Handarax
bah, je suis désolée ! le voilà le chapitre 43 !
Chapitre 43 : « L’Impératrice »
Fanny était entourée. À sa droite, Raine l’encouragea d’un clin d‘oeil. Fanny lança un regard inquiet aux autres. Kratos, le regard grave mais attentif, comme l’avait décrit Raine ; Lloyd, avec un petit regard niais ; Génis, impatient ; et Colette, ses magnifiques cheveux blonds lui donnant l’impression de rayonner, sourit en découvrant ses belles dents blanches.
Fanny rougit et commença son récit :
- Il y a trois ans, mes parents ont été recrutés pour se battre. Notre Impératrice connaissait l’existence de deux mondes et, il y a trois ans, est entrée en guerre avec le monde appelé Sylvarant.
Lloyd ne put s’empêcher de l’interrompre :
- Maintenant, les deux mondes ne font plus qu’un. Et personne n’est jamais entré en guerre avec Sylvarant.
Raine le fusilla du regard.
- Hé, se fâcha Fanny, si tu ne me laisse pas parler jusqu’au bout, tu ne comprendras rien du tout !
Lloyd s’excusa.
- Bien, reprit Fanny, notre Impératrice est entrée en guerre avec Sylvarant. Du moins, elle a essayé. L’Impératrice a envoyé toutes ses troupes dans un espace inter dimensionnel, ou quelque chose comme ça . . . Bref, tous les soldats, à peu près la moitié des habitants d’Uuliam, . . .
- U-quoi ?
Lloyd plaqua ses mains sur sa bouche, conscient d’avoir ENCORE interrompu Fanny. Celle-ci continua quand même :
- Uuliam est le nom de notre monde. On l’appelle L’Empire d’Uuliam. Donc, tous les soldats ont été aspirés dans une autre dimensions et on ne les a plus jamais revu. Mes parent ont aussi disparu.
Un court silence suivit.
- Je suis désolé pour toi, murmura Lloyd.
Fanny sourit.
- Décidément, tu parles tout le temps, plaisanta-t-elle.
Elle repoussa ses cheveux gris et tristes qui lui donnaient envie de pleurer.
- Il y a deux mois, l’Impératrice a dit qu’elle avait trouvé comment passer d’un monde à l’autre. Ma sœur s’est engagée, elle est partie. Je ne l’ai plus revue depuis. Je vis avec mon cousin et sa femme pour le moment.
Fanny se tut et inspira un grand coup pour éviter de pleurer. Colette lui prit la main.
- Ne t’inquiète pas, nous allons arranger tout ça.
Colette n’avait pas ouvert la bouche, mais le message était tellement fort que Fanny l’entendit distinctement. Une larme perla au coin de son œil.
- Merci, dit-elle dans un murmure.
Lloyd et ses compagnons avaient discrètement rejoint la maison de Fanny, un petit cabanon peu meublé.
- Mon cousin et Mauy, sa femme, sont partis en voyage pour deux semaines. Profitez de la maison tant qu’ils ne sont pas rentrés.
Fanny s’inclina et invita ses nouveaux amis à entrer. Génis se dirigea vers la cuisinière :
- Je vais vous préparer un bon petit plat, lança-t-il.
Il ouvrit une armoire et saisit une poêle. Raine se plaça à ses côtés :
- Je vais t’aider !
Génis grimaça :
- Oh non, pas question !
Il fit semblant de s’étrangler puis de vomir.
- Te moquerais-tu de moi ? se fâcha faussement Raine, les mains sur les hanches.
Elle brandit sa toute nouvelle arme et récita :
- Ô, maître de la torgnole, caïd de la claque, frappe l’arrière-train de ce petit garnement !
Une petite paire de mains se matérialisa juste derrière Génis, et se mit à lui donner des fessées. Le pauvre garçon gémit de douleur, pendant que ses compagnons étaient pliés de rire. Raine frappa dans ses mains et les petites mains disparurent aussitôt. Génis se massa les fesses, puis rit de bon cœur avec ses amis.
Après dix minutes, Fanny reprit son souffle.
- Je n’avais pas ri comme ça depuis bien longtemps, lança-t-elle.
Elle s’affala dans un canapé trois-personnes. Lloyd et Kratos s’installèrent à ses côtés.
- Nous aurions une petite question à te poser, commença Kratos.
Colette protesta :
- Eh ! Cette jeune demoiselle nous a raconté son histoire, nous a offert l’hospitalité et elle n’a pas mérité un peu de repos.
Kratos fut surpris de la réaction de Colette. Mais Fanny intervint :
- Oh, ce n’est rien, je veux bien répondre à toutes vos questions. Du moins, tant que je connais la réponse !
Lloyd prit la parole :
- Je crois que Kratos voulait te demander : où sont donc les toilettes ?
Surprise, Fanny écarquilla les yeux, puis éclata de rire. À l’autre bout du canapé, Kratos rougit et répliqua :
- Mais pas du tout ! Qu’est-ce qui te fais croire ça ?! !
- Tu te trémousses sur le divan depuis déjà cinq minutes, bafouilla Lloyd, embarrassé, j’en ai conclut que . . . Tu avais un besoin pressant. Et il vaut mieux pour ce pauvre canapé que tu ailles le plus vite possible aux toilettes.
Kratos, furieux et honteux, se leva :
- Lloyd, tu es pathétique !
- Arrêtez ! Ha ha ha ! J’en peux plus ! Arrêtez !
À moitié allongée, Fanny riait à pleins poumons.
Lorsqu’il fut plus calme, Kratos se réinstalla sur le divan.
- La question que je voulais te poser tout à l’heure, reprit-il sérieusement, est la suivante : que sais-tu de l’Impératrice ?
- À table ! cria Génis.
Kratos le fusilla du regard et fit signe à Fanny de lui répondre.
- Je ne sais pas grand chose ! On raconte que c’est elle qui a créé Uuliam il y a à peu près 2000 ans. Personne ne l’a jamais vue. Moi, je pense que c’est une vieille qui a des pouvoirs surnaturels ! Vivre 2000 ans, c’est complètement impossible !
- 2000 ans, répéta Kratos en se frottant le menton.
- C’est bon maintenant ? s’impatientait Génis, on peut passer à table ?
Kratos lui jeta un regard exaspéré et hocha la tête. D’un air réjoui, Génis posa une assiette de lasagnes au milieu de la table.
- On va bien manger, annonça-t-il, et demain, on reprendra nos recherches !