Ils partageaient aussi avec leur chef le plaisir de tuer.
Fornius leva sa main libre vers le ciel et un dôme d’électricité translucide se forma autour de Klart et de sa sœur. Il la redirigea vers Alvec, prononça des mots dans une langue inonnue et le jeune homme fut téléporté dans la prison de foudre.
« Pendant que vous verrez votre village minable se faire dévaster, les parois vont se refermer lentement sur vous, très lentement ; jusqu’à prendre la vie de l’un d’entre vous avant de disparaître. Mais ne vous inquiétez pas, je m’occuperai personnellement des deux survivants, expliqua Fornius, plus sadique que jamais.
- Je peux vous poser une question ? hasarda Klara. Comment en êtes vous arrivés là ?
- Eh bien, comme vous allez bientôt mourir, je vous dois peut-être des explications. J’ai reformé l’ordre des Désians : dans les autres villes, surtout les plus grandes, il y avait des mécontents, qui se trouvaient supérieurs sans profiter de cette supériorité. Des anciens nobles qui ne supportaient pas de devoir aider les roturiers, pour ne citer qu’un exemple. Je les ai convaincus de s’unir à moi, en employant des arguments… très convaincants – il arbora un large sourire – Pendant dix ans, j’ai formé une armée et maintenant, je vais conquérir le monde ! Rien ni personne ne pourra nous résister, je serai un maître absolu, on ne pourra rien me refuser ! »
Alvec trouvait que quelque chose sonnait faux dans les motivations du désian ; ça semblait vraiment simpliste…
Fornius leur parlait sans leur faire face, de telle sorte que les adolescents ne pouvaient pas voir son visage.

Soudain, l’énigmatique chef désian vit débouler sur lui une vingtaine de personnes ; la plupart armées de fourches, de couteaux ; avec à leur tête un homme à la barbe et aux cheveux roux. C’était le forgeron, l’oncle d’Alvec, qui portait une hache impressionnante. L’arme avait beau être très lourde, cet ancien soldat continuait à cavaler. Les exilés s’étaient aperçus de la disparition des trois adolescents et étaient déterminés à les sauver. Fornius sourit, rangea son couteau dans son fourreau et tendit ses deux bras vers l’avant, en les joignant. Pendant ce temps-là, le forgeron s’était arrêté pour lui faire face, prêt à bondir à tout moment.
Alvec voulut crier à son oncle de s’enfuir, mais la peur le paralysait et aucun son ne sortait de sa bouche ; il en était de même pour ses compagnons d’infortune. De plus, la paroi du dôme se rapprochait très dangereusement de lui, il devait déjà se contorsionner pour éviter tout contact.
Soudain, le combattant fit un saut d’une hauteur étonnante, si l’on prenait en considération le poids de la hache. Fornius écarta instantanément ses bras et une onde de choc propulsa le forgeron. Celui-ci se heurta à la paroi électrique. Aussitôt, une multitude de micro-décharges s’agglutinèrent sur le malchanceux. En même temps, les parois du dôme semblaient se consumer. Bientôt, on ne distinguait même plus le forgeron, on ne voyait qu’une forme humanoïde constituée d’électricité, du moins en surface…
Soudain, les étincelles disparurent, laissant place à un homme mort : la paroi avait pris sa vie. Son visage était teinté d’une expression de souffrance et de colère.
Fornius ricana. Il s’était un peu approché de la scène et Alvec pouvait enfin le voir de face. Sa cape était habilement mise en place : on ne distinguait du chef désian que ses yeux : des yeux étranges, d’un rouge indéfinissable, étrangement mats d’abord, puis soudain brillants. La peau était dans l’ombre de la cape, renforcée par la pénombre de la nuit.
La pluie s’était arrêtée et Isélia commençait à se muer en un tas de cendres.

Alvec, comme la totalité des villageois présents, sentit la colère monter en lui. Ils n’avaient tous qu’une envie : se précipiter sur Fornius et lui faire le plus de mal possible. Avant qu’ils n’entament leur course, le chef désian s’écria :
« Ah ! Vous allez tous mourir ! Tempête de météorites ! »
Le désian avait déversé la totalité de sa force et de sa haine dans le sort ; l’effet fut encore plus étonnant qu’il n’aurait dû l’être normalement. Le ciel s’assombrit puis d’énormes météores tombèrent, abattant, massacrant tous les villageois. La colère s’était pour tous brusquement muée en panique. Ils tentaient vainelent de les éviter mais la chute de ces rochers gigantesques était comme calculée : une météorite tombait, puis une autre à côté pour bloquer un groupe d’Isélians, qui était écrasé par une troisième.
Les trois amis restaient les seuls survivants avec leurs parents, certainement par simple chance. Malheureusement, un dernier météore tomba sur ces derniers.

Alvec, Klart et Klara sentirent des larmes qui coulaient le long de leur visage. Mais ils étaient toujours mués par la même peur : quand viendrait leur tour ?
« Fuyez ! Il est occupé ! » gémit le père d’Alvec, dans son dernier souffle.
En effet, les désians avaient ravagé la ville et faisaient leur rapport au chef, qui les écoutait attentivement.
Ils coururent le plus vite possible pour être loin des désians. Lorsque Fornius tourna la tête pour observer les cadavres, les adolescents avaient disparu dans un bosquet.
« Parfait ! Pas de survivants ! » dit-il.
Les trois amis s’enfoncèrent dans le bois, usant leurs dernières forces, puis s’écroulèrent, évanouis…