Voilà, comme promis, le chapitre 44 !
Chapitre 44 : « Les adieux »
Fanny fut la dernière à se coucher. Tous les lits de la maisons étaient pris, même le canapé accueillait un invité. Elle avait hâte de s’endormir. Le repas fut très copieux et elle avait mangé comme douze ogres des montagnes. Fanny s’allongea, se recouvrit de sa fine couverture et s’assoupit presque aussitôt. La nuit fut calme, bercée par les ronflements de Lloyd.
Le soleil se leva et illumina la maison, en réveillant ses habitants. Tous s’habillèrent en quatrième vitesse. Fanny fut surprise de voir tous ses amis dans la salle principale, leur sacs au dos, prêts à partir.
- Nous sommes pressés, expliqua Kratos.
Raine s’approcha de la petite fille, lui caressa les cheveux et dit :
- Nous allons retrouver ta sœur, ne t’inquiète pas.
Fanny ravala ses larmes avec un air courageux.
- Où allez-vous ? demanda-t-elle d’une voix tremblotante.
- Il faut le demander à Kratos, sourit Lloyd.
Celui-ci répondit d’une voix agacée, il était visiblement pressé de partir.
- Nous devons nous renseigner si une autre ville que celle-ci s’appelle Tyssiur, car il n’y a aucune trace des trois demi-elfes que nous recherchons par ici.
- Il n’y a qu’une seule ville queue s’appelle Tyssiur et c’est ici ! répondit fièrement Fanny.
- Oui, oui, c’est ça, murmura Kratos en ouvrant la porte.
- Mais . . . ajouta Fanny.
La porte se referma et Kratos interrogea Fanny :
- Mais ?
- Mais, reprit Fanny d’une voix lente, il y a une légende à propos d’un ruisseau invisible, qui s’appellerait le Tyssiur.
Une fois de plus, tout le monde se réunit autour de Fanny pour écouter ce qu’elle avait à raconter :
- Le ruisseau aurait été créé par un Ange il y a très longtemps. On raconte que personne, à part un Ange, ne peut voir ce cours d’eau. Il paraît aussi qu’il mène à un lac mystérieux, qu’on appelle par ici l’Oeil de l’Océan. Personne ne sait quelles sont les particularités de ce lac, mais on dit que des créatures mystérieuses y vivent.
Elle prit un air lugubre pour rendre son récit plus crédible. Cela ne marcha pas. Kratos, vraiment excédé, se leva.
- Encore une histoire à dormir debout !
Sans même saluer Fanny, il s’en alla en claquant la porte derrière lui.
- Il ne faut pas lui en vouloir, s’excusa Lloyd, je crois que ça l’énerve de ne pas savoir par où aller.
- Ce n’est pas grave, dit Fanny en secouant la tête, moi non plus, je ne crois pas à cette histoire. Mais je vous jure qu’aucune ville autre que celle-ci ne s’appelle Tyssiur.
- On te croit, dit gentiment Colette en se dirigeant à son tour vers la porte, il serait temps d’y aller, non ?
Soudain, Fanny se rua à l’étage.
- Qu’est-ce qu’elle a ? s’inquiéta Raine.
Génis soupira :
- Oh, cette gamine pleure tout le temps. C’est lourd à la fin.
- Tu peux parler, se fâcha Raine, je te rappelle qu’il y a six jours, tu as pleuré pendant deux heures parce que tu n’arrivais pas à attacher tes lacets !
- Tu n’étais pas obligée de me le rappeler, rougit Génis.
- Ne me réponds pas !
Cette fois, Raine empoigna son frère et lui donna une grosse fessée. Ce fut ce moment que Fanny choisit pour revenir. Elle ouvrit de grands yeux ronds lorsqu’elle vit Raine porter Génis à bout de bras.
Fanny s’approcha d’un air méfiant. Elle portait un petit paquet dans ses bras. Raine laissa tomber Génis sur le sol. Celui-ci se reçut sur les genoux avec un bruit sourd.
- Aïe, marmonna-t-il.
Il se releva, s’épousseta et s’éloigna de sa sœur. Raine ne le vit même pas ; elle fixait Fanny. Cette dernière tendit les bras et donna le paquet à Raine.
- C’est une carte d’Uuliam, expliqua-t-elle, je pense que ça pourrait vous être utile. Je l’ai dessinée moi-même.
Émue, Raine déballa le petit sac et en tira un morceau de papier épais. Elle le déplia et observa attentivement les dessins enfantins. Au dos de la carte, elle lut :
Pour Raine et ses amis, J’espère vous revoir bientôt. Un jour, on ira tous ensemble en vacances à Altamira, ça a l’air d’être un chouette endroit. Bonne chance. Gros Bisous,
Fanny
Raine sourit d’émotion et embrassa Fanny sur la joue :
- Merci, murmura-t-elle, merci pour tout.
Elle attrapa sa canne, posée non loin d’elle, la brandit et chuchota quelque parole magique. Un gros animal en peluche atterrit aux pieds de Fanny. Cette dernière sourit et serra son cadeau dans ses bras.
Pour éviter de se laisser emporter par l’émotion, Raine sortit de la maison et rejoignit Kratos. Génis fit à son tour ses adieux à Fanny et se dépêcha de sortir. Ce fut au tour de Lloyd de dire au revoir.
- Je suis désolé de t’avoir prise pour ta sœur.
Fanny sourit :
- Ce n’est pas grave. Il ne faut pas t’en faire pour ça, petit monsieur en rouge.
Confus, Lloyd fit la bise à Fanny avant de sortit. Colette se retrouvait à présent seule avec Fanny.
- Bon, dit courageusement la jeune fille, au revoir, et . . .
Fanny mit ses mains sur ses hanches :
- Comment ? Et tu ne me fais même pas un petit bisou ? Je n’ai jamais eu un bisou d’Ange.
Colette sourit et serra la petite dans ses bras.
- Tu es formidable, murmura-t-elle avant de fermer la porte.
Vous aurez la suite dans deux jours ;)