bien, je réalise qu´il m´a suffit de ne changer qu´un court passage pour que cela puisse me satisfaire
ne sautez pas de joie tout de suite, il n´y a rien d´impressionnant, si j´ai modifié un passage c´est juste parce que l´impression que donnait un personnage n´était pas celle désirée
donc après cette attente, je vous offre le chapitre suivant
Chapitre 32 : Les explications
« Ce qu’elle m’énerve quand elle fait des mystères comme ça ! »
Zeratos rageait en se redirigeant vers le centre de l’île, aux cotés de Vharley.
« Et pourquoi on aurait pas le droit de l’accompagner pour voir Mana ?
- C’est pas à moi qu’il faut demander ça, soupira Vharley, tais-toi et avance. »
Au bout du chemin, Xenora s’approchait lentement de l’arbre devant lequel se trouvait l’esprit du mana. Contrairement à ce qu’il s’était passé avec 64, le visage de la femme en vert ne changea pas d’expression à l’arrivée de la visiteuse.
Xenora se stoppa à quelques mètres de Mana, restant face à elle. La magicienne semblait hésiter à parler. Finalement, ce fut l’esprit qui prit l’initiative de la parole.
« Se poser des questions à soit même n’apporte pas toujours autant de réponse que de les poser aux autres, fit elle remarquer.
- A vrai dire, commença l’elfe, je me demandais s’il y avait une explication à la venue d’une… capacité récente.
- Tu parles de tes visions ? » demanda l’esprit
Xenora fut soulagée d’entendre Mana parler de ses visions, cela impliquait forcement qu’elle aurait une explication à fournir. Rassurée de constater qu’elle n’était pas folle, elle s’intéressa d’avantage au sujet.
« Comment sont-elles arrivées ? questionna la magicienne.
- Ces visions, contrairement aux apparences, ne sont ni des visions ni des souvenirs, expliqua Mana. Ce sont des sentiments. Les sentiments étant liés aux souvenirs, il est normal que tu voies le passé des personnes qui t’entourent à ces moments là. Mais si ces visions étaient de simples souvenirs, tu ne pourrais avoir les sensations que tu éprouvais à chacune d’elles. »
Xenora réfléchit un instant, elle repensa au sentiment d’horreur qu’elle avait ressentit lors du souvenir de Vharley qu’elle avait eu quelques instant auparavant. Mais elle ne comprenait toujours pas comment ces « sentiments » pouvaient êtres interceptés par son esprit.
Mana sembla lire dans ses pensées et commença une réponse :
« Cette capacité à percevoir les sentiments es autres t’a été donnée. Il s’agit d’un don du seul esprit capable de lire dans le cœur des gens.
- Mais pourquoi me l’avoir donné ? Pourquoi Vérius me donne ce pouvoir ? Pourquoi moi ? »
Xenora pensait trouver des réponses en venant, mais chaque explication entraînait la venue de nouvelles questions dans sa tête.
« Ta destinée, reprit Mana, ainsi que celle de tes compagnons est très incertaine. Il est impensable d’envisager qu’une destinée doit être laissée au hasard. Ainsi Vérius t’a transmit ce don afin que vous puissiez prévoir les évènements et réfléchir aux choix que vous ferez.
- Mais je ne vois que le passé à travers les sentiments, fit remarquer Xenora avec inquiétude.
- Ce don, expliqua l’esprit de l’arbre, est nécessaire pour l’avenir. Car pour faire les bons choix dans l’avenir, il faut comprendre le présent, et donc connaître le passé. Ainsi le pouvoir de lire les sentiments n’est qu’une partie qu’il fallait nécessairement te donner pour permettre la transmission totale de la totalité de la capacité de lire dans l’avenir. »
Xenora fronça les sourcils : où Mana voulait-elle en venir ?
« Et maintenant, commença l’esprit en tendant la main vers le visage de l’elfe, je vais compléter cette capacité avec la dernière partie du don qui t’es accordé. »
Un flash aveuglant émana de la main de l’esprit. Xenora ressentit une incroyable puissance la traverser. Elle vit alors une série d’image défiler à une vitesse phénoménale. Elle parvenait à saisir certaines d’entres elles. Le visage d’une femme, une pluie de météore, une intense lumière émanant d’un humain, un bâtiment lugubre, un vieillard dans une cité déserte… Tout s’accélérait au fur et a mesure que les images défilaient. Xenora n’arrivait plus à identifier ce qui défilait sous ses yeux. Elle commençait à avoir le vertige. Elle sentait qu’elle perdait l’équilibre. Elle arriva à percevoir une flèche foncer sur quelqu’un qu’elle n’eut pas le temps d’identifier avant que tout ne cesse…
De l’autre coté de l’île, Philis et 64 se dirigeaient tout deux vers le centre pour rejoindre le reste du groupe.
