Et voilà ! Comme promis, le chapitre suivant. Je vous l´accorde, le titre est pathétique XD
Bon, ce n´est pas un de mes meilleurs chapitres mais . . . bonne lecture quand même !
Chapitre 62 : « Pop Corn »
Les joues rosies, Lloyd resserra sa prise sur ses deux katanas.
- À l’attaque, pensa-t-il, confiant.
Il se redressa, mais ne bougea pas ; il attendait l’assaut de ses adversaires. Les aventures qu’il avait vécues au fil du temps l’avaient endurci, rendu plus sage et plus mature. Face à lui, ses ennemis n’esquissèrent pas non plus le moindre mouvement.
- Oh, et puis zut ! songea le jeune homme en s’élançant.
Attendre deux minutes sans attaquer, telle était la limite de sa sagesse. Ses pas foulèrent le sol à une vitesse incroyable ; il leva ses katanas vers le ciel et s’apprêta à bondir sur un de ses adversaires.
- Stop ! cria l’un d’eux.
Lloyd freina dans son élan, ses lames s’arrêtant à seulement quelques centimètres de la gorge d’un soldat. Ce dernier, au bord de la crise cardiaque, repoussa Lloyd et souffla :
- Arrêtez, nous ne vous voulons aucun mal !
- Quoi ?
Un peu sonnés, les quatre aventuriers baissèrent leurs armes et leur garde. Raine fut la première à réagir :
- Vous ne nous voulez aucun mal ?
Un homme de petite taille, habillé de la même armure que ses congénères prit la parole :
- Vous êtes bien les gens recherchés par l’Impératrice ? C’est vous qui venez d’un autre monde, n’est-ce pas ?
Un peu surpris, Génis répondit :
- Oui, oui, c’est bien nous. Mais comment le savez-vous ?
- Il y a des avis de recherche un peu partout dans l’Empire, expliqua le soldat en haussant les épaules, vos portraits recouvrent les murs de nos villes.
- Ah oui, c’est vrai, s’écria Lloyd en se remémorant l’affiche représentant Colette.
- Que nous voulez-vous ? interrogea Raine.
Le demi-elfe prit un air sombre, lança des regards méfiants autour de lui et chuchota :
- Nous ferions mieux d’en parler dans un endroit plus sûr. Le bureau du maire, par exemple.
Raine eut un moment d’hésitation.
- Nous vous suivons, finit-elle par répondre en hochant la tête.
Presque surpris de cette coopération, le demi-elfe fit signe aux soldats de se disperser, et se mit en marche.
- Surtout suivez-moi bien, ajouta-t-il, il y a probablement des gens ici présents qui vous veulent du mal.
- Du . . . Du mal ? demanda Colette, un soupçon d’inquiétude dans la voix.
- Oh, nombreux sont ceux qui veulent vous capturer pour vous livrer à l’Impératrice et ensuite empocher la récompense, expliqua-t-il tout en accélérant l’allure.
En queue de groupe, Raine et Lloyd marchaient côte à côte. Le jeune homme tout de rouge vêtu apostropha son professeur :
- Je ne comprends pas ! Pourquoi vous êtes-vous laissée faire ? Ça sent le piège à plein nez !
- Je n’avais pas le choix, soupira Raine, que voulais-tu que je fasse ? Si je n’avais pas accepté de suivre cet homme, des soldats nous auraient aussitôt foncé dessus.
- Nous aurions dû nous battre ! protesta Lloyd du tac au tac.
- Et mourir embrochés sur des dizaines de lances ennemies ? répliqua le professeur, pas question ! Que penserait Kratos d’une telle attitude ? Nous allons établir un plan sérieux et nous en sortir, continua-t-elle d’une voix radoucie, nous n’allons pas nous laisser faire. Je te le promets.
À peine cette conversation fut-elle terminée que les quatre amis et leur accompagnateur atteignirent la mairie ; un petit bâtiment de pierres rose saumon. Un toit de chaux et des fenêtres cadrées de bois lui donnaient un air moyenâgeux. Le demi-elfe frappa trois coups rapides à la porte, au moyen d’un battant en tête de serpent. La porte s’ouvrit aussitôt.
- Je vous laisse ici. Vous trouverez Monsieur le Maire dans son bureau, au fond du couloir. Oh, une dernière chose ! Ne vous fiez surtout pas aux apparences, ajouta-t-il en s’éloignant.
Il disparut ensuite à un coin de rue. Maintenant que les compagnons étaient sans surveillance, Génis, plein d’espoir, proposa :
- On s’en va ?
- Mauvaise idée, refusa Raine, les portes doivent être toujours closes et les soldats sur leurs gardes.
- C’est vrai, renchérit Colette, nous ferions mieux de suivre les conseils de cet homme, il n’avait pas l’air malhonnête. Entrons !
D’un même pas, le petit groupe pénétra dans la mairie, la porte se refermant lentement sur leur passage. L’intérieur de la construction était encore plus incroyable que l’extérieur. Les murs, bariolés de couleurs, étaient constellés de petites fenêtres. Trois escaliers longeaient les murs, et deux d’entre eux semblaient ne mener nulle part.
- Étrange décoration, remarqua Lloyd.
Au fond du hall d’entrée se tenait une porte, assez petite et simple comparée aux autres détails extravagants de l’endroit, ornée d’une plaque dorée où étaient inscrits les mots "Maire : Monsieur Corn."
Lloyd s’approcha de la porte, le pas de ses bottines claquant sur les pavés marbrés et résonnant dans la pièce presque vide, et frappa trois fois, comme il avait vu le demi-elfe le faire. Cette fois encore, la porte ne se fit pas prier et s’ouvrit d’elle-même.
- Bienvenuuuuuue !
Colette eut un hoquet de surprise lorsque deux mains lui aggripèrent les épaules.
- Mademoiselle l’Ange ! Comme je suis honoré de vous recevoir entre ces murs . . . Entre mes murs !
La personne la lâcha enfin, et Colette put l’apercevoir. Deux longues oreilles pointues ; la visage et le torse nu peinturlurés ; une coiffe saugrenue ; des cheveux gris en bataille, la maire de Creacity était véritablement . . .
- Wouah ! dit Lloyd d’une voix presque inaudible.
- C’est exactement le mot qui convient, opina Raine.
- Je suis raaaaavi de vous rencontrer, continua l’elfe en serrant frénétiquement la main de chacun, je vous en prie, asseyez-vous !
Il désigna quatre petits tabourets sphériques, et prit lui-même place derrière son bureau. Alors que les compagnons avaient le plus grand mal à s’asseoir sur les sièges instables, l’elfe reprit :
- Je suis le maire de cette charmante ville ! Mais, pas de chichis entre nous, appelez-moi Pop !
- Pop Corn ? releva Génis, un brin sarcastique.
- Exact, acquiesça le maire, mais ce n’est qu’un pseudonyme ! Mon vrai nom est trop commun.
Il lança un regard satisfait à ses visiteurs, constatant qu’ils avaient fini par tenir en place sur les tabourets. Il joignit les mains, prit un air grave et commença :
- Bien, nous allons pouvoir commencer à discuter sérieusement . . .