Désolée pour ce jour de retard. Voilà mon nouveau chapitre, j´espère qu´il vous plaira
Chapitre 58 : « Remords et légende »
Pendant un moment qui sembla dura une éternité, Senneth et Botta se fixèrent dans le blanc des yeux. L’un armé, l’autre non. Le Rénégat lança un regard discret vers ses compagnons, pour s’assurer qu’ils n’étaient pas en danger. De son côté, le Commandant ordonna à ses hommes de ne pas intervenir dans le combat. À présent, au milieu d’une foule déboussolée, les deux hommes s’apprêtèrent à commencer leur combat.
Botta fut le premier à se jeter sur son adversaire, son courage pour unique arme. Son ennemi évita les coups avec agilité et facilité, puis se décida à passer à son tour à l’attaque. Il brandit son épée noire et trancha l’air. À plusieurs reprises, il manqua Botta de peu. Ce dernier tentait tant bien que mal d’esquiver tout en frappant, mais ce n’était pas une mince affaire. Soudain, un douleur le surprit : une légère entaille venait de déchirer sa tunique à l’épaule gauche, et le sang se mettait à perler aux abords de la plaie. À seulement quelques mètres, Fex serra les poings. Il se retenait de ne pas porter secours à son ami. Alors qu’un nouveau coup atteignait Botta et qu’une nouvelle vague de fureur s’emparait de lui, Fex entendit une voix qui le fit presque sursauter :
- Hé ! Viens !
Il fit volte-face et se retrouva nez à nez avec Génis. Celui-ci le prit par la manche et l’entraîna à l’écart du lieu de combat.
- Nous devons nous enfuir tant qu’il en est encore temps, expliqua Génis tout en marchant.
Fex s’arrêta et se défit de l’emprise du garçon, avant de protester :
- Pas question ! Jamais je n’abandonnerais Botta ! Je dois le servir, jusqu’à la mort, s’il le faut ! Mais jamais, ô grand jamais, je ne le laisserais derrière moi !
Génis soupira puis argumenta :
- Tu crois vraiment qu’il va s’en sortir ? Tu crois vraiment qu’il a une chance contre un homme bien entraîné et armé ?
Fex jeta un rapide coup d’œil au combat. Botta reculait de plus en plus et beaucoup de sang s’écoulait de son ventre.
- Alors ? fit Génis, impatient.
Fex secoua la tête :
- Il ne s’en tirera probablement pas . . . Mais peu importe ! Je reste ! Je me battrai !
Aussitôt dit, aussitôt fait. Fex fit demi-tour et rejoignit la place en courant. Génis le regarda s’en aller d’un air triste. Déjà, le Rénégat avait porté secours à son supérieur et, à deux, ils se battaient de toutes leurs forces contre le Commandant Senneth.
- Ne les attends pas, il est temps d’y aller.
Raine attrapa la main de son petit frère et le gratifia d’un sourire optimiste :
- Ils vont s’en sortir ! Allez, nous devons partir avant que les soldats remarquent notre disparition.
Génis acquiesça et suivit sa sœur, qui se dirigeait vers les ptéroplans. Lloyd et Colette étaient déjà chacun sur un appareil volant et mettaient les « moteurs » en marche. Raine prit place à son tour sur le dernier ptéroplan et invita Génis à s’assoeir derrière elle.
- Oh non, gémit celui-ci, j’aimerais bien avoir mon ptéroplan à moi, cette fois ! En plus, Raine conduit comme ogre qui a trop bu . . .
Habituée à ce genre de réflexions, Raine leva les yeux au ciel. Dans sa bonté habituelle, Colette se sacrifia :
- Je vais monter avec Lloyd !
Elle mit pied à terre et trottina vers le ptéroplan rouge avec un grand sourire. Elle grimpa sur l’appareil et mit ses bras autour de la taille de Lloyd, qui rougit.
- Haaa ! songea Génis en prenant place sur son ptéroplan, mission accomplie ! Rien de tel qu’un faux petit caprice pour faire une bonne action l’air de rien . . .
Puis, enfin, les trois appareils s’envolèrent à la verticale, laissant derrière eux deux autres ptéroplans jaunes qui seraient peut-être utiles . . .
Les quatre amis montèrent haut dans le ciel, afin d’être camouflés par les nuages et, ainsi, hors de vue de la Garde Impériale.
- Ce que c’est haut ! lança Colette, après un regard vers le sol.
Elle resserra son étreinte autour de Lloyd qui rougit de nouveau, mais par manque d’air cette fois.
- Colette, souffla-t-il, tu m’étouffes !
- Filons vite, conseilla Raine avant d’enclencher la vitesse supérieure.
Les deux ptéroplans suivirent ensuite.
853 mètres plus bas se jouait le sort de deux demi-elfes . . .
- Il fait froid ! grelotta Génis.
En effet, le vent soufflait incroyablement fort, promenant des morceaux de givre et de neige ; les nuages encerclaient les quatre compagnons comme une armée de bonshommes de neige ; le froid engourdissait les jambes, les bras, le corps, rendant presque impossible la manœuvre du ptéroplan.
- Et si on descendait un peu ? suggéra Lloyd.
D’un signe de tête, Raine lui en donna l’autorisation et fit elle-même descendre son ptéroplan en dessous de la couche de nuages. Génis parut soulagé de pouvoir voler avec une température supérieure à 0° et se frotta vigoureusement les bras, abandonnant un court instant le volant de sa machine.
- Brr, frissona Colette, il ne fait jamais si froid à Sylvarant !
- C’est vrai, approuva Lloyd quelque peu nostalgique.
- Regardez ! Là-bas ! s’écria Génis en montrant, au sol, ce qui devait être un village.
En s’approchant, les amis purent apercevoir de drôles de maisons, construites en spirale ; des jardins dont les mille et une fleurs formaient un dessin géant : des bâtiments équipés d’hélices, . . .
- Ça a l’air marrant ! lança Génis, si on y allait ?
Décidément de bonne humeur, Raine accepta volontiers. Lloyd et Colette ne donnèrent pas de réponse et foncèrent atterrir à proximité du village.
- Wahou ! cria Colette lors de la descente en piqué.
Les trois ptéroplans se posèrent en douceur au milieu d’une étendue d’herbe, et juste à côté de l’entrée de la ville.