« J’ai une dernière question à te poser, commença l’archère, est-ce qu’il y a vraiment obligation pour toi d’aller à Neocosta ?
- A vrai dire non, répondit le demi elfe, c’est juste une précaution. »
Philis fronça des sourcils, 64 se sentit donc obligé de donner des explications :
« Zack nous suivait un peu trop facilement à mon goût. J’ai donc inspecté les ptéroplans dans la forêt d’Ymir et j’y ai découvert des mouchards. Je les ai donc détaché et placé sur des arbres pour éviter d’être suivi à la trace. Mais malgré cela il arrivait toujours à nous suivre. Ça veut dire qu’il a eu le temps d’identifier parfaitement nos ptéroplans. Et s’il l’a fait, alors les militaires ont sûrement reçu un rapport détaillé pour vite les retrouver. On va donc se placer à Neocosta, l’endroit le plus proche de cette île, laisser nos ptéroplans là-bas et prendre un bateau en direction d’Izoold. Après cela on continuera à pied vers Isélia. La plupart des archives sont stockées là-bas, je pourrais peut-être y trouver des informations.
- Et on ne pourrait pas continuer en ptéroplan jusqu’à Izoold ? s’aventura l’archère
- Non, s’ils découvrent les ptéroplans là-bas ils sauront immédiatement que je me dirige vers Isélia. Neocosta contient de nombreux musés renfermant des archives. En laissant les véhicules là-bas, on peut leur laisser croire que je m’y trouve. Le temps qu’ils fouillent complètement cette grande ville touristique, j’aurai déjà eu le temps de lire les documents nécessaires se trouvant à Isélia et de partir assez loin sans me faire repérer. »
Ils venaient d’arriver au centre de l’île. Zeratos s’amusait négligemment avec sa dague tout en marmonnant d’un air sévère des paroles incompréhensibles. 64 avait cependant pu saisir un mot ressemblant à « prétentieuse ». Il n’y prêta guère plus d’attention et vérifia si Zack se trouvait toujours présent. Ce dernier n’avait pas bougé d’un pouce : il était toujours assis sur un petit rocher et observait Drilaz avec grand intérêt, ce qui ne laissait présager rien de bon. Quant à Vharley, il était appuyé tranquillement sur un des piliers qui se trouvait le long de la route pavée.
« Où est votre copine ? questionna Philis
- Pourquoi ? T’as envie de la tuer elle aussi ? lança Zeratos en la regardant d’un air mauvais. »
L’archère soupira et décida de ne pas insister. C’est ce moment que choisit Xenora pour arriver. Elle avait les yeux hagards, le teint livide. Elle ressemblait vaguement à un pantin, ayant l’air de ne plus pouvoir penser d’elle-même.
« Euh… ça va ? » s’aventura Vharley
La magicienne hocha la tête en guise de réponse. Elle était visiblement trop abasourdie pour parler. Finalement, elle parvint à articuler quelques mots, exprimant son désir de quitter les lieux.
« On y va ? » lança-t-elle d’un ton qui se voulait joyeux mais peu convainquant.
64 hésita à répondre. Au bout d’un moment, il se dirigea vers la zone où ils avaient laissé leur ptéroplans. Tout le monde se mit à le suivre, à l’exception de Zack. Le sans nom ralentit volontairement le pas, laissant les autres le dépasser afin de se retrouver seul avec l’alchimiste.
« Si t’en as envie tu peux nous accompagner, lui adressa-t-il, on pourra t’aider à rechercher ton arme
- Je ne vois pas pourquoi tu fais tout ça, déclara Zack d’un ton sec, personne n’a décrété qu’on était amis.
- En effet, avoua 64, mais j’ai mes raisons d’agir ainsi. Et puis sans nous tu n’as aucun moyen de quitter cette île. Si vraiment ça te dérange de nous suivre, tu pourras toujours partir du groupe une fois à Neocosta. On te paiera un voyage en bateau pour la destination de ton choix. On peut se le permettre étant donné qu’on n’a pas énormément de problèmes de finance. »
Zack réfléchit un instant. Il ne faisait certes plus partie des militaires, mais cela n’était pas définitif. Il pouvait toujours informer le général Reivac que la lettre était fausse. Et en attendant cela, garder un œil sur 64 serait une tâche plus aisée s’il intégrait le groupe.
L’alchimiste se leva et se dirigea à son tour vers les ptéroplans. En passant au niveau de 64, il lui murmura à l’oreille :
« C’est loin d’être définitif, fit remarquer l’alchimiste.
- Je sais » répondit simplement le sans nom.
