Je continue, malgré ça, malgré tout . . .
La suite, trop courte, que je n´ai pas relue, . . . désolée
Chapitre 61 : « Enfermés »
Les rues s’animèrent à nouveau. Les marchands dressèrent leur étal comme si rien ne s’était passé ; les musiciens reprirent leurs mélodies entraînantes. Une brise d’insouciance chassa l’atmosphère d’inquiétude qui régnait quelques minutes auparavant. Les habitants de la ville se promenaient paisiblement dans les rues, écoutant les chant des oiseaux qui avaient remplacé les cris de la sirène.
- On dirait qu’ils ont déjà oublié l’alerte ! remarqua Génis.
Raine acquiesça d’un air grave :
- Effectivement. C’est étrange . . .
Elle fit la moue et proposa :
- Et si nous allions nous renseigner ? Peut-être que Senneth est mort, il faut absolument qu’on le sache.
Lloyd soupira :
- Zut, je l’avais oublié, celui-là. J’espère que les Rénégats ne l’ont pas tué ! Je voudrais lui régler son compte moi-même !
Sur ce, il se mit à mimer un combat avec un ennemi imaginaire.
- Oh là là, fit Génis en rougissant de honte, est-ce qu’il se rend compte à quel point il est ridicule ?
- Je ne crois pas, répondit Raine en secouant la tête, allons nous en. Nous devons nous renseigner au plus vite, ajouta-t-elle en se mettant en route avec son petit frère.
Colette applaudit la prestation de Lloyd puis ces deux derniers se lancèrent à la suite de leurs compagnons.
Se faufilant entre les maisons plus originales les unes que les autres, Raine et ses amis étaient à la recherche de la mairie.
- Tu es sûre qu’il y a une mairie, hasarda Lloyd.
- Oui, approuva Raine, il y a une mairie dans chaque ville ou village.
- Si on demandait notre chemin aux habitants, proposa Génis, plutôt que de se balader au petit-bonheur-la-chance ?
Colette anticipa sa proposition et alla à la rencontre d’une vieille femme qui faisait ses courses, un panier plein de provisions au bras.
- Bonjour madame ! dit-elle poliment, pourriez-vous nous . . .
La vieille femme hurla et s’en alla en courant, jetant son sac au sol. Des oranges et des pêches roulèrent sur la route tandis que les pas de la vieillarde s’éloignaient.
- Qu’est-ce que . . . balbutia Colette.
Toujours un peu sonnée, elle se tourna vers ses amis, cherchant la raison de la fuite de la vieille femme.
- Je fais si peur que ça ? pensa-t-elle à voix haute.
Raine se pencha, et ramassa un à un les fruits. Elle les rangea tous dans le panier d’osier de la vieille dame, et dit :
- Allons lui rendre. Elle a dû prendre peur et croire que nous lui voulions du mal.
À peine eut-elle terminé sa phrase que, pour le deuxième fois de la journée, les gyrophares rouges s’allumèrent et inondèrent la ville de leur alerte sonore.
- Encore une alerte ? s’étonna Génis.
La voix maintenant connue des quatre compagnons résonna dans les hauts-parleurs :
"Gens de Creacity ! Voici un communiqué de la plus haute importance ! Quatre dangereux individus recherchés par Notre Impératrice se trouvent entre nos murs ! Veuillez barricader vos maisons au plus vite après vous y être réfugiés ! Merci de votre compréhension et de votre coopération."
- Des gens recherchés par l’Empire ? remarqua Lloyd, quelle coïncidence ! Nous aussi on nous recherche !
- Lloyd, railla Raine, c’est de NOUS dont on vient de parler.
- Impossible, rétorqua le jeune homme, on n’est pas des individus dangereux. En plus, on n’est même pas quatre. Vous, Colette, Génis et moi, ça fait . . . Ah si, on est quatre, dut-il reconnaître.
- Halte là !
Une demi-douzaine de soldats émergea au détour de la rue.
- Deux demi-elfes, une jeune fille blonde et un gamin à l’air ahuri ! Ce sont eux, lança un soldat en courant.
- On fuit ? proposa Génis.
- On fuit ! acceptèrent les autres.
Les amis se mirent à courir le plus vite qu’ils pouvaient. Bientôt, la ville ne fut plus emplie que par des bruits de pas claquants sur les pavés.
Raine, en tête devant ses amis, menait la troupe. Dans cette ville inconnue, elle se dirigeait uniquement à l’instinct, espérant atteindre la sortie. Chaque maison devant laquelle elle passait était solidement fermée par de nombreux verrous. De temps en temps, elle apercevait des villageois l’épiant, cachés derrière la vitre de leur fenêtre. Lorsqu’elle croisait leurs regards, n’était-ce qu’un dixième de seconde, ils détournaient immédiatement la tête. Raine se sentait étrangère à ces hommes et ces femmes, qui étaient pourtant des demi-elfes comme elle. Une fois encore, on l’évitait. Une fois encore, on la considérait comme une étrangère, . . . La tristesse envahit si soudainement la demi-elfe qu’elle faillit s’arrêter de courir.
- Plus vite, Raine ! lui cria Génis, juste derrière elle, ils nous rattrapent !
Un simple cri. Le cri de son petit frère, toujours à ses côtés. Elle accéléra d’une manière tellement fulgurante qu’elle sema ses propres amis durant un court instant.
Enfin, après quelques minutes d’une course poursuite effrénée, les quatre compagnons se trouvèrent enfin au portail d’entrée de la ville.
- Enfin ! pensa Génis, à bout de souffle.
Il lui fallut un instant avant de remarquer que l’immense porte était close.
- Oh non, gémit Colette, on est piégés !
Raine se rua sur la grille métallique, qui leur avait semblée si accueillante à leur arrivée, et qui maintenant était devenue leur porte de prison. Elle la secoua de toutes ses forces, mais elle refusait de bouger.
- Non, s’énerva-t-elle, non ! Nous devons continuer ! Notre quête n’est pas encore terminée !
Épuisée, aussi bien physiquement que psychologiquement, elle glissa le long de la grille et tomba à genoux sur le sol.
- Professeur, relevez-vous, lui lança Lloyd, rien n’est terminé ! Nous allons nous battre, vaincre et continuer notre route !
Les yeux pleins de larmes, Raine se força à hocher de la tête. Elle se releva, juste au moment où tous les soldats de Creacity arrivèrent. Ils encerclèrent le petit groupe. Lloyd dégaina son épée, et ses amis se préparèrent aussi au combat.
- Tu sais ce qu’a Raine ? demanda furtivement Lloyd à Colette.
- On se sent toujours mal quand une personne très chère est loin de nous, répondit simplement la jeunette.
- Quelqu’un de très cher ?
- Oui, confirma Colette, c’est Kratos. Raine tient beaucoup à lui, alors elle se sent mal quand il est loin d’elle. Elle tient à lui, tout comme je tiens à toi, ajouta-t-elle en déposant un doux baiser sur la joue de son ami.