Le soleil se couchait derrière l’étendue bleue reflétant ses rayons orangés. Le deux rivaux allèrent rejoindre ensembles le reste du groupe, se préparant à un long voyage nocturne…
Mana regardait les ptéroplans décoller avant de s’éloigner de l’île en direction de l’Est. Une lumière jaunâtre et intense commença à apparaître à ses cotés.
« Dois-je les suivre ? résonna une voix venant de nulle part
- Non, répondit l’esprit de l’arbre sans même prêter attention à la lumière, une des visions de la fille concernait Isélia. Rend toi là bas et guette leur arrivée. Il faut savoir s’ils sont concernés ou non. Et passe voir Genis pour lui dire de rester à Exire. Sa prédiction d’une rencontre là-bas se révèle être fondée. »
Il n’y eut aucune réponse. La lumière se dissipa et Mana se retrouva à nouveau seule.
Neocosta, le lendemain matin. La cité commençait à s’animer très tôt. A peine le jour était-il levé que les attractions touristiques, les musés et divers autres bâtiments ouvraient leur portes. De nombreux bateaux, ayant transportés des groupes de voyageurs toute la nuit, accostaient dans l’immense port de plaisance. Quelques groupes d’enfants attendaient devant les portes de leur prestigieuse école tandis que leurs parents préparaient leurs stands de vente pour le marché, à quelques rues de là.
Le groupe de jeune se mêlait à la foule. Essayant de ne pas se faire trop remarquer par les nombreux vigils des diverses attractions. Drilaz avait remis sa cape et 64, curieusement, avait retiré son foulard.
« Je comprend pas, commença Vharley, pourquoi tu gardes un masque tout le temps et que tu le retire dès qu’il y a plein de monde ? »
Xenora, ayant retrouvé tout ses esprits au cours du voyage, commença à répondre :
« Réfléchis, très peu de gens on vu son visage parce qu’il a l’habitude d’être masqué. Donc sur tout les avis de recherche il porte un masque. En se baladant à visage découvert, personne n’est capable de deviner que c’est lui.
- Mais ce n’est pas par plaisir que je fais ça, fit remarquer 64 qui semblait effectivement mal à l’aise, dépêchez vous un peu. Si quelqu’un remarque l’un de vous on saura immédiatement qui je suis et on connaîtra mon vrai visage.
- On a qu’à se séparer » tenta Zack.
A la surprise de tout le monde, 64 semblait d’accord.
« Bonne idée, approuva ce dernier, Xenora, Vharley et Zeratos, allez acheter une place dans le prochain bateau en direction d’Izoold. Je vais avec Drilaz et Philis pour nous procurer des vivres.
- Et moi ? interrogea l’alchimiste
- Fais ce qui te chante » lança simplement 64.
Puis il commença à s’éloigner mais Xenora l’attrapa par le bras et le prit à part.
« J’ai l’impression que tu ne nous fais pas confiance, commença-t-elle.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ? demanda le demi elfe.
- Ta tendance à m’éloigner ainsi que Zeratos et Vharley, répondit la magicienne.
- Si je vous laisse vous éloigner, c’est justement parce que j’ai confiance en toi. Je sais que tu n’as pas l’intention de me trahir. »
Le visage de Xenora s’attendrit à cette réponse. Elle resta quelques secondes à regarder dans les yeux du demi elfe. Puis elle sembla se rendre compte de ce qu’elle faisait et détourna le regard avant de rejoindre ses amis d’enfance, rouge de honte.
Zack commença à s’éloigner, errant sans but dans la cité. Il remarqua que des vigiles avaient repéré Philis. Il leur fit signe de ne pas agir. Ces derniers s’exécutèrent. Les galons sur l’épaule de l’alchimiste suffisait à leur faire croire qu’il appartenait toujours au corps militaire et Zack en profitait : il ne fallait pas que le groupe se fasse capturer avant qu’il n’ai informé le général de la supercherie dont il avait fait les frais…
64 marchait en prenant l’air le plus détaché possible. Drilaz gardait soigneusement sa cape sur lui pour se cacher de la foule. Bien qu’un homme encapuchonné par une si belle journée puisse paraître louche, cela valait mieux qu’un énorme lézard aux écailles noirâtres se baladant dans la ville. Philis, quant à elle, évitait tout le monde du regard. Elle marchait d’un pas rapide en regardant le sol, espérant que personne ne la reconnaîtrait…
« Tiens, mais qui voilà ! retentit une voix au milieux de la foule, ne serait-ce pas cette chère désianne ? »
Philis se redressa, comme figé sur place. La voix qu’elle venait de reconnaître était sûrement la dernière qu’elle souhaitait entendre.
« Oh non, pas lui » murmura-t-elle.